CHRONIQUE

AFFAIRES PERSONNELLES

TUSZYSKA AGATA

En mars 1968, il en faut peu pour raviver les braises de l'antisémitisme largement partagé en Pologne soviétique. Agata Tuszynska, dans la remarquable lignée de Svetlana Alexievitch, collecte l'indicible pour faire entendre les voix d'en-bas de ces persecutés. La vingtaine passée, une bande de jeunes se voient contraints de fuir leur pays. Ces "camarades d'errance" reviennent sur leur enfance : leurs parents ont connu les horreurs de la seconde guerre mondiale, l'enfermement et la mort. Ils se sont souvent engagés en communistes convaincus pour repousser les fascismes, des colonnes de Dombrowski contre Franco au front de l'Est. Pour préserver leurs enfants, ils ont tu leur appartenance juive et tenté de croire en l'égalitarisme soviétique. Mais la haine les a renvoyés à leur judéité avec l'exil comme seule porte de sortie.

Les témoignages sont déchirants, les promesses faites aux premiers amours loin d'être tenues comme celle-ci où l'un d'eux écrit : "Je reviendrai en Pologne [...] Oui, mon amour, je reviendrai - parce que je t'aime et j'aime ce pays. Seulement, je ne sais pas quand - peut-être dans longtemps, très longtemps."

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