CHRONIQUE

LES NOIRS ET LES ROUGES

GARLINI ALBERTO

Plongez au cœur de l’Italie insurrectionnelle des années 70s et devenez, malgré vous, l’intime confident de Stefano Guerra, militant d’extrême droite, dont la destinée réactionnaire et chaotique vous fera parcourir la péninsule et ses ramifications politiques les plus corrompues.

Briseur de grève, activiste fasciste, assassin puis simple pion au sein d’un échiquier politique dont les logiques économico-mafieuses concilient des intérêts politiques a priori divergents, Alberto Garlini réussit majestueusement, à travers la narration incarnée par Stefano, à soulever des questions déstabilisantes pour l’ordre politique et la mémoire tragique, souvent convenue, de ces années de plomb qui font résonner l’écho des balles encore aujourd’hui.

Au regard du vertige éprouvé à la lecture de ce roman, l’absence de réponse et le silence assourdissant d’une société, dont la douleur reste vive, mettront en évidence l’importance du non-dit et de l’oubli volontaire et nécessaire à la création d’un commun.

Les braises du conflit illuminent les ténèbres qui cherchent, vainement, à dissimuler les cicatrices d’une société fracturée.

Alberto Garlini nous enseigne qu’il ne suffit plus que de fines brindilles pour raviver les flammes des passions les plus destructrices.

 

Antoine

 

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