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Catalogue Terra Nova


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Littérature

Littérature

La littérature étrangère occupe une place de choix à Terra Nova (en version traduite, comme en langue originale), bien que la littérature française ait désormais voix au chapitre.

 

Sciences Humaines

Sciences Humaines

C'est au fond de la librairie que vous rencontrerez un des rayons fondateurs de l'atmosphère de Terra Nova. La philosophie, la psychanalyse, l'ethnologie, l'anarchisme, la sociologie, la politique, l'histoire... Autant d'expériences humaines pour saisir le monde dans sa diversité. Être toujours critique et ne jamais prendre les enseignements pour des vérités certaines. Restez à l'affût et partez à la découverte du réel.

Arts

Arts

Avoir une autre vision du monde passe par le regard de l'autre, et surtout celui de l'artiste. Qu'il soit peintre, photographe ou autre, celui qui représente le monde, selon des critères esthétiques, lui confère une dimension différente.

Jeunesse

Jeunesse

Les albums attendent les yeux enfantins pour prendre leurs couleurs et leur vie. Les dessins sont soignés, les histoires intelligentes. Les enfants découvriront le goût de la lecture. Les adolescents vivront des histoires merveilleuses au fil de romans. Le monde s'offre à eux : se documenter, découvrir la philosophie, se plonger dans l'art et pourquoi pas lire en langue espagnole ?
La littérature débute là...

Bandes Dessin‚ées

Bandes Dessin‚ées

Mise en mots et en images.
Des scénarii véritables.
Ici, le roman graphique s'épanouit à la croisée de la prose et de l'art. Le choix de la liberté, celles des thèmes, des récits, de l'histoire, de la pensée. L'indépendance se gagne au fil des lectures.
Ne vous laissez pas enfermer dans des cases, respirez ces bulles d'oxygène sur papier !

Le rayon Bandes dessinées

Livres Pratiques / Tourisme / Nature

Livres Pratiques / Tourisme / Nature

Envie de travailler votre jardin ?
De faire attention à ce qui vous nourrit ?
De créer manuellement ?
De partir en voyage ?
De découvrir la région ?
Notre rayon pratique est là pour répondre à vos questions et pour vous donner des idées.

DVD

DVD

Du cinéma d'auteur au cinéma étranger, vous découvrirez des films qui proposent des visions différentes de la réalité. Les raretés s'accumulent dans ce rayon où vous trouverez les perles recherchées.

Espace Café et rencontres

Espace Café et rencontres

Terra Nova, c'est également un lieu de convivialité. Au cœur des livres, goûtez un café, un thé, des pâtisseries, des crumbles maison... La nourriture de l'esprit se joint à celle du corps.
Plusieurs soirs par mois, la librairie propose des rencontres autour de réflexions, d'auteurs, de livres. Venez partager un instant de votre temps !


Ali Thareb

Ali Thareb

Ils se moquaient tout le temps de moi

parce que je n’avais pas de cartable

portais des vêtements usagés

m’endormais pendant les cours

parce que mon père ne priait pas

et la maison que nous habitions

était petite et lugubre

parce qu’une fois aussi j’ai dessiné

sur le dos de ma mère une fenêtre

qui donnait sur nulle part


Habiter en poète un monde en guerre, c’est ce que fait Ali Thareb corps et âme. Né en 1988 peu après la fin de la guerre Iran-Irak, la poésie est pour lui vitale. « La poésie me permet de me sauver et d’essuyer, ne serait-ce qu’un petit peu, le sang qui coule sur ma vie. En tant que membre de la Milice de la culture, j’attire l’attention à travers mes textes, sur le lieu du crime, sur le sang. J’essaie constamment d’ouvrir notre mort quotidienne avec toutes ses facettes, sur les limites du mot, le mot qui pousse non pas comme une rose mais comme une balle. » 

Valérie Rey-Robert

Valérie Rey-Robert

Dans cet essai documenté et novateur, l’autrice analyse et définit les violences sexuelles, déboulonne toutes nos idées reçues et bat en brèche l’argumentaire déresponsabilisant les violeurs. Elle insiste sur les spécificités hexagonales du concept de « culture du viol », démythifie le patrimoine littéraire et artistique, et démontre, point par point, qu’il est possible de déconstruire les stéréotypes de genre et d’éduquer les hommes à ne pas violer.

Gilles Bertin

Gilles Bertin

Toulouse, le 26 avril 1988. Déguisés en gendarmes, une improbable équipe de braqueurs - punks, anarchistes et toxicomanes - dévalisent les coffres de la Brink's. Butin : 11,7 millions de francs, sans un coup de feu. La plupart des malfaiteurs seront interpellés et condamnés, sauf Gilles Bertin, chanteur de Camera Silens, groupe phare de la scène punk-rock française du début des années 1980. Espagne, Portugal, sa cavale va durer trente ans...

Barcelone, le 18 novembre 2016. Après avoir serré dans ses bras sa compagne et son fils âgé de cinq ans, Gilles Bertin quitte son domicile barcelonais à l'aube. Direction Toulouse où il a rendez-vous avec son avocat pour se rendre à la justice.

 

 

 

 

Leila Al-Shami

Leila Al-Shami

Burning Country donne la parole à ces Syriens et Syriennes qui, dès 2011, ont mené une véritable révolution, construite au jour le jour, dans chaque quartier, dans chaque village, repris au régime de Bachar el-Assad. Omar Aziz, inspirateur des premiers comités locaux syriens, ferments de ce mouvement, déclarait déjà en 2012 : « Nous avons fait mieux que la Commune de Paris, qui a résisté 70 jours. Cela fait un an et demi et nous tenons toujours bon. » Et ce soulèvement populaire exceptionnel a continué malgré la guerre contre-insurrectionnelle totale menée par le régime syrien et ses alliés : stratégie de militarisation forcée, instrumentalisation des antagonismes religieux et communautaires, politique du viol organisé, remplacement des populations, tortures systématiques...

Huit ans après ses prémices, la révolution syrienne, abandonnée par la communauté internationale et ignorée par la gauche arabe et occidentale, a été noyée dans la sang ou dispersée dans l'exil. C'est son histoire que nous découvrons ici. Nourri d'un grand nombre d'entretiens et de témoignages directs relatant l'origine, les différentes phases du soulèvement, les formes d'organisation sociale mises en place... Burning Country est un magnifique hommage à ces révolutionnaires ordinaires.

Pour aller plus loin, un article de la revue Lundi Matin.

 

Djamila Ribeiro

Djamila Ribeiro

Référence du mouvement féministe noir brésilien, D. Ribeiro évoque des situations du quotidien pour aborder des concepts comme l’autonomisation des femmes et l’intersectionnalité. En plus de ces articles, le livre comporte un court essai autobiographique où l’autrice, à  travers son enfance, pose la question de la mise sous silence de la culture noire.

Collectif Comm'un

Collectif Comm'un

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est devenue le plus grand squat à ciel ouvert d’Europe. Utopie réalisée pour certain.e.s, espace de rencontres et critique en acte du capitalisme, elle n’a pas fini de soulever les passions. Ce livre raconte l’évolution d’un territoire où ce geste simple, habiter, est inséparable de celui de lutter.

Silvia Federici

Silvia Federici

Après Caliban et la sorcière, S. Federici revient sur l’impensé de la théorie marxiste : le travail domestique non rémunéré. En effet, comment faire tourner les usines sans les travailleurs vigoureux, nourris, blanchis, qui occupent la chaîne de montage ? Loin de se limiter au travail invisible des femmes au sein du foyer, S. Federici met en avant la centralité du travail consistant à reproduire la société : combien coûterait de salarier toutes les activités procréatives, affectives, éducatives, de soin et d’hygiène aujourd’hui réalisées
gratuitement par les femmes ? Que resterait-il des profits des entreprises si elles devaient contribuer au renouvellement quotidien de leur masse salariale ?

 

Sam Bourcier

Sam Bourcier

Dans ce livre qui a impulsé la théorie queer en France, on voit surgir au fil des pages la post-pornographie ainsi que des explorations politiques, théoriques et personnelles qui renouvellent le féminisme, les études de genre. La trilogie est l’indispensable boîte à outils de celles et ceux qui veulent sortir des cadres hétéro- et homo-normatifs, du musée de la différence sexuelle et de la binarité – en un mot, vivre et penser comme des queers.

Annalisa Lendaro

Annalisa Lendaro

Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de « crise des migrants », ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle « crise » parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ?

Pour les auteures de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des États européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre États membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil.

Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la « crise » nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.

Souad Labbize

Souad Labbize

Un témoignage littéraire en soutien à toutes les femmes et filles qui ont été victimes d’agressions sexuelles, qui met des mots en français et en arabe sur la douleur et la honte, la rudesse de la mère et l’indolence du père.

Isabelle Garo

Isabelle Garo

Si la question communiste fait retour aujourd’hui, ce regain d’intérêt s’accompagne d’un étrange abandon de la stratégie politique. Les philosophies critiques prospèrent et prolifèrent, mais, repliées sur le terrain académique, elles semblent déconnectées des enjeux concrets posés par la présente
crise du capitalisme, contribuant en retour au morcellement des résistances qui lui sont opposées.
À rebours de la tendance qui condamne la perspective de l’émancipation aux registres de l’utopie et de la nostalgie, à l’encontre aussi de l’enthousiasme que peut susciter une option « populiste » inconsciente de ses renoncements, Isabelle Garo étudie dans cet essai les conditions d’une relance contemporaine de l’alternative. Envisageant les problèmes auxquels se heurtent nombre de pensées radicales parmi les plus en vogue – l’État et le parti, le travail et la propriété, le dissensus et l’hégémonie –, elle les réinvestit en s’inspirant de Marx et de Gramsci, dans une démarche qui fait de la question stratégique le cœur des articulations à inventer entre l’analyse théorique et l’intervention politique.

Gaspard d'Allens et François-Xavier Drouet

Gaspard d'Allens et François-Xavier Drouet

G. d’Allens rend compte des désastres causés par une industrie qui transforme les forêts françaises en matière pour produire de la
biomasse et de l’énergie verte. Il poursuit le travail réalisé par F.-X. Drouet dans son documentaire, dont des extraits seront projetés.

 


Le western dans la littérature

Le western dans la littérature

Pour fêter la sortie en format poche dans la collection Babel du très beau western "Faillir être flingué" de la très talentueuse Céline Minard, nous vous proposons une immersion dans le Wild Wild West.
Découvrez notre sélection de titres.

"L'Ouest, le vrai" des éditions Actes Sud

 Les éditions Gallmeister

Par les chemins, les mers et les sommets...

Par les chemins, les mers et les sommets...

Venez découvrir sur nos tables une sélection d'auteurs qui font les belles lettres de la littérature de voyage Jack London, Herman Melville, B. Traven, Rick Bass, Jack Kerouac et bien d'autres encore.

 

 

Les éditions Allia sont à l'honneur

Les éditions Allia sont à l'honneur

Les éditions Allia ont été crées en 1982. Elles comptent désormais dans leur bibliothèque près de cinq cents ouvrages. Initialement, elles ont privilégié des textes négligés par les autres éditeurs ou non protégés par le copyright. Quand elles ont commencé à publier des auteurs contemporains, elles l'ont fait dans un esprit analogue : satisfaire et dérouter un lectorat avide "d'autre chose".

Pour l'acquisition de deux livres de la petite collection Allia, votre libraire vous offre Le syndrome de Pontier de Pol Bury.

Autour de Boussole de Mathias Enard

Autour de Boussole de Mathias Enard

Nos sentiments, notre philosophie, notre modernité, ne seraient-ils pas largement issus de ces rapports qu'on entretient à l'Orient?

Un hiver chez les grecs...

Un hiver chez les grecs...

François Maspero

François Maspero

Reporter, écrivain, traducteur, intellectuel engagé, François Maspero est une des grandes figures de la librairie et de l'édition française.

Il crée en 1955 la librairie "La joie de lire", lieu mythique et figure de proue de la vie intellectuelle et politique pré et post-68.

Il fonde en 1959 les "Editions Maspero" qui deviendront les "Editions la Découverte" en 1983. Il publie entre autres Frantz Fanon, Louis Althusser, John Berger, Jean-Pierre Vernant, Chris Marker, Alain Badiou, Jacques Rancière et réédite des classiques comme Paul Lafargue, Rosa Luxemburg, Léon Trotski et bien d'autres.

Oliver Sacks

Oliver Sacks

De Migraine à Hallucinations, nous vous invitons à parcourir l'oeuvre d'Oliver Sacks, marquée par le succès planétaire de L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau.

Les éditions La barque

Les éditions La barque

Littératures africaines : petite sélection poche

Littératures africaines : petite sélection poche

Commençons par le dernier livre de Chimamanda Ngozi Adichie, Americanah. À travers une histoire en grande partie autobiographique, celle de l’arrivée d’Ifemelu en Amérique, l’auteure livre les considérations d’une femme noire africaine sur les questions de race et de genre aux Etats-Unis. Elle nous offre un nouveau récit aussi sensible qu’intelligent, porté par une narration et un style parfaitement maîtrisés. Comme dans L’autre moitié du soleil, magnifique roman sur la guerre du Biafra et la question de la mémoire, elle est toujours très juste dans la description des rapports humains comme dans la construction de ses personnages. À noter également, la réédition de son premier roman L’hibiscus pourpre, où se dessinent déjà les thématiques qui lui sont chères.

Chez les jolies éditions Zulma, sort en poche Notre quelque part de Nii Ayikwei Parkes, récit d’une enquête policière en pleine brousse ghanéenne. La traduction de Sika Fakambi, saluée par les critiques à juste titre, retranscrit parfaitement le parler populaire d’Afrique de l’Ouest, alternant avec une langue plus classique. C’est l’occasion de souligner ici le travail des éditions Zulma qui s’attachent à nous faire découvrir des auteurs de l’Afrique non francophone ; on se souvient ainsi de Snapshots, riche recueil s’ouvrant par une nouvelle fulgurante de l’auteure zimbabwéenne NoViolet Bulawayo.

Deux publications nous plongent au cœur de la République Démocratique du Congo : Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila et Congo Inc. Le testament de Bismarck de In Koli Jean Bofane. Deux récits cyniques et violents qui racontent un territoire trop riche, ravagé par l’exploitation capitaliste, et une société dépecée par les intérêts impérialistes. Une lecture rude sans aucun doute. On ne sort pas indemne de l’atmosphère poisseuse et étouffante du Tram 83, ni des histoires des shégués, enfants des rues de Kinshasa.

Enfin, dans Le ravissement des innocents, Taiye Selasi tisse l’histoire d’une fratrie explosée, une histoire faite de déchirures, de fuites et de secrets qui se dévoilent peu à peu. Un récit d’une grande sensibilité, porté une langue sublime, aussi surprenante que poétique.

Parcours Initiaques

Parcours Initiaques

Il s'agit de fictions ou d'histoires vraies autour de personnages qui à travers le temps et l'espace se questionnent, se révèlent et s'affirment dans leur art ou leur choix de vie.

Polars à vif

Polars à vif

Une petite sélection de polars aux teintes multiples, de Harlem à Los Angeles en passant par le bayou de Louisiane avec une petite escale en Argentine, pour enfin finir sur le continent africain. Ces auteurs ont en commun un style tonique, vif, on a les écorchés avec James Ellroy et Donald Goines, on a le voyageur enragé et engagé avec Caryl Férey, on a les contemplatifs proches de la nature sauvage avec James lee Burke et Craig Johnson, on a le pape du ghetto avec Chester Himes, on a Janis Otsiemi qui "dégaine ses polars comme des cartouches de liberté". Ces romanciers écument le noir et en ressortent une humanité dense, souvent partagée entre pénombre et lumière.

Vers une autre carte du vivant?

Vers une autre carte du vivant?

Aux frontières de ces disciplines, à l'écoute des pensées animistes et des savoirs des cultures orales, ils tentent de dessiner une nouvelle carte du vivant. Sur cette carte, l'homme ne se tient plus au centre, la cohabitation avec le "sauvage" est rendue possible et nécéssaire, le corps et la psyché humaine ne sont plus pensés comme des îles mais comme les "organes" participant et permettant le dialogue avec le reste de la nature.

Fabienne Yvert en résidence à Terra Nova

Fabienne Yvert en résidence à Terra Nova

En partenariat avec la Cave-Poésie et avec le Centre Régional des Lettres, nous avons invité l’artiste-auteur-typographe Fabienne Yvert à occuper l’espace de la librairie pendant ces quelques semaines automnales. Carte blanche donc, à cette poétesse aux multiples talents, qui construit une oeuvre protéiforme, comme l’illustre le programme de sa résidence en nos murs. Facétieuse et malicieuse, Fabienne nous emportera dans son univers poétique (et politique), où la sentence s’étend, pleine de sens, sur de nombreux supports : affiches, sacs, estampes, tampons, peintures, porcelaines, livres d’artiste, livres « de librairie »... Et si son style (économe) doit tout à sa paresse, dit-elle, notre plaisir doit certainement beaucoup à sa justesse.
Fabrique expérimentale de sacs, rencontres et lectures, accrochages de mots, invitation d’éditeur, Fabienne Yvert s’improvise libraire à Terra Nova, réinvente notre métier et ajoute une corde à son arc à lettres.
Fabienne Yvert a publié une dizaine de livres aux éditions Le Tripode, La ville brûle, les éditions des petits livres.

Une grand merci à Gilles (Librairie Oh les beaux jours) qui nous a permis de (re)découvrir le travail de Fabienne Yvert.

Retrouvez tous les rendez-vous de Fabienne Yvert à la Cave Poésie et à Toulouse sur cave-poesie.com

Logo Cave Poésie    Logo CRL

 

Focus sur les éditions Anacharsis

Focus sur les éditions Anacharsis

Présentation...

En hommage à la figure mythique d’Anacharsis, barbare éclairé frotté de philosophie et mis à mort par les siens parce qu’il était soupçonné de vouloir pervertir leurs mœurs ; en hommage à tous ceux qui, au fil des siècles, voulant changer d’œil pour observer leurs prochains, l’adoptèrent pour pseudonyme, les Editions Anacharsis se sont donné pour vocation de publier des ouvrages qui rendent compte des rencontres entre cultures.

Il peut s’agir de textes écrits au fil du temps – parfois injustement confinés dans des rôles de « documents » – de récits de voyages, authentiques ou étranges, de témoignages, mais aussi d’essais dont le dénominateur commun est de mettre le lecteur en présence d’un questionnement sur l’altérité.

Se réclamant volontiers de la notion d’exotisme, nos publications invitent à la découverte d’un extérieur aussi bien situé dans le temps que dans l’espace, tout en laissant sa place au plaisir pur de la lecture.

Le site des éditions Anacharsis

Entretien sur Libfly avec Frantz Olivié et Charles-Henri Lavielle

C'est Noël ! Sélection de romans ado/jeunesse 2017

C'est Noël ! Sélection de romans ado/jeunesse 2017

ou piocher dans les classiques : la trilogie de Meto ou le nouveau Philip Pullman qui nous replonge dans l'univers de la Croisée des mondes.

Ou si vous préférez rester les pieds sur terre, pas de souci : Élise Thiébaut nous revient avec un petit livre amusant mais bien documenté sur les règles et tout ce qui est patriarcat, religion et sexualité ; sinon plongez avec Clay dans le roman qui a donné la série 13 reasons why, ou suivez une bande d'ami.e.s aux prises avec le SIDA et les prejugés de leurs camarades.

Sélection beaux arts Noël 2017

Sélection beaux arts Noël 2017

C'est Noël! Sélection de reportages littéraires

C'est Noël! Sélection de reportages littéraires

C'est Noël ! Sélection sur le cinéma et la littérature

C'est Noël ! Sélection sur le cinéma et la littérature

C'est Noël ! Sélection femmes en tous genres

C'est Noël ! Sélection femmes en tous genres

C'est Noël avec les éditions n'a qu'1 oeil !

C'est Noël avec les éditions n'a qu'1 oeil !

C'est Noël ! Sélection de livres jeunesse

C'est Noël ! Sélection de livres jeunesse

Venez rencontrer le pingouin grognon, le loup et ses histoires : en slip, qui n'aimait pas Noël, celui qui prend tranquille son goûter, le monstre du placard, le canard qui se sentait lion et plein d'autres personnages !

C'est Noël ! Sélection en sciences humaines

C'est Noël ! Sélection en sciences humaines

C'est Noël ! Sélection I am not your negro

C'est Noël ! Sélection I am not your negro

Mais si vous pensez que je suis un nègre, ça veut dire qu'il vous en faut un." James Baldwin

C'est Noël ! Sélection de bandes-dessinées

C'est Noël ! Sélection de bandes-dessinées

Cinélatino : notre sélection !

Cinélatino : notre sélection !

MAI 68 : notre sélection de livres

MAI 68 : notre sélection de livres

Nous vous proposons une sélection de livres pour mieux comprendre les enjeux du mouvement de mai 68 à Paris, en France ou ailleurs dans le monde et ses répercussions politiques dans les décennies qui ont suivi. Bonne lecture !

Terra Nova à Rio (Loco) !

Terra Nova à Rio (Loco) !

Cure de jouvence pour la jeunesse

Cure de jouvence pour la jeunesse

Et en avant-première, une sélection d'ouvrages jeunesse figurant dans notre tout nouveau catalogue papier qui devrait sortir de l'imprimerie début septembre.

 

 

 

 

L'édition critique n'est pas morte... Vive l'édition critique !

L'édition critique n'est pas morte... Vive l'édition critique !

Le dernier livre de Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France était attendu depuis de longs mois. Il ne déçoit pas et fait figure de tête de pont de la cohorte d'essais qui a pris possession des tables de la librairie. Mona Chollet dans Sorcières, nous livre un ouvrage foisonnant qui explore, à partir de la traque des sorcières, quelques figures de la femme d'aujourd'hui encore réprimées ou censurées (femme indépendante, femme sans enfant, femme âgée...). Après son remarqué Théorie du drône,  Grégoire Chamayou revient avec La société ingouvernable qu'il viendra présenter à la librairie le 18 octobre prochain. Anacharsis participe aux réjouissances avec L'esclave qui devint millionnaire, de Karl Jacoby, qui apporte la preuve qu'histoire et style peuvent faire bon ménage dans un essai éclairant qui a tout d'un roman captivant, mais également avec le singulier La mort est dans Paris, de Richard Cobb, que son préfacier Pierre Serna est venu présenter avec brio à Terra Nova début septembre. Le CMDE fait sa part de travail avec le jubilatoire Dérive dans une ville créative de Didier Moineau, présenté à la librairie le 26 octobre prochain, et le récit humoristico-punk de Ake Anstallning,  Le travailleur de l'extrême. Il y aussi le nouveau Z, parti sur les traces de l'extractivisme en Guyane, et le dernier Jef Klak, qui explore librement la "course à pied". Nos amis de l'Échappée nous en voudraient à raison de ne pas signaler la sortie du prochain livre d'Éric Sadin, L'intelligence artificielle ou l'enjeu du siècle : anatomie d'un antihumanisme radical ou la belle biographie de Jean-Jacques Pauvert écrite par Chantal Aubry, Pauvert l'irréductible : une contre-histoire de l'édition. Aux éditions la Découverte, signalons en particulier l'imposant Sexe, race et colonies, qui devrait être présenté à la librairie le 9 novembre dans le cadre du colloque Corpus Africana et le livre de Jean-Gabriel Périot et Alain Brossat, Ce que peut le cinéma, qui sera présenté à la librairie le 4 octobre prochain. Chez Nada, Guillaume Goutte réaffirme l'importance du syndicalisme révolutionnaire dans le combat à mener aujourd'hui contre le capitalisme et l'État, avec Vive la syndicale !.

Quelques sorties en poche aussi : Histoire mondiale de la France, Boulots de merde...

Il y a des oublis dans cette liste qui n'est pas exhaustive. On se rattrape plus bas avec une sélection enrichie.

 

 

C'est Noël ! En Famille...

C'est Noël ! Japons

C'est Noël ! Musiques Rebelles

C'est Noël ! À l'aventure !

C'est Noël ! Histoires populaires

C'est Noël ! Queer Zone...

C'est Noël ! Le vent de la révolte

C'est Noël ! L'art de Jouir

C'est Noël ! Au pied du volcan

C'est Noël ! Loup y es tu ?

C'est Noël ! Être forêts

C'est Noël ! Sélection de livres jeunesse

C'est Noël ! Une sélection bande dessinée

C'est Noël ! Une sélection de beaux-livres

C'est Noël ! Une sélection de beaux-livres

Le temps du Cinélatino est venu !



Littérature

Littérature

La littérature étrangère occupe une place de choix à Terra Nova (en version traduite, comme en langue originale), bien que la littérature française ait désormais voix au chapitre.

 

Sciences Humaines

Sciences Humaines

C'est au fond de la librairie que vous rencontrerez un des rayons fondateurs de l'atmosphère de Terra Nova. La philosophie, la psychanalyse, l'ethnologie, l'anarchisme, la sociologie, la politique, l'histoire... Autant d'expériences humaines pour saisir le monde dans sa diversité. Être toujours critique et ne jamais prendre les enseignements pour des vérités certaines. Restez à l'affût et partez à la découverte du réel.

Espace Café

Espace Café

A l’écart du tumulte de la ville, pour un court instant ou un long moment, nous vous invitons à une halte restauration, pour le café du matin, un goûter l’après-midi... Y déguster un crumble maison ou une pâtisserie algérienne et partir à la découverte des livres. 

Nous privilégions les produits de qualité, jus de fruits bios et artisanaux, locaux quand c'est possible.

Bienvenue sur le site de terra nova

Bienvenue sur le site de terra nova

Terra Nova, depuis sa création en 2004, vous invite à interroger le monde à travers ses écrivains, ses réalisateurs, ses artistes, ses penseurs, ses luttes sociales.

Et comme aucune description ne remplacera une visite, nous vous invitons à venir découvrir nos rayons au 18 rue Gambetta à Toulouse : littérature étrangère, littérature française, littératures non traduites (espagnol, italien), sciences humaines, jeunesse.

Nous aimons : choisir, fouiner, vous proposer les livres d'éditeurs installés en marge de l'industrie du livre. 

Et comme nous pensons la librairie comme un lieu de vie sociale, nous organisons régulièrement dans notre espace café des rencontres que vous retrouvez sur ce site ou sur notre page Facebook

Horaires d'ouverture :

Lundi : 14 - 19
Mardi - Samedi : 10h - 19h
Tous les dimanches : 15h - 19h

Arts

Arts

Avoir une autre vision du monde passe par le regard de l'autre, et surtout celui de l'artiste. Qu'il soit peintre, photographe ou autre, celui qui représente le monde, selon des critères esthétiques, lui confère une dimension différente.

Texte et image pour la page "La Librairie"

Texte et image pour la page

Depuis sa création en 2004, la librairie Terra Nova vous invite à parcourir et à interroger le monde à travers ses écrivains, ses réalisateurs, ses artistes, ses penseurs, ses luttes.

Nous aimons : choisir, fouiner, vous proposer les livres d'éditeurs installés en marge de l'industrie du livre.

Et comme nous pensons la librairie comme un lieu de vie sociale, nous organisons régulièrement dans notre espace café des rencontres que vous retrouvez sur ce site, sur Twitter ou sur notre page Facebook

Et comme aucune description ne remplacera une visite, nous vous invitons à venir découvrir nos rayons au 18 rue Gambetta à Toulouse : littérature étrangère, littérature française, littératures non traduites (espagnol, italien), sciences humaines, jeunesse.


C’est une sorte d’ilot tout de bois et de briques, un cocon d’où mûrir quelques grandes évasions. Un endroit apaisant quand, par les temps qui courent, celui qui coule ici semble être suspendu.
Et pourtant. Pour peu que l’on s’attarde au gré des rayonnages, le pouls du monde y est largement sensible : les questions contemporaines traversent les ouvrages, comme autant de matière à penser, réfléchir, questionner.  Le choix est évident, minutieux, assumé : livres incontournables ou pépites confidentielles soigneusement extraits du flot de publication massive.
Ainsi peut-on flâner, découvrir, ou feuilleter une large sélection en sciences humaines et sociales, la fine fleur de la bande dessinée, de la littérature jeunesse dégraissée de toute mièvrerie, des récits de voyages ou de luttes, des romans de l’Hexagone - et beaucoup d’ailleurs - de la poésie, des revues inventives, attentives, (im)pertinentes. Des idées, des solutions possibles, des alternatives constructives. Et des imaginaires bien sûr, singuliers et multiples. On peut y boire un café ou manger un crumble - l’esprit n’est pas le seul à être rassasié. Rencontrer un auteur, un projet, des lecteurs…
Il y a à Terra Nova cette application à soigner les détails (la lumière, la musique et l’odeur du café…) – oublions le clinquant, le marketing, la tête de gondole ou l’industrie du livre – l’artisanat y est privilégié,  le « petit » éditeur, l’art de l’imprimé, la beauté de l’objet, la chaleur de l’espace, le sens du métier. Car oui, Terra Nova est de ces librairies - indépendantes il va de soi- encore dotée de libraires. Cette espèce désormais trop rares de grands lecteurs, curieux et critiques, généreux en conseils, humbles défenseurs de textes nécessaires. De ces individus qui, collectivement, construisent un lieu singulier, une entreprise originale, la possibilité du petit pas de côté.

Blandine.

Jeunesse

Jeunesse

Les albums attendent les yeux enfantins pour prendre leurs couleurs et leur vie. Les dessins sont soignés, les histoires intelligentes. Les enfants découvriront le goût de la lecture. Les adolescents vivront des histoires merveilleuses au fil de romans. Le monde s'offre à eux : se documenter, découvrir la philosophie, se plonger dans l'art et pourquoi pas lire en langue espagnole ?
La littérature débute là...

Bandes Dessin‚ées

Bandes Dessin‚ées

Mise en mots et en images.
Des scénarii véritables.
Ici, le roman graphique s'épanouit à la croisée de la prose et de l'art. Le choix de la liberté, celles des thèmes, des récits, de l'histoire, de la pensée. L'indépendance se gagne au fil des lectures.
Ne vous laissez pas enfermer dans des cases, respirez ces bulles d'oxygène sur papier !

Le rayon Bandes dessinées

Livres Pratiques / Tourisme / Nature

Livres Pratiques / Tourisme / Nature

Envie de travailler votre jardin ?
De faire attention à ce qui vous nourrit ?
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Notre rayon pratique est là pour répondre à vos questions et pour vous donner des idées.

DVD

DVD

Du cinéma d'auteur au cinéma étranger, vous découvrirez des films qui proposent des visions différentes de la réalité. Les raretés s'accumulent dans ce rayon où vous trouverez les perles recherchées.

Espace Café et rencontres

Espace Café et rencontres

Terra Nova, c'est également un lieu de convivialité. Au cœur des livres, goûtez un café, un thé, des pâtisseries, des crumbles maison... La nourriture de l'esprit se joint à celle du corps.
Plusieurs soirs par mois, la librairie propose des rencontres autour de réflexions, d'auteurs, de livres. Venez partager un instant de votre temps !


Georges Courtois // RENCONTRE REPORTÉE !!!

Georges Courtois // RENCONTRE REPORTÉE !!!

Le 19 décembre 1985, Georges Courtois, Karim Khalki et Patrick Thiollet prennent la cour d’assises du Tribunal de Nantes en otage. Revolvers et grenades au poing, ils convoquent les caméras de FR3 et renversent la vapeur : pendant 34 heures, au lieu d’être condamnés ce jour pour divers braquages, ils font en direct à la télévision le procès de la justice, des magistrats et de la société carcérale dans laquelle ils se trouvent piégés.

Cette attaque en forme de dénonciation, unique en son genre, ne s’est pas improvisée du jour au lendemain : il aura fallu des années d’humiliations subies et de coups rendus pour aboutir à ce passage à l’acte, dans une condamnation sans appel de la justice de classe.

Préférant la prison pour un mot juste qu’une liberté à demi-mot, Georges Courtois a aujourd’hui 67 ans et habite à Nantes. Il a passé plus de la moitié de sa vie enfermé. Dans ses mémoires, il raconte l’escalade : comment et pourquoi la prise d’otage du tribunal avait un sens bien au-delà de sa biographie, livre la version romancée de son parcours de malfaiteur professionnel et d’homme de lettres malicieux.

Fifigrot - revue Distorsion

Fifigrot - revue Distorsion

À Noël dernier paraissait une nouvelle revue sublimement imprimée et au contenu fort réjouissant : DISTORSION. Beaucoup de cinéma de genre bien cinglé, de la fesse, du graphisme, de la musique, des fausses affiches, des interviews, romans-photos, critiques, débats, etc. Le prochain volume s’intéressera quant à lui à la thématique « Provocation ».

Au sommaire : les Dark Brothers, le Professeur Choron, Jackass, Noël Godin, Willem, Charlie Sheen, Charlie Schlingo, Koji Kawamura, GG Allin, Jean-Louis Costes, Henry Rollins, Alice Cooper et beaucoup d’autres sur près de 180 pages.

DISTORSION (qui produit également des séries de vidéos tarées sur le net, et planche sur un premier docu), ce sont des objets culturels, créatifs, irrévérencieux, malpolis et surtout libres auxquels l’équipe grolandaise souhaite une longue vie !

Revue L’Envolée

Revue L’Envolée

L’Envolée est réalisée par des ex-prisonniers ou des proches de prisonniers qui pensent qu’il est primordial de publier des textes venus des prisons et des textes contre les prisons. Les prisonniers décrivent leur quotidien, dénoncent leurs conditions de détention, se battent contre l’enfermement. Ils le feront toujours mieux que tous ceux qui veulent parler à leur place. Une parole de prisonnier qui sort et attaque l’administration pénitentiaire ou la justice, qui plus est quand cette parole est collective, constitue un acte politique qui dérange l’ordre des choses.

La prison est le ciment nécessaire à l’Etat pour permettre au capitalisme de se développer. Prisons et Justice servent principalement à enfermer la misère. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir : il produit une peur nécessaire au maintien de cette société.

A bas les prisons, toutes les prisons…

Fabienne Yvert & Cendrine Bonami-Redler

Fabienne Yvert & Cendrine Bonami-Redler

La soirée débute à 18h avec une lecture de Fabienne Yvert à Oh les beaux jours, puis se prolonge à Terra Nova pour des lectures croisées entre les deux auteures et une exposition de leurs différents travaux plastiques.
La rencontre sera suivie d’un buffet et d’un apéritif à 19h30.

Artiste polymorphe, à la fois auteure, typographe, Fabienne Yvert vit à Marseille et pratique depuis plusieurs années un travail sur la forme et le matériau.
Elle nous livre sa réflexion sur le monde à travers des objets judicieux, drôles et sensibles.

Graphiste et illustratrice de talent, Cendrine Bonami-Redler habite à Montreuil. 
Elle nous fait découvrir un campement rrom de sa ville dans une sorte de carnet de voyage richement illustré et commenté sur les habitudes d’une population ordinairement stigmatisée et privée de parole.

Fabienne Yvert nous présentera ses différentes productions (EncaisseY’en a marre d’être pauvreJe n’écris plus…), et Cendrine Bonami-Redler nous fera partager son excursion dansDe baraque en baraque.

Festival Le vent se lève à Job 2015

La librairie proposera des livres lors du Festival "Le vent se lève" à JOB.

Éric Hazan

Éric Hazan

Un livre d’histoire ? Oui et non. Oui, parce qu’on y parcourt quelque 220 ans d’émeutes. Non, parce qu’on n’y trouve pas les descriptions « objectives » habituelles, ni les considérations morales qui les accompagnent si souvent. 
C’est que le but est clairement politique : repérer dans l’histoire révolutionnaire ce qui peut servir à surmonter le pessimisme ambiant et à penser l’action à venir.
On verra que les plus grandes insurrections partent de la colère du peuple et non du bouillonnement des idées politiques ; qu’après la victoire, le chaos, toujours brandi comme une menace, ne survient jamais ; qu’un rapport de force défavorable peut s’inverser en une journée ; que les épisodes les plus célèbres sont souvent des constructions légendaires. 

Ce livre engage à ne plus lire cette « histoire » avec des yeux d’éternels vaincus, à ne plus y voir un répertoire de catastrophes mais une source vive d’enseignements et d’exemples. La formation du sujet révolutionnaire passe par la réappropriation de notre passé.

Le Tripode / Goliarda Sapienza

Le Tripode / Goliarda Sapienza

Chaque année, le Tripode fait sa « sortie littéraire » : 
de mi-mai à mi-septembre, la maison d’édition cesse toute parution pour bien préparer les livres à venir, prendre soin de ceux existants et pérégriner à la rencontre des libraires et des lecteurs. 

Les librairies de la région Midi-Pyrénées invitent donc Le Tripode durant toute la fin du mois de mai pour une série de rencontres autour de son catalogue. 
L’escale toulousaine, qui abordera les rivages de Terra Nova le 21 mai, sera l’occasion pour l’éditeur, en humble orpailleur, de présenter quelques pépites et notamment les oeuvres de Goliarda Sapienza qui, de L’Art de la joie à Moi Jean Gabin, en passant parL’Université de Rebibbia, en a fait chavirer plus d’un.

Cafés Savoirs

Cafés Savoirs

Les Cafés Savoirs sont devenus, au fil des ans, un événement incontournable de l’agenda toulousain. 
C’est chaque année l’occasion de transmettre, à travers ces cafés thématiques, la richesse et la diversité des savoirs, répondant ainsi à la demande de vulgarisation et de débats de citoyens curieux et intéressés.

Béton Armée

Béton Armée

Voilà un autre Mix-book, une autre expérience. Réunir des gens dont on est sûr qu’ils ont quelque chose d’imprévu à balancer, leur proposer de poser un texte comme on pose un « 16 mesures » sur une Mix-tape.
Pourquoi sur le taf ? Parce que ça nous pourrit la vie, et parfois beaucoup plus. Au bout de tout ça, on a trouvé une autre question : et l’écriture, c’est du travail ? Parce que des fois c’est douloureux, pénible et qu’en tout cas on n’est pas égaux devant ça non plus. 
Mais il en sort quelque chose de brûlant et d’irrécupérable pour faire de la culture populaire enragée.
De quoi nourrir une conscience commune des oppressions, de quoi armer nos volontés collectives et se coordonner pour tout péter.

Alors ça donne un objet bizarre. Une arme par destination. 
Pour faire croire à ton chef que tu veux juste le gifler avec. Et lui faire découvrir alors comme le papier peut trancher.

CambioRadio

CambioRadio

En marge de la conférence pour le climat (COP21), CambioRadio portera débats, paroles, et propositions issus de la société civile sur le changement climatique et ses impacts sur la société. 

Au programme de premier volet du cycle, et en présence d’invités, il sera question des conséquences sociales, économiques, politiques et environnementales des modèles agricoles :
agriculture conventionnelle, bio, bio « industrielle », polyculture et agriculture familiale... 
Quels enjeux, pour quels projets de société ? Le bio, la bio, de quoi parle-t-on ?

Hélène Duffau

Hélène Duffau

« Je suis au pain », c’est le mot banal que Pauline trouve sur la table en se levant ce matin-là. Tout dans son corps lui crie que quelque chose ne va pas. D’abord, on ne met pas autant de temps à aller chercher le petit déjeuner. 
Et puis, il y a Émilien qui ne se lève pas. Et qui, une fois sur la plage, flirte avec le danger. 

Vingt et une heures, c’est le temps que va mettre la mère de Pauline et d’Émilien pour revenir ; vingt et une heures, c’est aussi le moment charnière où une jeune fille pleine de doutes apprend à faire confiance à la vie.

Gilbert Meynier

Gilbert Meynier

" Le colonialisme, disait Jean-Paul Sartre, est un système ». Et certes, le système est en place avant comme après la Première Guerre Mondiale. Avant comme après, il y a deux sociétés superposées, le droit des uns qui exclut le droit des autres. Avant comme après, la représentation « algérienne » au parlement français est exclusivement européenne. 

Économiquement, la dépendance reste la même. C’est à peine si l’on peut parler, par la suite des difficultés des communications avec la métropole, d’un début d’industrialisation. Devant la misère, la maladie, la mort, les deux sociétés restent, avant comme après, fondamentalement inégales, et ceci bien qu’il s’agisse, et c’est bien le drame, de deux sociétés complètes. De la guerre est sortie une Algérie nouvelle que les dirigeants coloniaux et aussi français ne veulent pas voir tant ils sont attachés aux schémas d’un passé dépassé.

Gilbert Meynier a été maître de conférences d’histoire contemporaine à l’université de Constantine, maître de conférences puis professeur à l’Université de Nancy II. Il travaille depuis 1968 sur l’histoire de l’Algérie contemporaine.

Jann-Marc Rouillan

Jann-Marc Rouillan

Avec Le rat empoisonné, Jann-Marc Rouillan clôt sa trilogie sur sa mise en liberté. La prison est toujours présente, dans la chair et dans la mémoire.
Jann-Marc Rouillan continue d’explorer ce monde dont il fut mis à l’écart pendant plus de 25 ans. Tout en composant avec les règles imposées par les juges : les interdictions de séjour, les interdictions de prises de parole, les interdictions de rencontrer certaines personnes, il tente de se construire une vie en dehors des murs de la prison.

La portée plus évidemment réflexive de cet opus n’est pas seulement porteuse d’une analyse radicale de notre société, qui voit le gouffre se creuser entre classes dominantes et populations opprimées et exploitées.
C’est également le témoignage, rarement porté, de la difficulté pour un ex-taulard de reprendre le cours normal de sa vie. Car en France, il n’y a aucune synonymie possible entre sortir et s’en sortir…

Découvrez une sélection de son oeuvre

Les yeux dans les docs #8

Les yeux dans les docs #8

Avant la pause estivale du cycle Les Yeux dans les docs, une rencontre autour d’un « joli » mois de mai, consacrée à « l’esprit du temps ».
Des images (et des sons !) pour témoignage de ces moments charnières, vécus et partagés à travers les paroles et les actes d’ouvriers, de techniciens du cinéma... et d’une chanteuse. 
De belles surprises en perspective.

Matthias Bouchenot

Matthias Bouchenot

La manifestation d’extrême droite à caractère insurrectionnel du 6 février 1934 provoque une réponse immédiate des partis de gauche, qui décident de s’allier afin de ne pas subir le sort des Italiens et des Allemands, défaits par le fascisme mussolinien et le national-socialisme.
Ce rassemblement mène à la victoire électorale du Front populaire en mai 1936, immédiatement suivie d’un mouvement de grève sans précédent qui débouche sur l’obtention de nombreux droits, notamment les congés payés.

Matthias Bouchenot aborde dans cet ouvrage un angle mort de l’histoire des années 1930 : celle des groupes d’action et des groupes d’autodéfense de la SFIO, principalement dans la fédération de la Seine. Embryon d’armée révolutionnaire pour les uns, simples groupes chargés d’assurer la sécurité des cortèges, des meetings et des chefs politiques pour les autres, les « Jeunes Gardes socialistes » (JGS) et les « Toujours prêts pour servir » (TPPS) refusaient de laisser la rue aux ligues d’extrême droite et rêvaient de vivre des lendemains qui chantent.
Constituant l’aile gauche de la SFIO, ouverts aux tendances communistes révolutionnaires (trotskistes, luxemburgistes), proches des libertaires, les TPPS et les JGS incarnent l’image la plus éloquente du « Front populaire de combat ».

François David & Jean-Luc Amestoy

François David & Jean-Luc Amestoy

Les petits aussi ont leur rencontre en librairie !

A l'occasion du festivale du livre jeunesse "La voix est livre", organisée par l’association Itinérance Orale et en partenariat avec le Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées au 25 juillet 2015, la librairie accueille le poète et éditeur François David qui proposera une lecture sur fond d'accordéon, avec le musicien toulousain Jean-Luc Amestoy. Avec François David, la poésie se lit, s'écrit, s'édite, se vit, jeux de mots, Oulipo, fausse piste de danse, guinguette, v'là la poésie qui devient musette. Cette lecture musicale poétique sera suivie d'une rencontre à la découverte des éditions MØTUS.

Hé dites oh !
Un livre vient à vous. Ce n'est ni une citrouille
ni un carrosse qui vous l'apporte, mais un
improbable triporteur qui roule sa cabosse
de par les rues, les cours et les jardins.
Ce vélo à trois roues "début de siècle" devient,
le temps d'un moment, théatre du livre,
valise de mots, librairie d'oralité.
Des berceuses à la poésie, des contes
à la musique. L'oralité sous toutes ses formes
s'amuse, se fait nomade, danse et traverse
La voix est livre, première fête du livre jeunesse.

 

Fifigrot - Frédéric Baal

Fifigrot - Frédéric Baal

Dans le cadre du festival Fifigrot, rencontre avec Frédéric Baal autour du livre de Jacques Calonne, Noctuelles, paru aux éditions de l’Âge d’homme.

Frédéric Baal, fondateur du théâtre expérimental de Bruxelles et figure emblématique de l’avant-garde théâtrale et artistique Bruxelloise, est un familier de l’œuvre de Jacques Calonne. Au cours de cette conférence, il nous fera découvrir l’homme et son œuvre.

 

Fanny Gallot - UPT

Fanny Gallot - UPT

En partenariat avec l’Université Populaire de Toulouse, rencontre avec Fanny Gallot autour de son livre En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société, paru aux éditions La Découverte. Vous pourrez poursuivre le débat à 20h30 à la Bourse du Travail, place Saint Sernin.

Alors que depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène avec des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de faire « sauter l’usine », etc.), le rôle joué par les femmes a été passé sous silence. Qui sont ces femmes décidées à « en découdre » ?

Ayant commencé à travailler après 1968, elles n’ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni résignées. Grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société.

Mourir au Mexique

Mourir au Mexique

Rencontre avec le Collectif des Métiers de l’edition à l’occasion de la sortie de « Mourir au Mexique. Narcotrafic & terreur d’État » de John Gibler ;

La rencontre sera suivie de la projection du documentaire Retratos de una busquéda au cinéma Utopia Toulouse. En partenariat avec l’Arcalt.

« 95 % des crimes liés au narcotrafic ne font l’objet d’aucune enquête. Le pourcentage est trop écrasant pour refléter une incapacité du gouvernement. Il s’agit plutôt d’un incroyable taux de réussite où l’objectif n’est pas la justice, mais l’impunité. »

Dans une enquête loin de tout sensationnalisme, John Gibler déconstruit les mythes du narcotrafic et nous fait parvenir les récits et les voix de ceux qui se rebellent contre le silence et la mort anonyme. En mettant au jour l’horreur du quotidien de cette véritable politique de terreur, il nous montre ce que le narcotrafic est pour le capitalisme : une aubaine où les profits nagent dans le sang.

 

Les yeux dans les docs - François Maspero

Les yeux dans les docs - François Maspero

François Maspero fut, toute sa vie, un homme pour qui les mots ont un sens… Portrait polyphonique d'un homme qui marqua l'Histoire du livre et de l'édition au XXème siècle, le film François Maspero, les chemins de la liberté est une invitation à cheminer le long des voies qui mènent au livre avec un homme intègre et sensible qui les explora toutes. Il connut les joies - et les souffrances - des métiers de libraire et d’éditeur engagé. Puis celles de la traduction et de l’écriture.

Entretiens avec François Maspero et lectures d'extraits de ses livres jalonnent le film, en écho aux voix et regards croisés de Chris Marker, Guy Lévis Mano, Nils Andersson, Miguel Benasayag, Julien Hage...

 

Julien Hage - François Maspero

Julien Hage - François Maspero

Julien Hage sera présent à la librairie Terra Nova pour échanger autour de l’édition et de la diffusion du livre, à partir du cas des éditions François Maspero, qui existèrent de 1959 à 1982. Nées dans le contexte de la guerre d’Algérie et liées à la librairie « La Joie de lire » à Paris, elles marquèrent l’histoire du livre, de l’édition et de la diffusion des idées en France au XXème siècle.

Julien Hage est co-auteur du livre François Maspero et les Paysages humains, paru aux éditions La Fosse aux ours. Il a soutenu une thèse d’Histoire comparée autour de trois figures majeures de l’édition politique en Europe : Maspero, Feltrinelli et Wagenbach.

Maylis de Kerangal

Maylis de Kerangal

En partenariat avec l’université Toulouse Jean-Jaurès et à l’occasion d’un colloque international organisé autour de son œuvre, rencontre avec Maylis de Kerangal.

 

Chris Ealham

Chris Ealham

Dès 1830, Barcelone connut une expansion urbaine, donnant naissance à une nouvelle zone de la ville, le quartier chinois. Ce quartier, sans aucun immigré chinois, avait la réputation d’être le concentré des vices de la plèbe. Chris Ealham, historien anglais, montre à quel point il s’agissait là d’une construction politique de l’élite barcelonaise, profondément inquiétée par les « classes dangereuses ».

Alors que les conservateurs, de droite ou de gauche, présentèrent la révolution de 1936 à travers le mythe de « la foule enragée », des comités de quartiers nés des barricades, fondés sur le partage et l’auto-organisation ouvrière, étaient porteurs d’un projet urbanistique révolutionnaire.

Patrick Quillier

Patrick Quillier

À l’occasion la parution de la revue Orpheu aux éditions Ypsilon, rencontre avec le traducteur Patrick Quillier et l’éditrice Isabella Checcaglini.

Les principaux maîtres d’œuvre de la revue Orpheu sont Fernando Pessoa, Mário de Sá-Carneiro et José de Almada Negreiros. Cette première traduction française de l’ensemble des trois numéros de la mythique revue portugaise (deux publiés en 1915, le troisième resté à l’état d’épreuves) permet d’évaluer à leur juste mesure le poids de ces écrivains de premier plan et de percevoir l’importance de la génération qu’ils représentent. Les passionnés de Pessoa et de Sá-Carneiro trouveront ici de quoi nourrir leur connaissance de ces auteurs, en découvrant le terreau fertile dans lequel leurs premiers textes ont pu germer et éclore.

Stop Masculinisme

Stop Masculinisme

Droits des pères, crise de la masculinité, violences faites aux hommes : voilà les thèmes de prédilection des masculinistes. Cette mouvance, qui bénéficie d’a priori positifs et d’un écho médiatique très large, mérite pourtant qu’on s’y intéresse de plus près. En effet, derrière les évidences et les émotions se dessine un réseau d’hommes organisés qui cherchent à défendre leurs privilèges et luttent contre l’émancipation des femmes. Loin du combat pour l’égalité qu’ils nous dépeignent, les masculinistes visent avant tout le maintien de l’ordre patriarcal.

Ce livre se veut un guide pratique pour identifier et contrer ce mouvement.

Jean-Marc Delpech

Jean-Marc Delpech

Dans Voleur et anarchiste, Jean-Marc Delpech nous livre une biographie haute en couleur de l’honnête cambrioleur Alexandre Marius Jacob (1879-1954). En ce début de XXe siècle, la criminalité augmenterait dans des proportions inquiétantes. La France a peur et la Belle Époque n’est qu’un leurre. Tout en haut, une bourgeoisie arrogante et triomphante. Tout en bas, la masse des traîne-misère et l’ordre répressif. Avec Jacob et sa bande, le vol se pratique de manière industrielle et la rapine devient politique. Mais l’honorable entrepreneur de démolition sociale va payer cher ses atteintes à la propriété et sera envoyé au bagne de Cayenne.

Le bagne, le docteur Léon Collin l’a connu en tant que médecin militaire. Muni d’un carnet et d’un appareil photographique, les simples souvenirs de voyage du jeune médecin se transforment progressivement en dénonciation alerte d’une réalité pénible à dire, à voir et à sentir. De la Guyane à la Nouvelle-Calédonie, le bagne c’est la mort, la souffrance et l’échec de toute une politique répressive et carcérale. Bien avant Albert Londres, Léon Collin montre les existences des « hommes punis ». Des hommes et des bagnes, une incroyable galerie de portraits, des célébrités, une foule d’anonymes aussi.

Jean-Marc Delpech est enseignant et spécialisé dans l’histoire du bagne et de l’illégalisme anarchiste.

Sebastian Budgen

Sebastian Budgen

Novembre 1918 : à Kiel, les équipages des cuirassés hissent le drapeau rouge et de là, une vague révolutionnaire balaye l’Allemagne. Divisée dans ses organisations, la classe ouvrière est unanime sur un point : l’heure du socialisme est venue. Commence alors un dur apprentissage : cinq années de crise révolutionnaire, de grèves et d’affrontements armés. Les révolutionnaires tardent à se détacher d’un parti socialiste puissant qui s’engage immédiatement dans la voie du maintien de l’ordre. En janvier 1919, Liebknecht et Rosa Luxemburg sont assassinés.

La révolution allemande va néanmoins se poursuivre pendant plus de trois ans. Chris Harman retrace cette bataille charnière du XXe siècle avec la lucidité du militant révolutionnaire, acceptant l’héritage des vaincus dont les combats éclairent encore les nôtres.

Sébastian Budgen est éditeur chez Verso. Il est également membre fondateur de la revue Historical Materialism, l’un des espaces majeurs du marxisme contemporain.

Rubin "Hurricane" Carter

Rubin

En 1966, le boxeur noir, Rubin "Hurricane" Carter, est arrêté pour le triple meurtre de consommateurs blancs dans un bar de Paterson, New Jersey. Il clame son innocence mais est néanmoins condamné. Depuis sa prison, il nous raconte ce qui l'a amené jusque-là. Son enfance, ses premières incarcération, l’armée. Il y découvre la boxe et commence une carrière qui le conduira aux portes de la consécration. Son punch lui vaut son surnom, "L'Ouragan". Fin 1964, Rubin Carter est arrêté et incarcéré. Il concentre alors son énergie dans sa lutte judiciaire, étudiant le droit et acquérant une éducation que la vie ne lui avait pas donné l'occasion d'aborder. Traversant plusieurs milieux – société ségrégationniste, système carcéral, armée, monde de la boxe – le récit de Rubin Carter est cru et rythmé d'une volonté viscérale de sur-vivre. Il porte l'implacable regard de celui qui a connu l'injustice et pour qui tout ce qui ne le détruit pas le rend plus fort.

Des membres de L'Envolée, journal écrit par des prisonniers et proches de prisonniers, seront également présents à cette soirée. Cela sera l'occasion de discuter et de mettre en perspective l'histoire de Hurricane Carter avec le sort qui est fait aujourd'hui aux justiciables et aux prisonniers en France.

Nuclear Device

Nuclear Device

La présentation du livre sera précédée d’un petit concert, et se poursuivra par un sound-system au bar L’Internazionale.

Le groupe Nuclear Device (1982-1989) a participé à la naissance et l’essor de ce que les médias appelleront le « rock alternatif ». Aux côtés des Bérurier noir et Ludwig von 88, il parcourt une France en ébullition, enchaînant les concerts survoltés de squats en MJC. Le livre dresse le portrait d’une époque où la fureur de vivre décuplait l’inventivité de la jeunesse. Accompagné d’un CD compilant 20 titres marquants, ce livre atypique est une incitation à créer ses propres porte-voix !

Daniel Paris-Clavel anime depuis 1991 le fanzine Chéribibi consacré à la culture populaire. Pour cet ouvrage, il a réalisé et compilé seize heures d’interviews avec un plaisir partagé.

Patrick Carde dit « Kiox », membre fondateur et guitariste de Nuclear Device, est devenu graphiste à la suite de son expérience au sein du groupe. Il dirige aujourd’hui l’association La Boîte à outils à Toulouse, à l’origine des séjours artistiques « Rock The Casbah ».

 

Abdelmadjid Kaouah

Abdelmadjid Kaouah

Lecture : Danielle Catala et Leïla Boutaleb. Oud : Mohammed Naïmi.

Profonds et lapidaires, hantés par le souvenir des compagnons assassinés ou traversés par les douleurs de l’exil, les poèmes du recueil Que pèse une vitre qu’on brise d’Abdelmadjid Kaouah témoignent de plus de quarante ans d’écriture et de la place du poète dans l’histoire de la poésie algérienne francophone.

François-Xavier Fauvelle

François-Xavier Fauvelle

Longtemps reclus et condamné au silence, Nelson Mandela s’est révélé un grand orateur. Son art de la parole ne reposait pas sur l’habileté rhétorique ou une quelconque théorie de la communication.

Relisant de près trois grands discours – 1990, 1993, 1994 – François-Xavier Fauvelle montre comment Nelson Mandela ne tombe jamais dans le piège des « paroles verbales » si souvent reprochées aux hommes politiques. Chacun de ces discours ouvre un espace, soutient l’action et « fait » l’Histoire.

C’est en historien, familier de la critique des textes et de l’oralité, que François-Xavier Fauvelle montre la parole en œuvre et à l’œuvre.

Historien et archéologue, spécialiste de l’Afrique ancienne, François-Xavier Fauvelle a publié chez Alma Le rhinocéros d’or, Grand prix 2013 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois.

Julien Salingue

Julien Salingue

Si la question palestinienne demeure un enjeu géopolitique et diplomatique essentiel, tant à l’échelle internationale qu’à celle d’un Moyen-Orient en pleine déstabilisation, l’idée même d’une solution politique durable n’a jamais été aussi éloignée. La faillite du processus d’Oslo a ainsi conduit nombre d’acteurs à substituer à la perspective d’une solution au « conflit » des politiques d’assistance destinées à atténuer les effets de l’occupation israélienne.

Le rôle des ONG au sein de ce dispositif est essentiel. Dans la mesure où elles contribuent à pallier les déficits du « processus de paix », elles sont un révélateur des tendances générales à l’œuvre dans les territoires occupés. Visant à transformer les Palestiniens, peuple avec des droits, en individus avec des besoins.

Julien Salingue est docteur en science politique. Il a notamment publié À la recherche de la Palestine (2011), La Palestine d’Oslo (2014) et codirigé Israël : un État-d’apartheid (2013).

Ignacio Del Valle Davila

Ignacio Del Valle Davila

En partenariat avec l'ARCALT, rencontre avec Ignacio Del Valle Davila, à l'occasion de la parution de son livre Le nouveau cinéma latino-américain.

Le concept d'un Nouveau Cinéma latino-américain apparaît à la fin des années 1960 pour décrire les liens entre les expériences de rénovation cinématographique menées par divers cinéastes de gauche. Loué par certains réalisateurs et critiques, fortement contesté par d'autres, que sait-on aujourd'hui de ce Nouveau Cinéma latino-américain ?

Ce livre retrace les origines et les développements de ce projet cinématographique à l'échelle de l'Amérique latine. Les connexions établies entre les réalisateurs et les institutions cinématographiques, les dialogues esthétiques, les circulations d'objets culturels et leurs appropriations sont au coeur de la réflexion.

À partir de l'Institut cubain de l'art et de l'industrie cinématographiques, l'école documentaire de Santa Fe, Chile Films, de Glauber Rocha et du groupe Cine Liberación, l'auteur analyse les conceptions, les médiations et les échanges portés par le Nouveau Cinéma latino-américain.

Alban Bensa - Révoltes kanaks

Alban Bensa - Révoltes kanaks

La rencontre sera suivie de la projection à 20h30 du documentaire Les Esprits du Koniambo au cinéma Utopia Toulouse.

Deuxième volet du cycle « Les yeux dans les docs ».

Une rencontre de choix avec deux personnalités qui ont à cœur, chacun dans sa discipline, de réfléchir au sens et à la portée de la trace laissée par la parole de ceux vers qui se tourne le regard de l'anthropologue, ou celui du documentariste.

Le livre Les sanglots de l’aigle pêcheur met en scène les voix qui, de 1919 à 2011, portent avec elles l’histoire de la Guerre kanak de 1917, son souvenir et son actualité. Liant histoire et anthropologie, articulant récits et épopées versifiées ici publiés en bilingue et commentés, cet ouvrage déploie une polyphonie par laquelle ses auteurs et des écrivains, poètes et narrateurs de jadis et d’aujourd’hui composent ensemble une œuvre engagée dans la prise de souveraineté intellectuelle Kanak.

Alban Bensa, anthropologue, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, est spécialiste de la Nouvelle-Calédonie et de la culture du peuple Kanak.

Après avoir travaillé pour Les Cahiers du cinéma de 1962 à 1978, dont il est rédacteur en chef de 1966 à 1971, Jean-Louis Comolli devient réalisateur de fictions et de documentaires

Zulma

Zulma

Fondées en 1991, les éditions Zulma – en référence tacite à Tristan Corbière et Honoré de Balzac – ont été imaginées par deux passionnés de littérature, Laure Leroy et Serge Safran. En une quinzaine d’années, cette passion n’a cessé de s’amplifier dans la découverte et la rencontre.

Au rythme de douze nouveautés par an dans le domaine de la littérature contemporaine, française et étrangère, Zulma s’impose le seul critère valable, celui de tout lecteur conséquent : être amoureux du texte qu’il faudra défendre. Car il s’agit de s’émouvoir, comprendre, s’interroger – bref, se passionner, toujours.

Être éditeur, c’est aussi rêver sans faillir ni défaillir, c’est tenter d’inventer avec tous et chacun l’avenir de la lecture, c’est chercher dans une sorte d’enivrement, non pas une formule introuvable, mais l’heure et le lieu de cette rencontre idéale entre l’auteur et son lecteur.

Nada éditions

Nada éditions

Pancho Villa, bandit social et figure majeure de la Révolution mexicaine et Frida Kahlo, icône de l’art moderne et peintre engagé, font partie de l’imaginaire du Mexique contemporain.

Rachel Viné-Krupa, auteure de Un ruban autour d’une bombe et David Doillon, éditeur chez Nada, présenteront ces deux personnages haut en couleur et les deux romans graphiques qui leur sont consacrés.  

Juin 1914. Deuxième phase de la Révolution mexicaine. La Division du Nord de Pancho Villa fait tomber Zacatecas, la dernière place forte de l’usurpateur Huerta. Une bataille épique. Sur un scénario de Paco Ignacio Taibo II illustré avec un réalisme saisissant par les gravures d’Eko, ce roman graphique fait la chronique à la fois drôle et tragique de ce fait d’armes qui a nourri la légende de Pancho Villa.

Pour l’artiste mexicaine Frida Kahlo, les vêtements sont plus qu’un simple atour : ils sont une seconde peau qui mue au fil de sa vie et nous révèlent ses choix identitaires et idéologiques. Dans cet essai graphique original, Rachel Viné-Krupa, auteure d’une thèse et de plusieurs ouvrages sur cette artiste, et Maud Guély, illustratrice et graphiste, vous invitent à parcourir la vie de Frida Kahlo à travers sa garde-robe si particulière.

Jean-Pierre Garnier

Jean-Pierre Garnier

"Qui fait la ville et pour qui?" Dans le cadre de la réalisationd'un documentaire sur la métropolisation, l'association ESMA (Échanges et Savoirs- Mémoires Actives) vous invite à une rencontre - débat avec Jean Pierre GARNIER, sociologue urbain à contre-courant, pour réfléchir sur les logiques et les enjeux des nouveaux aménagements du territoire qui nous concernent tou-te-s.

Jean Pierre GARNIER, sociologue urbain à contre-courant, est auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles touchant aux questions urbaines et socio-politiques. Il a enseigné dans plusieurs Universités avant d'être intégré dans les unités de recherches urbaines au CNRS.

A 21h à la Bourse du Travail, projection/débat avec Jean-Pierre Garnier autour du film La place Morvan, histoire d'une lutte, sur le quartier de Bagatelle
(Esma, 2010)

Jean-Pierre Garnier sera également présent à l'Université Toulouse Jean Jaurès vendredi 11 décembre à 16h.

Thomas Sankara

Thomas Sankara

Octobre 2014, le peuple burkinabè se soulève et renverse le dictateur Blaise Compaore au pouvoir depuis 27 ans. Une année plus tard (septembre 2015), un putch militaire est mis en échec par une mobilisation massive. En quoi l'expérience sankariste a-t-elle servi de référence à la transition politique actuelle au Burkina Faso? 

Laurent Grisel

Laurent Grisel

Sans sucre

Sans sucre

À 18h à la librairie Oh les beaux jours, lancement du festival « Vent d’est », organisé par le théâtre le Ring autour des dramaturgies des pays de l'Est.

À 19h à la librairie Terra Novalecture de Sans sucre, de Nicoleta Esinencu, paru aux éditions L’Espace d’un instant, par la Cie Scène directe, mise en lecture de Sabrina Ahmed.

Sans sucre nous situe dans l’univers d’un tandem frère-sœur, en colère contre leur famille, contre l’école, contre la société moldave “en post transition”, contre le reste du monde. La même violence et le même humour noir, en écho aux grands bouleversements politiques de la dernière décennie.

Vincent de Gaulejac

Vincent de Gaulejac

L’ouvrage analyse la genèse et la construction de l’« ordre paradoxal » du capitalisme. Il explore les liens entre la financiarisation de l’économie, l’essor des nouvelles technologies et la domination d’une pensée positiviste et utilitariste. Il montre pourquoi les méthodes de management contemporain et les outils de gestion associés confrontent les travailleurs à des injonctions paradoxales permanentes, jusqu’à perdre le sens de ce qu’ils font. Pour certains, le paradoxe rend fou. Pour d’autres, il est un aiguillon, une invitation au dépassement, à l’invention de réponses nouvelles, individuelles et collectives.

Vincent de Gaulejac, professeur émérite à l’université Paris 7-Denis Diderot, président du Réseau international de sociologie clinique (RISC), auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Névrose de classeLa Société malade de la gestion et Travail, les raisons de la colère.

Cuadernos de Ayotzinapa

Cuadernos de Ayotzinapa

Fruit d’un travail artistique (littéraire et iconographique) et militant, cet ouvrage est un hommage aux quarante-trois étudiants mexicains disparus la nuit du 26 septembre 2014, et dont les corps n’ont pour l’instant pas été retrouvés. Elèves professeurs de la Escuela Normal Rural de Ayotzinapa, le mystère entoure encore leur disparition, mais leurs luttes étaient celles d’un Mexique contemporain, gangréné par la corruption de l’Etat et le trafic de drogues.

Porque esa voz; esa múltiple y ancha, encabritada voz,

y la amorosa, indomable,

doliente voz de los padres que la enciende;

voz que siembra, que alerta,

voz que vive y alumbra,

es la voz de todos.

Coral Bracho, « Porque vivos se los llevaron »

 

Florence Johsua

Florence Johsua

Le renouveau des gauches radicales en Europe a suscité un regain d’intérêt à leur égard. Toutefois, peu d’études se sont intéressées aux individus qui militent contre le capitalisme, pour un autre monde. Qui sont ces hommes et ces femmes ? Quels parcours personnels, quelles expériences nourrissent l’audace de penser qu’on peut changer la société ? Comment ces engagements se sont-ils transformés et renouvelés ? Grâce à une enquête au long cours combinant entretiens, observations et analyses statistiques, ce livre propose une sociologie de l’engagement anticapitaliste en France du milieu des années 1960 aux années 2000. À travers le cas de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) devenue Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), l’auteure interroge les liens entre les évolutions du recrutement partisan et celles à l’œuvre dans la société et explore les trajectoires et les pratiques des militants, leurs visions du monde, leurs questionnements et leur idéal, pour apporter un éclairage inédit sur les nouveaux visages de l’anticapitalisme à l’aube du XXIe siècle.

Ce faisant, l’ouvrage invite à penser sous un nouveau jour de grandes questions de société, comme celle de la fin des utopies, la prétendue désaffection des jeunes pour la politique, la production sociale de la révolte ou encore ce que signifie prendre parti aujourd’hui. Il rend compte d’une aventure à la fois minoritaire et universelle : la contestation de l’ordre établi.

Les Yeux dans les docs #11 - Lutte des LIP

Les Yeux dans les docs #11 - Lutte des LIP

De Chris Marker à Christian Rouaud en passant par Thomas Faverjon, Dominique Dubosc, Carole Roussopoulos, différents cinéastes ont porté leur regard sur les luttes des Lip, laissant entendre les voix de certains protagonistes, la parole des femmes et leur place dans le mouvement. Si certaines images sont communes, les choix de montage sont singuliers.

Michèle Audin

Michèle Audin

Elles sont mathématicienne, ouvrière en soie, physicienne… Ignorées des livres d'histoire... Elles rêvent. Elles vivent, dans la joie et dans la peine. Elles sont invisibles. Oubliées. Omises, plutôt. Michèle Audin évoquera leurs histoires, qui sont aussi la trame de notre histoire.

Michèle Audin est mathématicienne et membre de l'Oulipo. Elle a déjà publié aux Éditions Gallimard Une vie brève (L'Arbalète, 2013 , Folio n° 6048) et Cent vingt et un jours (L'Arbalète, 2014).

Bob Dylan

Bob Dylan

Nous assistons grâce à lui à la session d’enregistrement de « Hurricane », la chanson racontant l’histoire de ce boxeur noir accusé d’un triple meurtre et luttant pour son intégrité et son innocence depuis sa cellule. Dylan a lu son livre (Le 16e round, publié en 2015 par les Fondeurs de Briques) et lui rend visite en prison. Le 45-tours est diffusé et Bob Dylan décide de reprendre la route, sous la forme inédite pour lui d’une caravane de multiples artistes, non seulement des musiciens mais aussi des saltimbanques, des poètes...

Lucia Katz

Lucia Katz

Les asiles de nuit, 1871-1914

« Au chemin du vice et du crime
Le malheureux n’est plus conduit,
Puisqu’on le reçoit en victime
À l’Hospitalité de nuit. »

(Jean de Lorr)

Les victimes de la rue font partie des sujets qui, depuis près de cent cinquante ans, reviennent chaque hiver, suscitant tout autant l’effroi que la compassion, l’incompréhension et l’indignation. Ce livre raconte l’avènement, au XIXe siècle, d’une nouvelle catégorie de pauvres : les « sans-abri », incarnée dans un dispositif spécifique, celui des asiles de nuit.

Lucia Katz reconstitue ce réseau d’assistance et nous introduit en son sein. C’est toute l’expérience sensible de l’asile qui est ici restituée : la file d’attente devant le refuge, l’ouverture des portes et l’inscription au registre, les étuves de désinfection, les dortoirs, le règlement à respecter sous peine d’exclusion, l’encadrement, le réveil. Elle insiste sur les nombreux débats qui parcoururent les réseaux de l’assistance et de la philanthropie : fallait-il donner à manger ? mettre au travail ? Quelle fonction donner à ces hébergements : un soulagement temporaire ou une aide à la réinsertion ? S’agissait-il de servir les pauvres ou de les contrôler ? écarter la misère ou la révolution ?
Ce travail retrace et éclaire la genèse de nos centres d’hébergement d’urgence. Il décrypte les ambiguïtés des institutions philanthropiques et déconstruit l’idéal de cohésion et de « synthèse sociale » qui marque les débuts de la IIIe République.
Un débat toujours d’actualité.

Docteure en histoire contemporaine, Lucia Katz est née en 1986. L’Avènement du sans-abri est son premier ouvrage.

Les Yeux dans les docs #12 - Chats perchés

Les Yeux dans les docs #12 - Chats perchés

La vitalité de la rue face à certains événements politiques, durant les 2 années suivant le choc du 11 septembre 2001. Un second tour des élections présidentielles en France, une guerre en Irak... D'images de chats en cadrages de choix.
Les événements du début du XXIème siècle, dans le dernier film d’une œuvre protéiforme, interrogeant la représentation du cours de l'Histoire et les différents modes d'engagement. Tissu d'images prises sur le vif et retravaillées au fil de vues des créations urbaines de Thomas Vuille. Un écho aux Chats de la Liberté de François Maspero.

Smolny - Das Kapital

Smolny - Das Kapital

Dans le présent ouvrage, Michael Heinrich développe une approche inédite et éminemment didactique du chef d’œuvre de Marx en offrant aux lecteurs, paragraphe après paragraphe, un commentaire très serré des deux premiers chapitres du Capital, dont la densité de raisonnement et l’importance des fondements conceptuels qu’ils introduisent (travail abstrait, forme-valeur, forme-monnaie, caractère fétiche de la marchandise, etc.) en rendent la lecture souvent ardue. L’auteur répond ainsi à une attente profonde de Marx, qui faisait du mode d’exposition une dimension essentielle de sa méthode. Sans partir d’évidences souvent établies a posteriori, ou de présupposés politiques, ce livre est à ce jour le seul véritable manuel d’exploration scientifique du Capital, dont la lecture doit être concomitante.

Le texte de référence est celui de la quatrième édition allemande du Capital, disponible dans la traduction coordonnée par Jean-Pierre Lefebvre — PUF, collection Quadrige (1993-2009) — ou celle revue par ses soins aux Éditions Sociales (2015).

Michel Chandeigne

Michel Chandeigne

On connaît un peu en France l’histoire de la tomate, de la pomme de terre, du maïs, originaires

du Nouveau Monde, parce qu’ils ont conquis l’Europe et que leurs tribulations nous ont été vaguement enseignées à l’école. Mais on ignore qu’aux XVIe et XVIIe siècles, quasiment toutes les plantes vivrières ont changé de continent, bouleversant complètement les habitudes alimentaires et les pratiques agricoles dans le monde entier, en particulier dans les zones tropicales. Cette diffusion s’est essentiellement faite sur les navires portugais de la ligne des Indes, disséminant graines et plants aux escales de Madère, Açores, São Tomé, en Angola, au Mozambique, puis à Goa et Malacca, plaques tournantes des échanges en Extrême Orient.

Doté d’une riche iconographie d’époque, ce livre conçu à la manière d’un dictionnaire dresse un inventaire spectaculaire de cette première mondialisation. Il relate la découverte et le voyage des 69 principales plantes vivrières consommées dans le monde et de quelques autres qui eurent un usage industriel plus ou moins important (hévéa, ricin, aleurite, rocou, etc.). Il donne les conditions de leur découverte ; leurs premières descriptions et appellations, images extraites des sources d’époque ; leurs multiples pérégrinations jusqu’à aujourd’hui.

Tout sera de la couleur que tu préfères

Tout sera de la couleur que tu préfères

Avec Rodrigo de Souza Leão, « ça déméninge ». Mort en 2009, le poète fut aussi peintre et musicien, défricheur de musique et vidéo électroniques. Il vécut dans l’entremêlement de son art et de sa maladie. Artiste total et schizophrène, perclus du sentiment de solitude, Rodrigo a laissé une œuvre colorée et éclectique. Très original et souvent drôle, le film frise avec la fiction en donnant la part belle à l’expression de l’artiste. Il analyse en profondeur la littérature et l’art, l’imitation ou l’inspiration, la tendresse et la folie, la peur et le courage de cet artiste convaincu d’être cloisonné et pourtant si immensément libre. Chaque image est traitée pour restituer une vie pleine d’artifices et d’étrangeté et donner une forme visuelle à de très beaux poèmes qui interrogent l’écriture et l’expression, le besoin de repousser les limites, toutes les limites.

Georges Lapierre

Georges Lapierre

Comment saisir notre présent, cette réalité fuyante, souvent inédite, trop familière pour être connue ? L’auteur a cherché à contourner cette familiarité en prenant le parti de la dissidence pour proposer une perspective décalée sur ce qui constitue notre réalité.

Être ouragans est composé de trois livres en un volume qui forment comme un triptyque.

Le premier livre est intitulé De la réalité et des représentations que nous en avons ; il s’agit d’un discours sur la réalité en tant que soi, en tant que réalité de la pensée se réalisant ; l’auteur y critique deux concepts qui sont propres à la représentation moderne et occidentale du monde et de l’être : celui de nature et celui d’individu.

Le deuxième livre contient Six thèses pour une brève histoire du capitalisme des origines à nos jours ; il s’agit cette fois d’une analyse de l’apparence comme réalité.

Le troisième livre parle de la résistance que les peuples indiens du Mexique opposent à l’avancée du monde marchand : il s’intitule L’expérience mexicaine et se présente comme une chronique des temps présents.

Rencontre avec Pierre Montebello et Aline Wiame au Bijou

Rencontre avec Pierre Montebello et Aline Wiame au Bijou

L’homme a trop longtemps été pensé comme une exception dans la nature. L’anthropocène est encore une pensée trop humaniste, trop centrée sur l’humain (l’anthropos). La vraie question est de savoir si nous saurons recomposer un nouveau monde prenant en compte toutes les relations terrestres sans lesquelles l’homme n’est rien.
C’est ce changement de cap que l’on voit poindre de la philosophie à l’anthropologie,de la sociologie à l’esthétique.


La fin du monde humain ne veut pas dire la fin de l’homme, mais le retrait de la place centrale que celui-ci occupait au sein de l’ensemble des savoirs. Plus que jamais, prendre en compte notre rapport à la Terre et au Cosmos est devenu nécessaire. Dans de nombreux domaines (anthropologie, sociologie, esthétique, droit, politique, etc.) des vues cosmomorphes se substituent aux vieux schémas anthropomorphes. L’homme doit se penser à l’intérieur de mondes infiniment plus larges et complexes que lui. Nous sommes entrés dans une nouvelle période géo-cosmique qui excentre l’homme de son monde. Plus que l’existence dans son monde, c’est sa consistance dans d’autres mondes qui est en jeu. Nos nouveaux problèmes sont des problèmes de consistance.


En quoi consistent les rapports esthétiques, politiques, ontologiques qui nous permettent de penser la relation de l’homme aux autres êtres ?
Quel nouveau statut advient à l’homme dès lors qu’il tient compte des relations terrestres dont il dépend, si lui est redonné le sens de la Terre et du Cosmos ?
Comment redistribuer sur les non humains une dignité d’être sans laquelle l’homme lui-même finira par s’effacer ?

Lect'vitrine

Lect'vitrine

Des femmes en vitrine qui murmurent, vous ne pouvez pas les entendre, elles chuchotent de l’autre côté de la vitre. Si vous voulez connaître leur histoire, vous devrez adopter une autre écoute. Il vous faudra plonger dans leurs paroles, leur enfermement, leur folie et leur humanité en mettant des casques d'écoute*. Ils vous feront tendre une oreille sur leur intimité presque indicible, à la violence et au tabou que seul le poème, que seule la langue ciselée de Magali Mougel peuvent donner à entendre.  

Des guérillères ordinaires à l’humilité et à l’effacement tragiques, belles et monstrueuses à la fois. 

Lectrices: Militza Gorbatchevsky, Jessica Laryennat et Louise Tardif.

Oliver Sacks - Semaine du cerveau

Oliver Sacks - Semaine du cerveau

Les ouvrages d’Oliver Sacks, médecin, neurologue et écrivain britannique récemment disparu, rapportent notamment différents cas cliniques rencontrés au cours de sa carrière, des études du comportement d'individus porteurs de troubles neurologiques, le tout rythmé d'anecdotes qui rendent accessibles au plus grand nombre ses conclusions médicales.

Toutes les infos sur La semaine du cerveau

 

Eduardo Galeano - Théâtre de la passerelle

Eduardo Galeano - Théâtre de la passerelle

Cet auteur uruguayen, mêlant humour, poésie et politique, est né en 1940 à Montevideo. Il a connu l’exil en Argentine puis en Espagne. Décédé en 2015, son œuvre la plus connue, Les Veines ouvertes de l'Amérique latine, est un réquisitoire contre l'exploitation de l'Amérique latine par les puissances étrangères depuis le XVe siècle.

Les Ateliers Dynamisation par le théâtre, menés par des artistes comédiens et danseurs, existent depuis 1992 et proposent un espace de sensibilisation ouvert à toutes les personnes qui traversent des difficultés diverses.

Tina Modotti

Tina Modotti

De ton enfance misérable en Italie, tu as puisé l'énergie de mener une vie d’artiste et de combat en Amérique. Amie de Diego Rivera, tu lui présentes Frida Kahlo, tu participes à la postrévolution au Mexique et parcours le pays avec ton appareil, sans oublier de multiplier les aventures amoureuses, avec un appétit de vie et un superbe mépris des conventions.

Chassée du Mexique, tu t’exiles dans le sombre Berlin des années 30, avant de gagner Moscou où ton aveuglement sur les purges staliniennes reste encore un mystère... Et tu décides soudain de ranger tes objectifs pour te consacrer à ton engagement politique. Durant la guerre d’Espagne, tu préfères soigner les blessés jusqu’à l’épuisement plutôt que couvrir le conflit.

Ton activité artistique n’aura duré que sept ans, c’est peu, mais ces années suffisent à te faire reconnaitre comme l’une des plus grandes photographes de ton temps. Sur ta tombe à Mexico, les mots de Pablo Neruda rappellent combien ton œuvre est encore vivante : Tina Modotti, ma sœur, tu ne dors pas, non, tu ne dors pas.

Willem et Baudoin

Willem et Baudoin

Invités lors des dernières éditions de « Jazz à Foix », Willem et Baudoin ont capturé sur papier les moments de grâce du festival.

Regards croisés autour de la musique, du jazz, leurs univers se mêlent autour d'un entretien à deux voix. Au fil des pages en noir et blanc, chacun dévoile une approche bien caractéristique de deux styles qui s'opposeraient presque. Le minimalisme précis et incisif de l'un, complète pourtant le foisonnement généreux de l'autre et inversement. Une rencontre graphique et humaine autour de la musique un soir d'été.

Julian Mischi

Julian Mischi

Pourquoi et comment des ouvriers continuent à se syndiquer et à militer malgré la force des processus favorisant leur exclusion politique.

On veut bien travailler, mais au bout d’un moment, quand tu vois que tu passes beaucoup de temps à faire des tracts, des papiers pour tout le monde, pour expliquer telle ou telle chose, et qu’en fin de compte le patron te casse la gueule et que ça sert à rien... Tu as beau faire ce que tu veux, avoir des camarades qui te disent : « Allez vas-y ! Ne t’inquiète pas : ça va payer ! »…
Au bout d’un moment, tu es démoralisé, tu les as là.

La culture cheminote, c’est ça qu’ils essaient de casser aujourd’hui : des valeurs de solidarité. C’est une société de plus en plus individualiste. Tout le monde fait les constats, tout le monde dit : « On a le pouvoir d’achat qui baisse. » On est tous d’accord globalement, mais entre faire le constat et emmener les gens dans l’action, il y a de la marge. Alors peut-être qu’un jour, il y aura un déclic. Je ne sais pas. Des fois, je ne sais pas ce qu’il faut pour qu’il y ait ce déclic.

Ce livre s’appuie sur une enquête menée pendant cinq ans sur le quotidien de syndicalistes ouvriers dans un atelier SNCF, au sein d’un bourg industriel de 3 000 habitants. Donnant la parole à des populations souvent associées à tort au seul monde agricole et essentiellement dépeintes par les médias nationaux comme des électeurs du FN, il montre que les ouvriers constituent le premier groupe social des campagnes françaises et tente de répondre à la question : comment s’engager quand tout pousse à la désyndicalisation ?
La restitution d’entretiens et de discussions dans le syndicat, tout comme l’observation des mobilisations, font entrer le lecteur dans l’ordinaire de la vie d’ouvriers syndiqués et montrent des tentatives d’organisation collective concrètes face aux réorganisations managériales. Explorant les réalités du militantisme en entreprise, l’ouvrage souligne que les clivages de classes, loin d’avoir disparu, se sont reconfigurés dans un nouveau contexte politique et économique – contexte où l’engagement à gauche peut aussi se perpétuer dans des conditions renouvelées, voire se développer.

Julian Mischi, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), est notamment l’auteur des ouvrages : Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010), Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Agone, 2014).

Xavier Montanyà

Xavier Montanyà

Le 21 janvier 1961, des révolutionnaires espagnols et portugais exilés en Amérique latine détournent en haute mer un navire transatlantique portugais, le Santa Maria, avec un millier de passagers à bord. S’ensuivent douze jours de poursuite et de négociations diplomatiques intenses qui font la une des médias et tiennent le monde entier en haleine.

Ces hommes du Directoire révolutionnaire ibérique de libération (DRIL) agissent pour relancer la lutte armée contre Franco et Salazar, rappeler l’existence des deux dernières dictatures d’Europe et accoster dans leurs colonies africaines afin d’y créer un foyer de guérilla pour l’indépendance.

Ce récit captivant rend hommage à ces militants et révèle une part méconnue de l’histoire des combats contre les fascismes ibériques, tout en les replaçant dans le contexte politique international de l’époque (révolution cubaine, indépendances africaines, intégration de l’Espagne au bloc occidental…).

À partir de cette prise d’otages spectaculaire, ce livre nous plonge dans l’Espagne franquiste des années 1960, explore ses mécanismes de répression et de propagande, son évolution interne, son alliance avec la dictature de Salazar, ou encore la collaboration des démocraties occidentales. Enfin, il décrit avec minutie la réactivation des résistances anarchistes et de l’action directe contre le régime de Franco autour de ce coup d’éclat du DRIL.

Kurdistan

Kurdistan

Témoignages et retours d'expérience sur la "sale guerre" de l’État turc qui tente de mâter dans le sang les élans du mouvement révolutionnaire kurde.
A la volonté d'autonomie, au refus de l’État nation, au mouvement des femmes, et au rejet du capitalisme qui s'expriment au sein du mouvement kurde, le régime de l'islamo conservateur Erdogan oppose les tanks, les sièges sans fin des villes kurdes, les massacres, les arrestations...

https://nevarneyok.noblogs.org/

Adélaïde Mukantabana

Adélaïde Mukantabana

La mémoire, lourde de souvenirs effroyables de la tragédie rwandaise, a conduit Adélaïde Mukantabana à se battre avec les mots de la langue française, à ouvrir les mots du kinyarwanda, la langue rwandaise, pour en faire sortir la souffrance et la vie, enfin, à se reconstruire. Elle fait traverser toute l'étendue de l'orgie génocidaire, elle démasque les impostures de l'Eglise catholique rwandaise, celles du dictateur Habyarimana, celle de la politique française. Elle perce à jour de troublantes vérités.

Claire Auzias / Albert Camus

Claire Auzias / Albert Camus

Sachez-le, en dépit de tout ce que les pouvoirs intellectuels infatués proclament : Camus est dans sa vérité première alors qu’il contribue à toutes les revues libertaires de son temps : Défense de l’Homme, Le Libertaire, La Révolution prolétarienne, Témoins...

Il y fait ces aveux à propos de Bakounine, le père russe de l’anarchie : « Il est vivant en moi » ; de cette Espagne, dont est issue sa branche maternelle : « Je lui dois presque tout » ; de Gandhi : « Son importance n’est plus à dire » – en pleine guerre d’Algérie.

Aux côtés des têtes pensantes de ces publications, Maurice Joyeux, Louis Lecoin, Gaston Leval, Rirette Maîtrejean, Jean-Paul Samson… – leurs interventions sont là, qui nourrissent les siennes – il dégage l’idée d’un « génie libertaire ».

Et si Camus a jamais mérité ce jugement de la philosophe Hannah Arendt qui inaugura, avec sa dénonciation du totalitarisme, la pensée moderne et qui écrivait en 1952 : « Sans aucun doute le meilleur en France à l’heure actuelle. Il dépasse les autres intellectuels de la tête et des épaules », c’est avec cet ensemble, d’une rare éloquence !

Projection autour de la vidéosurveillance

Projection autour de la vidéosurveillance

La vidéosurveillance a toujours été imposée par l’État. Cependant, ces dix dernières années, l’acceptation du processus en a fait un argument électoral, l'accélérant de manière alarmante.

Sous couvert de sécurité, l’État légitime l'installation de toujours plus de caméras, au détriment de nos libertés et de nos vies privées. Dans les bâtiments publics, dans les commerces, dans les transports en commun, dans la rue... Les caméras sont partout, enregistrant tous nos faits et gestes. Comment préserver nos libertés dans un monde de plus en plus surveillé ?

Les Yeux dans les docs n°13 - Elle signe Brigitte

Les Yeux dans les docs n°13 - Elle signe Brigitte

Brigitte, hospitalisée durant le 1er quart de sa vie, a été déclarée autiste. Bernard, son assistant familial puis tuteur, a été infirmier-psy. De leur rencontre advint la co-n-naissance d’un anthropologue-psychanalyste et d’une artiste-peintre.

Elle commence à peindre à 27 ans, expose depuis 1996. Ses tableaux à fleur de peau balisent l’histoire d’une relation avec celui qui la sortit de son enfermement. Sa peinture, espace de jeu avec le monde, la relie aux autres et donne corps à l’expression d’un je pointant l’essentiel, telle la signature qui érige ses toiles.

À distance juste et sobre, le film garde les aspérités relationnelles ayant émergé au fil d’un tournage avec deux êtres atypiques au lien singulier.

Jean-François Raynaud, auteur d’un autre film avec Brigitte, Le portrait (2008), est aussi co-auteur du film François Maspero, les chemins de la liberté (2014).

Pour vous abonner à la lettre d'information dédiée au cycle "Les yeux dans les docs", envoyez un mail à l'adresse suivante : lesyeuxdanslesdocs@gmail.com

Shlomo Sand à la Bourse du Travail

Shlomo Sand à la Bourse du Travail

Quel lien établir entre le dernier ouvrage de Michel Houellebecq, les meurtres de Charlie Hebdo et la mobilisation massive « Je suis Charlie » qui en a suivi ?

Dans une période de crise profonde du capitalisme, la recherche de boucs émissaires : les immigrés, les musulmans, permet d’orienter toutes les peurs. Et le succès des thèses soutenues par des essayistes ultra-médiatisés comme Eric Zemmour ou Alain Finkielkraut, au détriment du « politiquement correct », renforce le sentiment identitaire d’appartenance à une civilisation « judéo-chrétienne ».

C’est à la lumière de l’Histoire et de l’actualité récente que Shlomo Sand nous invite à réfléchir sur l’évolution de cette pensée qui se garde de critiquer directement les véritables élites régnantes mais qui est toujours disposée à accuser et à crucifier les « misérables ». Même si, Victor Hugo et Zola sont morts depuis longtemps, il reste encore à faire oublier, le plus vite possible, Sartre, Foucault et Bourdieu.

Shlomo Sand est un historien israélien spécialisé dans l’histoire contemporaine. Il fait partie des nouveaux historiens israéliens. Il est professeur à l’Université de Tel Aviv depuis 1985.

Yanis Thomas

Yanis Thomas

Qu’a fait la France en Centrafrique, son ancienne colonie ? Que fait-elle encore dans ce pays marginalisé d’Afrique centrale ? Quel y est le jeu des ingérences étrangères ? Pour quelles raisons économiques et diplomatiques ?

Des compagnies concessionnaires au sacre de Bokassa, des mutineries des années 1990 à l’assaut de l’armée française sur Birao en 2007, cet ouvrage revient sur ce qui a fait de la RCA un pays emblématique du système de la Françafrique. Il décrypte aussi les volontés d’influence et d’ingérence d’autres États, comme le Tchad, le Congo-Brazzaville ou l’Afrique du Sud, affinant l’analyse des crises successives qui ont secoué le pays ; et montre le rôle central des enjeux économiques, et notamment des ressources naturelles, dans les motivations des entités en lutte aux niveaux national comme international.

Nineteen / Fondeurs de briques

Nineteen / Fondeurs de briques

À l’occasion de la publication de l’anthologie de Nineteen, fanzine rock
toulousain et international, nous redécouvrons à travers une  quarantaine d’articles des années 1980 un panorama passionné d’une musique sans concession. Nous dialoguerons avec Antoine Madrigal, redac’ en chef de Nineteen et Gildas Cosperec, son homologue actif de Dig it ! autour de leur idée du fanzine et de la littérature rock.

Cette anthologie est une invitation à (re)découvrir des oubliés, des
laissées pour compte ou des allumés qui ont mené leur barque comme ils l’entendaient, quitte, parfois, à rester sur le bord de la route. Simples étoiles filantes ou références incontournables, ils font que le rock ne se réduit pas à une simple « compensation d’un manque à vivre » ou à une consommation de produits manufacturés pour la jeunesse…

Guillaume de Gracia

Guillaume de Gracia

Le péronisme demeure une énigme. « Populisme », « fascisme de gauche », tout a été dit sur le péronisme mais en regardant trop haut, en se focalisant sur la figure providentielle du général Perón, alors qu’il fallait se pencher, sur la puissance des mouvements populaires et ouvriers argentins et des guérillas pour comprendre ce phénomène historique. C’est ce défi que relève ce livre qui couvre trente années de luttes et de résistances d’un peuple dont une grande partie, pendant dix-huit ans, s’est identifiée à un individu, Juan Domingo Perón.

De 1943, année de son arrivée au pouvoir grâce à un pronunciamiento, jusqu’au coup d’État de la junte militaire en 1976, c’est une histoire complexe, foisonnante et singulière que l’on pourra lire, qui mêle syndicalisme, expériences d’autogestion, grèves, révoltes urbaines, guérilla, répression.

Récit inédit d’une période riche et conflictuelle au plus près des acteurs d’en bas, De sueur et de sang se veut une histoire du péronisme, encore incontournable en Argentine, du point de vue des mouvements qui l’ont porté et de ceux qui s’y sont opposés.

Marie-Jean Sauret

Marie-Jean Sauret

La psychanalyse soutient une conception du sujet dont la démocratie a besoin, conception que les logiques marchandes du monde contemporain contestent.
Certaines approches réductrices de l’autisme, par exemple, tout  comme le rejet de la singularité, du symptôme, et même des choses de l’amour sont les indices de ce maltraitement. Comment en est-on arrivé là ? Y a-t-il une issue à cette situation ?

Marie-Jean Sauret est psychanalyste et professeur émérite à l’Université Toulouse — Jean Jaurès. Il est l’auteur de Malaise dans le capitalisme (PUM 2005), Psychanalyse et Politique (PUM 2005) et L’effet révolutionnaire du symptôme (Érès, 2008).

Temps d'exil / Mehdi Lallaoui

Temps d'exil / Mehdi Lallaoui

Ce spectacle, où se croisent la voix et la musique, donne vie aux poèmes et nouvelles de Mehdi Lallaoui en suivant les routes des migrations contemporaines qui font notre actualité : la mémoire des anciens migrants aborde la question de l’exil, de la frontière, du déracinement. Mais c’est aussi l’histoire de l’amour et du rêve, du combat pour l’honneur, du voyage et du voyageur, un message de fraternité à tous les migrants.

Véronique Decker

Véronique Decker

De Zébulon à Zyed et Bouna, sans oublier Albertine et Mélisa, N’Gwouhouno ou Yvette… du syndicat à la pédagogie de la « gaufre », des Roms à la maman sur le toit, Véronique Decker, enseignante et directrice d’école Freinet à Bobigny (Seine-Saint-Denis), éclaire par petites touches le quotidien d’une école de « banlieue ».

Au fil de ses billets, il est question de pédagogie, de luttes syndicales, de travail en équipe, mais surtout des élèves, des familles, des petits riens, des grandes solidarités qui font de la pédagogie un sport de combat… social.

Loin du déclinisme d’« intellectuels » pérorant sur l’école, des ségrégations institutionnelles ou du libéralisme et de sa fabrique de l’impuissance, c’est une autre école, en rires, en partages, en colères, en luttes qui se dessine, avec « des craies de toutes les couleurs, sur le tableau noir du malheur… » De l’autre côté du périph. Trop classe !

Vanessa Codaccioni

Vanessa Codaccioni

Qu’ont en commun d’anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l’OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d’Action Directe ? D’avoir été jugés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d’Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat.

Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l’arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l’OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd’hui, c’est toute la généalogie de l’antiterrorisme que ce livre retrace.

Par cet ouvrage passionnant qui s’appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l’État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l’utilisation de dispositifs d’exception en régime démocratique.

Les Yeux dans les docs n°14 - Putain d'usine

Les Yeux dans les docs n°14 - Putain d'usine

Les voix de travailleurs de l’usine chimique « Grande Paroisse » du groupe AZF, située en banlieue rouennaise, pointant les dangers pour l’environnement, accidents mortels, dépressions et suicides, à une époque où les images et le vocabulaire médiatiques tendent à rendre invisibles les ouvriers. Le film souligne l’acuité du regard de ceux qui, au bout de 30 ans d’ancienneté, questionnent le sens du travail, de la société productiviste et de la transmission. En écho à des passages de textes de Jean-Pierre Levaray, mis en scène et en voix, au fil de plans de l’usine crachant une fumée blanche, ogresse mangeuse d’hommes et de rêves d’avenir.

Rémy Ricordeau, documentariste depuis 2005, a également réalisé Inventaire avant liquidation (Mutins de Pangée 2012).

Jean-Pierre Levaray sera à la librairie le mercredi 25 mai à 19h à l'occasion de la parution de son livre Je vous écris de l'usine aux éditions Libertalia. Toutes les infos par ici.

Pour vous abonner à la lettre d'information dédiée au cycle "Les yeux dans les docs", envoyez un mail à l'adresse suivante : lesyeuxdanslesdocs@gmail.com

El Canero

El Canero

El Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé journal indépendant de combat : El Canero qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication des prisonniers avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s. Il est désormais traduit en français. 

Éric Aunoble

Éric Aunoble

En France, la révolution russe est devenue un repoussoir, le moment fondateur d’un totalitarisme aussi terrifiant que le nazisme. Elle n’est plus envisagée que sous l’angle de ses victimes, aussi bien dans le discours public que dans les manuels scolaires. Éric Aunoble retrace la réception de l’événement en France depuis 1917 – comment L’Humanité, aux mains des socialistes d’Union sacrée, vilipende la révolution bolchevique ; comment le Parti communiste, créé dans la foulée d’Octobre, impose une lecture de plus en plus stalinienne, se mariant après la Seconde Guerre mondiale avec le discours déterministe de l’Université. Ainsi sont étouffées les voix dissidentes, celles des premiers communistes français, familiers de Lénine et Trotsky. L’usage politique de 1917 se dessèche et Mai 68 ne voit réémerger que des clichés du bolchevisme (qui témoignent toutefois de l’importance de l’événement dans la culture populaire). Au long d’un siècle, la révolution russe a été lue en fonction du contexte politique français. Ainsi s’explique le retournement qui s’est joué, de l’engouement au dénigrement et à l’effacement d’aujourd’hui, quand triomphe le conservatisme et son rejet de toute "culture révolutionnaire".

Éric Aunoble est historien et enseignant à l'université de Genève. Il est l'auteur de "Le communisme tout de suite !", le mouvement des Communes en Ukraine Soviétique (1919-1920), aux éditions Nuits Rouges (2008).

Jean-Pierre Levaray - RENCONTRE ANNULÉE

Jean-Pierre Levaray - RENCONTRE ANNULÉE

« La véritable histoire des ouvriers ne peut être mieux racontée que par les ouvriers eux-mêmes. Pour écrire sur l’usine, il faut la vivre de l’intérieur, la renifler avec ses tripes. Jean-Pierre Levaray trouve les mots justes pour raconter son quotidien. Il est l’un des maillons de cette usine d’engrais chimiques, située à Grand Quevilly, près de Rouen, filiale de Total jusqu’en 2014, classée Seveso 2, seuil haut. »
Extrait de la préface de Hubert Truxler (dit « Marcel Durand »), auteur de Grain de sable sous le capot (Agone, 2006).

Pendant dix ans (2005-2015), chaque mois, Jean-Pierre Levaray a animé la chronique « Je vous écris de l’usine » dans le mensuel CQFD. Il a raconté les heurs et malheurs de la classe ouvrière, sa classe. Les luttes et les espoirs, les joies et les peines, les travers et la résignation, parfois. Ce texte vient d’en bas. Il en a le goût et l’odeur. Ode à l’écriture prolétarienne.

Auteur de Putain d’usine (L’Insomniaque / Agone), de Tue ton patron (Libertalia), Jean-Pierre Levaray (né en 1955) a passé quarante-deux années à l’usine.

Le 19 mai à 20h30 à la librairie, projection de Putain d’usine, documentaire de Rémy Ricordeau (2006). Toutes les infos par ici.

 

José Braga et Nicolas Teyssandier

José Braga et Nicolas Teyssandier

D’où vient l’humanité ? Cette question a longtemps été confisquée par la pensée religieuse et mythologique. Si l’essentiel semble dit depuis les travaux de Charles Darwin au xixe siècle, la découverte de nouveaux fossiles, les récentes analyses paléogénétiques et les études sur les comportements des Hommes de la préhistoire bousculent les scénarios sur les origines de l’humanité. 
Quelles pistes ouvrent ces nouvelles découvertes ? Quels mystères persistent ? Comment les réponses scientifiques au questionnement sur l’origine animale de l’Homme participent-elles au débat citoyen sur la lutte contre les intégrismes religieux, le créationnisme et le racisme ? Autant de questions autour desquelles dialoguent ici librement une historienne et philosophe des sciences, deux paléoanthropologues et un préhistorien.

José Braga est paléoanthropologue, professeur à l’Université Paul Sabatier à Toulouse, directeur de fouilles archéologiques sur le site de Kromdraai (Afrique du Sud).

Nicolas Teyssandier est préhistorien, chargé de recherche au CNRS au sein du laboratoire TRACES (Travaux et recherches archéologiques sur les espaces, les cultures et les sociétés) basé à l’Université Toulouse-Jean Jaurès.

 

Philippe Pelletier - RENCONTRE ANNULÉE

Philippe Pelletier - RENCONTRE ANNULÉE

Philippe Pelletier est un géographe libertaire, enseignant-chercheur à l’université Lyon 2. Ses travaux portent sur le Japon, l’histoire de la géographie et de l’écologie, les rapports entre anarchisme et géographie.
Il est notamment l’auteur de Climat et capitalisme vert. De l’usage
économique et politique du catastrophisme, paru aux éditions Nada, et de La critique du productivisme dans les années 30. Mythe et réalités, publié par les éditions Noir et Rouge.

Grégory Chambat

Grégory Chambat

La question scolaire apparaît comme un terrain d’intervention privilégié de l’offensive réactionnaire.
C’est probablement là que se lisent le mieux les succès de la contrerévolution culturelle et idéologique impulsée il y a une quarantaine d’années par les néo-conservateurs.
Connaître l’histoire de leur « pédagogie noire », décrypter ses déclinaisons contemporaines pour en révéler les enjeux sociaux et ses convergences avec les projets éducatifs du néolibéralisme est d’une urgente nécessité afin de ne pas laisser aux réac-publicains le monopole de la contestation d’un ordre scolaire injuste et déjà par trop traditionaliste. Seulement, pour ne céder ni aux sirènes du « nostalgisme » réactionnaire ni au renoncement à tout projet politique de transformation sociale, il nous faut aussi retrouver les chemins d’une pédagogie de l’émancipation, une pédagogie de combat...

Jef Klak

Jef Klak

Dès 18h30, venez débattre des rapports entre les humains et les autres animaux en compagnie de membres du collectif, ainsi que d’éleveurs engagés dans le mouvement Écran Total.
À 21h, concert avec Gattaca (rock mutant), Petra Pied de Biche et Notre Dame des Lourdes !

Nous serons présents avec une sélection de livres.

Nicolas de La Casinière

Nicolas de La Casinière

L’intérêt public livré aux intérêts privés ? Les PPP l’ont fait. Opaques, bien verrouillés, soumis aux pures logiques financières, les partenariats public-privé (PPP) confient le financement, la réalisation et le fonctionnement d’équipements publics (stades, hôpitaux, écoles…) à des multinationales. Ultralibéraux et technocrates l’ont importé en France, au grand bénéfice d’une oligarchie restreinte dominée par Vinci, Bouygues et Eiffage.
Vinci incarne le capitalisme moderne avec un discours de façade écolo, une rhétorique bien rodée sur l’humain au coeur de l’entreprise, des oeuvres de bienfaisance bien orchestrées. Ce qui n’empêche pas des pratiques de prédateur en profitant des opportunités ouvertes par la crise financière et économique, l’exploitation de la précarité des salariés, les proximités avec le
pouvoir et quelques ennuis devant les tribunaux.

 

 

Jann-Marc Rouillan

Jann-Marc Rouillan

Je regrette d’être emprisonné pour délit d’opinion quand j’ai affirmé durant toute mon existence que seul l’acte donne leur véritable sens aux mots.

Dans les Vers nouveaux, Rimbaud était bien plus explicite : “De rage, sanglots de tout enfer renversant… Industriels, princes, sénats, périssez ! Puissance, justice, histoire, à bas !”

J’aurais peut-être dû versifier mon propos ?

Un de ces jours, il me faudra tout de même calculer (en jours de prison) le poids de chacun des mots qui provoqua les foudres de la justice.

Série d’aveux indéniables et de souvenirs carcéraux, politiques, amoureux, militants, littéraires, cinématographiques, révolutionnaires et enfantins enfin délivrée avec une bonne foi irréprochable par cet ancien membre du groupe Action directe, qui joue avec ce que ses juges attendent de lui. Écrits au printemps 2010 (sur le modèle du Je me souviens de Pérec), alors qu’il venait de passer à Marseille sa première année en semi-liberté depuis vingt ans, ce texte a été revu pour son édition.

Ali Zamir

Ali Zamir

Quelque part dans l’océan Indien, une jeune femme se noie. Ses forces l’abandonnent mais sa pensée, tel un animal sur le point de mourir, se cambre : dans un ultime sursaut de vie et de révolte, la naufragée nous entraîne dans le récit de sa vie... 

Roman aussi étourdissant qu'envoûtant, qui n'est pas sans rappeler L'Art de la joie de Goliarda Sapienza par la beauté de son héroïne et la force de sa langue, Anguille sous roche est un miracle littéraire.

Ali Zamir a 27 ans. Il vit dans l’archipel des Comores, sur l’île d’Anjouan. Anguille sous roche est son premier roman.

Miguel Benasayag

Miguel Benasayag

Le cerveau humain connaît, étudie, explique et comprend, au point qu’il en est arrivé à prendre comme objet d’étude… lui-même. Et les nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau ébranlent profondément nombre de croyances au fondement de la culture occidentale. Car les remarquables avancées des neurosciences rendent en effet désormais envisageable pour certains la perspective d’améliorer le cerveau et de supprimer ses faiblesses et ses « défauts » : le rêve d’un cerveau « parfait » semble à portée de la main.
Cette vision conduit à considérer notre cerveau comme un ordinateur qu’il s’agirait d’optimiser en l’améliorant par divers outils pharmacologiques ou informatiques. À partir d’une vulgarisation très pédagogique de recherches récentes souvent très « pointues » en neurosciences, Miguel Benasayag montre ici, de façon fort convaincante, pourquoi ce nouvel idéalisme du « cerveau augmenté » est en réalité une illusion dangereuse : le monde qu’entendent préparer les transhumanistes et certains scientifiques risque fort d’être surtout habité par la folie et la maladie…
Une thèse critique solidement argumentée, qui a commencé à faire son chemin dans le milieu des chercheurs les plus préoccupés par les apories et les failles de ce nouveau mythe du progrès.

Manon Labry

Manon Labry

Au début des années 1990, de jeunes féministes nord-américaines lançaient du fond de leurs tripes un cri de colère et de ralliement dans le milieu punk underground : « Revolution, Grrrl Style, Now ! » La culture riot grrrl – littéralement, les « émeutières » – était en train de naître. Des groupes comme Bikini Kill ou Bratmobile partaient à l’assaut de la production musicale, décidés à rendre « le punk plus féministe et le féminisme plus punk ».

Leur offensive fut une secousse incroyablement positive pour toute une génération assommée par la culture mainstream. Car les riot grrrls ont été bien davantage qu’un simple courant musical : appliquant les principes du Do-It-Yourself, elles ont construit une véritable culture alternative, dont la force de frappe tient en une « proposition » que suivront des milliers de jeunes femmes : celle d’oser devenir qui elles sont et de résister corps et âme à la mort psychique dans une société capitaliste et patriarcale.

Manon Labry retrace l’histoire de cette révolution politique et culturelle. Elle déploie une écriture punk bien frappée qui entremêle paroles de chansons, témoignages, réflexions personnelles, extraits de fanzines et illustrations pour faire la chronique d’une génération.

Guillaume Goutte

Guillaume Goutte

Quel que soit le parti politique au pouvoir, l’État ne servira jamais que les intérêts des classes possédantes et dirigeantes, au détriment de ceux du prolétariat. Salariés, travailleurs précaires, chômeurs, nous n’avons que trop confié notre avenir et nos aspirations à ceux qui nous exploitent et nous soumettent. Aujourd’hui, face à l’ampleur de l’offensive antisociale et sécuritaire, face au retour des idéologies réactionnaires, il est urgent de reprendre goût à la lutte, à la grève, de redescendre dans nos rues et de nous réapproprier ces espaces populaires de combat et de solidarité que devraient être les syndicats.

 À la fois pratique et projet de société, l’anarcho-syndicalisme reste le moyen le plus indiqué, pourvu qu’on s’efforce de le (re)penser en phase avec les réalités actuelles, pour en finir avec toutes les dominations. L’enjeu, pour nous tous et toutes, n’est pas seulement défensif : il s’agit surtout, à terme, de reconquérir le temps de vivre.

Correcteur de métier, Guillaume Goutte milite à la CGT et au Groupe anarchiste Salvador-Seguí depuis plusieurs années. De cet engagement militant, il tire ces quelques réflexions.

Lucile Leclair

Lucile Leclair

Alors que le monde agricole se débat dans la crise et que des milliers d’agriculteurs abandonnent chaque année leur métier, des jeunes et moins jeunes gens venus de la ville, sans ancrage familial dans la paysannerie, choisissent de travailler la terre et s’installent ici et là, aux quatre coins de la France, en maraîchage, élevage, culture. Succès, échecs, difficultés, bonheurs : peu à peu, ils renouvellent l’activité et apparaissent comme le ferment d’une agriculture en mouvement, écologique et pleine d'espoir.

Gaspard d’Allens et Lucile Leclair ont passé un an à sillonner le pays pour découvrir les néo-paysans. Prenant le temps de séjourner dans ces nouvelles fermes, participant au travail des champs, revenant pour approfondir l’échange, ils rapportent de leur enquête une série de portraits vifs et denses. Les premiers, ils décrivent et analysent ce mouvement souterrain et puissant qui témoigne d'un changement majeur dans le regard que la société du XXIe siècle porte sur la terre et l’activité de production alimentaire.

Lucile Leclair, 25 ans, a voyagé en Amérique latine avant d'achever un master Politiques de l'environnement à Sciences Po Paris. Elle a travaillé dans un syndicat agricole puis à la Fédération nationale d'agriculture biologique. Elle a publié plusieurs reportages dans Reporterre.

Niet Éditions

Niet Éditions

Niet ! Critique sociale et refus de toutes les formes de domination

Nous voulons partager le plus largement possible des idées, des réflexions, des expériences s'inscrivant dans une perspective de lutte des classes, clairement anti-autoritaire et anti-patriarcale. Nous publions des textes d'analyse de l'actualité et d'histoire des luttes populaires et autonomes, en privilégiant les écrits issus d'une expérience directe de la réalité sociale, tels que les récits, les témoignages, les entretiens... Contre la logique segmentée des habituelles collections éditoriales, nous préférons imaginer une continuité et des liens féconds entre les différents champs de l'analyse, entre l'histoire et le présent, entre la théorie et la pratique, pour aider à penser concrètement le monde actuel et la manière dont nous pouvons agir sur lui.

Niet ! Structure d’édition collective et outil pour la lutte

Reposant sur une organisation horizontale, non hiérarchique, Niet ! Éditions facilite la publication de textes camarades, à bas prix. Le catalogue évolue donc en fonction des propositions... et de la dynamique des luttes ! Optant pour un financement autonome, en refusant toute subvention, cette structure est libre des carcans institutionnels. Nous voulons faire des livres que le plus grand nombre puisse s'approprier et faire circuler, pour aiguiser colères et nourrir imaginaires.

(Nous encourageons vivement le photocopillage des livres, mais uniquement à des fins non commerciales.)

Niet ! Parce que tout commence par un refus...

Kurdistan, la guerre des Filles

Kurdistan, la guerre des Filles

Fin 2015, Mylène Sauloy retrouve des combattantes kurdes avec lesquelles elle a tissé des liens depuis le début des années 2000. À présent en lutte contre Daech, ces femmes portent également le projet d'une société affranchie du Patriarcat, dans la lignée d’un mouvement de résistance créé il y a bientôt 40 ans en Turquie, autour de Sakine Cansiz, cofondatrice du PKK et assassinée avec deux autres militantes kurdes à Paris en janvier 2013.

Regard attentif sur un féminisme en actes - et en lutte, une création issue d’un travail approfondi, réalisé sur plusieurs années, qui relie l’Histoire à l’actualité et l’Écologie à l’égalité des droits humains. Souffle d’espoir que ce film généreux, à l’image de la réalisatrice !

Mylène Sauloy a grandi à Marrakech. Après quelques années en France, elle passe près de vingt ans en Amérique latine où elle obtient un doctorat en sociologie. Elle est l’auteure de plusieurs livres (Bogota Jungle ; Géopolitique de la drogue ; Tchétchénie, dix clés pour comprendre). Elle est à l’initiative de différents de projets alliant créativité et résistance, telles les caravanes de la solidarité à travers le Caucase et à travers les Andes. Depuis les années 90, elle a réalisé de nombreux films documentaires en parcourant le monde, de la Tchétchénie à l’Amazonie en passant par l’Asie centrale et la Turquie.

Au cœur de sa filmographie : Le Torrent qui porta le chant aux Ouïghours (1999) ; Danse avec les ruines (2002) ; Le drôle de pays des Kurdes d'Irak (2003) ; Grozny, Paroles de femmes (2006) ; Au nom des mères, des fils et du rock’n’roll (2006) ; Babel Caucase toujours (2008) ; Qui a tué Natacha ? (2010) ; Ozersk, ville close nucléaire (2011) ; Amazonie, Le souffle indien (2011)…

 

La Grenaille

La Grenaille

Voici un ouvrage écrit par 11 femmes qui ne sont ni écrivaines, ni spécialistes, ni universitaires et qui dans ce travail d’écriture collective ont été tout ça à la fois. Elles ont en commun de travailler dans un réseau d’éducation populaire.

Ce réseau d’éducation populaire se revendique en résistance contre toute forme de domination (sexisme, racisme, classisme), propose des formations afin de se réapproprier collectivement le politique, mais comme bien d’autres organisations n’a pas été capable de penser ces questions en interne. Un réseau qui se découvre traversé par le sexisme et le patriarcat. Un réseau qui hiérarchise les luttes.

Le déclencheur, c’est l’agression sexuelle d’une d’entre elles par un homme de ce réseau.

Cet ouvrage relate le vécu des femmes de ce réseau, les enseignements et les pistes stratégiques qu’elles ont mises en œuvre. Conscientes de la banalité de ces situations, elles ont par cet ouvrage, souhaité rendre visible les mécanismes à l’œuvre, les stratégies qu’elles ont élaborées et leurs tentatives de fabrication de droits en interne.

Une histoire d’éducation populaire, une histoire de paires qui se reconnaissent divisées mais choisissent de faire classe et qui en se parlant, comprennent et analysent leurs situations communes. Elles ont écrit pour que leurs réflexions et perspectives d’actions puissent faire échos ailleurs à d’autres histoires et alimenter d’autres aventures collectives et luttes en cours.

Les auteures : Alexia M., Emilie Viard, Marie C., Diane K., Annaïg Mesnil, Natacha R., Katia Storaï, Cécilia G., Mélo P.G., Tiffanie D., Audrey P.

Origines Contrôlées

Origines Contrôlées

« Depuis la dernière édition du festival « Origines Contrôlées », la succession d’événements dramatiques, avec des attentats dans de nombreux pays dans le monde et en France, ont profondément bouleversé nos consciences et nos sentiments. Nous sommes, à chaque fois, saisis d’effroi et de tristesse, mais aussi de sentiments de révolte.

Face à ces situations, nous ne devons pas renoncer à préparer l’avenir, à prendre notre part si modeste soit-elle dans la défense d’un idéal de société, de justice, démocratique et mélangée.

Continuons d’être de celles et ceux qui refusent que le débat politique se fasse sur les clivages identitaires.

Accepter et se réjouir, de la créolisation du monde et de nos sociétés, est la plus sérieuse façon de répondre à ceux qui veulent nous mettre dans les cordes des identités fantasmées et manipulées. Tout, dans cet air du temps maussade, semble nous marginaliser, nous qui savons que c’est le mouvement des identités, et les identités en mouvement qui construisent un pays réel. Certes c’est un mouvement qui ne dit pas son nom, c’est pourtant un mouvement quotidien et puissant, qui fait l’essentiel des expressions citoyennes, artistiques et culturelles, tous les jours. C’est aussi un mouvement mondial. Alors autant le revendiquer, et affirmer que le véritable combat à mener est celui des imaginaires. Celui qui permettra de gagner la bataille des idées.

Pour cela, nous n’avons d’autres moyens que d’occuper l’espace, physiquement et symboliquement ; nous n’avons d’autres moyens que de réduire l’écart entre la réalité vécue et les discours politiques sur l’état de la société multiculturelle.

En disant cela, pas d’angélisme, c’est de notre expérience acquise au quotidien dans les quartiers populaires et ailleurs que nous tirons cette conviction.

Tous les jours, nos actions nous démontrent les possibilités, les potentialités en germe, les capacités de mobilisation et d’appropriation du quotidien et du politique. Le plus difficile aujourd’hui ce n’est pas de faire, mais de lever les scepticismes que nourrissent de longue date les discours politiques de notre pays.

Pendant quelques jours, à la Bourse du Travail de Toulouse, et dans les quartiers nord, nous dirons notre réalité.

Dire cette réalité, ce n’est pas promettre le paradis, mais pas l’enfer non plus. »

Le festival est dédié à Jacques Raffani

 

Fabienne Yvert #1

Fabienne Yvert #1

Du lundi 17 octobre au mercredi 19 octobre, de 14h à 19h, Fabienne Yvert tient un atelier ouvert à la librairie, prenant pour support les sacs en kraft à poignées que nous offrons à nos clients pour y mettre leurs livres. Un sac en papier tamponné aux armes de la librairie, un gros feutre pour y écrire une maxime ou une réflexion à emmener dans la rue : une phrase  portative à laquelle chacun-e aura, préalablement à la mise-en-sac, pris le temps de réfléchir, de chercher dans sa tête ou dans les
livres qui nous entourent, de formuler au plus juste. Écrire pour soi et pour les autres.
Et si nous sommes productifs, nous pourrons aussi constituer un stock de sacs à offrir à tout-e client-e qui n’a pas le temps de jouer avec nous à trouver ces phrases.
Voilà le prétexte d’une discussion, d’une formulation, d’un partage, d’un jeu d’écriture, et de vie.


Je voudrais rebondir sur un point —  à l’Espace de l’Art Concret, 2013

    

  

Fabienne Yvert #2

Fabienne Yvert #2

Pour la deuxième année consécutive, l’association de librairies Électrons Livres organise une journée d’événements «croisés», une déambulation livresque dans les librairies Croquenotes, Oh les beaux jours, Série B, Terres de Légendes et Terra Nova.
Terra Nova invite Fabienne Yvert à vous retrouver à Oh les beaux jours pour une lecture et intervention à sa façon d’une trentaine de minutes.

Direction la librairie Oh les beaux jours...

Yves Dupont

Yves Dupont

Pourquoi les sociétés modernes ont-elles décidé de sacrifier les paysans ? Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Pour tenter de répondre à ces questions fondamentales, ce livre montre comment, depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s’est étendu à l’ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie. L’époque est aujourd’hui aux fermes-usines et aux usines que l’on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience.

Le sacrifice des paysans est l’un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Ainsi, les auteurs analysent le mouvement historique au sein duquel s’est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années, des « Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses ». Puis ils expliquent comment le long travail d’« ensauvagement des paysans » a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales.

De ce véritable ethnocide, qui a empêché l’alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n’avons pas fini, tous, de payer le prix.

Diabolo Nigmon et Decibel Espanto

Diabolo Nigmon et Decibel Espanto

Vers la plus queer des insurrectionsest la traduction en français de Queer Ultra Violence : Bash Back ! Anthology publié en 2011 par Ardent Press aux États-Unis, une anthologie du mouvement queer insurrectionnaliste Bash Back !, né en 2007, compilée par Fray Baroque et Tegan Eanelli. Les textes regroupés dans ce livre ont été écrits par une constellation d’individus et de groupes et adoptent une multitude d’approches : provocation, romantisme, nihilisme, détournements, réappropriation, références sans citations, humour, postures esthétiques… Autant de stratégies pour creuser des thèmes obsédants, tels que la lutte contre l’intégration aux normes hétérosexuelles, l’usage des identités, l’attaque du christianisme puritain, l’action directe, le rapport à la violence, la vengeance, la pratique des émeutes et autres moments corporels collectifs, la stylisation du corps, l’esthétique de soi, la criminalisation, les stratégies de survie au sein du capitalisme. Des discours qui arrivent comme une bouffée d’oxygène, à l’heure où le manque d’une critique radicale des orientations politiques LGBT (assimilationnisme, nationalisme, apathie face au libéralisme, valorisation des politiques punitives…) est suffoquant.

Diabolo Nigmonfait partie de différents collectifs (squat, bibliothèque autogérée, production de cinéma...) tout en se revendiquant anarchiste individualiste.

Decibel Espanto est trans, anarcha-féministe, traducteur et sous-titreur. Né-e-s dans les années 1980, ielles vivent dans le sud de la France et sont impliqué-e-s dans différents projets qui tentent d’alimenter une culture militante autogérée et transpédégouine.

William Blanc

William Blanc

En ce début du XXIe siècle, le Roi Arthur n’a jamais été aussi présent sur les écrans. Cette figure médiévale apparaît de façon revisitée dans la fantasy (Le Seigneur des anneaux), la science-fiction (Star Wars), ou encore dans des séries comme Kaamelott. Son impact au sein de la culture populaire est au moins aussi important qu’au Moyen Âge.

Comment expliquer un pareil succès ? D’où vient le renouveau d’un tissu légendaire qui, après avoir suscité de nombreuses œuvres aux XIIe et XIIIe siècles (Chrétien de Troyes), est tombé dans un quasi-oubli du XVIe au XVIIIe siècle ?

Le Roi Arthur, un mythe contemporainse propose de répondre à ces questions en explorant la légende du souverain de Camelot et ses représentations au cinéma, à la télévision, dans la bande dessinée, dans les romans, mais aussi dans le champ politique.

Ce voyage à travers une mythologie renouvelée permet de percevoir les différentes mutations des figures arthuriennes : des chevaliers de la Table ronde mobilisés par les colonisateurs britanniques ou le maccarthysme ; Morgane héroïne féministe ; le Roi Arthur pacifiste et utopique ; ou encore Merlin en précurseur écologiste dans la fantasy.

Denis Crouzet et Patrick Cabanel

Denis Crouzet et Patrick Cabanel

La rencontre sera modérée par Patrick Cabanel, historien et spécialiste de la question protestante.

En partenariat avec le théâtre du Ring, à l’occasion de la représentation
de la pièce de Christopher Marlow, « 1572, massacre à Paris » (du 2 au 19 novembre). Toutes les infos sur la pièce sur le site du Ring.

 

Damien Faure

Damien Faure

Dans le cadre du Mois du Film Documentaire et de la 16ème édition du cycle Les Yeux dans les Docs, un partenariat avec le Cinéma American Cosmograph où aura lieu à 20H30 la projection du diptyque cinématographique MA, réalisé au Japon en 2015.

Entrée libre à la Librairie. Réservations et préventes au Cinéma à partir du 12 novembre. Pour toute information sur l’événement : lesyeuxdanslesdocs@gmail.com

La colonisation oubliée : Depuis plus de 40 ans le gouvernement indonésien mène une politique colonialiste d’une rare violence à l’égard du peuple de Papouasie occidentale en lutte pour la reconnaissance de son identité culturelle et politique. Dix années après son premier séjour dans cette région, le cinéaste revient le long de la Fly River, à la frontière indonésienne, devenu un lieu de refuge pour 12 000 personnes à la suite de combats entre rebelles papous et armée indonésienne.

Le film a obtenu le prix du meilleur court métrage au Festival de Montréal, Canada

Damien Faure : De la Papouasie occidentale au Japon, de la géopolitique à la philosophie, le cinéaste interroge les silences du monde et nous invite à une écoute attentive des hommes et des lieux. Son œuvre met l’accent sur certaines facettes du monde restées dans l’ombre, sur des points essentiels à questionner : l’oppression de certains peuples, la pensée architecturale et la place de l’homme dans la ville, les relations entre les êtres vivants - humains, non humains.

Le cinéaste s’est tout d’abord intéressé à un peuple dont le sort demeure mal connu, en tournant 3 films en Papouasie occidentale : West Papua en 2002, Sampari en 2008, et La Colonisation oubliée en 2010. Viennent ensuite des films sur l’art contemporain, suivis d’un diptyque cinématographique (« MA ») autour de l’espace urbain et naturel au Japon : Espaces Intercalaires en 2012 et Milieu en 2015. Le terme « MA », en japonais, renvoie à la notion d’intervalle : situé entre deux êtres, deux lieux. Son idéogramme symbolise un soleil encadré d’une porte.

Ses films ont été récompensés dans différents festivals

 

Olivier Cyran et Julien Brygo

Olivier Cyran et Julien Brygo

Pas un jour sans que vous entendiez quelqu’un soupirer : je fais un boulot de merde. Pas un jour peut-être sans que vous le pensiez vous-même. Ces boulots-là sont partout, dans nos emplois abrutissants ou dépourvus de sens, dans notre servitude et notre isolement, dans nos fiches de paie squelettiques et nos fins de mois embourbées. Ils se propagent à l’ensemble du monde du travail, nourris par la dégradation des métiers socialement utiles comme par la survalorisation des professions parasitaires ou néfastes.
Comment définir le boulot de merde à l’heure de la prolifération des contrats précaires, des tâches serviles au service des plus riches et des techniques managériales d’essorage de la main-d’œuvre ? Pourquoi l’expression paraît-elle appropriée pour désigner la corvée de l’agent de nettoyage ou du livreur de nans au fromage, mais pas celle du conseiller fiscal ou du haut fonctionnaire attelé au démantèlement du code du travail ?

Pour tenter de répondre à ces questions, deux journalistes eux-mêmes précaires ont mené l’enquête pendant plusieurs années. Du cireur de chaussures au gestionnaire de patrimoine, du distributeur de prospectus au « personal shopper » qui accompagne des clientes dans leurs emplettes de luxe, de l’infirmière asphyxiée par le « Lean management » au journaliste boursier qui récite les cours du CAC 40, les rencontres et les situations qu’ils rapportent de leur exploration dessinent un territoire ravagé, en proie à une violence sociale féroce, qui paraît s’enfoncer chaque jour un peu plus dans sa propre absurdité. Jusqu’à quand ?

Justine Brabant

Justine Brabant

Lorsque le Congo se fraie un chemin jusque dans les colonnes de nos journaux, c’est souvent pour raconter les mêmes histoires tragiques : les trafics de minerais qui alimentent les groupes armés, les milliers de femmes violées, les colonnes de réfugiés fuyant une guerre qui semble ne jamais s’arrêter.

Et pourtant, nous ne savons rien ou presque de ceux qui font cette guerre. Pourquoi se battent-ils ? Pourquoi se sont-ils engagés dans une série de conflits qui a fait des millions de morts depuis vingt ans ? D’où viennent ces combattants dont on nous dit qu’ils violent et pillent sans scrupules ? Comment sont-ils organisés, de quoi ont-ils peur, à quoi rêvent-ils lorsqu’ils ne sont pas en train de se battre ? Les réponses à ces questions, Justine Brabant est allée les chercher, pendant trois ans, sur les sentiers du Kivu, province de l’est du Congo.

Elle livre ici la chronique de ses rencontres. Bergers devenus colonels, chefs insurgés de père en fils ou civils qui transportent leur vie dans un sac à dos : elle s’est plongée dans le quotidien de ces hommes – et de ces femmes – dont certains n’ont jamais connu la paix et qui ont la guerre pour seul horizon.

Anacharsis

Anacharsis

Au début de l’été 1686, plus de quatre-vingts forbans, pirates endurcis majoritairement français, entassés dans un petit navire, quittaient la mer des Caraïbes pour une aventure dont ils ignoraient encore tout de l’extraordinaire.

Ils se rendirent par le détroit de Magellan dans la mer du Sud, l’océan Pacifique, porter la désolation sur les rives espagnoles d’Amérique, où ils devaient s’attarder pendant huit longues années. Huit ans d’errances entre le Chili et le Mexique, ponctuées d’escales aux Galápagos et autres îles perdues ; huit ans de souffrances, de périls, de pillages, de meurtres.

Ils en rapportèrent un étonnant manuscrit resté inédit depuis 150 ans, qui nous a partiellement conservé la chronique de leurs péripéties.
Cet ouvrage, fondé sur les textes d’époque, loin des poncifs habituels sur la piraterie, tente de raconter leur histoire.

Fabienne Yvert #3

Fabienne Yvert #3

Le nouveau livre de Fabienne Yvert, Faire un carton, édité à La Ville brûle, sortira en février 2017. Nous l’avons en exclusivité à Toulouse
depuis fin septembre ! Lecture, rencontre, discussion autour de
ce livre et des précédents, de sa résidence littéraire toulousaine durant toute l’année avec la Cave-Poésie, et de sa présence à Terra Nova.

 

Fabienne Yvert #4

Fabienne Yvert #4

Fabienne invite l’éditeur suisse Soulmento à venir nous retrouver. Quand on passe une soirée intelligente, fantaisiste et généreuse avec
Soulmento, on ne l’oublie plus ! On pourrait presque se croire le 25 décembre !

« Si Édouard sort rarement de son lit, Hubert
Dévalise, fier représentant des éditions Soulmento,
aime, lui, à promener son chapeau (celui de
Georges) aux quatre vents et à l’occasion à faire
sortir de leur malle les deux Siçéroz, la Rose et le
Marcel, Georges Mishuga, James Haride, Huguette
Boregard, les Trois Georges, ou encore Kristof Tique,
George Atopotatos ou John van Flower… »

Né en 1969, l'auteur connu sous le nom de Georges Mishuga est un artiste genevois polyvalent formé à l’Esav. Sa pratique va du dessin à la typographie, en passant par la vidéo et la musique, la fabrication de livres ou d’objets, toujours signés sous différents pseudonymes, lesquels incarnent à chaque fois une facette de ce travail polymorphe qui est aussi un art de vivre.

Georges Mishuga – le pseudonyme – naît en 2006. On doit à Georges Mishuga, outre 11 livres publiés aux éditions Héros-Limite, le dessin de plusieurs maquettes intérieures et la plupart des impressions en typographie des couvertures des éditions – notamment la très belle et très originale collection « Feuilles d’herbe ».

L’oeuvre littéraire de Georges Mishuga est diffusée de la main à la main par les éditions Soulmento – structure alternative créée en 2007.
Georges Mishuga est également l’auteur d’une imposante réflexion sur la typographie à visée encyclopédique, dont nous présentons aujourd’hui deux volumes : Le Caractère des caractères et Un Caractère en couples.

Fabienne Yvert #5

Fabienne Yvert #5

Les auteurs sont, entre autres, des lecteurs et des amateurs de livres. Dans la librairie, nous avons un (bon) fond, mais pourtant nous
n’avons pas — ce ne serait pas possible, et une commande — à un libraire — remédie à ce défaut structurel — tous les bons livres qui existent. Sur une table, Fabienne va défendre « ses » livres disparus, ou inconnus, des rayonnages.

 

Revue Z

Revue Z

Carles Garcia O'Dowd, l'un des artistes du projet espagnol UTER, en visite à Toulouse, nous fera parcourir en direct la superbe fresque consacrée aux mondes imaginaires de l'avortement, exploration socio-politique du corps féminin en milieu capitaliste.

A l'heure de l'apéro, ce sera l'occasion de partager des idées et des expériences autour du corps féminin et de l'image de soi, de tous ces lieux où la domination économique s'appuie sur l'assujettissement et le mépris des femmes, et de nos capacités à les transformer.

Alessandro Stella

Alessandro Stella

En 1979, dans le Nord de l’Italie, la mort accidentelle de trois membres de l’Autonomie ouvrière donne lieu à une violente répression. Comment en est-on arrivés là ? Revenant sur la longue histoire des combats ouvriers italiens, mai 68 et l’influence du Chili de Pinochet sur la militarisation des groupes socialistes, ce livre met au jour la continuité des luttes entre les années 1960 et les années 1970. De l’infl uence des Brigades rouges aux moyens d’action concrets, des limites de la lutte armée au rôle des intellectuels dans le militantisme, cet hommage à d’anciens camarades revendique le droit de se souvenir et la nécessité de perpétuer un combat pour un monde plus juste.

Né en Italie en 1956, Alessandro Stella a été membre de Potere operaio puis de l'Autonomie ouvrière. Aujourd'hui directeur de recherche en anthropologie historique au CNRS et enseignant à l'EHESS, il est notamment l'auteur de La Révolte des Ciompi (EHESS, 1993).

Rencontres du papier et du livre

Rencontres du papier et du livre

A JOB, le papier c'est toute une Histoire... Le Collectif Job aborde désormais le premier chapitre des Rencontres du papier et du livre, après la réussite de l'édition 0 en 2015.

Cette année 2016, libraires et éditeurs indépendants seront présents et petits et grands pourront se retrouver autour de lectures, spectacles et activités liées au papier et au livre.

Plaisir de lire à partager, plaisir du livre à feuilleter, du papier à fabriquer... mais aussi échanges sur le devenir du livre et accès à la lecture pour tous.

“Récits de vie” reste le fil conducteur et cette année la thématique sera “ Venu(e)s d' ailleurs”.

Le programme détaillé, c'est par ici.

Listen Whitey !

Listen Whitey !

Listen whitey ! (Écoute, blanc-bec !) raconte l'influence du Black Power dans le domaine des musiques folk, rock, soul et jazz entre 1965 et 1975, quand les musiciens étaient considérés comme des révolutionnaires et les révolutionnaires comme des icônes de la culture populaire. Cependant, cet ouvrage ne parle pas uniquement de John Lennon traînant avec Bobby Seale et de Mick Jagger enregistrant une chanson à propos d'Angela Davis ; il s'agit d'un catalogue exhaustif des enregistrements en lien avec le Black Power mis au jour par l'auteur à l'issue de cinq années de recherches intensives - une collection d'albums et de 45-tours, de cassettes et de bandes ainsi qu'une poignée de films ignorés pendant des décennies. La musique y est le média principal mais on trouve également des discours, des entretiens, de la poésie, du spoken word et même des sermons religieux militants. Le texte est illustré par plus de 200 documents : pochettes de disques, vinyles, affiches, tracts, coupures de presse, photos, etc. qui nous replongent dans cette bouillonnante décennie qui vit les revendications des Noirs reprises par des artistes reconnus et populaires

Quoi noir lignes ?

Quoi noir lignes ?

La librairie Terra Nova s'associe à l'évènement "Quoi noir lignes?" du copllectif IPN qui se déroulera du 1er au 10 décembre 2016, 30 rue des Jumeaux à Toulouse.

Abdelkader Djemaï

Abdelkader Djemaï

Abdelkader Djemaï, né en novembre 1948 à Oran, vit en France depuis 1993. Après un bref passage dans l'enseignement, il devient journaliste et collabore à un grand nombre de périodiques, algériens et autres (Algérie-Presse-Service, Qantara, La République...). Auteur de nouvelles, de pièces de théâtre et de romans, il a reçu le Prix Découverte Albert Camus et le Prix Tropiques pour Un été de cendres. Abdelkader Djemaï anime de nombreux ateliers d'écriture dans les établissements scolaires et en milieu carcéral qui ont donné lieu à une quinzaine de livres.
Dans ses livres, le tendre et le tragique, la fantaisie et l'inattendu se côtoient et s'entrecroisent allégrement. Paisible ou violente, l'Algérie est là, nichée dans ses romans et ses nouvelles. Il ne nous conduit pas aux côtés de héros dressés sur leurs certitudes mais auprès des humbles et des sans-grade, de ceux que la vague de l'histoire a oubliés sur la grève de la vie. Djemaï aime à retrouver le vrai et l'intime, et tous ces petits riens qui donnent chair au souvenir.

Éditions de L'Asymétrie

Éditions de L'Asymétrie

Ce texte, écrit en prison en 1930 par celui que l’on a surnommé le « Che Guevara libertaire » indien (1907-1931) alors qu’il est condamné à mort, constitue un brûlot malmenant à la fois les religions, les castes, et le colonialisme. Encore très diffusé aujourd’hui en Inde, et au cœur de nombreuses récupérations, il exerce une influence toujours déterminante sur les luttes contre tous les fanatismes, notamment celles des blogueurs, éditeurs et libres penseurs d’Asie et du monde arabe. Cette traduction est donc accompagnée des contributions de quatre d’entre eux qui soulignent l’actualité de Bhagat et de ses combats. Les bénéfices tirés de la vente de ce livre seront reversés au site Internet Mukto-Mona (Libre Pensée) qui héberge les blogs de plusieurs athées bangladais. www.mukto-mona.com

Exécuté à 24 ans en raison de ses activités de déstabilisation du régime colonial, Bhagat Singh est devenu une icône importante du radicalisme politique indien.

Marieme Hélie Lucas est une sociologue algérienne, fondatrice et ex-coordinatrice internationale du réseau de solidarité féministe WLUML (Women Living Under Muslim Laws) et du réseau international Secularism Is a Women's Issue.

Raihan Abir est éditeur. Il est le cofondateur du site de libres penseurs bangladais-es Mukto-Mona (Libre pensée) qui publie des articles tant en anglais qu'en bengali. Il continue d'écrire depuis son exil au Canada.

Ahmedur Rashid Chowdhury dit Tutul (Éditions Suddhashar) a survécu à une attaque dans sa propre maison d'édition. Il vit en exil en Norvège et envisage de développer Shuddhashar comme une organisation internationale défendant tous les blogueurs, écrivains et éditeurs. Il vient de recevoir le prix d'éditeur de l'année 2016, décerné par l'association des éditeurs américains.

Xavier Noulhianne

Xavier Noulhianne

Qu’est-ce qu’une vie d’éleveur ?

De la formation agricole à la certification bio des produits, de la traçabilité du troupeau à la sélection des animaux, Xavier Noulhianne nous raconte sa vie d’éleveur de chèvres et de brebis. Il remonte le fil de l’histoire pour comprendre la mise au pas des paysans et la mise en ordre des champs.

Aujourd’hui, c’est l’État qui nourrit, non plus les paysans. Bien plus qu’une simple promenade dans le monde rural, ce livre propose une critique de la société à partir de l’analyse de son organisation agricole. Naviguant entre récit de vie, théorie et histoire, il dessine les contours d’une critique sociale dont la portée dépasse celle du monde agricole.

Avi Mograbi

Avi Mograbi

Réservation des places à l'American Cosmograph à partir du 07 janvier. Informations sur l’événement ou inscription à la lettre d’info du cycle : lesyeuxdanslesdocs@gmail.com Entrée Libre à la Librairie.

Avi Mograbi, un cinéaste citoyen

Auteur d’une œuvre courageuse alliant depuis plus de 30 ans l’implication politique à la recherche esthétique, Avi Mograbi le cinéaste ne cesse d’inventer de nouvelles formes pour ses films, mettant en jeu et en scène le dispositif de réalisation documentaire et, dans les interstices de l’acte de création, questionnant la société israélienne : à la recherche d’une humanité partagée. À l’instar de Robert Kramer ou Nanni Moretti, il a façonné un double cinématographique qui confère à certains de ses longs métrages une tonalité décalée ou un côté burlesque, une tension toujours, entre les aspects dramatiques du réel dont le film témoigne et le recul nécessaire à sa représentation. Cette dialectique est parfois rendue - tendue - par le montage, comme dans Pour un seul de mes deux yeux. S’il est plus en retrait à l’image dans le film Entre les frontières (en sortie nationale 11 janvier 2017) que dans les précédents, le cinéaste y est tout aussi présent dans son implication artistique et humaine.
« ÊTRE CITOYEN, CE N’EST PAS VIVRE EN SOCIÉTÉ, C’EST LA CHANGER » AUGUSTO BOAL

Avi Mograbi, un double cinématographique

« En 1997, il a appris à surmonter sa peur d'un ancien criminel de guerre. En 1999, il a entrepris une spéculation financière, mais n'a réussi qu'à se disputer avec son voisin. En 2002, il a arpenté Tel Aviv en août, avant l'explosion, défiant les protestations d'une population hostile à sa caméra. En 2005, il s'est laissé pousser les cheveux pour jouer le retour de Samson. En 2008, il a chanté des chansons tristes et a créé des masques numériques. En 2012, il est entré dans un jardin, en quête d'un Moyen-Orient qui n'est plus et n'a peut-être jamais été. C'est Avi Mograbi, le personnage cinématographique inventé par Avi Mograbi. »
In Eugenio Renzi, Mon occupation préférée, Les Prairies ordinaires, 2015

Entre les frontières, un film généreux

Le réalisateur Avi Mograbi et le metteur en scène Chen Alon partent à la rencontre de demandeurs d’asile Africains que l’État d’Israël retient dans un camp en plein désert du Néguev. Ensemble, par le biais d’un atelier inspiré du « Théâtre de l’Opprimé », ils questionnent le statut de réfugié. Quel est l’élément déclencheur qui pousse un jour ces hommes et ces femmes à abandonner tout ce qu’ils possèdent pour plonger vers l’inconnu ? Pourquoi Israël, terre des réfugiés, refuse de considérer le sort de ces exilés que la guerre et les persécutions ont jetés sur les routes ? Le théâtre peut-il créer un pont entre les hommes pour qu’ils échangent et se comprennent ?
Prix et sélections en festival : Berlinale 2016 - Sélection Forum. Cinéma du Réel - Séance d’ouverture

Samir Boumediene

Samir Boumediene

Tabac, coca, quinquina, cacao, gaïac, peyotl, poisons, abortifs… De 1492 au milieu du XVIIIe siècle, les Européens s’approprient en Amérique d’innombrables plantes médicinales. Au moyen d’expéditions scientifiques et d’interrogatoires, ils collectent le savoir des Indiens ou des esclaves pour marchander des drogues, et élaborent avec elles les premières politiques de santé. Dans le même temps, inquisiteurs et missionnaires interdisent l’usage rituel de certaines plantes et se confrontent aux résistances des guérisseurs. Botanique, fraudes et sorcellerie : entre les forêts américaines et les cours du Vieux Monde, ce livre raconte l’expansion européenne comme une colonisation du savoir.

À la recherche de Jack London

À la recherche de Jack London

Le 22 novembre, nous célébrions le centenaire de la mort de Jack London. Un nom qui pour beaucoup évoque un premier frisson de lecteur, la mer, le grand nord, en bref, l’aventure. Au-delà de cette image d’Épinal se cache pourtant un écrivain plus complexe qu’il n’y paraît. Un homme d’empathie et de convictions, qui vouera une partie de sa vie au combat socialiste. Un homme tourmenté et excessif, qui ne cachait pas sa longue et destructrice relation à l’alcool, et brûla sa vie tel un « superbe météore ». Mais surtout un artisan plus qu’un artiste, autodidacte et forçat de travail, qui vécut en racontant des histoires, ciselées, brutes et visionnaires. Mythe et réalité se mêlent autour de ce personnage à la vie digne d'un roman.

Invité-e-s : librairie Série B / Gilles Fossier et la Cie antidote / Luke & Mika, chansons de hobos / Machin Machin, illustrateur / Emanuelle Boizet, éditions Finitude / Jérôme Lafargue, écrivain / Martine Laval, critique littéraire / Noël Mauberret, éditions Phébus, président de l’association des Amis de Jack London / Philippe Mortimer, traducteur, éditions L’Insomniaque / Nicolas Norrito, éditions Libertalia.

Lien vers le programme ici

Et vers l'affiche là

 

Mercredi 25 janvier / Soirée d’ouverture

19h – Projection / Discussion

Projection du court métrage Le dernier sommeil, adaptation cinématographique de Un steak de Jack London, réalisé par Benoit Mars, Acronyme Films.

20h – Vernissage de l’exposition de Victor Girod

Promenade imaginaire dans l’univers de London, l’exposition
présente ses dessins sérigraphiés à l’atelier La Turbine à Toulouse.

 

Jeudi 26 janvier / En lectures

19h – Lectures

Lectures d'extraits des œuvres sociales et politiques de Jack London par la Compagnie Antidote.

"J'aspire à un temps où l'homme aura une perspective plus haute et plus vaste que son ventre".

 (….) Un fait est indiscutable : dès 1907 Jack London a prévu et décrit le régime fasciste comme le résultat inéluctable de la défaite de la révolution prolétarienne.(...) Léon Trotsky dans sa préface à la réédition du Talon de fer (1937).

Début du XXème siècle, Jack London témoigne.

Il n'hésite pas, pour ce faire, à voyager, à "aller sur le terrain" et à fréquenter les différentes classes de la société.

Un siècle plus tard, l'écho de ses paroles résonne-t-il encore ?

Lecture : Gilles Fossier 

Images : Fabrice Godard 

Guitares et sons : "Sébastopol"

 

Vendredi 27 janvier / Les vies de Jack London

18h Discussion

Échange entre Noël Mauberret, éditeur chez Phébus et président de l'Association des Amis de Jack London, et Martine Laval, critique littéraire.

19h Projection

Projection du film Jack London, une aventure américaine, réalisé par Michel Viotte et produit par La Compagnie des Indes. Conseiller littéraire : Noël Mauberret.

Ce documentaire-fiction retrace le destin hors du commun de l’auteur, à partir d’archives, d’interviews de grands spécialistes américains, et de scènes de reconstitution tournées dans le grand nord canadien, en Polynésie, et sur son ranch californien.

 

Samedi 28 janvier / Jack London : ombres et lumières

11h Anticipation et science-fiction dans l’œuvre de Jack London

À la librairie Série B, 16 rue Sainte-Ursule.

Explorateur de la littérature autant que du monde, Jack London s'est très tôt aventuré dans le fantastique et la sciencefiction ; un versant essentiel de son oeuvre pourtant trop méconnu en France, que nous vous proposons de (re)découvrir !

15h – Table ronde : Jack London, un auteur politique. De l’engagement socialiste à la littérature de combat.

Invités : Anne Cuilhé, libraire, Martine Laval, critique littéraire et directrice de collection aux éditions Le Sonneur, Nicolas Norrito, éditions Libertalia.

17h – Table ronde : Dans l’atelier littéraire de Jack London

Invités : Emmanuelle Boizet, éditions Finitude, Philippe Mortimer, traducteur, Jérôme Lafargue, écrivain.

19h – Lecture

La commédienne Nathalie Vinot nous entraînera avec elle dans le grand nord, sur la trace des chercheurs d’or du Klondike, luttant pour leur survie face aux puissances de la nature. Tenue chaude exigée!

20h - Concert et DJ Set

LONDON CALLING

avec des musiciens du groupe SKIN AND WIRE

S'inspirant du répertoire folk nord-américain de l'époque où Jack était un rolling stone, trois musiciens du groupe toulousain Skin and Wire vous feront oublier le froid du grand nord,puisant aux racines du rock'n'roll, en hommage aux hobos, révolutionnaires, et autres laissés-pour-compte.

Guitare : Mika "le Marquis" Mallow

Batterie : Léo "Croc-blanc" Bossavy

Banjo : Luke Askance

Puis Dj Mix Beausoleil :
Club Beausoleil propose un mix qui assemble les sons des quatre
coins de la planète en mariant Nord et Sud, Orient et Occident.
Avec Pierre Beausoleil, les bidouillages psyché-funk défient les
rythmiques martiales de l'ère industrielle.

 

Élise Thiébaut

Élise Thiébaut

Avoir ses « ourses », ses « ragnagnas », ses « coquelicots » ou « l’Armée rouge dans sa culotte »… : quelle que soit la façon dont on l’appelle, ce phénomène naturel qui consiste, pour les femmes, à perdre un peu de sang tous les mois (sans en mourir !) reste un tabou dans toutes les sociétés. Pour en finir avec cette injustice, Élise Thiébaut nous propose d’explorer les dessous des règles de manière à la fois documentée, pédagogique et pleine d’humour : à partir de son histoire personnelle, elle nous fait découvrir les secrets de l’ovocyte kamikaze et de la mayonnaise, l’histoire étonnante des protections périodiques (ainsi que leurs dangers ou plaisirs), les usages étranges que les religions ont parfois fait du sang menstruel… Et bien d’autres choses encore sur ce fluide, qui, selon les dernières avancées de la science, pourrait bien être un élixir de jouvence ou d’immortalité.

Alors, l’heure est-elle venue de changer les règles ? La révolution menstruelle, en tout cas, est en marche. Et ce sera probablement la première au monde à être à la fois sanglante et pacifique.

Projection du film documentaire « El legado »

Projection du film documentaire « El legado »

Dans un lieu simple et semi-rural, le double portrait d’une jeune fille et de sa grand-mère qui l’a élevée. La jeune fille, mécanicienne de son état, cherche du travail, et sa grand-mère, qui égrène des souvenirs avec humour, souhaite que sa petite-fille vive mieux que bien des jeunes du quartier, mères seules et abandonnées. La relation familiale est tendre, parfois drôle. La vie matérielle, dans ce milieu très modeste, tient avec des bouts de ficelle, ça bricole et ça rit beaucoup. Une très belle image, intimiste, qui dessine peu à peu une société avec ses croyances, ses limites très étroites et les rôles que
vivent hommes et femmes : rôles théoriques assignés et réalités de la vie ; envies de vivre et bornes certes imposées par le monde, mais aussi par soi, pour préserver un espace de liberté.

Atelier avec Perrine Boyer

Atelier avec Perrine Boyer

À l'occasion de la parution de son nouvel album, Perrine Boyer animera un atelier d'illustration mêlant dessin, pochoirs et découpages pour les enfants de 5 à 10 ans.

Inscription gratuite (mais obligatoire) à la librairie :

contact@librairie-terranova.fr

ou 05 61 21 17 47

Chômage, précarité : halte aux idées reçues !

Chômage, précarité : halte aux idées reçues !

Les vingt-cinq organisations réunies dans ce livre ont en commun de lutter, chacune dans leur domaine, contre le chômage et la précarité, ces réalités qui minent la société française depuis plus de quarante ans. Dans le prolongement de leur action, elles prennent ici la plume pour contrecarrer idées reçues et contrevérités, présenter des expériences novatrices et montrer le vrai visage des chômeurs, victimes et non coupables, mais surtout acteurs et citoyens engagés de notre société. Une invitation à la solidarité pour multiplier les initiatives et porter ensemble, grâce à une large mobilisation citoyenne, un véritable changement !

Happy Birthday, Mr Mograbi !

Happy Birthday, Mr Mograbi !

Reconnu comme l’un des plus audacieux jamais expérimentés dans le cinéma documentaire israélien, ce film joue avec les codes du journal filmé - celui d’un cinéaste militant détenteur d'un petit terrain s’interrogeant sur la légitimité de son acte de propriété. Il doit par ailleurs répondre aux commandes simultanées d'un film sur les 50 ans de l'État d'Israël et d'un autre sur l’anniversaire de la Nakba, coïncidant - tous les 19 ans - avec le sien.

Ce triple récit produit une mise en tension de l'Histoire et du discours officiel de l'État israélien, un système critique questionnant le mythe du sionisme triomphant en révélant sa part obscure, la tragédie palestinienne. Soulevant la question des frontières et du lien entre un peuple et une terre.

Rencontre suivie d’un buffet, puis de la projection du film Entre Les Frontières à 20H30.

En présence de Philippe Ragel, professeur d’histoire et d’esthétique du cinéma à l’université Toulouse II – Jean Jaurès. 

Sa recherche sur le cinéma croise l’esthétique, l’histoire culturelle et politique, et la littérature. Auteur de nombreux travaux sur Godard et Rossellini, il a coordonné plusieurs ouvrages dont Ouvrir/fermer (2007) Abbas Kiarostami, le cinéma à l’épreuve du réel (2008), et Filmer les frontières (2015), actes du colloque éponyme qui eut lieu à Toulouse en présence d’Avi Mograbi.

 

Thomas Deltombe

Thomas Deltombe

La légende veut que la France, « patrie des droits de l’homme », ait généreusement offert l’indépendance à ses anciennes colonies d’Afrique noire en 1960. Ce livre raconte une tout autre histoire : celle d’une guerre brutale, violente, meurtrière, qui a permis à Paris d’inventer un nouveau système de domination : la Françafrique.

Cette guerre secrète a pour théâtre le Cameroun des années 1950 et 1960. Confrontées à un vaste mouvement social et politique, porté par un parti indépendantiste, l’Union des populations du Cameroun (UPC), les autorités françaises décident de passer en force. En utilisant les mêmes méthodes qu’en Algérie (torture, bombardements, internements de masse, action psychologique, etc.), elles parviennent en quelques années à éradiquer militairement les contestataires et à installer à Yaoundé une dictature profrançaise.

En pleine guerre froide, et alors que l’opinion française a les yeux tournés vers l’Algérie, la guerre du Cameroun, qui a fait des dizaines de milliers de morts, est à l’époque passée inaperçue. Elle a ensuite été effacée des mémoires par ceux qui l’ont remportée : les Français et leurs alliés camerounais. Le crime fut donc presque parfait : les nouvelles autorités camerounaises ont repris les mots d’ordre de l’UPC pour vider l’« indépendance » de son contenu et la mettre au service… de la France ! Mais la mémoire revient depuis quelques années. Et les fantômes du Cameroun viennent hanter l’ancienne métropole. Laquelle, de plus en plus contestée sur le continent africain, devra tôt ou tard regarder son passé en face.

Assia Zaino

Assia Zaino

« Que veux-tu que je te dise ? J’ai commencé à visiter les prisons en 1967, quand mon mari était détenu, et là, je suis encore dans la même situation.
Il y a eu une période où tous mes fils étaient en prison, tous. Et moi, j’allais les voir dans trois prisons différentes : dans la même journée je faisais le tour de toute la Palestine pour les voir. Parfois je ne savais pas où ils étaient, ils avaient été transférés sans que je le sache. Un jour, je les ai cherchés dans toutes les prisons de Palestine sans les trouver.
Avec la pluie et le soleil, moi je montais dans le bus et j’allais les voir, Mohammad dans la prison de al Khalil, puis Abu Ali, et enfin Sa’id à Adarim. C’était ça ma vie. Des allers et retours continus d’une prison à l’autre, d’un procès à l’autre. Et la nuit, j’étais seule avec moi-même. »

Depuis plusieurs années, le village palestinien de Nabi Saleh, au nord de Ramallah, lutte contre l’occupation des terres par la colonie israélienne voisine – et fait face à une politique d’arrestations massives et constantes. Chaque famille ou presque a une « histoire de prison ».
Des mois durant, Assia Zaino a partagé la vie et le combat des habitants du village, manifestant avec eux chaque semaine sous les yeux et parfois les tirs de l’armée israélienne. Anciens prisonniers et familles de détenus lui ont raconté la place centrale qu’occupe la prison dans leurs vies, à quel point elle imprègne et organise le quotidien des Palestiniens. Mais à travers ces témoignages percent aussi les tentatives individuelles de subvertir l’expérience de la détention et de redonner du sens aux sacrifices et aux traumatismes vécus.

Juliette Volcler

Juliette Volcler

Contrôle raconte la fascinante histoire d’une autre modernité sonore. Une modernité incarnée à l’origine par un seul homme, figure majeure mais méconnue du XXe siècle : Harold Burris-Meyer.

Ingénieur et homme de théâtre, il fut inventeur de dispositifs sonores et expérimentateur en sciences du comportement. À travers les trois grands chapitres de son histoire – le théâtre, l’industrie, la guerre – s’écrit celle des premières tentatives de manipulation des masses au moyen du son.
Divertir ou terrifier, apaiser ou piéger, guérir ou perturber, nulle différence pour l’ingénieur illusionniste. Il s’employa toute sa vie à montrer l’influence profonde du son sur les réactions et les émotions de l’homme.


L’écriture de Juliette Volcler est portée par le double objectif de peindre de manière vivante l’époque, son contexte social et culturel, ses rêves échoués, ses expérimentations réussies, et de donner des outils critiques face à l’environnement sonore en pleine mutation du XXIe siècle.

Alain Deneault

Alain Deneault

« Total » : c’est ainsi qu’ils ont choisi de la nommer, comme dans un mauvais film tout en hyperboles. Active dans plus de 130 pays, cette société s’affaire à exploiter, traiter et distribuer des produits issus du pétrole, tout en oeuvrant dans le gaz, l’énergie solaire, la production électrique et l’industrie chimique. Le capital dont dispose cette firme traduit le fait d’une histoire chargée, couverte par l’état du droit ou par la complicité des États. Ce capital est le fruit d’actions tentaculaires sur un plan politique et économique, allant de la participation à des cartels internationaux capables de jouer sur les prix à l’accaparement de ressources dans le contexte néocolonial africain, en passant par la délocalisation d’actifs dans des États complaisants, par l’externalisation des coûts de production sous une forme massivement polluante et par la collaboration avec des partenaires pratiquant le travail forcé.
Dans cet essai, Alain Deneault démontre que le cas Total ne témoigne pas seulement du pouvoir de cette entreprise en particulier, mais de celui d’une poignée de multinationales qui font aujourd’hui la loi.

Se pencher sur l’histoire de Total et de ses composantes généalogiques, c’est montrer comment l’état du droit et la complicité des États ont permis à une firme, légalement, de comploter sur la fixation des cours du pétrole ou le partage des marchés, de coloniser l’Afrique à des fins d’exploitation, de collaborer avec des régimes politiques officiellement racistes, de corrompre des dictateurs et représentants politiques, de conquérir des territoires à la faveur d’interventions militaires, de délocaliser des actifs dans des paradis fiscaux ainsi que des infrastructures dans des zones franches, de pressurer des régimes oligarchiques surendettant leurs peuples, de polluer de vastes territoires au point de menacer la santé publique, de vassaliser des régimes politiques en théorie pourtant souverains, de nier des assertions de façon à épuiser des adversaires judiciaires, d’asservir des populations ou de régir  des processus de consultation.
Chacun de ces verbes fait l’objet d’un chapitre dans cet ouvrage. Ils représentent une série d’actions sidérantes que l’ordre politique actuel ou récent a permis à des multinationales de mener en toute impunité, indépendamment des textes législatifs et des institutions judiciaires, ou grâce à eux.

En complément, un court essai intitulé Le Totalitarisme pervers met en perspective les cas décrits précédemment et interroge de façon conceptuelle le fonctionnement même des multinationales.

Lydie Launay

Lydie Launay

Hipsters, bobos, yuppies, gentrifieurs… Les termes ne manquent pas pour qualifier les nouvelles populations qui s’approprient les quartiers centraux anciens de certaines métropoles au détriment des habitants populaires. Mais cette profusion empêche de comprendre le phénomène : comment dépasser les oppositions binaires entre gentrifieurs et gentrifiés ? Quels sont les moteurs, les logiques et les enjeux de la gentrification ? Est-elle vraiment inéluctable ?

 

Ancrée dans des contextes précis, elle s’incarne dans des bâtiments, des commerces, des groupes sociaux, des pratiques et des esthétiques propres aux lieux dans lesquels elle se déroule. Pour cette raison, elle est irréductible à une mécanique simple et identique d’une ville à l’autre, d’un quartier à l’autre. À travers l’exploration de la diversité des formes, des lieux et des acteurs de la gentrification, cet ouvrage se propose de définir l’« ADN » de la gentrification : un rapport social d’appropriation de l’espace urbain, mettant aux prises des acteurs et des groupes inégalement dotés.

Sebastian Budgen

Sebastian Budgen

Guérin fait le récit tendre et romanesque de sa découverte d’une sexualité sans concession, de ses aventures multiples, dans la France du début du siècle. C’est dans cette explosion affective de sa vie de jeune adulte que Guérin, au gré de ses amants et amantes, fait la rencontre du prolétariat.

Au fil des pages, son histoire personnelle et passionnelle déploie les événements de la grande histoire que la vie passionnelle de l’auteur. Du Paris ouvrier à la Palestine et la Syrie sous mandat, en passant par l’Indochine, Guérin fait revivre un temps où les espérances de la révolution d’Octobre sont au premier plan de la scène mondiale et où l’Empire colonial débute son inexorable effondrement.

Daniel Guérin est une figure atypique, iconoclaste. Il a été de tous les combats, et surtout à la pointe de tous les combats – si bien que les thématiques portées par cette autobiographie de jeunesse sonnent aujourd’hui de manière très actuelle.

Roland Gori

Roland Gori

Dans le clair-obscur des crises politiques naissent les monstres. Ils naissent du vide culturel d'un monde politique sans esprit, d'un monde où les techniques sont devenues folles, d'un monde qui se nourrit des surenchères de la haine et du désespoir.

Car le terrorisme rationnel des machines et des algorithmes, la marchandisation de la culture, du soin et de l'éducation, tendent à priver les citoyens et les peuples de leurs passés comme de leurs avenirs. Grandes sont alors les tentations de renouer avec les racismes et les populismes nationaux, tribaux ou religieux.

Le politique est en panne d'imagination autant que de courage. Il a pris le teint gris et résigné des marchés auxquels il s'est asservi. Dans ce monde de papier où règnent les chiffres et les abstractions, rien ne vit, rien ne désire, sauf les passions tristes de la haine et de l'oppression. Les fascismes émergent de ces idéologies meurtrières et exténuées. Ils les barbouillent aux sombres couleurs d'un autre âge, les rythment aux chants funèbres qui recouvrent les sirènes, toujours incertaines et imprévisibles, de l'amour et de la création.

Pourtant, jamais autant qu'aujourd'hui, face à la prolétarisation généralisée de l'existence, les peuples ne se sont montrés affamés de nouvelles forces symboliques, de nouvelles fictions, pour vivre, désirer et rêver ensemble. Un message d'espoir parcourt l'ouvrage, au coeur de cette hégémonie culturelle désastreuse, et des crimes de masse qu'elle favorise, l'attente d'un nouveau pacte d'humanité s'exprime. Il exige, d'abord et avant tout, de réconcilier la politique et la culture, de sortir du « siècle de la peur » et de renouer avec l'expérience sensible d'une nouvelle révolution symbolique, qui donne au monde et à l'existence ce sens et cette cohérence politique et poétique dont nous sommes aujourd'hui orphelins...

Roland Gori est professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste. Il a été en 2009 l’initiateur de l’Appel des appels. Il est l’auteur de nombreux livres parmi lesquels : La Dignité de penser, De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? et La Santé totalitaire.

Monique Lauret est psychiatre et psychanalyste. Elle est membre d’Espace analytique Paris et Membre de la Fondation Européenne de la psychanalyse. Installée à Toulouse, elle transmet et enseigne la psychanalyse, en France, en Europe et en Chine depuis 2011. Ses axes de pensée et de recherche sont les questions d’Ethique, de réflexion sur nos sociétés et de transmission de la psychanalyse. Elle est notamment l'auteur de L'énigme de la pulsion de mort, PUF, 2014 et co-auteur de Trauma, Temps, Histoire, Champ social, 2016.

Qui a tué Ali ZIRI ? / Luc Decaster

Qui a tué Ali ZIRI ? / Luc Decaster

SYNOPSIS
Ali Ziri, un homme de 69 ans, décède le 11 juin 2009 après son interpellation par la police nationale à la suite d’un contrôle policier à Argenteuil. «Arrêt cardiaque d’un homme au cœur fragile», déclare le Procureur de Pontoise. Appuyant la famille qui vit en Algérie, un collectif d’Argenteuillais demande une contre-expertise. Deux mois plus tard l’institut médico-légal révèle 27 hématomes sur le corps d’Ali Ziri.
 Pendant cinq années, le cinéaste a suivi les pas de ceux qui demandent « Justice et vérité » après cette mort, ignorée des médias, mais que certains considèrent comme un lynchage digne des pires périodes de l’histoire.
Au-delà d’une affaire de justice, Luc Decaster s’est attaché à représenter ce qu’une telle affaire suscite à l’intérieur d’une ville de banlieue ordinaire. Le cinéaste suit les échanges dans les rues de la ville, les entretiens avec les avocats et les réunions internes du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri ».
 Par-delà les échanges, le film interroge la justice française et ses incohérences lorsque des policiers sont mis en cause.

LUC DECASTER
Luc Decaster a grandi à Saint-Nazaire. Pendant son adolescence durant laquelle il prépare un Brevet Industriel de chaudronnier, il est marqué par les grèves dures, les affrontements des ouvriers des Chantiers de l’Atlantique avec les CRS. Devenu dessinateur industriel chez Chausson en Région Parisienne, derrière le mur du bureau d’études il découvre le taylorisme dans les ateliers de presses : les mains calleuses, les visages creusés des OS à la chaîne. Il reprend les études, se spécialise dans les recherches sur le mouvement ouvrier devient professeur d’histoire et réalise ses premiers films autour d’Argenteuil, où il réside : films qui évoquent, sans compassion, des bribes de vies de gens qui lui sont proches. Les oubliés de l’histoire.

Filmographie
2003 Rêve d’usine
2007 Dieu nous a pas fait naître avec des papiers 
2010 Etat d’Elue
2012 On est là  
2015 Qui a tué Ali Ziri ?
2016 Danse avec l’écume 

Morgane Merteuil et Felix Boggio Éwangé-Épée

Morgane Merteuil et Felix Boggio Éwangé-Épée

Le féminisme fait souvent office de faire-valoir à tous les programmes, émancipateurs ou non. Du côté du bloc au pouvoir, les « droits des femmes » sont devenus un argument du maintien de l’ordre, des lois islamophobes à la politique d’incarcération des non-Blancs. Parmi les progressistes, le féminisme est une lutte parmi d’autres, qu’on cite volontiers entre l’antilibéralisme et la défense de l’environnement. À l’inverse, ce livre propose de donner toute sa portée au féminisme, de restaurer sa vocation révolutionnaire, de clarifier sa contribution à tout projet de bouleversement de l’ordre des choses. En quoi transformer la famille, la sexualité, l’organisation de la reproduction sociale et biologique, le travail domestique ou encore le travail affectif implique-t-il de révolutionner la vie quotidienne, la santé, la culture, le travail salarié, le logement, la vie collective, les allocations sociales ? Comment les apports du féminisme noir permettent-ils de repenser le dépérissement de l’État ?
Ce recueil, regroupant des textes fondateurs du féminisme marxiste et des articles plus contemporains, est un manuel à l’usage de celles et ceux qui ne se satisfont pas de transformations partielles, mais qui entendent changer le système dans sa totalité.

Théâtre de la Passerelle / Cinélatino

Théâtre de la Passerelle / Cinélatino

Le Théâtre de la Passerelle propose des ateliers de dynamisation par les techniques du théâtre à des personnes en situation économique et sociale précaire. Le projet s’articule autour de la pratique artistique et de diverses sollicitations culturelles.

Occupation visuelle

Occupation visuelle

Deux regards photographiques qui, de Santiago à São Paulo, mettent en scène les conflits entre autorités et tagueurs, dans l’espace urbain.

Ce travail propose des clés pour appréhender la saturation d’écritures urbaines sur les murs des villes occidentales et latino-américaines. Il est le fruit de rencontres, mais aussi d’un travail photographique et filmique.

Il est le lieu d’une réflexion sur les discours qui entourent des pratiques généralement clandestines, sur la criminalisation qui accompagne d’ordinaire l’examen de ces acteurs particuliers dans la ville.


Jean-Baptiste Barra et Timothée Engasser, tout en étant à l’écoute de ces graffeurs et en restituant leurs paroles, tentent de mettre à distance les stéréotypes liés à ces pratiques et la stigmatisation qui en découle trop souvent.

Bacatá

Bacatá

Un cireur de chaussures, une mère célibataire et un poète, voici quelques-uns des personnages nés sous la plume des étudiants de l’Université Pédagogique Nationale de Colombie. Un recueil de nouvelles écrites sous les étoiles, au coeur d’une ville où le soleil se couche toujours tôt, quelque part en Amérique Latine…


Julie Imbert est animatrice d’ateliers d’écriture créative et professeure de français langue étrangère. Mara Israelson est une éducatrice, chanteuse et conteuse argentine. Ensemble, elles racontent Bacatá.

At(h)ome - Elisabeth Leuvrey

At(h)ome - Elisabeth Leuvrey

Élisabeth Leuvrey est née à Alger en 1968, arrive en France en 1974. Son 1er documentaire, réalisé en 1998, sera primé dans des festivals internationaux : Matti Ke Lal, Fils de la Terre fut tourné en Inde, en 35mm, avec Bruno Hadjih. Elle retrouvera le photographe sur le projet de At(h)ome, 2ème volet d’un travail autour de l’Algérie et de ses liens avec la France, entamé avec La Traversée (primé au festival Cinéma du Réel). Le 3ème volet, Alger, sur ton sol, est en cours de réalisation. Son œuvre allie éthique et sensibilité formelle.

AT(h)OME évoque l'essai Béryl qui, initié par l’armée française en 1962 suite à des accords secrets, causa le plus grave accident nucléaire du Sahara.

Bruno Hadjih est un photographe reporter engagé né en Kabylie. Il vit actuellement à Paris. Au sujet de l’enquête au cœur d’At(h)ome, il a écrit :
 
« Le paysage a à voir avec la liberté, le sentiment d’immensité, la possibilité de se mouvoir. Ce paysage-là est à l’opposé de cette perception, par la seule faute des hommes.
C’est peut-être de là que provient notre incapacité à réagir face au réel : la conscience d’être inextricablement rattachée aux faits. Seulement, les images viennent à nous rappeler que ne rien faire c’est aussi participer des dégâts causés par d’autres. Nous voici donc face au dilemme. Ainsi se pose la question de l’engagement.
La fatalité n’est pas un sentiment, elle ne doit pas être un constat non plus. Mais si elle peut nourrir la révolte, elle sera alors un catalyseur pour l’espoir. » Bruno Hadjih

Un événement proposé dans le cadre de notre cycle de rencontres Les yeux dans les docs.

Marie-José Mondzain

Marie-José Mondzain

Dans cet essai, la philosophe Marie-José Mondzain analyse comment le libéralisme économique siphonne le vocabulaire et anesthésie l'action politique en délégitimant la « radicalité ». Elle s’interroge sur ce que deviennent les mots dans les stratégies de communication du pouvoir qui traduisent toujours, de façon insidieuse et agressive, le désir de légitimation de toutes les violences perpétrées en retour.

La conséquence de ce glissement sémantique qui fait de la radicalité le critère de toute barbarie meurtrière conduit à ne penser la construction du partage du sens, du temps et des territoires qu’en termes de dé-radicalisation, qui serait la seule condition de rétablir la paix et le lien social. Il n’en est rien.

Réfléchir aux usages langagiers au cœur des guerres fut sous le Troisième Reich pour Klemperer la voie de sa résistance à la nazification de la pensée et le geste de vigilance qui préservait sa liberté.

Marie-José Mondzain est philosophe, diplômée de l’ENS et est directrice de recherche émérite (Groupe de sociologie politique et morale, centre de recherche commun à l'EHESS et au CNRS). Elle s'est spécialisée dans l'étude du rapport aux images et au langage (publicité, propagande, actualités). Elle est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Image, îcone, économie, Le commerce des regards, Homo spectator…

Jeudi 20 avril à 20h, carte blanche à Marie-José Mondzain avec la projection du film de Sylvain George, Vers Madrid, suivie d'une discussion avec la philosophe.

 

 

Carte blanche à Marie-José Mondzain

Carte blanche à Marie-José Mondzain

Écrire, faire de la philosophie, penser une action politique, partager des gestes de résistance, construire une collaboration des colères, voilà ce que le flux industriel de la communication par les images et les discours est en train d’éroder dans la violence ininterrompue de ce que l’on nomme l’actualité. Tel est le paysage dans lequel nos vies sont tenues d’inscrire la singularité de leurs trajectoires quotidiennes et n’y parviennent plus. Laisser au contraire flotter le visible dans son indétermination, consentir à entendre le murmure plaintif ou joyeux des choses, percevoir les vibrations imprévisibles, innombrables et contradictoires de tout ce qui nous entoure et nous soutient, tel
est le programme sensitif qui peut conduire à la source de nos joies et de nos chagrins politiques. Il s’agit de reconnaître la zone invisible et toujours clandestine où le « Monde à l’envers » remet de l’ordre dans les esprits, du sens dans les mots et retrouve la joie du désordre dans la communauté des vivants.


Vers Madrid, The burning bright 

Le 15 M est le premier « mouvement » d’envergure du XXIème siècle que connaissent les sociétés occidentales, et qui donnera lieu aux différents « Occupy » à travers le monde. Un processus transhistorique et transfrontière qui vient de loin,réactive et travaille des concepts et notions clés de la philosophie politique occidentale, trop longtemps oubliés : demos, logos,révolution…

Un newsreel expérimental attestant des expérimentations politiques et poétiques mises en oeuvre par des milliers d’individus à Madrid en 2011, 2012…Place Puerta de Sol, passé et futur se rencontrent dans le présent où ils se réinventent constamment. Place Puerta del Sol, les pays d’Europe et du monde se sont tournés comme les fleurs vers le soleil.

Mercredi 19 avril à 19h, rencontre avec Marie-José Mondzain autour de son dernier livre Confiscation des mots, des images, du temps, paru aux éditions Les Liens qui libèrent.

 

Seth Tobocman

Seth Tobocman

Roman graphique magistral, Quartier en guerre raconte une
décennie de luttes dans le Lower East Side de Manhattan, au coeur des années Reagan, par une succession de portraits où se croisent les vies tumultueuses d’immigrés, de sans-abri, de punks... des pauvres pour qui la solidarité et l’autoorganisation deviennent des armes.

Au travers de sérigraphies originales tirées de l’ouvrage, vous pourrez admirer en grand format le travail graphique d’un maître de la BD underground américaine.

Léonora Miano

Léonora Miano

Après son roman Crépuscule du tourment 1, Melancholy, qui mettait en scène quatre voix de femmes s’adressant au même homme muet, Léonora Miano donne la parole à cette figure masculine.

Après des années passées à l’étranger, Amok revient au pays afin d’élever son fils dans un environnement préservé du racisme. Ce retour ravive d’amers souvenirs, des conflits familiaux, l’inconfort d’une appartenance sociale mal assumée. Cette deuxième partie de
Crépuscule du tourment part de l’intériorité d’Amok, autour duquel gravitent d’autres figures masculines et les femmes de sa vie.

La librairie des femmes de Milan

La librairie des femmes de Milan

Ne crois pas avoir de droits est le récit d’une expérience collective. L’expérience d’un groupe de femmes qui, dans les années 1970 en Italie, cherchèrent les ressources nécessaires à l’exercice de leur liberté, prenant le contre-pied d’une logique de victimisation
qui leur conseillait avant tout de réclamer, légalement, les droits qui devaient permettre leur émancipation.

Ce livre est l’histoire de leurs victoires comme de leurs échecs, pour que la liberté soit quelque chose de vécu plutôt que quelque chose de simplement formel. La Librairie des femmes propose un chemin singulier : investir la sphère symbolique, souvent délaissée, comme
lieu où puiser afi n de faire éclore une puissance féminine.

Ce récit ne nous invite pas tant à suivre leur chemin qu’à nous inspirer de leur démarche, à prendre conscience de la force de toute politique qui part de soi.

Steak Machine

Steak Machine

Steak Machine est le récit d’une infiltration totale de quarante jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Avec un CV imaginaire, une fausse identité et un crâne rasé, Geoffrey Le Guilcher a partagé le quotidien des ouvriers : les giclées de sang dans les yeux, les doigts qui se bloquent et les défonces nocturnes.

Un univers où, selon un collègue de l’abattoir, “si tu te drogues pas, tu tiens pas”. L’usine ciblée par le journaliste abat deux millions d’animaux par an. Une cadence monstrueuse qui mène inéluctablement au traitement indigne des hommes et des animaux.

Geoffrey Le Guilcher est journaliste indépendant. Il collabore avec Mediapart, Le Canard enchaîné, Streetpress et Les Jours.

La horde d'or

La horde d'or

Livre d’histoires et d’analyses politiques, compilation de documents, tracts, chansons, articles de revues ou manifestes, témoignages à la première personne et au jour le jour d’une révolte, devenue « transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin
de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc. », La horde d’or est un ouvrage de grande ampleur qui parcourt l’histoire politique italienne, depuis les prémisses des années 60 jusqu’à la fin des années 70, qui verront s’exténuer les espérances et les jubilations d’une génération « outrageusement » enthousiaste.

Ouvrage transgenre ou transversal, La horde d’or permet de combler un « manque d’histoire » de la fin du XXe siècle, et apporte une information de première main et de première importance sur dix années qui ébranlèrent non seulement l’Italie, mais également l’Europe, et dont l’actualité resurgit, près d’un demi-siècle plus tard, dans les mouvements et les luttes du jeune XXIe siècle, pour signifier l’inanité des réponses institutionnelles qui ont été apportées à la crise « créative, politique et existentielle » à laquelle nous sommes confrontés.

Françoise Vergès

Françoise Vergès

Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit et les criminalise en France métropolitaine.

Comment expliquer de telles disparités ?

Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d’avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.

Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient.

Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes, héritée d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui.

Françoise Vergès est titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d'études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Paris. Elle est notamment l'auteure d'Entretiens avec Aimé CésaireNègre je suis, nègre je resterai (2005), de La Mémoire enchaînée (2006), et de L'Homme prédateur (2011).

Joli Mai

Joli Mai

En ce mois de mai 2017, vous êtes convié-e-s à partager un moment autour de di érents courts métrages et extraits, choisis avec soin.

Une rencontre que nous souhaitons à l’image du cycle Les yeux dans les docs, animé-e-s du désir de faire découvrir, au sein de pépites du cinéma documentaire, des auteurs engagés dans leur démarche de création, des cinéastes au regard vigilant, à l’écoute attentive et aux oeuvres singulières, en écho aux pulsations du monde.

Un florilège de mai, donc, un regard vers des oeuvres sensibles — historiques ou contemporaines — des fi lms où l’esthétique se lie au politique. Histoire de révéler la couleur du fond de l’air.

John Gibler

John Gibler

« Non monsieur, vous les avez enlevés vivants,
vous devez nous les rendre vivants. »

Mario César González Contreras, père de César Manuel González Hernández, 19 ans, étudiant en première année. Devant le siège du gouvernement, Chilpancingo, 4 octobre 2014, s’adressant au Procureur.

La nuit du 26 septembre 2014 à Iguala, dans l’État du Guerrero au Mexique, 6 personnes ont été assassinées et 43 étudiants de l’école rurale d’Ayotzinapa ont disparu. Au Mexique, où l’État et le narcotrafi c ont fusionné, où plus de 27 000 personnes sont portées disparues, cette tragédie a été celle de trop.

« L’affaire » des 43 étudiants d’Ayotzinapa a réveillé la société mexicaine dans ses bases les plus profondes et a suscité un élan de solidarité internationale.

John Gibler s’est rendu sur les lieux quelques jours après les faits pour comprendre. Pendant près d’un an, il s’est entretenu avec les rescapés, les témoins des attaques et les parents des disparus. Ce livre est fait de leurs voix…

Daniel Kupferstein

Daniel Kupferstein

Le 14 juillet 1953, un drame terrible s’est déroulé en plein Paris.
Au moment de la dispersion d’une manifestation en l’honneur de la Révolution Française, la police parisienne a chargé un cortège de manifestants algériens.

Sept personnes (six Algériens et un Français) ont été tuées et une centaine de manifestants ont été blessés. Un vrai carnage.
Cette histoire est quasiment inconnue. Pratiquement personne n’est au courant de son existence. Comme si une page d’histoire avait été déchirée et mise à la poubelle. En France comme en Algérie.

Aurélie Carrier

Aurélie Carrier

« Tous ces spoliés commencent à perdre patience
et à
s’acheminer vers la Révolution.
Bientôt, peut-être, les ténèbres traversées de flammes du Grand Soir couvriront la terre. Puis viendra l’aube de joie et de fraternité.
Et l’humanité nouvelle évoluera vers de splendides destins. »

Adolphe Retté, Le Libertaire, 1899

À la fin du XIXe siècle, l’attente du Grand Soir exprime l’espoir d’un bouleversement violent et radical de l’ordre social existant. Cette croyance millénariste en l’éclosion d’un monde régénéré grâce à la révolution sociale est caractéristique de la mythologie libertaire qui se forme alors. Une vision insurrectionnelle qui influencera les syndicalistes révolutionnaires.

Ce livre se propose d’étudier les représentations qui composent l’imaginaire du Grand Soir, et leurs interactions avec celui de la grève générale. La puissance d’attraction et la capacité de retentissement du Grand Soir débordèrent les cercles libertaires pour pénétrer les masses populaires.

Repérer l’influence d’une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l’espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et la généalogie des utopies, disparues ou renaissantes.

Nathalie Bontemps

Nathalie Bontemps

Nathalie Bontemps a vécu huit ans, de 2003 à 2011, à Damas. Dès 2005, elle commence à écrire sur la ville et ses habitants, « pour renouveler mon rapport au lieu et aux gens », dit-elle. Elle va dans les différents quartiers de la capitale syrienne, rencontre des hommes et des femmes, rend compte de leurs vies, de la banlieue de Jaramana au camp palestinien de Yarmouk en passant par le quartier kurde ou l’ancienne cité. Rentrée en France, depuis Saint-Denis où elle vit, elle n’a jamais oublié ce qu’elle a vécu là-bas. Aujourd’hui paraît son livre, Gens de Damas, aux éditions Al Manar (...). De sa belle écriture aux accents poétiques, sous forme de petites nouvelles ou récits, elle livre ces instantanés de vies qui éclosent malgré la dureté du régime avant d’être meurtries par la guerre. On y suit divers personnages, comme la femme engagée, qui se fond dans la foule pour communier avec elle, ces quartiers fermés où, « pour entrer, il faut déjà être entré », ce Kurde qui traduit Dostoïevski le lundi et vend des chaussettes devant la mosquée le mardi, ces femmes résistantes, prises d’angoisse mais qui vont aux manifestation du vendredi soir, pour lutter contre un régime qui, « quand les enfants jouent à la révolution dans la cour de l’école, les met dans des vraies prisons »…
Le dernier chapitre du livre, "2013 se termine", écrit à Saint-Denis, aurait pu s’intituler" Que sont-ils devenus ?" « Les photos des amis prisonniers, disparus, décédés, sont toujours joyeuses, prises un jour d’été dans la nature », écrit Nathalie Bontemps. La femmes engagée, palestinienne, perd une deuxième fois son pays. L’auteure se souvient d’un temps où « la gaîté était si vive qu’elle prenait des allures subversives ». De là-bas, on lui crie : « Comme Damas me manque ! Pourtant j’y suis toujours ! » L’exil absolu."

Revue Back-office

Revue Back-office

Back Office répond à un état de fait : malgré le nombre croissant d’ouvrages dédiés au design graphique dans le contexte francophone, peu de recherches abordent de front les enjeux du numérique. Tandis qu’en langue anglaise, l’histoire de l’informatique, la philosophie du numérique, l’archéologie des médias ou les software studies (études logicielles) font l’objet de nombreuses publications, qu’en est-il de leur réception en langue française ?

Back Office est née de ce manque d’écrits et de recul critique, à propos d’une culture technique tellement installée parmi nous que le substantif « numérique » (design numérique, humanités numériques, etc.) semble superflu. Jumelle de Back Cover (Éditions B42), bilingue, à parution annuelle et thématique, Back Office s’incarne dans un double format : revue papier et application. Des articles de fond font face à des formes courtes, traitant de sujets spécifiques ou d’initiatives pédagogiques inventives, et à un texte historique, exhumé et relu par son auteur plus de vingt ans après, permettant d’évaluer les mutations de la discipline. Un glossaire technique, éclairant une terminologie souvent obscure pour les non-initiés, accompagne chaque numéro. Face à une actualité toujours plus dense, et déjà bien couverte sur le Web, la revue affirme son orientation critique, privilégiant les prises de recul, les problématiques, ou les hypothèses à même d’éclairer la situation contemporaine et d’y tracer de nouvelles trajectoires.

http://www.revue-backoffice.com/

Éditions de la Lenteur

Éditions de la Lenteur

Il s’agit d’un livre en forme de mise au point sur les événements qui ont embrasé la Syrie depuis 2011, avec des répercussions mondiales : interviews, témoignages, récits d’engagements citoyens et insurrectionnels, analyses des enjeux géopolitiques…

Les textes réunis sont extraits aussi bien de blogs et de grands titres de la presse que de brochures ou de journaux militants.

À l’heure où plusieurs candidats de premier plan à l’élection présidentielle affichent leur mansuétude pour (voire leur soutien à) Bachar al-Assad et Vladimir Poutine, il s’agit d’aller contre la désinformation insistante qui nie qu’un soulèvement civil à caractère révolutionnaire a (aussi) eu lieu en Syrie.

Philippe Mortimer

Philippe Mortimer

Émile Chautard, ouvrier typographe et grand connaisseur des bistrots, nous guide en chanson dans le Paris de la dèche et de la pègre, entre la guerre de 1870 et celle de 1914-1918. Les goualantes qu’il a recueillies au cours de ses pérégrinations dans les faubourgs furent écrites comme elles furent chantées, non par des artistes en vogue mais par des marlous et des gisquettes.

La grande richesse des pauvres d’alors c’était une jactance empruntant beaucoup à l’argot, a né dans les prisons et les bataillons disciplinaires. Comme l’a dit Céline : « C’est la haine qui fait l’argot ». On verra dans ces pages que l’argot c’est aussi le désir qui se dévoile, la verve, la trouvaille poétique et l’esprit libre.

Dans les zones ténébreuses de la Ville Lumière, dans les hideux taudis de la Belle Époque, nombre de pauvres n’obéissaient pour survivre qu’à leurs propres lois et leurs propres morales. Le dégoût de l’usine incitait les filles d’ouvriers à se vendre sur les trottoirs et dans les bouges. Voyous dandys, les apaches paradaient en bande sur les boulevards. Le crime exerçait une trouble fascination sur la société — partout l’on recrutait des policiers, partout l’on bâtissait des prisons.

Voilà ce que narrent sans artifice ces goualantes qui sont autant de témoignages pour servir à l’histoire des classes dangereuses.

Jean Stern

Jean Stern

« “Fier d’être un gay, fier d’être un visiteur gay dans un pays fier d’être Israël”. Aussi simplette semble-t-elle, la formule Lave Plus Rose cartonne, surtout quand la baise est mémorable. Ensuite, de réseau en réseau, dans leur sphère publique comme dans leur cercle d’amis, les gays de retour de Tel Aviv ne tarissent pas d’éloge sur leur séjour, et contribuent à remplir les charters de touristes homonationalistes émoustillés d’avance. […] Cerise sur le gâteau, Israël fait de sa politique ultrasécuritaire un joker. Pour jouir en toute quiétude, les gays d’aujourd’hui saluent la “sécurité” du pays ; comme ceux qui draguaient autrefois au Maroc ou en Tunisie cherchaient la “discrétion”. C’est le grand succès du pinkwashing : le séjour ludique à Tel Aviv prend le ton d’un pèlerinage politique. »

Dans cette enquête inédite et à contre-courant, Jean Stern démonte une stratégie marketing et politique orchestrée par l’État israélien – le pinkwashing – qui consiste à camoufler la guerre, l’occupation, le conservatisme religieux et l’homophobie derrière le paravent sea, sex and fun d’une plaisante cité balnéaire, Tel Aviv. De Tsahal, armée affichée « gay-friendly  », au cinéma – porno ou branché – empreint d’orientalisme, en passant par la frénésie nataliste chez les gays via la gestation pour autrui, l’auteur raconte l’envers du décor d’un rouleau compresseur. Ce « mirage rose » est décrié par les homosexuels palestiniens et les militants radicaux LGBT israéliens, juifs comme arabes.

Marion Lavabre

Marion Lavabre

Marion Lavabre, ethnologue et photographe, nous invite à la rencontre des femmes Afars, en Afrique, pour parler d’une coutume ancestrale : l’infibulation. Sujet difficile et tabou, l’auteure nous offre un regard sans jugement pour tenter de mieux comprendre cette pratique qui peut choquer notre pensée occidentale. Son livre, A la rencontre des femmes Afars, est accessible à tous et est magnifiquement illustré par des photographies. Celles-ci seront exposées à la librairie en amont, nous vous invitons à les y découvrir et à venir échanger dans un moment convivial et sans préjugés.

 

Commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda

Rio Loco - Îles de l'océan Indien

Rio Loco - Îles de l'océan Indien

Terra Nova plante sa tente à la Prairie des Filtres, l’occasion pour les amoureux des livres et tous les curieux de découvrir les îles de l’Océan Indien autrement : auteurs, penseurs, littérature jeunesse, cinéma…

La programmation et tous les détails sur le site du festival : http://www.rio-loco.org

À livres ouverts

À livres ouverts

Exceptionnellement, les librairies du quartier installent leurs stands pour l'événement sur la belle place ombragée de la Bourse à Toulouse : Terres de Légendes , La Tuta d'Oc, Librairie Série B, Bookbrok et Terra Nova vous feront découvrir leurs sélections de livres ouverts sur le monde...

À travers des lectures, des ateliers d'écriture et une pièce de théâtre, nous vous proposerons de jouer, raconter, découvrir les vers et revers de la littérature étrangère traduite, de langue française et de langue occitane.

Un grand bal en compagnie de Zumbul des Balkans clôturera cette belle journée autour des mots!

- Buvette sur la place et restauration à proximité -

Cet évènement est organisé par l'association P'tite lumière & cie et les libraires du quartier, en partenariat avec Ville de Toulouse et soutenu par l'association des commerçants des quartiers Bourse et Jacobins et le Le Filochard.


Graphisme Clémentine Laroche.

ATTAC - ESU 2017

ATTAC - ESU 2017

Université d'été européenne des mouvements sociaux 2017 from Attac Play on Vimeo.

Aurélie Trouvé et Dominique Plihon présentent l'Université européenne des mouvements sociaux :

Plus altermondialistes que jamais !

Aujourd’hui plus que jamais, une autre mondialisation est possible ! Fondée sur le respect des droits humains fondamentaux, sur la solidarité entre les peuples contre le pouvoir des multinationales et de la finance, nous la construisons d’ores et déjà avec les autres mouvements sociaux, en Europe et dans le monde. L’Université d’été européenne sera une étape importante dans ce combat qui réunira plus de 1000 participant⋅e⋅s de dizaines de pays.

A l’heure du triomphe du xénophobe Donald Trump, de la montée des extrêmes droites et d’un Brexit nourri par le rejet des migrants, nous devons agir. Le mouvement social a un rôle majeur à jouer pour sensibiliser et mobiliser les citoyen·n·es, en Europe comme ailleurs : le système fondé sur la finance et la marchandisation fait peser une menace de crise généralisée. Nous ne pouvons pas rester sans réagir face à la montée des inégalités et de la pauvreté, au réchauffement climatique, à la régression de la démocratie en Europe, aux États-Unis et dans le monde. Montrons qu’il est possible, dès maintenant, à partir d’initiatives locales et européennes, de construire des alternatives.

Soyons nombreuses et nombreux à Toulouse, du 23 au 27 août 2017, pour faire de l’Université européenne des mouvements sociaux un succès populaire !

Dans la foulée de nombreuses initiatives citoyennes, cette Université d’été sera l’occasion d’une rencontre militante et festive des mouvements sociaux et altermondialistes européens et internationaux. Ce temps fort nous permettra d’échanger, de coordonner nos mobilisations contre les accords de libre-échange, pour la justice climatique, ou encore pour désarmer les marchés. Et pour dessiner ensemble les contours d’un monde plus juste et plus solidaire.

Les incertitudes sont fortes et les scènes politiques et sociales sont bousculées. Quoiqu’il arrive, nous avons besoin d’en débattre et nous serons à Toulouse cet été !

https://www.esu2017.org/

Christine Delphy

Christine Delphy

La rencontre sera animée par Hourya Bentouhami, maîtresse de conférences en philosophie à l'Université Toulouse-Jean-Jaurès.

Christine Delphy est l'une des représentantes en France du féminisme matérialiste. Elle a participé en 1968 à la construction de l'un des groupes fondateurs du Mouvement de libération des femmes, le groupe FMA – Féminin, masculin, avenir – devenu, en 1969, Féminisme, marxisme, action. Cofondatrices de Questions féministes (avec Simone de Beauvoir, 1977) puis de Nouvelles questions féministes (1981), elle introduit en France les idées du féminisme matérialiste et le concept de genre. Elle développe le concept d’économie du patriarcat et décrit le travail domestique comme base d'un mode de production distinct du mode capitaliste. Ces dernières années, elle s’est particulièrement positionnée en défense des droits des femmes musulmanes victimes de stigmatisations. Elle s’engage dans le débat sur le voile islamique dont elle rattache l’interdiction à l'islamophobie qui pour elle a des racines anciennes notamment coloniales mais également sexistes.

Elle a notamment publié L'ennemi principal, t. 1, Économie politique du patriarcat (Syllepse, 1998, en 2009); L'ennemi principal, t. 2, Penser le genre (Syllepse, 2001, 2009); Classer, dominer. Qui sont les autres (La Fabrique, 2008); Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française (Syllepse, 2010).

 

Rachid Oujdi

Rachid Oujdi

Ils s'appellent Abdallah, Ahmou, Mohamed, Ramdane, Salah, Sebti, Tahar. Ils sont venus d'Algérie entre 1951 et 1971, seuls, pour travailler en France et prévoyaient, un jour, de repartir au pays. Les années se sont écoulées, ils sont maintenant retraités et ils sont toujours là. Pendant toutes ces décennies, ils ont vécu un pied ici, un pied là-bas.

Ces hommes n'ont pas fait de regroupement familial, pour différentes raisons, notamment parce qu'initialement, ils ne comptaient pas rester ici. Après l'exil et le déracinement, c'est la solitude qui berce les derniers jours de ces oubliés des Trente Glorieuses. Filmés avec douceur et tendresse, ces Chibanis sont à la fois lumineux et beaux, drôles et attachants.

Niet éditions

Niet éditions

En détruisant la jungle de Calais à l'automne 2016, et en dispersant tous ses occupants aux quatre coins de la France, l'État a prétendu faire œuvre « humanitaire » ; en réalité, ce déplacement de population s'inscrit dans une continuité de gestion de la « question migratoire » dans le Calaisis, entre acharnement policier et paternalisme des associations...

Depuis une vingtaine d'années, du hangar de Sangatte au centre de rétention de Coquelles, de la constitution de la grande jungle de Calais à son « démantèlement », des milliers de personnes en exil se sont trouvées piégées face à la frontière, dernier obstacle avant le Royaume-Uni.

La parole est ici donnée aux personnes immédiatement concernées, personnes en exil ou militants solidaires, afin que d'autres voix se fassent entendre, pour éclairer l'action présente et future.

Éric Chevillard

Éric Chevillard

Mais qui est donc Prosper Brouillon, cet auteur à succès qui fait grincer des dents les écrivains, les vrais, qui lui envient ses statistiques de ventes ? Éric Chevillard s’amuse avec son lecteur dans ce roman qui prétend être une très sérieuse dissertation sur le style incomparable et inégalable de la dernière « œuvre » de Prosper Brouillon, intitulée Les Gondoliers.

Éric Chevillard, comme toujours avec sa plume acérée, régale son lecteur de jeux de mots tout en offrant un réquisitoire ironique contre une littérature institutionnalisée, pantouflarde et satisfaite d'elle-même. Nous profiterons de cette rencontre autour de ce dernier texte pour le questionner sur son travail d’écriture, que ce soit en tant que romancier ou en tant que critique littéraire.

Alain Naze

Alain Naze

Alors qu'elle obtenait des droits formels et une reconnaissance étatique, la « communauté gay » aurait peu à peu glissé vers la droite, jusqu'à céder aux sirènes du nationalisme et du racisme. C'est ce paradoxe qu'interroge Alain Naze, non pour le réfuter mais pour en préciser les causes et les conditions. Il revient sur les débats autour du pacs et du « mariage pour tous », le combat contre le sida, l’essoufflement des mouvements LGBT, et met à jour la puissante lame de fond de la normalisation gay. En acceptant le modèle hétérocentré, pour des bénéfices limités et très inégalement répartis en son sein, la soi-disant communauté gay a abandonné ce qui précisément la constituait en communauté politique : ses luttes émancipatrices – et s’est rendue perméable aux idées réactionnaires.

Pour Alain Naze, il est urgent de renouer avec l’élan révolutionnaire des premiers mouvements de libération homosexuelle et de « rendre à l’homosexualité son devenir-plébéien, c’est-à-dire de faire en sorte que nous réapprenions à entendre et à désirer les appels au dévoiement, les incitations au détournement, à la dérive ».

Jef Klak

Quentin Ravelli

Quentin Ravelli

En Espagne, la brique (ladrillo) est bien davantage qu’un matériau de construction. Elle est l’un des rouages essentiel du capitalisme. Elle est au coeur de la crise de suraccumlation que connait le pays depuis le début des années 2000. Située dans la région de la Sagra en Castille, l’enquête au long cours de Quentin Ravelli, issue d’un documentaire cinématographique, parvient à reconstituer la biographie d’une marchandise ordinaire sur laquelle repose un système entier de domination économique et politique.

« Pour Angel, la cinquantaine, le choc est ce jour-là violent : il court, nerveux et angoissé, de l’extrudeuse à la “guillotine”, du “piano” au poste de contrôle. Habitué à la tuile, il a dû se reconvertir à la brique en une matinée. Il tremble, il sue, il s’énerve pour un rien. Derrière lui, un enchevêtrement de tapis roulants grincent et crient en acheminant la terre des carrières, tandis que la grosse caisse du mélangeur d’argile, surnommé le “moulin”, pousse des râles graves qui résonnent sous les tôles à chaque passage de la meule. Devant lui, l’extrudeuse ronronne. Sous pression, elle pousse sans fin un gros ruban d’argile chaud et fumant – une brique infinie, un churro géant. »

 

 

Barbara Balzerani

Barbara Balzerani

Barbara Balzerani a été l’une des femmes à occuper un poste stratégique au sein des Brigades rouges. Dans l’enceinte de la prison haute sécurité où elle a été incarcérée pendant de nombreuses années, elle a eu tout loisir de réfléchir à son parcours, à ses origines ouvrières, à réexaminer les réflexions politiques et les questionnements philosophiques qui l’ont conduite à un tel engagement.

Car avant d’être l’histoire d’une génération politique ou celle d’une organisation armée, c’est bien celle d’une femme que ses origines ne sauraient réduire à telle ou telle catégorisation. En ressort la colère de celle qui est née pauvre dans un monde riche, l’entêtement désespéré de celle qui ne se résout pas à être simplement une femme dans un univers dominé par les hommes, ainsi l’espérance vaine soudain rendue possible par le surgissement des événements de l’année 1968 d’une insurrection immédiate contre l’ordre établi. 

En résulte un ouvrage incontestablement autobiographique où Balzerani développe un style narratif extrêmement personnel qui lui permet de combiner monologue intérieur, introspection et analyse affûtée et lucide du contexte politique agité des années 70. 

Jef Klak

Jef Klak

Après « Selle de ch’val », les membres de la revue Jef Klak viennent nous présenter leur dernier opus, « Ch’val de course », qui farfouille du côté des jeux, des paris et du risque, pour mieux se demander : à quoi jouons-nous, et pourquoi ? Jouer est-il si futile qu’on le croit ? Que sommes-nous prêts à risquer pour un salaire, une aventure, une transformation sociale ? Quitte ou double ?

Pour cette soirée à Terra Nova, on se demandera si le jeu peut à la fois préparer à la guerre et soigner de la guerre ? Cette tension traverse l'histoire des zones et des architectures urbaines des aires de jeux, des États-Unis à l'Europe. Après une projection de deux petits films sur les Adventure Playgrounds, la revue Jef Klak présentera une partie du « Gouvernement des playgrounds », un des articles de son dernier numéro. Et posera cette question commune au public : la société des adultes dépend-elle des jeux des enfants ?

Le site de la revue.

Je ne suis pas féministe mais...

Je ne suis pas féministe mais...

 

Un film-portrait sensible de Christine Delphy, fruit d’une rencontre amicale et militante - à l’image de certains événements clés du tournant de l’histoire des féminismes que fut la naissance du Mouvement de Libération des Femmes en France dans les années 70. D’où il ressort que l’amitié fut l’un des moteurs de luttes d’alors, que de nombreux chemins restent à emprunter, de nouvelles luttes et de nouvelles solidarités à inventer.

 « Je ne suis pas féministe, mais… », expression évoquée en 1985 par Christine Delphy lors d’une émission télévisée où elle est invitée avec Simone de Beauvoir, est une phrase rituelle prononcée un jour par nombre de femmes de peur d’employer un mot stigmatisé - mais pour s’autoriser quand même à exprimer un désir d’égalité.

D'autres vidéos sur le site du film.

Le blog de Christine Delphy.

Le site du réseau Arpège.

S'abonner à la lettre d'information du cycle Les yeux dans les docs.

Yves Meunier

Yves Meunier

Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, des jeunes mineurs en rébellion contre la toute-puissance de l’Église, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l’entrée d’une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C’est le début d’une longue série d’actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d’édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat.


Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Ils se réunissent dans les bois ou dans les auberges pour préparer des coups qu’ils réalisent le plus souvent à la faveur de l’obscurité. Moins résignés que leurs aînés, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors, où l’impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices.


À partir de nombreux documents d’archives et témoignages d’époque, ce livre qui se lit comme un récit palpitant au plus près des protagonistes, revient sur l’histoire mouvementée de la Bande noire. Il montre comment, quelques années avant les célèbres attentats anarchistes perpétrés à Paris dans les années 1890, de jeunes révoltés firent de la propagande par le fait leur meilleure arme pour renverser la table et échapper à l’enfer de la mine.

Vincent Cheynet et Pierre Druilhe

Vincent Cheynet et Pierre Druilhe

Voici le recueil tant attendu du meilleur des grinçantes aventures d’une bande de décroissants, publiées tous les mois dans le journal La Décroissance. Une bonne claque donnée à la société de consommation qui aliène et détruit nature, beauté, liberté... mais aussi à ceux qui la critiquent, souvent pris dans des contradictions férocement moquées ici. De superbes dessins tout aussi mordants complètent cet ouvrage qui devrait faire date !

La rencontre sera animée par Jean-Philippe Fleury.

Philippe Baqué

Philippe Baqué

Alzheimer a permis de médicaliser la vieillesse, le transhumanisme pourra conjurer la mort.

"Elle est ensuite devenue grabataire et a changé d’unité, se retrouvant dans un salon où les pensionnaires délirent durant des heures sur fond de radio commerciale ou de séries télévisées. Ce que j’ai vu durant ces années n’a fait qu’alimenter mes doutes autour de la maladie d’Alzheimer. La maltraitance institutionnelle latente, l’omniprésence des laboratoires pharmaceutiques dans sa médicalisation et son accompagnement, l’échec des différentes politiques censées la gérer, la surenchère médiatique... Qu’est-ce qui se cache derrière ce qu’on nous présente comme une épidémie ?"

De plus en plus de doutes planent sur la maladie d’Alzheimer, maladie apparue dans les années 1970 dont on n’a jamais réussi à identifier les causes, diagnostic à la mode recouvrant diverses formes de démence sénile, aubaine pour les laboratoires pharmaceutiques lorgnant sur « l’or gris » de la population occidentale vieillissante... Parce que tous les traitements jusque-là mis en place s’avèrent inefficaces, la recherche s’oriente désormais vers la prévention d’Alzheimer : le dépistage précoce, à travers l’étude des gênes des patients qui pourraient un jour être sujets à la démence sénile. Une nouvelle médecine dans laquelle Google, Facebook ou encore Amazon investissent massivement, rêvant d’un être humain « augmenté » grâce à des manipulations génétiques et des prothèses technologiques. Une nouvelle science, au service d’une nouvelle société...
Ce livre, qui commence sous la forme d’un carnet de bord mené au chevet d’une mère diagnostiquée Alzheimer, est une enquête menée à la première personne, s’intéressant aux politiques publiques qui privilégient le soutien à l’industrie pharmaceutique au détriment d’un accompagnement humaniste des malades, pour les relier au transhumanisme, une conception aussi « personnalisée » qu’élitiste de la médecine, en pleine expansion.

Jean-Baptiste Vidalou

Jean-Baptiste Vidalou

Depuis une dizaine d’années, que ce soit sur la ZAD du bois du Tronçay dans le Morvan, dans les bois de Sivens, à Notre-Dame-des-Landes, dans la forêt de Chambaran à Roybon, à Bure ou dans les Cévennes, mais aussi dans bien d’autres parties du monde, il est évident qu’il se passe quelque chose du côté de la forêt. Certains ont commencé à habiter ces espaces avec la détermination de sortir du monde mortifère de l’économie. Un tout autre rapport au territoire s’y bâtit, à l’opposé de cette science militaire qu’est l’aménagement du territoire – ici contre un barrage, là contre un centre de loisirs, un aéroport, ou une extraction de biomasse.

Partout ces luttes résonnent de cette même idée : la forêt n’est pas un gisement de biomasse, une zone d’aménagement différé, une réserve de biosphère, un puits de carbone ; la forêt c’est un peuple qui s’insurge, c’est une autodéfense qui s’organise, ce sont des imaginaires qui s’intensifient.

L'Inventaire

L'Inventaire

La revue tente de faire progresser l’inventaire de ce qui, en théorie et en pratique, reste à défendre, mérite d’être reconsidéré ou doit être écarté pour favoriser l’émancipation individuelle et collective.

L’espoir, en diffusant d’anciennes idées et en en proposant de nouvelles, est de contribuer à l’élaboration d’une culture critique commune.

Au sommaire de ce numéro 6 : Alfonso Berardinelli, "Limite et mémoire, variations sur Christopher Lasch" ; Aurélien Berlan, "Le citoyen augmenté" ; Louis Mercier-Vega, "Sociétés d'hier et d'aujourd'hui" ; Notes de lecture et poèmes.

Christophe Aguiton à la Bourse du travail

Christophe Aguiton à la Bourse du travail

Depuis plus de vingt ans, le paysage politique de la gauche française s’est complètement décomposé. Le Parti socialiste et ses alliés paient aujourd’hui le prix des politiques néolibérales et sécuritaires qu’ils ont menées et la gauche de transformation sociale a connu de réels succès électoraux, le dernier en date étant celui de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, mais elle reste très divisée et incapable de construire une stratégie commune.

Pourtant, affirme Christophe Aguiton, en Europe et ailleurs, des forces ont émergé avec leurs succès et leurs difficultés, pour défendre de vraies politiques de gauche, que ce soit Die Linke en Allemagne, Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne. Et, quand on sait la multitude de luttes et de mobilisations, locales ou nationales, la foule d’expérimentations et d’innovations sociales menées dans le monde, dans les villes et à la campagne, on a du mal à comprendre pourquoi la gauche française peine à se réinventer.

Dans ce livre, Christophe Aguiton analyse avec précision les succès et les échecs des mouvements sociaux et des expériences politiques qui ont marqué ces deux dernières décennies. Il propose une réflexion lucide qui ouvre des pistes pour sortir de l’impasse stratégique et des jeux d’appareils qui minent les forces de progrès.
La gauche française a beaucoup à apprendre de ce qui se passe ailleurs, hors des frontières de l’Hexagone.

Max de Carvalho - Les éditions Fario

Max de Carvalho - Les éditions Fario

Consacrée au domaine poétique français, la collection a pour ambition de mettre au jour et de restaurer au fil du temps le « florilège national » que Valery Larbaud, voici près d’un siècle, appelait de ses vœux, en y incluant les poètes du monde entier ayant abordé, de quelque façon, ce « domaine français ».

La collection se déclinera en quatre quatuors saisonniers sous étui, rassemblés chaque année dans un coffret unique, dans le respect de l’édition originale des œuvres.

Philippe Caumières

Philippe Caumières

Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s’affronter deux projets de société : celui d’une maîtrise rationnelle du réel et celui d’une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l’économie. Le second reste encore à construire pour qu’advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante.
Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d’autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd’hui : auto-organisation des luttes, pratique de l’égalité et sens des limites.

Ce projet d’autonomie n’est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu’une expérience. Il est un horizon, celui d’une société consciente du fait que le pouvoir est l’affaire de tous. C’est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.

Bénédicte Pagnot

Bénédicte Pagnot

Entre fiction et documentaire, l’œuvre de la cinéaste Bénédicte Pagnot témoigne d’une grande sensibilité. La petite cérémonie, son premier court-métrage, fut sélectionné par une vingtaine de festivals et primé par huit d’entre eux. Les lendemains est son premier long métrage de fiction (prix du public du festival Premiers Plans d'Angers en 2013). Avril 50 (film documentaire autour de la BD de Kris et Davodeau sur le film éponyme de René Vautier, Un homme est mort) fut projeté à la Librairie Terra Nova en avril 2015.

Islam pour mémoire (long-métrage documentaire sorti en salles en 2017), est une invitation à un voyage en islam avec Abdelwahab Meddeb, aujourd’hui disparu, un film-mosaïque éveillant la curiosité dans le prolongement de la pensée du poète et essayiste franco-tunisien, qui revendiquait « l’infini du sens, le souci du beau, la nécessité de l’altérité ».

 

FanXoa

FanXoa

1983, FanXoa, futur chanteur et co-fondateur de Bérurier noir, est encore étudiant aux Beaux-Arts de Paris. L’époque est sombre, le tableau écarlate, la mort rôde. Fortement marqué par le cinéma japonais d’avant-garde ou de la nouvelle vague, il rédige 24 histoires courtes toutes en tension, pulsions et cruauté. Influence samouraï et soldatesque érotisée mais aussi manifeste nihiliste, gestuelle autodestructrice, le petit « théâtre de force » prend forme dans le fantasme d’un suicide psychologique et d’une renaissance.
Un jeune homme éventré est une traversée crue et vacillante dans un néant sublimé et nous plonge dans la genèse psychologique d’un des principaux groupes de la scène punk alternative française.

 

Julien Chuzeville

Julien Chuzeville

Cette semaine a pour but non seulement de tisonner quelques braises (éviter que toute idée de Révolution soit ensevelie sous l’horizon TINA, pierre tombale de (d'une ?) la société d’exploitation indépassable) ; mais aussi de sortir un peu de l’agenda « réformiste », « bougiste », mortifère et arrogant de la bourgeoisie mondiale ; de montrer que le présent plonge ses racines dans la volonté et le courage des humbles, d’un passé glorieux qui nous met face à nos responsabilités …

Car il nous semble important de concevoir la période « 1917/1937 » comme un bloc, de montrer analogies et différences (conseils ouvriers et comités ; gardes rouges et miliciens …) et d’évoquer les questions cruciales (Etat soviétique ou « Tout pouvoir aux conseils » ; Comité central des milices antifascistes de Catalogne ou Junte révolutionnaire ; quel travail internationaliste pour ne pas périr isolés ?). Ce grand carrefour qui a tant de conséquences aujourd'hui…

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« L’équipe de La Révolution prolétarienne forme le cœur de cette gauche ouvrière dont Monatte se revendique, qui aurait pu contribuer à l’émergence d’un “parti de type nouveau” […]. Cette gauche avait une conception politique qui lui venait du syndicalisme révolutionnaire. Elle avait aussi une conception exigeante du militantisme, une éthique révolutionnaire qui impliquait honnêteté et franchise. Les contradictions avec les pratiques léninistes devaient tôt ou tard éclater. »

Le Parti communiste est créé en France en décembre 1920. Au-delà du seul congrès de Tours, qui voit la scission du Parti socialiste SFIO, il importe de comprendre les dynamiques qui aboutissent à ce résultat. Qui sont les principaux militants à l’œuvre ? Quels sont leurs objectifs politiques ? Comment la scission s’effectue-t-elle en pratique ? Comment le PC s’organise-t-il à ses débuts ? Quels sont alors les liens avec Moscou ?
C’est à ces questions que cet ouvrage entend répondre, en mettant en perspective les événements liés à la révolution russe. La création du PC n’est en effet pas un processus qui s’est réalisé en quelques jours ou en quelques semaines, mais un phénomène bien plus long – que l’on observe, avec d’autres modalités, ailleurs en Europe et dans le monde.
S’appuyant notamment sur des archives inédites, ce livre est une synthèse de référence qui renouvelle la compréhension de cet événement majeur de notre histoire politique et sociale.

Origines contrôlées 15-18 novembre

Origines contrôlées 15-18 novembre

Le mot des organisateurs :

« Origines Contrôlées » aux Izards.

En 2017, pour sa quatorzième édition, « Origines Contrôlées » se déroule en totalité aux Izards. Nous avons fait ce choix en cohérence avec une orientation majeure de Tactikollectif d’avoir re-mis au cœur de notre projet associatif, la question des quartiers populaires symboliquement et physiquement. Il demeure, on vous l’assure, cet événement majeur du paysage culturel régional, qui aborde les thématiques mémoires et société. Il s’agit de ré-affirmer que ce quartier Toulousain n’est pas en dehors de la ville, et que les sujets qui concernent ses habitants sont ceux de l’ensemble des citoyens, citadins. En étant aux Izards, « Origines Contrôlées » n’est pas à la périphérie, mais au centre des enjeux de notre ville, de nos villes. En faisant ce choix nous défendons l’idée d’un récit du point de vue des habitants, des personnes concernées,  la possibilité de mettre en valeur la multitude des expressions collectives et individuelles. Plus que jamais, « Origines contrôlées » continue à faire le pari de l’intelligence collective, de la possibilité du débat démocratique. Tous les jours, notre action le démontre, les énergies citoyennes et culturelles sont le moyen d’exprimer encore le contraire du défaitisme. Les artistes, les intervenants, les bénévoles, le public de notre festival, depuis 14 ans sont la preuve d’un réservoir d’idées à mettre en œuvre pour l’égalité entre tous et toutes.

Alors du 15 au 18 novembre, c’est aux Izards que ça se passe… et pas ailleurs.

 

 

Des féminismes en images

Des féminismes en images

En écho à la venue de Christine Delphy en septembre, cette rencontre nous donnera l’occasion de partager quelques instants autour des voix d’autres figures féministes, convoquées en images, pour l’occasion – de Kate Millet à Donna Haraway en passant par Simone de Beauvoir, Monique Wittig, Audre Lorde… Et d’en évoquer les singularités, les apports spécifiques au sein de l’Histoire et au cœur de l’actualité.

Pierre Thiesset

Pierre Thiesset

En 1905, alors que le régime tsariste se désagrège et que les soulèvements se multiplient en Russie, la voix de Léon Tolstoï s’élève au-dessus de la mêlée. Ce chrétien excommunié, constamment en butte à la censure, ne s’en prend pas seulement à l’autocratie ; il critique aussi les desseins des révolutionnaires, libéraux ou socialistes. Il accuse les meneurs urbains de tromper le peuple, de conduire les masses paysannes dans une impasse : celle de la modernisation du pays, de son industrialisation et de son occidentalisation rampante. Peu importe la forme du gouvernement, qu’il s’agisse d’une monarchie absolue ou d’une république sociale-démocrate, puisque celui-ci est fondé sur la violence et l’oppression, il doit être combattu en tant que tel.

 

Dans la lignée de Thoreau et de La Boétie, Tolstoï appelle à l’insoumission. Le pouvoir d’une minorité reposant sur la servitude volontaire de chacun, il s’agit de refuser d’obéir, de ne plus participer à un régime tyrannique, quel qu’il soit. L’affranchissement des travailleurs ne pourra venir que d’eux-mêmes, quand ils décideront de ne plus servir les puissants, quand ils choisiront le perfectionnement moral, l’entraide et la vie des champs, enracinés sur un sol soustrait à la propriété foncière. La terre et la liberté, l’autodétermination des paysans dans les communes rurales : tel est l’horizon que défend l’anarchiste russe.

 

 

Hafed Benotman

Hafed Benotman

Hafed Benotman nous a quittés en février 2015. Entre 1976 et 2007, notre ami braqueur-sans arme avait passé dix-sept ans en prison. Il était aussi un auteur talentueux de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de chansons qui ont toujours eu comme sujet l'opposition viscérale à toutes les formes d'enfermement. En 2001, il participe à la création de L'Envolée, un journal et une émission de radio, dont le but est aujourd'hui encore la critique et le combat contre la justice et la prison. Nous publions dans ce livre les textes et lettres qu'il a écrit pour ce journal. Le livre est accompagné d'un disque – florilège de quelques-unes de ses interventions radiophoniques dans l'émission hebdomadaire de L'Envolée.

 

Revue États d'urgence

Revue États d'urgence

« Censé lutter contre la menace terroriste, l’état d’urgence a d’abord permis de pourchasser, d’assigner à résidence, d’interdire de manifestations. Dans ses chiffres bruts, 4 200 perquisitions administratives, 710 assignations à résidence, 588 interdictions de séjour. Et seulement 0,3 % de ces mesures ont débouché sur des enquêtes policières pour fait de terrorisme. Alors si l’état d’urgence semble techniquement dérisoire, politiquement c’est un signe lourd envoyé à la population. »

États d’urgence regroupe six professionnel-le-s de la photographie sociale. Immergés au cœur des mobilisations et des grands enjeux contemporains, ils posent sur l’actualité un regard loin de tout sensationnalisme et témoignent des tas d’urgences que traverse la France : mouvement social, crise migratoire, violence d’État, écologie… Pour voir autrement le monde qui nous entoure.

Quoi Matière Signe

Quoi Matière Signe

Après Quoi Noir Lignes l'an dernier, Quoi Matière Signe questionne le graphisme au prisme de l’apparition des formes, de la matière, de la diversité des modes de faire et de reproduction. La diversité d’objets graphiques réunis dans l'exposition en témoigne.
La sélection valorise la pluralité des propositions. Des artistes seront en résidence dans les ateliers du collectif IPN. L'exposition restituera leurs productions et réunira une collection d'objets protéiformes et d'autres images, toujours autour de cette question :

QUOI MATIÈRE SIGNE ?

D'autres rendez-vous seront l'occasion d'étendre encore la proposition : notamment des conférences le 22 novembre et les baraques éditoriales, le 25 novembre. Un beau programme qui intègre cette année le cadre du Graphéine#9 - festival des arts graphiques du réseau Pinkpong.

Terra Nova sera partenaire de l'événement en proposant une librairie éphémère en lien avec l'exposition, à l'IPN.

Retrouvez toute la programmation et les horaires d'ouverture sur http://www.quo.ooo/i/matieresigne/

LoS MUCHoS investissent Terra Nova

LoS MUCHoS investissent Terra Nova

Situé à Bordeaux, ce collectif bicéphale d’intervention artistique à géométrie variable (écriture, arts plastiques, recherches sonores et musicales) occupe son temps à faire parler les gens, à les enregistrer, à plastiquer l’art et à chanter. C’est la partie vivante des éditions N’A QU’1 ŒIL.

Dans le cadre d'une résidence en librairie organisée en partenariat avec la Cave-Poésie et le Centre Régional des Lettres.

 

Martin Barzilai

Martin Barzilai

Ils s’appellent Tamar, Yaron ou Gal, ils sont étudiants, agriculteurs, postiers, anciens officiers ou parlementaires. Ils vivent à Tel Aviv ou à Jérusalem, ils ont 20, 40 ou 60 ans. Entre 2007 et 2017, le photographe Martin Barzilai a rencontré à plusieurs reprises une cinquantaine de ces Israéliens dits « refuzniks », qui refusent, pour des raisons politiques ou morales, de servir une société militarisée à l’extrême où le passage par l’armée est constitutif de la citoyenneté.
En filigrane, ces refuzniks racontent toute l’histoire d’Israël, ses failles et ses contradictions, son caractère pluriel. Et dressent le portrait d’une société où tout devra être repensé pour construire un futur moins sombre.

Doc animé, histoire et filiation

Doc animé, histoire et filiation

Déjà évoqué sous le prisme des sciences humaines ou de la littérature – si ce n’est des sciences humaines comme littérature, le passionnant sujet de l’imbrication de l’histoire intime à l’Histoire sera revisité ici à travers la mise en images des récits que permet la forme du documentaire animé.
Au programme, deux pépites : À l’époque et D’origine allemande, de Nadine Buss, qui a mis en images l’histoire d’un secret - celui de son père, venu d’Allemagne vivre en Ariège à la fin de la 2nde Guerre Mondiale. Nous parlerons aussi du travail de la Ménagerie, association toulousaine spécialisée dans l’animation, qui a réalisé, entre autres perles rares, Lettres de femmes et Bolero Paprika. Et aborderons aussi, bien entendu, la spécificité du travail d’Anca Damian, avant de nous rendre pour 20H30 à l’American Cosmograph découvrir La Montagne magique.
En écho à cette programmation traversée par les questions de filiation et de (non)transmission au fil de l’Histoire, une sélection de romans graphiques.

Lizzie Crowdagger

Lizzie Crowdagger

Dans un monde idéal, Lizzie Crowdagger aurait été une bikeuse vampirique, ou peut-être une camionneuse de l’Enfer. Comme ce n’est pas le cas, et afin de soulager sa frustration, elle écrit des romans à la place, mélangeant sans état d’âme thématiques féministes et lesbiennes avec des intrigues basées sur le surnaturel, les fusillades et les grosses motos.

 

Gaspard d'Allens

Gaspard d'Allens

Un sarcophage gigantesque censé tenir des dizaines de milliers d’années ! C’est au nom de ce projet fou, qui serait le plus grand chantier d’Europe, que Bure, entre Meuse et Haute-Marne, se transforme en zone grillagée et quadrillée de gendarmes. Pour l’industrie nucléaire, ce territoire relégué serait l’exutoire ultime des déchets radioactifs qui s’accumulent et dont elle ne sait que faire.
Sur place, les habitants sont de plus en plus nombreux à s’insurger contre la transformation de leur région en « poubelle atomique ». Depuis deux ans, des dizaines de personnes s’installent sur place, occupent une forêt, bloquent les travaux. La nouvelle bataille du nucléaire est lancée, pour empêcher de croire que cette industrie peut continuer sans risque, réinventer des manières de vivre et lutter, imaginer d’autres possibles pour ce pays.

 

LoS MUCHoS

LoS MUCHoS

Surnommés les Rita Mitsouko de la poésie contemporaine, LoS MUCHoS ouvrent leur répertoire et proposent des dédicaces à deux balles et des concerts de musique plagiste (entre la plage et le plagiat), dans un esprit participatif et décalé…

Voici une lecture d’extraits choisis, sonorisés dans un show conçu différemment selon le contexte, dans lequel ils promettent de vous faire rire.

Les éditions N’A Q’1 ŒIL profiteront de leur présence à Toulouse durant la Nuit de la Lecture pour aller lire au Centre Pénitentiaire de Seysses, en partenariat avec Terra Nova, dans le cadre d’une action solidaire avec le Spip31.

Lu par le collectif LoS MUCHoS

Situé à Bordeaux, ce collectif bicéphale d’intervention artistique à géométrie variable (écriture, arts plastiques, recherches sonores et musicales) occupe son temps à faire parler les gens, à les enregistrer, à plastiquer l’art et à chanter. C’est la partie vivante des éditions N’A QU’1 OEIL.

 

Armel Campagne

Armel Campagne

Le dérèglement climatique nous aurait fait entrer dans « l’Anthropocène », cette ère géologique durant laquelle l’espèce humaine serait devenue la force écologique majeure. Mais le dérèglement climatique est-il réellement imputable à l’« espèce humaine » de manière indifférenciée et prise comme espèce naturelle ? Des historiens ont mis en doute cette vision simpliste, en faisant de l’industrialisation – et donc du dérèglement climatique - un processus résultant avant tout des dynamiques du capitalisme, inventant à cette occasion un nouveau concept : le Capitalocène.
Cet ouvrage effectue un panorama critique des propositions de ces historiens en vue d’une nouvelle histoire des causes historiques du dérèglement climatique.

Laurent Cauwet

Laurent Cauwet

La culture – le ministère de la Culture, mais pas seulement – est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur : la prolétarisation des savoir-faire de l’art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l’autocensure et le formatage des oeuvres commandées. L’entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe, celle qui n’a pas les bons codes et qui n’est pas encore docile.

Le mécénat privé est l’autre face de l’entreprise culture : Vuitton et son cadeau aux Parisiens, le « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne ; Benetton et son projet « Imago Mundi », collection d’oeuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux ouvrières d’Asie, d’Afrique et d’Europe de l’Est qu’il exploite, ni aux indiens Mapuches de Patagonie qu’il chasse de leurs terres ; Lacoste et la fondation Cartier qui refusent que l’on parle de la Palestine dans leurs manifestations : la culture comme promotion de marques est elle aussi une mécanique de pacification efficace et rentable.

 

Miren

Miren

Miren est un portrait tout en finesse et en sensualité : celui d’une bergère basque, enracinée et libre, qui suit les saisons : depuis l’enfermement et le travail l’hiver vers la beauté et la légèreté l’été. C’est ainsi que son fromage unique voit le jour.
Le film est le 1er opus de la collection « La terre et le lait », quatre portraits d’irréductibles ayant fait le choix d’inscrire leur vie dans les rythmes naturels. Entre liberté et combats quotidiens, ils cherchent un équilibre… Une quête en contrepoint à l’évolution de l’agriculture et des modes de consommation actuels.
Jeanne Bourgon est titulaire d’un DESS « espaces et milieux » et diplômée de l’ESAV (master2 réalisation).

Irène Dunyach et Édith Pierrette Valentine

Irène Dunyach et Édith Pierrette Valentine

Ce numéro de L’esprit tranquille, c’est une partie de shifumi en plein cimetière, ou 128 pages de bonheur en 5 couleurs qui restent un peu sur les doigts. Entièrement imprimé à la riso et façonné à la main, Pierre † Deuil † Riso est une promenade dans un cimetière tout de granit, de béton, de rugosité ; et comme dans un véritable cimetière, vous pouvez, au choix : apprécier son esthétique caverneuse et sa beauté rocailleuse, vous extasier au détour de ses pages marbrées, ou bien voir planer dans ses contenus la menace de la fin qui nous guette tous•tes. C’est entre l’angoisse et l’élégance, entre la délicatesse et l’inquiétude qu’il vous faudra creuser votre lecture de ce numéro, et soulever une à une les pierres tombales qui se dresseront sur votre chemin.

Le site des Presses fantômes.

 

Claire Richard

Claire Richard

Inspirés par les Black Panthers, les jeunes membres du Young Lords Party, enfants de l’immigration portoricaine aux États-Unis, veulent remplacer l’État capitaliste et raciste par des alternatives communautaires et politisées. Ainsi, ils défi lent pour l’indépendance de Porto Rico mais sont surtout très actifs dans les quartiers, où ils développent notamment des programmes autour de la santé. Pour eux, la révolution est aussi une transformation personnelle. Sous l’influence des femmes, qui font comprendre aux hommes qu’on ne peut être révolutionnaire et machiste, les membres du parti travaillent ensemble à se libérer du sexisme, de l’homophobie et de leur propre racisme.
En 1971, ils sont quelques milliers sur la côte Est. Leur presse est lue, leur action efficace. Mais le parti, déchiré par des luttes internes, affaibli par des erreurs stratégiques, déstabilisé par le Cointelpro, se sépare en 1976.

L’histoire trépidante des Young Lords est un moment essentiel de l’imaginaire politique des Latinos aux États-Unis, et un pan méconnu des luttes des années 1960.

Sabrina Debusquat

Sabrina Debusquat

Depuis quinze ans, les femmes occidentales se détournent de plus en plus de la pilule. Lassées de subir les effets secondaires de ce médicament puissant – dépression, baisse de libido, migraines etc. –, elles sont nombreuses aujourd’hui à refuser ces souffrances. Face à cette désaffection, certain-e-s crient au retour en arrière. Pourtant, il devient diffcile de fermer les yeux sur les effets de la contraception hormonale : produit cancérigène de première catégorie, perturbateur endocrinien et véritable castration chimique, ses effets sur les femmes, leurs enfants et l’environnement sont extrêmement préoccupants.
Une telle chape de plomb règne sur le sujet qu’il est aujourd’hui impossible de critiquer la pilule sans être traité de dangereux rétrograde. Avec cette grande enquête, loin de toute idéologie, Sabrina Debusquat montre qu’il est urgent de lever le « tabou pilule » et nous invite à entrer dans l’ère de « l’après-pilule ».
Fruit d’une année d’investigation, J’arrête la pilule répond à toutes les
questions que vous vous posez et analyse rigoureusement ce fait de société majeur qui concerne 4,5 millions de femmes en France. À la croisée de l’histoire, des sciences et du féminisme, cet ouvrage bouscule nos certitudes et nous exhorte à repenser nos habitudes contraceptives.

Passagers d'exil

Passagers d'exil

Après Guerre à la guerre, Vive la liberté !, Chants du métissage et quand on n’a que l’amour, la collection « Poés’idéal » revient en force avec un cinquième titre en forme d’engagement : Passagers d’exil. Cette anthologie destinée aux ados ne se contente pas de rassembler des textes sur le thème de l’exil. Elle étaye un propos, construit une réflexion, facilite une prise de conscience. Être né quelque part. Devoir fuir son pays. Traverser la mer au risque de sa vie. Arriver en terre inconnue. Chercher un toit, du travail, des papiers. Devenir l’étranger, l’apatride, le migrant… puis voir une main se tendre. De Nelly Sachs à Mahmoud Darwich, d’Ananda Devi à Laurent Gaudé, 60 poètes du monde entier disent leur sens de l’hospitalité et offrent leurs mots comme autant de mains tendues.

 

Sous les pavés, la page

Sous les pavés, la page

16H à la librairie Terres de Légendes
Élizabeth Ebory viendra vous lire des extraits de son roman La fée, la pie et le printemps, qui vous prouvera qu'il suffit d'un peu de magie pour réenchanter la ville !
Proposé par la librairie Série B.

17H à la librairie Série B
Sous les pavés, concert plagiste - LoS MUCHoS jouent en vitrine.
Situé à Bordeaux, ce collectif bicéphale d'intervention artistique à géométrie variable (écriture, arts plastiques, recherches sonores et musicales) occupe son temps à faire parler les gens, à les enregistrer, à plastiquer l'art et à chanter. C'est la partie vivante des éditions N'A QU'UN OEIL.
Proposé par la librairie Terra Nova, en partenariat avec la Cave Poésie et Occitanie Livres & Lecture.

18H à la librairie Le Croquenotes
Les membres du collectif Dédales viennent nous régaler de leur verve le temps d'un quizz où ils croiseront références musicales et bande-dessinée avec un humour toujours communicatif.
Proposé par la librairie Terres de Légendes.

19H à la librairie Terra Nova
HØST, c'est "l'automne" en norvégien, et tout comme l'arrière-saison, le quartet mélange les couleurs et les textures, mais aussi le jazz et le post-rock. À l'occasion des bouleversements qui affectent le quartier des librairies d'Électrons livres, une création inédite du groupe vous sera proposée, mêlant électroacoustique, improvisation et composition originale.
Proposé par la librairie Le Croquenotes.

À l'issue de ce concert, nous vous invitons à boire un verre pour célébrer les 1 120 premiers jours de l'association Électrons livres.

Jocelyne Porcher et Aurélien Berlan

Jocelyne Porcher et Aurélien Berlan

Ce que nous nommons encore élevage se trouve aujourd'hui pris entre deux feux. D'un côté, le souci légitime de l'impact écologique et sanitaire de la production industrielle de viande et de produits d'origine animale rejoint le refus de maltraiter - voire tuer - les animaux. De cela émerge une remise en cause profonde du geste d'élevage. Est-ce là un progrès pour notre humanité ou un nouveau stade de l'« administration du désastre » ? De l'autre côté, les éleveurs sont dépossédés de leur métier par des procédures toujours plus rigides et intrusives : puçage RFID des ovins et caprins, chantage aux primes agricoles, bureaucratisation croissante, reproduction artificielle... Décriés d'un côté, ils sont administrés de l'autre - en attendant que disparaisse la possibilité même d'élever des animaux autrement qu'en les concentrant dans de gigantesques usines.

Ces menaces qui pèsent sur l'élevage sont un des symptômes de la soumission toujours plus grande de toutes et tous à la société industrielle. Le monde se referme alors que la liberté s'efface devant le contrôle systématique : au fond, ce que nous faisons subir aux animaux, nous nous l'infligeons également à nous-mêmes. Éleveurs et chercheurs qui les accompagnent dans leurs luttes, toutes et tous expliquent dans ce livre pourquoi l'élevage doit être préservé afin que nos vies restent authentiquement humaines.

Agustin Comotto

Agustin Comotto

Dès 16h, retrouvez Agustín Comotto à la librairie Terres de Légendes pour une séance de dédicaces.

Le matricule 155 a collé à la peau de Simon Radowitzky durant toute sa vie. Des pogroms perpétrés par les cosaques dans la Russie impériale de la fin du xixe siècle, jusqu'au massacre des manifestants du 1er mai dans l'Argentine de 1909, et pendant plus de vingt ans d'enfermement au fin fond des glaces d'Ushuaïa, Simon s'est battu. Jusqu'où un homme peut-il résister pour un idéal ? Cet idéal peut-il le rendre invincible ? Simon Radowitzky a été l'une de ces rares anomalies qui transcendent le mythe pour redevenir, après la misère, l'horreur et l'ignominie, ce qu'il voulait être : un homme simple et commun qui a lutté pour la justice. Voici son histoire.
Des aquarelles extraites du livre seront exposées à Terra Nova du 16 mars au 15 avril. Vernissage à l'issue de la rencontre.

Terres de Légendes et Terra Nova sont membres de l'association de librairies indépendantes toulousaines Électrons livres.

Aude Vidal

Aude Vidal

Développement personnel, habitats groupés, jardins partagés... : face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ».
Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ?

Collectif d'autodéfense numérique

Collectif d'autodéfense numérique

Le collectif d’autodéfense numérique réunit des bénévoles toulousain-e-s souhaitant partager leurs connaissances en sécurité informatique et usages numériques avec des publics variés. Ce guide présente l’« absence d’intimité » du monde numérique et propose
des méthodes pour ajuster ses pratiques quotidiennes en conséquence. Les technologies numériques, auxquelles il est devenu très difficile d’échapper, offrent des possibilités de contrôle et de surveillance jusque-là inégalées.
S’ils semblent souvent très pratiques, les outils numériques sont également de puissants atouts pour les dispositifs de surveillance et de répression.
C’est à partir de ce constat, et de la détermination à ne pas se laisser
contrôler par quelque Big Brother que ce soit, qu’un collectif s’est attelé il y a plus de sept ans à la rédaction du Guide d’autodéfense numérique.
On trouve dans ce Guide d’autodéfense numérique des éléments de
compréhension de l’outil informatique et de ses failles, des éléments de réflexion permettant d’élaborer et de mettre en place des « politiques de sécurité » et des outils permettant à quiconque d’apprendre et de répandre des pratiques de protection appropriées à chaque situation.

Tropic Hotel

Tropic Hotel

Tropic Hotel est une création poétique, musicale et littéraire dont l'objet est la langue comme matière musicale : sur la base d'un travail de traduction en français de bossas novas de Chico Buarque, Vinicius de Moraes, Carlos Lyra, un homme et une femme jouent en face à face le discours amoureux.
Certains poèmes sont lus, d'autres chantés. Le duo Tropic Hotel réussit à faire sonner la langue française de façon rythmique et sonore, sans perdre la simplicité, crue, douce et poétique de la langue brésilienne. Parfois, on y entend le brésilien seul ; ailleurs, les idiomes se mêlent et font sens comme en relais. Certaines adaptations, intitulées « bossas sourdes », résultent de jeux littéraires inspirés des surréalistes. Entendre, voir, écouter. Comprendre, être sourd.e au sens, imaginer.
Parti.e.s de la forme brute de la bossa, les Tropic Hotel n'hésitent pas à s'aventurer sur les sentiers électriques de la pop exotica et nous entraînent dans un véritable road movie musical.

Sandra Campas Saint Jean : chant, orgue, samples, percussions
Frédéric Jean : chant, guitare électrique, classique

Du Chili à l'exil - De 1973 à aujourd'hui

Du Chili à l'exil - De 1973 à aujourd'hui

Voici une belle occasion de faire le lien entre l’Histoire politique du Chili, la singulière démarche des groupes Medvedkine et la contribution active de la BDIC à l’Histoire du Temps présent.
Septembre Chilien, réalisé par Bruno Muel quelques jours seulement après le coup d’Etat de Pinochet, capte clandestinement des témoignages de miltant.e.s et des plans de prisonnier.e.s parqué.e.s dans des stades. Précieux témoignage historique, c’est aussi une pépite du cinéma militant.
Voces desde el Exilio, réalisé à l’Université Paris-Nanterre, témoigne de différents moments de l’Histoire du Chili à travers les paroles d’exilé.e.s politiques chilien.ne.s en France. La période précédant l’Unité Populaire, le gouvernement de Salvador Allende, le coup d’État, la répression par la dictature militaire, et, plus tard, l’exil ou le rapatriement.

Rosa Olmos est responsable du Service Audiovisuel de la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine (BDIC).

El Charro de Toluquilla

El Charro de Toluquilla

Entre les concerts qui s’enchaînent, sa fille, sa jument, sa compagne et future épouse et ses multiples maîtresses, « el Charro » de Toluquilla est un mariachi qui vit sa vie à cent à l’heure. Mais depuis quelques temps, son corps est moins fringant : Jaime est séropositif. La maladie et ses symptômes n’affectent pourtant ni son enthousiasme, ni son train de vie, pas vraiment conforme aux prescriptions médicales.

Archétype du macho mexicain, avec ce qu’il faut d’alcool, de sexe et de pistolet, le personnage est terriblement attachant. Entre humour et tendresse, porté par une musique folklorique irrésistible et une esthétique haute en couleur, le film, qui flirte joyeusement avec la fiction, nous invite à soulever délicatement le voile d’excentricité de ce fanfaron pour découvrir, derrière le masque, un homme effrayé par la mort en marche.

 

Piedad Bonnett

Piedad Bonnett

Comme chaque année à l’occasion de Cinélatino, Terra Nova et le Théâtre de la Passerelle s’associent pour inviter le public à partager un moment de lecture chorale. Cette année, ce sont des poèmes de l’écrivaine colombienne Piedad Bonnett qui seront lus : extraits du Manuel des miroirs, ils évoquent l’enfance et le quotidien, la douceur et l’âpreté de la famille et du monde.

Le Théâtre de la Passerelle propose des ateliers de dynamisation par les techniques du théâtre à des personnes en situation économique et sociale précaire. Le projet s’articule autour de la pratique artistique et de diverses sollicitations culturelles.

Elsa Dorlin

Elsa Dorlin

En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au xixe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent noir au prétexte qu’il était « menaçant ». Une ligne de partage oppose historiquement les corps « dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense.
Ce « désarmement » organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense.

Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des « éthiques martiales de soi », pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

Mercredi 4 avril de 10h à 16h, Elsa Dorlin sera à l’Université Toulouse Jean Jaurès à l’invitation du réseau Arpège.
Tous les détails sur http://arpege.univ-tlse2.fr

Mercredi 4 avril à 19h la compagnie Nanaqui propose au théâtre Jules Julien une représentation du spectacle La femme n’existe pas en présence de l’autrice Barbara Métais-Chastanier, de la metteuse en scène Kéti Irubetagoyena et d’Elsa Dorlin.

Elsa Dorlin, professeure de philosophie à l'université Paris 8, est notamment l'auteure de La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française (La Découverte 2006) et de Sexe, genre et sexualités. Introduction aux philosophies féministe (PUF, 2008).

 

Antoine Lablanche et Eric Sevault

Antoine Lablanche et Eric Sevault

En 1918, devant la défaite allemande imminente, les huissiers de l’Empire ouvrirent aux dirigeants sociaux-démocrates la porte si longtemps close et les introduisirent, non sans arrière-pensées, dans l’antichambre du pouvoir. Et voilà que les masses se précipitèrent à l’intérieur, bousculèrent leurs dirigeants et les entraînèrent jusqu’à la porte du pouvoir lui-même. La social-démocratie semblait enfin parvenue à son but. Alors ses dirigeants, élevés malgré eux jusqu’au trône vide par la foule de leurs partisans, n’eurent rien de plus pressé que d’ordonner aux anciens gardiens du Palais de mettre tout le monde dehors.

Sebastian Haffner raconte la trahison d’un peuple insurgé par ses propres représentants : comment les Ebert, Noske ou Scheidemann, déjà ralliés à l’union sacrée en 1914, consomment la faillite définitive de la social-démocratie. Appelés au pouvoir par le gouvernement impérial pour prévenir une révolution, ils jouent sans faiblir leur rôle, jusqu’à l’écrasement de la révolte de Berlin aux premiers jours de 1919.

Charles Reeve

Charles Reeve

Désastre généralisé et crise de la représentation nous incitent à penser au présent le vieux principe de la démocratie directe, qui prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, pour se trouver à nouveau dans les mouvements de contestation. Le principe d’autogouvernement s’y est toujours heurté aux principes autoritaires de représentation permanente.

Les soviets des révolutions russes et les conseils de la révolution allemande des années 1920 ont été deux expressions puissantes de cette promesse pour l’avenir, et se trouvent au cœur des réflexions développées dans ce livre. Car si le dénouement de la révolution russe a glacé pour un siècle le mouvement ouvrier, liant l’idée de socialisme à celle du totalitarisme de parti unique, l’expérience, courte mais riche, de la révolution allemande s’est révélée proche des mouvements contemporains, de Mai 68 au mouvement assembléiste du 15M en Espagne, en passant par Occupy aux États-Unis et par les Printemps arabes. Les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux ont toujours été rejetés par les chefs du socialisme avant-gardiste et qualifiés de « sauvages », car leur échappant.

Même s’il n’est pas stricto sensu une histoire du mouvement socialiste, ce livre en revisite de grands moments. Il les étudie et les discute à travers le prisme de conceptions hérétiques et « sauvages », et garde à l’esprit la perspective de l’émancipation, encore et toujours.

Alexandre Marius Jacob

Alexandre Marius Jacob

Un portrait en images d’Alexandre Jacob, dit Marius, anarchiste de la Belle Époque et voleur de son état. Malgré les réticences de sa rédaction, un journaliste de la RTF part sur les traces de l’honnête cambrioleur, afin d’en faire un sujet. À l’heure où l’Algérie s’embrase et où la création du marché commun européen suscite autant d’espoir que d’inquiétude dans la presse de l’époque, le journaliste voit dans l’histoire de Marius Jacob des correspondances évidentes avec l’actualité brûlante. Un film facétieux, à l’image du personnage de Marius…

Justine Augier

Justine Augier

Avocate, militante des droits de l’homme, figure de la dissidence syrienne, Razan Zaitouneh s’appliquait à documenter les crimes commis dans son pays par le régime mais aussi par les groupes intégristes, à recueillir la parole de celles et ceux qui avaient survécu à la torture et à l’enfermement – quand, en décembre 2013, elle fut enlevée avec trois de ses compagnons de lutte. Depuis lors, on est sans nouvelles. De l’ardeur reconstitue son portrait, recompose le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du crime permanent qu’est devenu ce pays.

En découvrant son combat et son sort, Justine Augier, qui a elle-même mis à distance ses premiers élans humanitaires, est saisie par la résonance que cet engagement aussi total qu’épris de nuances trouve dans ses propres questionnements. Récit d’une enquête et d’une obsession intime, partage d’un vertige, son livre est le lieu de cette rencontre, dans la brûlure de l’absence de Razan.
Plongée dans l’histoire au présent, De l’ardeur nous donne un accès précieux à cette réalité insaisissable dans son assassine absurdité, et si violemment parallèle à notre confort occidental peu à peu menacé. Et ce, dans un respect absolu de la dignité du langage, dans la lucidité d’une impuissance certaine et néanmoins étrangère à toute reddition.

Nicolas Rouillé

Nicolas Rouillé

Lorsque Pak Sustrisno débarque dans la ville minière de Timika en Papouasie occidentale, il ignore dans quel monde terrible il vient de poser le pied. Venu cher­cher fortune comme des milliers d’autres migrant.e.s dans ce far west indonésien, il va vite déchanter.
La région est tributaire de l’armée, qui fait régner l’ordre afin que la multinationale spécialisée dans l’extraction du minerai d’or, Freeport, puisse abraser en toute quiétude les montagnes de l’arrière-pays. Les Papous originaires de la province survivent tout juste dans des bidonvilles, où ils se livrent à l’orpaillage dans les rejets toxiques de la mine. L’un d’eux, Alfons, jeune idéaliste élevé dans les maquis de l’organisation indépendantiste papoue, va tenter de faire basculer les choses. L’engrenage implacable des mondes néocoloniaux va se mettre en route.
Avec ce thriller politique, Nicolas Rouillé nous fait pénétrer dans l’un des lieux les plus édifiants du saccage économique et humanitaire de la planète.

http://www.editions-anacharsis.com/Timika

Gus Sauzay & Ava Hervier

Gus Sauzay & Ava Hervier

Gus Sauzay fera une lecture-performance de son texte Zé paru dans la jeune maison d’édition Trente-trois morceaux, en compagnie de la comédienne Ava Hervier. Puis Gus Sauzay improvisera avec les journaux du jour, du Courrier International à Détective en passant par Closer et Paris Turf, pour en tirer histoires et leçons cachées...
« Quand le voilier de son ami Shelley fait naufrage dans le golfe de La Spezia en Italie le 8 juillet 1822 Byron dresse un bûcher avec des amis sur la plage de Viareggio pour brûler sa dépouille est une phrase qui même sans W K X jette une lumière crue sur les étranges rivages comportementaux où vont parfois échouer certains rapports humains chauffés à blanc. »
Zé est un poème composé et monté à partir d’éclats autobiographiques, de considérations esthétiques, de vraies et de fausses citations, de récits et de visions autonomes. Le texte n’a pas d’autre loi que celle de sa fantaisie à avancer au travers des matériaux rassemblés.

Matt Gallandier & Sébastien Ibo

Matt Gallandier & Sébastien Ibo

Projection du film The antifascists, de Patrick Oberg et Emil Ramos, le jeudi 19 avril à 20h30 au cinéma Le Cratère.

L’objectif de cet ouvrage est de comprendre pourquoi l’extrême droite a fait ces dernières années un tonitruant retour au premier plan de la scène politique en Europe et particulièrement en France. Sa dynamique est-elle similaire au fascisme des années 1930 ?
Après avoir étudié le fascisme historique, nous proposons d’analyser son renouveau idéologique, ainsi que son rapport au localisme et à l’international. Dans une perspective de synthèse, avec un langage simple et clair, cet ouvrage entend offrir une analyse matérialiste pensant en termes de classes sociales le nationalisme et l’extrême droite.

Audrey Courbebaisse

Audrey Courbebaisse

Quelle aventure collective extraordinaire ! Pendant 20 années en France, élus, architectes, entreprises et artisans œuvrent ensemble pour l’urbanisation de milliers de familles. Cette démarche, qui donne naissance aux grands ensembles, est un phénomène d’une ampleur sans précédent dans l’histoire des villes et de l’urbanisme en raison de la quantité de logements construits, du nombre de villes et de personnes concernées et, chose ignorée, de l’originalité de chacune des réalisations. Les grands ensembles proposent une architecture nouvelle pour laquelle les architectes concepteurs doivent lier la composition classique à la répétition à une échelle jamais vue dans l’histoire de l’architecture. Loin des stéréotypes qui font de l’architecture des grands ensembles le bouc émissaire du mal de vivre et qui contribuent à leur disparition, cet ouvrage montre les aspects ignorés, cachés, oubliés des grands ensembles.
Comment distingue-t-on tel ou tel grand ensemble ? Comment les architectes se sont-ils accommodés de la répétition stérilisante ? À partir de documents inédits (photographies, dessins), d’extraits d’entretiens avec les habitants, cette étude s’attache à répondre à ces questions en mettant en lumière 17 grands ensembles toulousains.

 

Hervé Parent

Hervé Parent

La rumba catalane est une musique vivante, dynamique, aux racines populaires et urbaines qui a émergé en Catalogne au milieu du vingtième siècle. Elle est le résultat d’un processus continu de croisement et d’appropriation de diverses traditions musicales comme le flamenco, les chants mélismatiques du pourtour méditerranéen et les musiques
populaires du continent américain. Malgré une diffusion internationale, la rumba catalane et par extension la culture gitane, souffrent de représentations négatives et folklorisantes.
Coordonné par Hervé Parent, cet ouvrage regroupe les interventions, retranscrites et retravaillées, de plusieurs spécialistes de la rumba – anthropologues, musicologues, linguistes et artistes – lors de rencontres et discussions filmées en 2016, lesquelles ont eu pour objectif de mieux identifier les marqueurs culturels et sociaux propres à la rumba, de produire un corpus de données afin d’alimenter le projet de candidature à l’UNESCO, les auteurs souhaitant modifier ces représentations négatives et valoriser ce patrimoine transfrontalier.

Des plumes dans le goudron

Des plumes dans le goudron

Le territoire, lieu de réinvention du politique. À l’heure du conflit sur l’occupation de Notre-dame-des-Landes, voici une vaste enquête de terrain qui vient combler un manque : expliquer les enjeux des luttes de résistances aux « grands projets inutiles et imposés » comme le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure ou la construction d’une ligne de TGV Lyon-Turrin... En plus des gros plans consacrés à chacune des luttes, cet ouvrage souligne combien celles-ci convergent vers un mouvement commun de politisation du territoire. Ce texte à l’ambition pluridisciplinaire croise les points de vue d’un sociologue, d’un urbaniste, d’un économiste et d’un géographe.

Rina Nissim

Rina Nissim

Rina Nissim nous fera l’honneur et le plaisir de sa présence à la librairie pour des lectures et une rencontre autour d’Audre Lorde, la poétesse et essayiste noire, féministe, lesbienne, mère et guerrière. Elle nous parlera de leur amitié et des textes de l’auteure activiste, chargés d’une puissance poétique subversive, de colère, d’amour, et d’un fort élan vital, tel un souffle de lumière...

Rina Nissim, engagée au sein du Mouvement de libération des femmes genevois dans les années 70, s’investit dans les groupes «avortement» et «self-help». Elle fonde les éditions Mamamélis en 1984, année de sa rencontre avec Audre Lorde et Dagmar Schultz, leur éditrice allemande à toutes les deux.

https://www.american-cosmograph.fr/audre-lorde-the-berlin-years-1984-to-1992.html

THSF - Toulouse Hacker Space Factory

THSF - Toulouse Hacker Space Factory

Inspirée par les rassemblements de hackers du CCC (Chaos Computer Club, Hambourg) et d☠ HSF (/tmp/lab, Paris) et favorisée par l’inscription du hackerspace Tetalab au sein du collectif d’artistes pluridisciplinaire Mix’Art Myrys les fondateurs du Tetalab et ledit collectif démarrent l’aventure THSF en 2010, en proposant un rendez-vous autour des différentes facettes de la « culture hackerspace ».

Logiciels et matériels libres, DIY, réappropriation et détournement des technologies, sciences, défense des droits et libertés sur Internet, sécurité informatique, arts numériques, culture(s), politique et société... autant de sujets autour desquels nous invitons à découvrir, apprendre, questionner, partager et construire.

Karla Suarez

Karla Suarez

Ernesto a 12 ans lorsqu’on lui annonce la mort de son père dans les troupes cubaines envoyées en Angola. Fini les aventures trépidantes avec ses amis Lagardère et la belle capitaine Tempête, lui, le courageux Comte de Monte-Cristo, se voit obligé de devenir «le fi ls du héros», une tâche particulièrement lourde dans un pays socialiste.
Plus tard, obsédé par cette guerre dans laquelle son père a disparu, il étudie avec passion cette période sur laquelle les informations cubaines ne sont pas totalement fi ables. Il tente alors de reconstruire l’histoire de la mort de son père et se rend compte que tout ne s’est pas passé comme il l’a imaginé. Oscillant entre passé et présent, entre douleur et passion, Karla Suárez trace avec ironie et lucidité le portrait d’une génération écrasée par une vision héroïque de l’histoire et qui a dû construire, à travers les mensonges et les silences de l’idéologie étatique, ses propres rêves et ses propres voies vers la conquête de la liberté individuelle.

José Ardillo

José Ardillo

Peut-on construire une société libre dans un monde aussi fragile que le nôtre ? Au cours des deux derniers siècles, la plupart des projets politiques qui avaient l'émancipation pour horizon ne se sont pas posé cette question, car tout leur paraissait possible. La raréfaction des ressources, la disparition des espèces et la pollution n'étaient pas prises en considération, la puissance des sciences et des technologies semblait alors sans limites. A contrario, l'écologie nous enseigne aujourd'hui que la liberté de l'être humain doit être mise en regard des restrictions qu'impose le monde physique.

Des auteurs comme Thoreau, Reclus, Kropotkine, Landauer, Huxley, Mumford, Ellul, Illich ou Bookchin ont compris très tôt que la nature et les limites de la planète et du monde vivant ne sont pas des chaînes qui entravent nos désirs et nos actions : elles sont au contraire les conditions de leur réalisation la plus authentique. Le point commun de ces penseurs : ils se sont tous situés, d'une manière ou d'une autre, au croisement de l'écologie et de la pensée libertaire.

Dans un style vivant et un langage accessible à tous, ce livre fait l'inventaire des jalons philosophiques et politiques posés par ces penseurs hors normes. Il est une invitation à revisiter leurs oeuvres et à reprendre leur réflexion, en vue d'une critique radicale de la société industrielle.

Lola Miesseroff

Lola Miesseroff

«Ni bottin mondain, ni roman à clefs, ni polar, ce livre propose simplement un voyage d’initiation aux aventures et perspectives de l’outre-gauche des années68.» De 1968 en France, on ne retient en général que des clichés chocs ou chics : les barricades au Quartier latin, les voitures qui brûlent, des slogans («il est interdit d’interdire», «sous les pavés la plage»), la pénurie d’essence, les soixantehuitards baba cools et ceux qui, passés «du col Mao au Rotary», ont fait depuis de «belles» carrières. On oublie que mai 68 n’a été que le point culminant d’un mouvement de révolte des ouvriers et des jeunes qui avait débuté bien avant et s’est prolongé largement au-delà, que ce mouvement a été très actif loin de la capitale et que les étudiants ou les groupuscules maoïstes et trotskistes n’en constituaient que les composantes les plus visibles. C’est une autre vision de cette période que l’auteure donne à connaître et à comprendre, celle d’une mouvance hétérogène, « l’archipel outre-gauche », qui va des anarchistes indépendants à l’ultragauche en passant par les situationnistes.

Des témoignages de trente individus qui se trouvaient alors à Paris, Nantes, Angers, Lyon, Chambéry, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux ou Marseille, elle tire un récit choral subjectif, fait de vécu et de théorisation, d’anecdotes et de réflexion, d’espérances et de désespérance, sans oublier une bonne pincée d’humour et même un peu de sex, drugs, free jazz and rock’n’roll.

 

 

 

Groupes Medvedkine - Bruno Muel

Groupes Medvedkine - Bruno Muel

Février 1967 : Chris Marker et Mario Marret commencent le tournage de À bientôt j’espère, pendant la grève dans les usines de la Rhodiacéta de Besançon. Un an plus tard, lors de la projection du film, les ouvriers expriment leur opinion, certains jugeant le film trop romantique. Chris Marker tire alors la conclusion qu’un véritable cinéma militant ne peut être réalisé que par les ouvriers eux-mêmes. Au sein du collectif SLON se constitue alors un groupe de cinéastes militants qui forme ces ouvriers aux techniques cinématographiques et donne naissance aux groupes Medvedkine de Besançon puis de Sochaux.

Tout aussi écoeuré par la guerre d’Algérie que les cinéastes Yann Le Masson et René Vautier, bien qu’un peu plus jeune qu'eux, Bruno Muel, cet homme bienveillant et engagé dont les cadres ont souvent la douceur d'une caresse, a été, en 1962 opérateur sur le tournage du film Algérie année zéro de Marceline Loridan, puis en 1967 pour Loin du Vietnam, film collectif monté par Chris Marker, et Les trois cousins, de René Vautier en 1970. Il a fait partie, avec sa compagne Francine, de l’aventure des groupes Medvedkine de 1967 à 1974 et a réalisé Septembre Chilien en 1973 et Avec le sang des autres en 1974, avec Christian Corouge, ouvrier du groupe Medvedkine Sochaux à l’usine Peugeot.

Marc Sastre

Marc Sastre

Une ligne de fracture parcourt notre société, elle porte la figure métaphorique de l’Arabe. Par l’outil poétique, Marc Sastre tente de faire dialoguer les deux pans d’une communauté : celle qui fait la France, toute la France, cette France qui peine encore à reconnaître tous les siens.
Familier des corps au travail, il arpente les chantiers en construction de notre mémoire à l’Autre, de nos rapports à l’étranger. Taillant dans une langue qui fait rimer émigré avec ouvrier, il appelle à lire les enseignements de l’Histoire afin de construire les conditions du vivre ensemble.
Marc Sastre est poète et musicien. Il questionne les territoires intérieurs et les rapports de l’homme au travail. Musicien au sein de diverses formations rock depuis les années 1980, il a composé avec Guillaume Navar (guitare, machines) et Camille Sabathier (violon) une bande-son de son texte sous forme de spoken words.

Sarah Mazouz

Sarah Mazouz

Dans le moment migratoire que nous vivons depuis 2015, c’est dans les villes et au niveau des villes que se pose la question de l’accueil. À l’heure des crispations sécuritaires et de la montée des extrêmes droites en Europe, les villes peuvent fonctionner comme des espaces intermédiaires entre l’État et les citoyens pour affirmer des définitions propres de l’hospitalité et, dans certains cas, fournir des contrepoints à la tentation du repli. En s'appuyant sur les exemples de plusieurs métropoles, Paris, Copenhague, Berlin, Istanbul, cette enquête, menée depuis 2015, montre ainsi que les territoires accueilleraient parfois mieux que les États et aborde les répercussions sociales ainsi que les différents enjeux d'une politique migratoire. Avec des témoignages de migrants, de militants et d'observateurs directs.

Ce titre s’inscrit dans la collection « Bibliothèque des frontières », qui a pour but de penser la violence des frontières contemporaines et de réinventer les politiques d’hospitalité.

Panthère Première

Panthère Première

Panthère Première, c'est une revue d'enquêtes, de partage de réflexions, de récits qui explore les intersections entre sphères dites privées ou intimes (famille, enfance, souvenirs, habitat, corps, sexualité...) et phénomènes qui cherchent à faire système (État, industrie, travail, colonialisme, rapports de genre...) - partant du principe que les formes de domination et d'injustice se nourrissent, se pérennisent, se révèlent souvent dans ces plis.

Panthère Première, c'est une revue généraliste taillant la part belle à l'image, friande de formats courts, jouant avec les registres narratifs (bande-dessinée, témoignage, fiction...) et comportant un dossier thématique, différent à chaque numéro.

François Mathieu

François Mathieu

« On pourrait dire à propos de mon existence que je suis un immigré de profession. Quel que fût l’endroit où j’allais, il fallait que j’émigre de nouveau très peu de temps après. C’est simple : immigré, on est chassé à travers le monde. »

Clément Moreau (1903-1988), Carl Meffert de son nom, adhérent à la Ligue spartakiste dès qu’il eut seize ans, initié à l’art prolétarien par Käthe Kollwtiz, s’établit en 1927 à Berlin, où il appartint à l’avant-garde littéraire et artistique, celle qui sera pourchassée par les nazis. En 1933, l’arrivée d’Hitler au pouvoir le force à s’exiler en Suisse où, clandestin, il devient Clément Moreau. Obligé de quitter la Suisse, il part en apatride vivre en Argentine où il exécute, de 1937 à 1938, cent sept linogravures représentant les atrocités nazies, Nacht über Deutschland (Nuit sur l’Allemagne). Traduit en français par Cordula Unewisse et François Mathieu, ce livre illustré permet à ceux qui n’auraient pas eu l’original en allemand à leur disposition d’apprécier le talent graphique de Clément Moreau. Ajoutons qu’en 1976 les éditions Syros avaient publié Mein Kampf, dessins de Clément Moreau (Paris, n° 2 de la collection Combat culturel, 60 pages), un recueil de caricatures par Clément Moreau parues dans Argentina libre où elles illustraient, pour s’en moquer, des extraits autobiographiques du livre d’Hitler, mais ce livre est épuisé depuis longtemps. Une soirée pour revenir sur les pas de Clément Moreau, dans la tradition de l’exil antifasciste et qui nous permettra de re-découvrir le magnifique travail des éditions Plein Chant, basées à Bassac en Charente depuis 48 ans déjà.

Pour aller plus loin :

Le site des éditions Plein Chant

Un article qui vaut le détour sur Gauchebdo

Le site de la fondation suisse Clément Moreau

Grégoire Souchay

Grégoire Souchay

Devenues un symbole de « la transition énergétique », les éoliennes sont aujourd’hui partout : sur les crêtes du sud du Massif central, dans les plaines du Centre, du Nord et de la Champagne, des monts du Morvan aux littoraux occitans, et bientôt au large de la Bretagne et de la Normandie. Comme on l’imagine, celles et ceux qui voient l’éolien comme une technologie fiable et très compétitive estiment qu’il faudrait le développer sans attendre, dans un calendrier que la crise climatique impose comme une évidence. Mais de nombreuses autres personnes s’opposent à ce développement aveugle et dénoncent l’« industrialisation de la campagne ».
Ces conflits révèlent en réalité la fracture entre deux visions de l’écologie : développement durable et acceptation du capitalisme versus sobriété et désir d’émancipation. Les un-e-s raisonnent en entrepreneur-e-s, les autres critiquent les effets politiques et sociaux sur une communauté de vie. Les un-e-s se veulent spécialistes de l’énergie, les autres parlent de paysages et de protection de la nature. Alors, « pari gagnant » ou « grande arnaque » ? Une enquête à lire d’urgence sur les enjeux de l’écologie.

Pierre Serna

Pierre Serna

Historien excentrique de la Révolution française, Richard Cobb enquête sur un dossier d’archives décrivant les corps repêchés dans la Seine entre 1795 et 1801. Par-delà l’énigme de leur fin tragique, il restitue à ces hommes et femmes, jeunes et vieux, noyés, suicidés ou assassinés, leur existence singulière.
Attentif aux traces les plus fugitives – un bouton de veste, un mouchoir, un petit bijou –, il parvient, avec une renversante puissance d’écriture, à animer de sa vie propre la population grouillante de la capitale aux abords du fleuve. Avec cette plongée en dessous de la Révolution, il entreprend, plutôt qu’une « histoire populaire », la fabrique d’une histoire des gens du peuple.

Mickaël Correia - Une histoire populaire du football

Mickaël Correia - Une histoire populaire du football

De l'Angleterre à la Palestine, de l'Allemagne au Mexique, du Brésil à l'Égypte, de la France à l'Afrique du Sud, ce livre raconte une autre histoire du ballon rond, depuis ses origines jusqu'à nos jours.

Le football ne se résume pas au foot-business : depuis plus d'un siècle, il a été un puissant instrument d'émancipation pour les ouvriers, les féministes, les militants anticolonialistes, les jeunes des quartiers populaires et les contestataires du monde entier.

L'auteur retrace le destin de celles et ceux qui, pratiquant ce sport populaire au quotidien, en professionnels ou en amateurs, ont trop longtemps été éclipsés par les équipes stars et les légendes dorées. Prenant à contre-pied les clichés sur les supporters de foot, il raconte aussi l'étonnante histoire des contre-cultures footballistiques nées après la Seconde Guerre mondiale, des hooligans anglais jusqu'aux ultras qui ont joué un rôle central dans les printemps arabes de 2011.

En proposant une histoire « par en bas », en s'attachant à donner la parole à tous les protagonistes de cette épopée, Mickaël Correia rappelle que le football peut être aussi généreux que subversif.

Jean-Luc Porquet

Jean-Luc Porquet

Le 3 juin 1844, sur l’île d’Eldey, non loin du cercle polaire, des pêcheurs islandais ont tué les deux derniers spécimens de grands pingouins, après des millions d'années d'existence.
En « honnête homme » du XXIe siècle, Jean-Luc Porquet sait que, à l’image de cet oiseau incapable de voler, toutes sortes d’animaux sont en train de disparaître, que la sixième extinction de masse des espèces est en cours, que la Terre n’a pas connu pareil massacre depuis 65 millions d’années et que les hommes, ses semblables, en sont les maîtres d’œuvre irresponsables.
Comment faire face à ces vérités-là sans céder à la panique ni au déni ? L’auteur écrit au Grand Pingouin pour nous prendre à témoin et interroger en miroir nos destinées solidaires.
Cette lettre à bâtons rompus se fait tour à tour intime, érudite et rêveuse : une élégie funèbre, mais combative.

Les Fondeurs de Briques

Les Fondeurs de Briques

This machine kills fascists : ce slogan a marqué des générations de musiciens du courant alternatif folk. Mais il reste la marque de fabrique de Woody Guthrie, le troubadour country qui l’a gravé sur ses guitares. Quelques accords pour faire résonner son désaccord à l’heure de la crise de 1929, quand le rêve américain se résumait à un cauchemar pour les sans-voix — dont le chanteur se fit le porte-parole.
W. Guthrie est une légende de l'Amérique sur le théâtre d'une centaine d'événements historiques - le boom pétrolier dans l'Oklahoma, le Bol de Poussière, la Grande Dépression et la Seconde Guerre Mondiale, entre autres - qu'il a rendus inoubliables avec ses chansons de célébration et de protestation. This Land is Your Land, Pastures of Plenty, Hard Traveling, Pretty Boy Floyd, Reuben James, Roll on, Columbia, les Dust-Bowl Ballads, et les Sacco & Vanzetti Ballads ne sont que quelques unes des chansons signées Guthrie, qui ont fait de son nom un mot de passe dans la musique américaine.
Après En Route pour la gloire, Cette Machine tue les fascistes, selon le célèbre slogan qu'il avait collé sur la caisse de sa guitare, est un choix de ses histoires, poèmes, chansons, dessins et souvenirs. Les thèmes sont ceux que toute une nouvelle génération d'auteurs-compositeurs, aux États-Unis et à l'étranger, ont repris à leur propre compte après W. Guthrie : la guerre, l'amour, la célébration de la nature, le syndicalisme, l'injustice, le racisme, la révolte, l'errance, la société américaine. Ainsi réunis, ils apportent une image vivante et immédiate de ce que signifie réellement W. Guthrie, rendant justice du même coup à l'écrivain, au poète et au philosophe, et non plus seulement au chanteur.
Robert Shelton, qui réalisa ce recueil en 1965, a été pendant de nombreuses années chroniqueur de chanson et de musique folk pour le "New York Times".
Les Fondeurs de briques ressortiront en septembre prochain le livre de W. Guthrie Cette machine tue les fascistes, compilation de textes déjà parue dans les années 1970 mais ici enrichie de 4 textes avec des photos, des dessins et un CD rare.

Un article à lire sur le site du Monde diplomatique.

 

Aurélien Dubuisson & Jann-Marc Rouillan

Aurélien Dubuisson & Jann-Marc Rouillan

Les deux auteurs reviennent sur les débuts du groupe Action directe. Les 2 textes mêlent témoignages et documents inédits pour retracer l’histoire de ces trajectoires militantes. De son côté, Jann-Marc Rouillan explique que « le nom “Action directe” a surgi lors d’une réunion dans un tout petit appart donnant sur le cimetière de Montmartre. Il avait été avancé par un camarade italien qui y participait. Ceci expliquait-il cela ? Savait-il que la puissante organisation du syndicalisme révolutionnaire italien au début du siècle était Azione Diretta ? Lorsque ce nom est apparu officiellement, nombreux furent les censeurs : ils ne voyaient que référence au militarisme ou à l’anarchisme. C’était oublier que ce terme appartient au patrimoine de toute la classe prolétarienne. “Action directe” est l’ancien terme pour “autonomie”. »
Deux voix pour retracer ces vies, le choix de la lutte armée et la centralité de la question de l’emprisonnement. Jann-Marc Rouillan raconte pour la première fois l’histoire interne d’Action directe. Analyse critique par l’un de ses protagonistes, ce livre est une pièce indispensable d’un fragment de l’histoire politique française et européenne. Si cette histoire attend ses historiens, elle ne se fera pas sans ses témoins.

Collectif Z

Collectif Z

D’où vient tout l’or du monde ? Pour sa douzième édition prévue à la rentrée 2018, Z explore les bas-fonds du capital : l’extraction minière. Un sujet immense qui a précipité l’équipe en Guyane, à 7000 km de son camp de base. Elle a enquêté en Amazonie, sur des terres menacées par un gigantesque projet minier, ironiquement nommé « Montagne d’Or ». C’est donc un numéro spécial sur l’extraction minière où se jouent parmi les plus grandes batailles environnementales de ce siècle. Dans le prolongement du livre Mauvaises Mines sorti ce printemps, mener une belle enquête sur la soif des métaux, pierre de touche de l’accumulation capitaliste et ressort incontournable de sa poursuite effrénée. Le boom minier planétaire n’épargne pas l’Hexagone, où plus d’une dizaine de permis d’exploration ont été accordés : nous aurions pu modestement poser nos bagages et nos micros en Bretagne ou en Ariège. Sauf qu’en Guyane, cette colonie française d’Amérique du Sud que Macron prend pour une île, un projet d’une toute autre ampleur est en passe de voir le jour : une méga-mine d’or à ciel ouvert en pleine forêt amazonienne, près de Saint-Laurent-du-Maroni.

Un très bon article de Mathieu Brier et de Naïké Desquesnes : www.zite.fr

 Un trio de choristes est également de la partie : Échos de galerie – chants du monde des mines. Dans les chants des mineurs on trouve la colère contre des conditions des travail extrêmement dures, mais aussi l’orgueilleuse revendication d’appartenance à un monde souterrain, fier et insolent: “la légère de galerie, que pas même le vent ne peut emporter”. Venus des vallées des Alpes ou de l’enfer de Marcinelle, échos d’une longue histoire qui continue de résonner au fond de la terre, depuis les mineurs asturiens - avant-garde de la Guerre civile espagnole, aux violentes grèves des “coal miners” états-uniens qui impulsèrent les mouvement syndicaux les plus radicaux.

Nicholas Potin - chant
Laila Sage - chant
Lorenzo Valera - chant, accordéon, guitare

Mireille Bruyère

Mireille Bruyère

En s’appuyant non seulement sur l’économie, mais aussi l’anthropologie, la psychanalyse et la philosophie, ce livre tente une critique de la centralité de l’efficacité productive de notre temps. L’urgence politique et écologique de notre temps est celle d’un rejet non pas de l’économie néolibérale, mais de l’économie tout court comme science de l’efficacité productive.
Ne sommes nous pas devenus trop efficaces ? N’avons nous pas dépassé la limite du raisonnable quant à notre capacité à produire, quant à notre productivité ? Une productivité désirée non seulement par les chantres du néolibéralisme, mais aussi par la grande majorité des courants critiques du capitalisme. La critique de la croissance déjà ancienne désigne notre désir infini pour la consommation comme source de notre aliénation et de l’impasse écologique dans laquelle nous avons précipité la planète. Mais, ce désir de consommation infini n’est-il pas l’autre face de notre désir d’efficacité infinie ? De notre désir de maîtrise infinie ? Ne faut-il pas aussi s’interroger sur notre efficacité productive et sur les niveaux de productivité que nos économies ont atteints aujourd’hui ?
La critique du capitalisme et de l’économie néolibérale s’appuie souvent sur la possibilité de faire une autre économie plus solidaire et écologique sans remettre en question le lien sacré entre la nécessaire productivité du travail et l’émancipation humaine vis-à-vis de la Nature. La productivité du travail est alors notre promesse d’infinité et d’abondance, notre mythe occidental et l’économie en est la science. Les débats économiques et politiques se cantonnent sur la répartition des fruits de cette efficacité productive (dividendes, salaires, revenu universel, protection sociale).
Mais le problème n’est-il pas l’économie en tant que discours d’efficacité et de productivité ? Ce livre se propose de montrer que l’aliénation actuelle n’est seulement pas la mauvaise répartition des richesses, mais l’injonction toujours renouvelée à la productivité du travail.

Jean-Gabriel Périot et Alain Brossat

Jean-Gabriel Périot et Alain Brossat

En partenariat avec l’American Cosmograph où aura lieu à 20H30 la projection de courts métrages réalisés par Jean-Gabriel Périot.

Dans le cadre du cycle "Les yeux dans les docs".

Jean-Gabriel Périot et Alain Brossat s’interrogent sur la relation que les images entretiennent avec la politique et l’histoire. Ils s’essaient à une réflexion inédite sur le travail cinématographique et posent en termes nouveaux la question de la puissance – et de l’impuissance – de l’écriture et de l’image.
Les images peuvent-elles prendre position, sans enfermer la pensée, le cinéma peut-il agir, ouvrir de nouveaux horizons - un espace poétique, politique ? Comment remonter le temps, au sens historique et cinématographique du terme ?

À l'occasion de la parution du livre Ce que peut le cinéma. Conversation, aux éditions La Découverte, et de la sortie, chez Potemkine, du coffret DVD de l'intégralité des courts métrages de Jean-Gabriel Périot, également auteur d'Une jeunesse allemande.

BA_ujAll2015 from Les yeux dans les docs on Vimeo.

José Braga et Nicolas Teyssandier

José Braga et Nicolas Teyssandier

De tout temps, les hommes ont cherché à répondre à la question de leur origine et de leur destinée. Des récits mythologiques à la science-fiction, en passant par les œuvres de Darwin, Lévi-Strauss, Faulkner… les sources qui éclairent notre vision des origines de l’humanité sont multiples et ne se limitent pas aux travaux scientifiques. Loin d’être une simple anthologie, cet ouvrage est l’occasion d’un dialogue inédit entre science et littérature, entre textes d’hier et chercheur-se-s d’aujourd’hui. Paléontologues, anthropologues et paléoanthropologues, historien-nes et préhistorien-nes, auteur-e-s de science-fiction, toutes et tous ont puisé dans leurs bibliothèques des extraits d’œuvres fondamentales et étonnantes. Ils nous en proposent aujourd’hui des relectures inédites, autant de variations qui retracent et prolongent les plus incroyables manières de raconter l’histoire de l’humanité.

Stella Magliani-Belkacem

Stella Magliani-Belkacem

Vingt ans. Cela fait vingt ans que La fabrique édite une douzaine de livres par an : Delphy, le Comité invisible, Rancière, Bensaïd, Badiou, Lordon, Saïd, Ross, Bauman… Une tentative modeste de « subvertir l’ordre existant ». Pour la maison d'édition, le critère de choix d’un livre est la dimension offensive du texte, plutôt qu’un énième état des lieux. Eric Hazan, le fondateur, le rappelle : « Je n’aime pas l’idée de la résistance, c’est un peu passif. Je préfère l’attaque. » Mais que peuvent vraiment, dans la guerre des idées, les « petits » éditeurs face aux mastodontes en tête de gondole ? Un moustique qui pique le nez du conducteur peut faire balancer un car de CRS dans le ravin.

Un thé chez les fous

Un thé chez les fous

La Rev(u)e 17, c'est :

La Rev(u)e : 17 entend bien prendre l'époque à contre-pied.
L'utilisation forcenée de l'estampe et du travail de la main humaine en général s'inscrit pour nous dans un principe de modernité, et non pas de tradition.
La Rev(u)e : 17 n'est pas sourde.
La Rev(u)e : 17 renoue le fil dénoué de l'art et de l'artisanat, mais à des fins révolutionnaires.
Il s'agit bien de transformer le réel. Pas de le reproduire.
La Rev(u)e : 17 a une bonne vue ; elle voit loin. Si besoin, elle portera des lunettes.
La Rev(u)e : 17 considère que pour voir, il faut regarder.
Nous sommes l'uchronie de notre temps.

Le projet de la revue consiste à élaborer une forme éditoriale volontairement hors norme et d’y réunir des auteur.e.s œuvrant dans des domaines assez divers : poésie contemporaine, écritures théâtrales, dessin, cartographie, gravure, photographie, collage, typographie - ces travaux sont organisés en séquences à travers un montage de type cinématographique. Fondu au noir, enchaîné, cut. L’ensemble espère raconter quelque chose que nous n’avons pas vu de l’an 17.
Nous lirons des fragments de la revue et pourrons échanger autour de cette utopie bien réelle.
Une exposition des travaux graphiques de la revue, et d’inédits, sera présentée du 10 octobre au 22 novembre ; Cédric Demangeot, Karine Marco, Cérette Meyer, Pédro…


Gilles G. pour les éditions Un thé chez les fous & la Rev(u)e 17.

Suivons le conseil de Marx : « la révolution, c'est comme la poésie, ça ne se fait pas sur commande » !

Grégoire Chamayou

Grégoire Chamayou

Nous prolongeons l’anniversaire des 20 ans des éditions La fabrique avec l’invitation de Grégoire Chamayou, auteur de Théorie du drone et Les chasses à l’homme, publiés à La fabrique.
Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque « crise de gouvernabilité ».
Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue « révolution managériale », à des mobilisations écologistes inédites, à l’essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une « crise de la démocratie » qui, rendant l’État ingouvernable, menaçait de tout emporter.
C’est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont ce livre retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l’histoire philosophique.
On y apprendra comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le « primat de la valeur actionnariale », conçu un contre-activisme d’entreprise ainsi qu’un management stratégique des « parties prenantes », imaginés, enfin, divers procédés invasifs de « détrônement de la politique ».
Contrairement aux idées reçues, le néolibéralisme n’est pas animé d’une « phobie d’État » unilatérale. Les stratégies déployées pour conjurer cette crise convergent bien plutôt vers un libéralisme autoritaire où la libéralisation de la société suppose une verticalisation du pouvoir. Un « État fort » pour une « économie libre ».

Black lives matter

Black lives matter

Le livre de Keeanga-Yamahtta Taylor, Black lives matter. Le renouveau de la révolte noire américaine, fait le point sur le racisme et la ségrégation envers les Noir-e-s aux États-Unis. Le meurtre de Mike Brown par un policier blanc a marqué un point de rupture pour les Afro-Américain-e-s de Ferguson (Missouri). Comment le mouvement Black Lives Matter a-t-il pu naître sous le mandat du premier président noir ? L’auteure revient sur l’« économie politique du racisme » depuis la fin de l’esclavage, le reflux des mouvements sociaux des années 1960 et l’essor d’une élite noire prompte à relayer les préjugés racistes et anti-pauvres. Elle défend le potentiel universaliste de BLM : afro-américain et tourné contre les violences policières, il peut parfaitement rallier d’autres groupes et s’étendre à une lutte générale pour la redistribution des richesses.

La rencontre se poursuivra à l'American Cosmograph avec la projection de Whose streets ?, très beau film de Sabaah Folayan et Damon Davis, qui débutèrent leur tournage un mois après la mort de Michael Brown et restèrent à Ferguson bien longtemps après le départ des caméras des chaînes de télé. « Notre caméraman est blanc, il ne nous ressemble pas. Cela lui a donné la possibilité de se rapprocher de la police sans éveiller immédiatement les soupçons. Un jour où c’est moi qui tenais la caméra, j’ai aussitôt été arrêtée alors que j’étais tout à fait en droit de filmer. » (Sabaah Folayan)

 

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Lancement du catalogue

Lancement du catalogue

Rita Laura Segato

Rita Laura Segato

Qu'un enfant puisse avoir deux mères et que l'une puisse avoir « tué » l'autre, voilà qui surprendra. C'est pourtant le cas d'enfants - Blancs, souvent - ayant eu une nourrice - Noire, souvent. La nourrice est pour l'enfant, à la place de la mère biologique, la première séductrice, celle avec laquelle se met en place l’œdipe. En général, c'est le père qui pose l'interdit, mais ici ce sera la mère biologique. Au moment de l'entrée à l'école maternelle, par exemple, elle organise la disparition de la nourrice en la congédiant puis en effaçant toutes ses traces. Pour l'enfant, quelque chose est alors perdu, rendu inaccessible : la figure même de la mère, brisée par une violence intime inouïe, dont on commence tout juste à percevoir les effets... Rita Laura Segato, anthropologue et féministe d'origine argentine, militante des droits ethniques au Brésil, est professeure à l'université de Brasilia.

Didier Moineau

Didier Moineau

La préfacière du livre, Anne Clerval, résume le cas pas si spécifique de la ville de Grenoble dans ces termes : « Depuis les années 1980, les pouvoirs publics prétendent régler les questions sociales par une intervention sur la ville. Aujourd’hui, la ville et l’urbanisme sont aussi de plus en plus mobilisés comme un levier de développement économique. Dans cet ouvrage, Didier Moineau nous emmène par l’écriture dans une grande promenade urbaine à travers la ville de Grenoble. Empruntant à la dérive situationniste, il utilise la métaphore de la marche pour déconstruire cette instrumentalisation de l’urbain à des fins de dépolitisation des enjeux sociaux et économiques. C’est bien de Grenoble qu’il s’agit, ville exemplaire du développement technopolitain, passée de l’industrie aux technologies de pointe, des ouvriers aux ingénieurs et aux cadres. Mais les liens que cette déambulation permet de faire excèdent le seul cas de Grenoble et sont exemplaires des transformations sociales, économiques et politiques contemporaines. »

Ali Benmakhlouf

Ali Benmakhlouf

Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l’université de Paris-Est, retrace ici le sens de l’engagement des philosophes arabes dans la recherche de la vérité.
Lire les philosophes arabes médiévaux avec l’œil de la philosophie contemporaine pour y trouver des affinités de méthode et de doctrine : tel est le parti pris de ce livre.
Lire ces philosophes arabes, c’est aussi les inscrire dans la tradition et le patrimoine de l’humanité, car ils ont su ménager des accès multiples à la vérité où religion et philosophie sont pensées de manière conjointe. Leurs travaux dans de nombreux domaines, comme la médecine, la logique ou l’histoire continuent de nous interpeller comme ils ont contribué à la formation de la pensée européenne.
Le médiéval rejoint alors le contemporain dans cette riche histoire qui est celle de l’humain et de l'intellect.

Sylvie Simmons

Sylvie Simmons

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Leonard Cohen sans jamais oser le demander ! Cette biographie sans égale, complète et ardente, riche et enlevée, raconte une œuvre-vie. Elle accompagne et éclaire minutieusement le chemin singulier d’un poète-romancier devenu musicien-chanteur et conscience universelle. Sous le charme, l’intranquillité. Sous la gravité, la drôlerie. À chaque pas, la lucidité. À chaque question, à chaque colère, la même réponse : aimer. Cohen ou « la vie avec les autres ».

Jules Falquet

Jules Falquet

Ancré dans les recherches féministes sur la mondialisation et sur la dynamique des rapports sociaux de sexe, de race et de classe, ce livre est un essai sur l'emploi méthodique de la coercition au service de la mondialisation néolibérale. L'auteure rapproche des perspectives généralement cantonnées à des sphères séparées, de la violence misogyne aux techniques de guerre de basse intensité.

Jules Falquet vit et travaille entre la France, le Mexique, le Salvador et d’autres pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Maîtresse de conférences en Sociologie, ses premières recherches portaient sur la scolarisation des femmes indiennes du Chiapas. Elle a ensuite travaillé sur la participation des femmes au projet révolutionnaire armé au Salvador, objet de sa thèse. Elle analyse aujourd’hui la réorganisation du travail et les résistances collectives à la mondialisation néolibérale à partir de différents mouvements sociaux du continent : mouvements paysans et indiens - comme les mouvement zapatiste au Mexique ou celui des Sans-Terre au Brésil, mouvements environnementaux et anti-extractivistes - comme au Guatemala, mouvements de femmes, féministes et lesbiens. Sur le plan épistémologique, elle s’intéresse à la (ré)-articulation des rapports sociaux de sexe, classe et « race » dans le cadre de ce qu’elle appelle la combinatoire straight, aux perspectives féministes matérialistes francophones et aux perspectives décoloniales d’Abya Yala — notamment au « féminisme communautaire » proposé par des femmes indiennes.

Emeline Jouve

Emeline Jouve

Si l’Histoire a accueilli dans son rang la révolution de Mai 68, celle du mois de juillet qui traversa le Festival d’Avignon semble avoir été reléguée à sa marge. Pourtant, la XXIIe édition du festival, sous la direction de Jean Vilar, déchaîna les passions avec la même intensité que celles qui habitaient et agitaient les acteurs des contestations printanières ayant ébranlé le pays jusqu’à la dissolution de l’Assemblée et l'organisation de nouvelles élections en juin.
Se rejouait à Avignon la révolution alors étouffée par Charles de Gaulle, et le festival devint ainsi le théâtre de tensions entre les ennemis du « Supermarché de la culture » et les défenseurs d’une conception vilarienne du théâtre populaire.
Le Living Theatre, invité à présenter trois pièces — dont la création Paradise Now — cristallisa beaucoup de ces tensions de par ses prises de position. Avignon 1968 et le Living Theatre est une immersion dans ce mois d’été 1968 avignonnais : ce voyage dans le temps est pris en charge par des témoins ayant vécu les évènements de juillet et dont les entretiens sont retranscrits dans ce volume, mais aussi par ceux qui sont revenus sur cette période passionnée par le biais de la fictionnalisation. La réactualisation de ces souvenirs rend compte de crises qui continuent à secouer un monde de la culture qui n’a de cesse d’interroger les rapports entre l’art et le politique (l’institution, la révolution) mais aussi entre l’art et le poétique (le beau, le transcendant).

Laure Batier

Laure Batier

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à seize ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. Elle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec courage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation.
Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affrontements politiques et la vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté. Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

David Mauger

« Dans la nuit, plusieurs dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues à l’appel de Charles Blé Goudé, leader des “jeunes patriotes”, et se dirigent vers l’aéroport et la base militaire française. Les Ivoiriens se heurtent rapidement aux hélicoptères et aux chars des soldats français, qui tirent à balles réelles et à la grenade offensive, faisant une trentaine de morts. Le lendemain, l’état-major français ne reconnaît pourtant que “des tirs d’intimidation”. Le soir, le général Bentégeat admet qu’ils ont “peut-être blessé ou même tué quelques personnes”, mais ne parle que de “pillards” et se déclare “très fier de la réaction qu’a eue le détachement Licorne. Ils ont montré qu’on ne tue pas impunément les soldats français”. La suite des événements confirmera qu’on peut en revanche tuer impunément des civils ivoiriens.»

Derrière une neutralité affichée, la France n’a cessé d’intervenir dans la vie politique ivoirienne, défendant âprement ses intérêts économiques et son influence régionale. De la mort d’Houphouët-Boigny à la chute de Gbagbo, tout l’arsenal de la Françafrique s’est déployé en Côte d’Ivoire : diplomatie parallèle, réseaux officieux, affaires troubles, coups tordus et crimes de guerre.

Lionel Arnaud

Lionel Arnaud

Un essai qui retrace l’histoire de l’éducation populaire et porte un regard critique sur la politique culturelle de l’État.

La culture a-t-elle une visée émancipatrice ? Le sport favorise-t-il le lien social ? L’art est-il autonome et détaché de toute contingence sociale, économique et politique ? Les loisirs permettent-ils aux travailleurs d’accéder à la culture dominante par l’éducation, ou sont-ils le lieu de l’élaboration d’une culture populaire singulière ?

Grey Anderson

Grey Anderson

Mai 1958, c’est le début d’une séquence insurrectionnelle où le sort de la France s’est joué à Alger, c’est la fin de la IVe République et le retour au pouvoir de de Gaulle savamment orchestré par le cercle des fidèles, c’est l’arrivée aux commandes d’une nouvelle équipe qui va construire et faire accepter une Constitution encore en vigueur après un demi-siècle. Bref, mai 1958, c’est un moment fondamental au sens fort du terme.

D’où vient donc que, s’agissant de commémoration, ce moment est éclipsé par rapport à mai 1968, toujours célébré, toujours commenté y compris par ses adversaires ?

Les chapitres de ce livre donnent la réponse : si mai 1968 est un moment joyeux et solaire, les quatre années de guerre civile qui s’écoulent entre la prise du gouvernement général à Alger le 13 mai 1958 et la fin de l’OAS au printemps 1962 n’ont rien que l’on aime se rappeler : une haine et une violence extrêmes, l’usage généralisé de la torture, les exactions policières contre les Algériens révoltés et ceux qui les soutiennent, le mensonge officiel qui présente le retrait d’Algérie comme une victoire et le complot initial comme le triomphe de la démocratie…

Écrit par un universitaire américain, ce livre dévoile les mécanismes du refoulement de cette réalité douloureuse qui a façonné durablement l’État français et ses institutions.

Grey Anderson est un historien et essayiste américain. Titulaire d’un doctorat en histoire de l’université de Yale, ses recherches portent sur l’histoire politique et militaire de l’Europe contemporaine. Il écrit régulièrement sur la vie politique française pour la presse américaine.

La Tempête

La Tempête

« Je descendais une rue perdue, dans un quartier périphérique, à la recherche d’une pissotière mal famée. Sous un pont, deux loubards attendaient, adossés à leurs motos. Et quand je suis passé, ils m’ont crié, pas méchamment : « Race D’Ep ! » Comme j’étais ivre, il m’a fallu quelque temps pour comprendre. Les invertis ne parlent pas verlan. Race d’Ep, pour pédéraste. Un instant, j’avais senti flotter l’ombre d’une autre race. Ce cri, je l’avais moins senti comme une insulte que comme l’évidence résumée de mon appartenance à un autre monde, à une autre Histoire. Une histoire pas si vieille : née il y a un siècle, et dont les débuts pourraient encore être contés par des vivants. Naissance d’une nouvelle identité, devenue en cent ans une quasi-nature. Ils apparaissent un peu avant le tournant du XXe siècle, mutants des arts de l’image et des sciences médicales, se découvrant peu à peu à travers leurs représentations comme une espèce particulière. Entre les guerres, dans les convulsions de l’Allemagne pré-concentrationnaire, ils prolifèrent comme du chiendent, construisant leur propre destin jusqu’à former une nouvelle définition de l’être humain, un peuple dispersé. Un peuple sans mémoire, oublieux aussitôt des expériences vécues et des exterminations. Une conscience d’être autre qui n’est pas éternelle, mais n’est pas née non plus dans la Libération américaine des années soixante, qui a eu il y a un demi-siècle son âge d’or, continent perdu effacé par le bain de sang totalitaire. »
C’est cette histoire inconnue que ce livre, écrit en 1979, veut rendre visible au travers des images qu’elle a créées. La Race d’Ep.

Tahin Party

Tahin Party

Retour sur l’histoire des luttes des homosexuel·les au début des années 70 avec l’apparition des Groupes de Libération Homosexuels qui se constituent en un véritable mouvement politique luttant pour l’abrogation des lois discriminatoires sur l’homosexualité, tout en participant au combat anticapitaliste.

Chantal Aubry

Chantal Aubry

Qualifié à sa mort, en 2014, de « grand fauve de l’édition », Jean- Jacques Pauvert, l’éditeur de Sade et d’Histoire d’O, est souvent vu comme un franc-tireur sulfureux. Cette image est un cliché. D’abord parce que Pauvert ne s’est jamais limité à la littérature érotique, construisant un catalogue original et d’une qualité rare. Ensuite parce qu’il n’a jamais cessé de ferrailler contre la censure pour le grand bien de tous. Et qu’enfin, éditeur à vingt ans, il restera plutôt, avec quelques autres, l’incarnation de l’éditeur indépendant.
Proche d’André Breton et de Georges Bataille, qu’il a édités, il le fut aussi de Jean Paulhan et plus tard de Guy Debord.
Surréalisme, pataphysique, dadaïsme, Cobra, situationnisme, rien de ce qui contestait ne lui était étranger. Il fut donc l’éditeur de la célèbre revue Bizarre et d’écrivains hors norme tels que Raymond Roussel et Boris Vian. Avec Jean-François Revel, il lança la mémorable collection « Libertés ». Et en Mai 68, avec Siné, il publia l’explosif journal L’Enragé. Enfin, il rencontra le succès avec Albertine Sarrazin et Jean Carrière. Ce qui ne l’empêcha pas de perdre son indépendance à cause d’une globalisation déjà à l’œuvre dès le début des années 1970.
À partir de précieux fonds d’archives publics et privés et d’échanges avec les grands acteurs de la geste pauvertienne, l’auteure éclaire sous son vrai jour l’itinéraire plein de panache d’un éditeur au non-conformisme assumé, devenu sur le tard écrivain érudit. Itinéraire qui est aussi celui d’un provocateur-né, plongé dans un monde éditorial, politique et littéraire alors particulièrement effervescent qui nous est dépeint au fil des pages de ce livre passionnant.

 

Collectif Smolny

Collectif Smolny

Cela fait 100 ans précisément que la militante révolutionnaire allemande Rosa Luxemburg a été assassinée à Berlin, en même temps que Karl Liebknecht, dans les soubresauts de la révolution allemande.

Pour avoir privilégié l’action des masses et toujours critiqué l’immobilisme et le réformisme de la tête du parti social-démocrate allemand (SPD), elle sera ostracisée et attaquée par ces mêmes dirigeants.

Sa conception profondément démocratique du mouvement révolutionnaire fera d’elle, aussi, la cible de générations de pseudo-communistes, à commencer par les léninistes dont la raison d’être, l’existence du parti comme avant-garde de la révolution, est en tout point opposée à la sienne. En effet, elle n’avait de cesse de revendiquer, inlassablement, le rôle crucial de l’auto-organisation dans la lutte. Et les staliniens poursuivirent leur travail de sape ; sans parler des nazis qui, eux, firent brûler ses textes.

Conséquence sur le long terme de cette lutte « anti-luxemburg », ses textes sont encore trop méconnus aujourd’hui, trop peu édités alors même qu’ils sont, pour certains d’entre eux, d’une grande actualité.

Chez elle, la critique du système capitaliste est indissociable de celle du colonialisme et du nationalisme dont elle dénonce, très tôt, le caractère barbare. Avec une plume remarquable, dans un style incisif et mordant, elle dévoile les agissements criminels des puissances coloniales européennes.

Cette soirée sur Rosa Luxemburg sera donc l’occasion de revenir sur son parcours, ses idées et ses combats à travers un récit vivant, à plusieurs voix, jalonné par des lectures de ses textes.

François Beaune

François Beaune

Omar et Greg sont deux enfants de la ZUP. Le premier, né à Orgeval, un quartier de Reims, est chasseur de skins, avant de s’impliquer dans l’anti-racisme, puis d’entrer en religion. Le second grandit à Vaulx-en-Velin, trouve à 15 ans sa famille de substitution dans un parti nationaliste, et finit par en devenir salarié.

C’est à Marseille qu’ils se croisent. Deux types inconciliables en apparence. Deux idéalistes cabossés, deux redresseurs de torts jamais vainqueurs, jamais vaincus. Entre eux naît une amitié hors norme. Et une alliance politique pour le moins inédite. Avec, au coeur de leur projet, une obsession : qu’est-ce qu’être français ?

Un jour, ils rencontrent l’écrivain François Beaune. Lui écoute les gens, se met à leur place, restitue leurs voix, au plus près de ce qu’elles peuvent dire du monde. Omar et Greg est l’histoire vraie de deux citoyens engagés et enragés qui, par leurs contradictions, incarnent un destin français.

 

Les sorcières sont de retour...

Les sorcières sont de retour...

Norman Ajari

Norman Ajari

Il n'y a pas un seul Africain ou afro-descendant dont l'humanité n'ait été radicalement contestée sur les plans juridique, scientifique, philosophique, théologique, économique, psychiatrique. On n'en continue pas moins à exiger des afro-descendants qu'ils cessent de ressasser, de ruminer l'histoire coloniale : n'est-ce pas ignorer que l'on répète ainsi une vieille injonction esclavagiste à l'oubli des ancêtres et à la méconnaissance de la communauté d'origine ?

Pourquoi prendre la question sous l'angle de la dignité ? La dignité est ce que le Blanc essaie d'abolir lorsqu'il exerce sa violence sur le Noir. Enfin, c'est ce que le Noir réaffirme collectivement lorsqu'il s'engage contre la domination blanche. Lorsque la dignité d'un jeune Noir est prise d'assaut, lorsqu'il est violé ou assassiné par les représentants de l'État, c'est une longue histoire de luttes, de conquêtes et d'affirmation d'une humanité africaine qui vacille et tremble sur ses bases.

Le choix fait ici est de penser la déshumanisation à partir de la traite transatlantique et de l'esclavage. Il s'agit aussi pour l'auteur de renouer avec une longue histoire d'usages révolutionnaires du christianisme dans les mondes noirs. L'adoption de cette religion ne fut pas passive. L'Église noire est devenue un lieu privilégié de rassemblement, d'action et d'invention d'une pensée critique, ce dont témoignent la théologie de la libération noire aux États-Unis ou la philosophie de l'Ubuntu en Afrique du Sud. La dignité est alors comprise comme la part divine de l'opprimé.

 

Françoise Vergès

Françoise Vergès

Pourquoi le terme « féministe » est-il librement approprié à la fois par l’extrême droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, où les notions de féminisme et d’égalité sont vidées de leur sens hier radical, que peut signifier être féministe aujourd’hui ? Quels sont les combats à mener ? Comment mettre au coeur des luttes des femmes l’antiracisme, l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme ?
Françoise Vergès s’attache d’abord à interroger les deux récits médiatiques qui dominent l’histoire du mouvement des femmes des années 1970 en France, l’un qui parle d’un mouvement qui aurait mené à une reconnaissance de la place des femmes françaises dans la république avec ses valeurs de laïcité et d’égalité, l’autre qui dénonce un mouvement qui aurait été exclusivement « blanc » et essentiellement intéressé par la liberté sexuelle. Reconnaissant une profonde asymétrie entre ces deux récits, Françoise Vergès questionne cependant les causes de l’effacement de féminismes radicaux et anticoloniaux, antiracistes et anti-impérialistes des années 1970.

Féministe antiraciste, présidente de l’association « Décoloniser
les arts », Françoise Vergès est l’auteure de plusieurs ouvrages et
articles en français et anglais sur l’esclavage colonial, le féminisme,
la réparation, le musée. Dernier ouvrage paru : Le ventre des
femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 2017).

L'enregistrement de la rencontre : par là !

Claire Lebourg, Romain Bernard et Mickaël Jourdan

Claire Lebourg, Romain Bernard et Mickaël Jourdan

L’occasion de rencontrer des auteur.e.s aux techniques artistiques différentes (aquarelle, gouache, ...) et de rappeler que la librairie propose des livres pour tous publics, des plus petits aux amateurs de graphisme et de beaux livres.

Collectif Cases Rebelles

Collectif Cases Rebelles

Par delà les clichés et les raccourcis, pour une lecture panafrorévolutionnaire !
L'autobiographie d'Assata Shakur  est une exceptionnelle leçon d'histoire populaire et d'engagement radical. L'oeuvre est construite d'une manière qui nous pousse à apprendre, embrasser, accueillir les multiples leçons et questions qu'elle porte. Elle nous emmène bien au-delà de la dimension spectaculaire de l'existence d'Assata pour accueillir des réflexions puissantes et fertiles sur des questions fondamentales comme l'éducation, l’amour de soi et des sien.nes dans la communauté noire, l’autodéfense, la transmission, l’engagement révolutionnaire, la prison, etc. 
Puisque que les appréhensions superficielles et biaisées de ces histoires noires américaines nous figent dans l'exaltatation des icônes et la fétichisation, le collectif Cases Rebelles propose une lecture qui pousse à la lutte, qui expulse ces héritages des zones de conforts lénifiantes où en France on les cantonne en temps normal. 

Assata Shakur fut, dans les années 1960 et 1970, militante du Black Panther Party et de l’Armée de Libération Noire. Elle a connu le formidable bouillonnement d’une époque de révoltes et d’espérances pour les Noirs des États-Unis, comme la répression. De sa tendre enfance à son exil à Cuba, ses souvenirs se structurent autour du récit d’un emprisonnement de six ans. Une exceptionnelle leçon d’histoire populaire et d’engagement dans laquelle Assata dresse un portrait sans fard de l’oppression raciale et de la violence capitaliste aux États-Unis. Cette autobiographie est une lettre d’amour au peuple noir ainsi qu’à tous les opprimés. Une source d’inspiration inaltérable pour celles et ceux qui, à travers le monde, exigent la dignité et la justice.

 

Rocé / Par les damné.e.s de la terre

Rocé / Par les damné.e.s de la terre

Accompagné d'un livret réalisé par Naïma Yahi et Amzat Boukari-Yabara, le disque donne à entendre en 24 morceaux les voix et les textes en français d'artistes issu.e.s des anciennes (et actuelles) colonies. Rocé nous avertit : "Inutile de chercher dans ce recueil le morceau "exotique et funky", extrait du folklore destiné à la métropole. Rythmes et textes sont vêtus de leur propre "blues" dur et sincère.". Travail capital de transmission accompli par le rappeur qui précise son projet dans une note d'intention à retrouver ci-après.

Note d’intention du CD

Je fais partie de cette génération qui a vu naître le rap français, et avec lui l’énorme engouement pour cette musique des enfants de la deuxième et troisième génération d’immigrés. J’ai voulu creuser au-delà du rap, fouiller les artistes de la langue française qui véhiculent la poésie de l’urgence, la poésie à fleur de peau, engagée malgré elle parce que le contexte ne lui donne pas le choix. La poésie des « damné.e.s de la terre ». Dans l’ombre des chanteurs à texte médiatisés existent des femmes et des hommes devenus artistes juste le temps d’un disque.
Inutile de chercher dans ce recueil le morceau « exotique et funky », extrait du folklore destiné à la métropole. Rythmes et textes sont vêtus de leur propre « blues » dur et sincère. La langue française réunit des régions du monde qui portent des fardeaux communs. Géopolitique et sentiments se mêlent. Les paroles des anciens résonnent jusque dans les oreilles des enfants d’aujourd’hui, ceux des diasporas. Un bon nombre des artistes présent.e.s dans ce recueil n’a pas eu la chance de croiser son public à l’époque, je pense que le contexte actuel des migrations et des questionnements identitaires donnera une résonance toute particulière à ces textes et à ces musiques.

Deux historiens, Naïma Yahi et Amzat Boukari-Yabara, écrivent le livret du disque, ils décrivent les contextes de l’époque et des pays dont proviennent les morceaux.

Ce projet, musical et de patrimoine, répond à un besoin : (re)donner la voix aux nouvelles générations qui évoluent en France avec une absence d’identification, un oubli de l’histoire de leurs parents dans le paysage politique et culturel qu’elles traversent en grandissant. Il écrit une autre histoire de la musique en français. A la jonction des luttes de libération des pays d’origines, des luttes ouvrières, des exils, il cristallise une époque où les luttes bâtissaient des fraternités, des affirmations, de la dignité, des liens entre les peuples opprimés et des convergences que l’Histoire des livres scolaires ne dit pas. Il est important à mes yeux de transmettre ces moments de tous les possibles afin d’en imprégner la morosité dans laquelle grandissent les nouvelles générations.

Les enfants des diasporas et ceux des travailleur.euse.s ouvrier.ère.s ont besoin d’avoir des espaces de transmission de l’histoire de leurs parents. Ces parents qui ont sacrifié des années dans des luttes ou dans l’exil et qui ont choisi pour leurs enfants une intégration dans la discrétion et pointée vers un futur sans le poids d’une lourde mémoire. Le passé ne se transmet pas facilement lorsqu’il est emprunt de tabous et qu’on pense ses enfants libres, sauvés, car nés en France. Mais les combats de nos aînés, à la vue des luttes actuelles, sont précieux et utiles. Le présent se débrouille mieux lorsqu’il a de la mémoire.

Ce disque est donc un constat, un bout de mémoire qui montre que le champ des possibles était ouvert un court moment, avant d’être refermé, nous plongeant dans l’individualisme, le court terme, l’absence de projets de société. L’absence des ces histoires dans l’Histoire nous prive de l’espoir, des notions de fraternité, de résistance, de modes d’emplois d’autodéfense. L’époque actuelle nous impose ses fictions dystopiques, des histoires d’échecs et d’impasses.

Le sillon fossilisé dans le disque m’a permis de découvrir des artistes et intellectuels qui ont transmis des solutions multiples. On connaît trop peu le personnage de Frantz Fanon, ce Martiniquais qui a épousé la cause algérienne, on connaît trop peu le grand Franklin Boukaka, artiste congolais qui rend hommage dans une chanson à Mehdi Ben Barka, homme politique marocain. Il a existé un soutien entre étudiants guadeloupéens pour l’indépendance de la Guadeloupe et un militant corse du FLNC qui a décidé d’héberger sur son label leur musique.
Nous pouvons être tous d’accord, ça ne sert à rien s’il n’y a pas de projet commun. Je ne sais pas comment sera demain, ce que je sais c’est qu’avec la mémoire nous pouvons additionner la force et l’union des peuples d’hier aux diasporas et subalternes d’aujourd’hui. Nous placer au centre de l’histoire que l’on nous conte afin de rompre avec la logique impérialiste.

» Voir ce qui n’avait pas lieu d’être vu, faire entendre comme discours ce qui n’était entendu que comme un bruit. » Jacques Rancière

Rocé

 

Cinélatino

Cinélatino

Dans le cadre des 31es Rencontres de Toulouse, Cinélatino organise une soirée afin de présenter sa sélection documentaire.
Cette présentation sera suivie de la projection du Prix Documentaire Rencontres de Toulouse 2018 :

A MORIR A LOS DESIERTOS
de Marta Ferrer Carné
(Mexique, 2017, 1h25)

Le chant cardenche est apparu au XIXe siècle dans les grandes propriétés productrices de coton de l'État de Durango au nord du Mexique. Aujourd'hui, les vieux cardencheros transmettent leur tradition à des jeunes dont la vie, certes différente, n'est guère plus enviable que la leur. En s'arrêtant à Sapioriz, où réside le dernier groupe cardenchero, Marta Ferrer propose un voyage sonore d'une exceptionnelle qualité, soutenu par une lumière naturelle qui rend les paysages et leurs habitants éblouissants. Le temps semble s’être arrêté et le quotidien est rythmé par le seul passage du train. À travers ses plans de paysages intemporels, soumis tantôt à la chaleur, tantôt au vent violent, la réalisatrice laisse toute la magie de la poésie du chant cardenche nous envahir.

Plus d'infos sur http://www.cinelatino.fr/node/8746

Trailer A MORIR A LOS DESIERTOS from Marta Ferrer on Vimeo.

 

Alèssi Dell'Umbria

Alèssi Dell'Umbria

Istmeño, le vent de la révolte raconte l’histoire d’une lutte quasiment inconnue en France, celle des communautés indigènes de l’Isthme de Tehuantepec, dans le Sud du Mexique, qui s’opposent à l’un des plus grands parcs éoliens du monde. Istmeño nous apprend que le « développement durable » peut très bien s’armer de fusils. Il déplace le regard et se passe de discours d’experts. Il fait tanguer les éoliennes, ces moulins à vent qui, en une décennie, se sont hérissés sur toute terre et, désormais, sur toute mer. Le film est complété par un livre qui se situe entre le carnet de voyage et l’essai historique.

Théâtre de la Passerelle

Théâtre de la Passerelle

Comme chaque année à l’occasion du festival Cinélatino, Terra Nova et le Théâtre de la Passerelle s’associent pour inviter le public à partager un moment de lecture chorale. Cette année, ce sont les Contes rebelles du sous-commandant Marcos qui seront lus : la diversité du monde, la naissance du mouvement zapatiste sont quelques-uns de ces contes qui rapprochent la lutte et les rêves.


Le Théâtre de la Passerelle propose des ateliers de dynamisation par les techniques du théâtre à des personnes en situation économique et sociale précaire. Le projet s’articule autour de la pratique artistique et de diverses sollicitations culturelles.

Zoque Maya Guarani Mapuzaungun

Zoque Maya Guarani Mapuzaungun

Le livre a pour titre quatre des langues autochtones d’Amérique latine des quatre auteur.e.s : Mikeas Sánchez, Negma Coy, Miguel Ángel Meza et Liliana Ancalao. Les éditrices veulent faire connaître à cette occasion les langues parlées en Amérique latine mais encore très peu traduites.

Lecture par les traductrices Andrea Alonso et Delphine Lannes, accompagnées par le musicien Benjamin Nouvel. En partenariat avec Cinélatino.

Jef klak

Jef klak

Émilie Mousset a recueilli des bribes de mémoire des enfants d’alors, survivant.e.s de cet exode sinueux dont on se souvient sous le nom de Retirada. Parties dans l’extrême urgence pour fuir les troupes du général Franco, les familles voyaient leur périple prendre fin non loin des Pyrénées.

Camarón de la Isla

Camarón de la Isla

Révolutionnaire du cante flamenco de la seconde moitié du XXe siècle, Camarón a suscité beaucoup de suiveurs mais aucun héritier n’ayant son talent musical ni son aura. Afin de s’approcher au plus près du mystère de la personnalité du cantaor, l’auteur convoque son entourage : noctambules de vocation, artistes de la faim ou guitaristes virtuoses.

Olivier Neveux

Olivier Neveux

Olivier Neveux développe son livre à partir de ce constat : un impératif politique pèse sur le théâtre public contemporain. Sommé de créer du « vivre ensemble » et de parler du monde, le théâtre doit en effet s’impliquer dans la réalité, la documenter, voire la critiquer. Ce livre s’intéresse à la multiplication de ces spectacles citoyens ou engagés et tente d’en cerner les enjeux et, par là, de réfléchir au statut et au devenir de l’art par gros temps néolibéral. Non pas que la politique serait préjudiciable au théâtre ; Olivier Neveux prend le parti inverse : celui de la rencontre possiblement fructueuse des deux. « Contre le théâtre politique » signifie contre ce qui neutralise le théâtre et la politique dans le conformisme de leur alliance.

Ruth Stegassy et Jean-Pierre Bolognini

Ruth Stegassy et Jean-Pierre Bolognini

Les auteur.e.s mettent à l’honneur les blés de pays, ces céréales qui ne résultent pas d’un travail de sélection en laboratoire mais qui sont, au contraire, intimement attachées à des lieux, à des régions et à des cultures, illustrant et expliquant de manière détaillée les gestes et le cycle complet des cultures, depuis le semis jusqu’à la moisson et au battage du grain.

David Faroult

David Faroult

Cet ouvrage étudie une période importante, mais longtemps négligée ou calomniée, de l’œuvre de Jean-Luc Godard : les années autour de 1968, durant lesquelles le cinéaste se politise, se réclamant du communisme puis du maoïsme.
Comment mettre son cinéma au service de la révolution ? Porter la révolution dans le cinéma lui-même ? Se situer, s’inscrire dans l’histoire du cinéma pour élargir ses possibilités et usages militants ? La Chinoise, Week-end, Tout va bien… Près de vingt films qui sont autant de laboratoires d’un cinéma politique révolutionnaire. L’association avec Jean-Pierre Gorin dans le « groupe » Dziga Vertov modifiera durablement sa conception du cinéma en déplaçant le cœur des recherches, de l’image vers le montage qui l’intègre.
David Faroult aborde chacun des films de cette période, les historicisant pour mieux cerner leurs inventions. Plutôt qu’à la biographie, c’est aux œuvres et aux propos qu’il s’intéresse. Ainsi, il apporte un nouvel éclairage sur le cheminement de Godard et sur l’histoire des années 68, en vue de nourrir des regards et des pratiques à venir.
L’étude est complétée d’un consistant recueil de documents inédits et de traductions.


Gunther Anders

Gunther Anders

Passage en revue !

Passage en revue !

Depuis quelques années, de nombreuses revues, magazines, ou mooks (nom de ces revues au format hybride qu'on trouve exclusivement en librairie) s'installent sur les étals des librairies.

Une petite sélection subjective pour l'été...

L'Atelier de la Turbine à l'honneur

L'Atelier de la Turbine à l'honneur

La librairie suit leur travail depuis un moment, vous avez déjà pu admirer dans notre vitrine et sur nos murs la série consacrée aux pirates, à Jack London à l'occasion de notre festival, et les tirages extraits du roman graphique Quartier en guerre de Seth Tobocman.

Et tout au long de l'année vous pouvez retrouver une sélection de leurs sérigraphies dans le présentoir au pied de notre escalier.

Suivez toutes leurs actualités sur leur site : la Turbine

En ce moment nous accueillons l'exposition FKFZ - RADIATION composée de 10 affiches sérigraphiées (60x40 cm), qui s'accompagne d'une édition limitée sérigraphiée et cousue à la main de 24 pages (à 20€).

Le fleuve s'immobilisa. 'Une nuit comme celle-ci', murmura quelqu'un dans l'obscurité à l'instant où retentit le huitième coup, profond, irrévocable, et où quelque chose qui avait commencé à crépiter quinze secondes auparavant cessa de se faire entendre.

Gabriel García Márquez
La Mala hora

Radiation, ça commence par une explosion. C'est ce qui pourrait se passer après, quand les hommes disparaissent et que quelque chose - des plantes? Des radiations? - prend la place.

Qu'est-ce qui reste, après ?

En mai : bouffée de bals trad !

En mai : bouffée de bals trad !

Rien – ou peu – à voir avec les danses folkloriques, ou les bals populaires des années 1930. Les bals trad, ou même neo-trad, ont lieu aujourd’hui partout, à la campagne, à la ville, en France et ailleurs, et attirent beaucoup de jeunes. Ils drainent toutes les générations, grands-parents, ados, jeunes trentenaires avec leurs enfants. Depuis quelques années, leur essor est énorme. Certains festivals comme Le Grand Bal de l’Europe, rassemblent des milliers de personnes.
Si on s’y inspire des danses traditionnelles de nos régions, on y apporte aussi des influences d’ailleurs et d’aujourd’hui : la position très rapprochée des danses du Brésil, la liberté d’improvisation de la danse-contact, les beats et les loops des musiques électroniques, etc.
A l’inverse de ce qu’on décrit comme une société de l’individualisme, de la crise et de la morosité, je rencontre dans les bals trad’ une micro-société du partage, des initiatives collectives et de l’appréciation de chaque instant. J’y ai découvert une façon de faire la fête et de vivre ensemble qui est différente.

Dans une constante quête du bonheur, individuel et collectif, je fabrique des signes de mes questionnements existentiels. Mon travail sur les bals trad dévoile des mouvements de coeur d’une génération qui cherche à redéfinir le couple et la relation amoureuse pour se l’approprier.
En photographiant avec un petit appareil argentique, je me laisse surprendre par le résultat. Mon coeur sent quelque chose que mon oeil ne fait qu’apercevoir, et l’image révèle cette magie des liens et des attirances éprouvées dans et autour de la danse.

www.myrtillevisscher.com

L'exposition présentée à la librairie est composée d'ensembles de photographies et de petites histoires écrites. Une édition limitée, sous forme de petite boîte en carton, est en vente. La boîte, fabriquée à la main par l'artiste, contient 13 tirages photo et un livret de textes de 28 pages.

 

 

Chouette, un catalogue !

Chouette, un catalogue !

Alors que l’idée d’un catalogue germait depuis quelque temps déjà à Terra Nova, l’occasion s’est présentée de mettre en oeuvre autour de ce projet la belle énergie de quatre étudiantes de la licence professionnelle Librairie de l’université Toulouse-Jean-Jaurès. La gageure consistait pour cette première édition à rendre compte de l’identité et de la singularité de la librairie dans un catalogue condensé en quelques titres  emblématiques de notre fonds. Une place importante a été accordée aux ouvrages d’auteur·e·s qui ont marqué l’histoire du lieu par leur présence.

 


Georges Courtois // RENCONTRE REPORTÉE !!!

Georges Courtois // RENCONTRE REPORTÉE !!!

Le 19 décembre 1985, Georges Courtois, Karim Khalki et Patrick Thiollet prennent la cour d’assises du Tribunal de Nantes en otage. Revolvers et grenades au poing, ils convoquent les caméras de FR3 et renversent la vapeur : pendant 34 heures, au lieu d’être condamnés ce jour pour divers braquages, ils font en direct à la télévision le procès de la justice, des magistrats et de la société carcérale dans laquelle ils se trouvent piégés.

Cette attaque en forme de dénonciation, unique en son genre, ne s’est pas improvisée du jour au lendemain : il aura fallu des années d’humiliations subies et de coups rendus pour aboutir à ce passage à l’acte, dans une condamnation sans appel de la justice de classe.

Préférant la prison pour un mot juste qu’une liberté à demi-mot, Georges Courtois a aujourd’hui 67 ans et habite à Nantes. Il a passé plus de la moitié de sa vie enfermé. Dans ses mémoires, il raconte l’escalade : comment et pourquoi la prise d’otage du tribunal avait un sens bien au-delà de sa biographie, livre la version romancée de son parcours de malfaiteur professionnel et d’homme de lettres malicieux.

Fifigrot - revue Distorsion

Fifigrot - revue Distorsion

À Noël dernier paraissait une nouvelle revue sublimement imprimée et au contenu fort réjouissant : DISTORSION. Beaucoup de cinéma de genre bien cinglé, de la fesse, du graphisme, de la musique, des fausses affiches, des interviews, romans-photos, critiques, débats, etc. Le prochain volume s’intéressera quant à lui à la thématique « Provocation ».

Au sommaire : les Dark Brothers, le Professeur Choron, Jackass, Noël Godin, Willem, Charlie Sheen, Charlie Schlingo, Koji Kawamura, GG Allin, Jean-Louis Costes, Henry Rollins, Alice Cooper et beaucoup d’autres sur près de 180 pages.

DISTORSION (qui produit également des séries de vidéos tarées sur le net, et planche sur un premier docu), ce sont des objets culturels, créatifs, irrévérencieux, malpolis et surtout libres auxquels l’équipe grolandaise souhaite une longue vie !

Revue L’Envolée

Revue L’Envolée

L’Envolée est réalisée par des ex-prisonniers ou des proches de prisonniers qui pensent qu’il est primordial de publier des textes venus des prisons et des textes contre les prisons. Les prisonniers décrivent leur quotidien, dénoncent leurs conditions de détention, se battent contre l’enfermement. Ils le feront toujours mieux que tous ceux qui veulent parler à leur place. Une parole de prisonnier qui sort et attaque l’administration pénitentiaire ou la justice, qui plus est quand cette parole est collective, constitue un acte politique qui dérange l’ordre des choses.

La prison est le ciment nécessaire à l’Etat pour permettre au capitalisme de se développer. Prisons et Justice servent principalement à enfermer la misère. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir : il produit une peur nécessaire au maintien de cette société.

A bas les prisons, toutes les prisons…

Fabienne Yvert & Cendrine Bonami-Redler

Fabienne Yvert & Cendrine Bonami-Redler

La soirée débute à 18h avec une lecture de Fabienne Yvert à Oh les beaux jours, puis se prolonge à Terra Nova pour des lectures croisées entre les deux auteures et une exposition de leurs différents travaux plastiques.
La rencontre sera suivie d’un buffet et d’un apéritif à 19h30.

Artiste polymorphe, à la fois auteure, typographe, Fabienne Yvert vit à Marseille et pratique depuis plusieurs années un travail sur la forme et le matériau.
Elle nous livre sa réflexion sur le monde à travers des objets judicieux, drôles et sensibles.

Graphiste et illustratrice de talent, Cendrine Bonami-Redler habite à Montreuil. 
Elle nous fait découvrir un campement rrom de sa ville dans une sorte de carnet de voyage richement illustré et commenté sur les habitudes d’une population ordinairement stigmatisée et privée de parole.

Fabienne Yvert nous présentera ses différentes productions (EncaisseY’en a marre d’être pauvreJe n’écris plus…), et Cendrine Bonami-Redler nous fera partager son excursion dansDe baraque en baraque.

Festival Le vent se lève à Job 2015

La librairie proposera des livres lors du Festival "Le vent se lève" à JOB.

Éric Hazan

Éric Hazan

Un livre d’histoire ? Oui et non. Oui, parce qu’on y parcourt quelque 220 ans d’émeutes. Non, parce qu’on n’y trouve pas les descriptions « objectives » habituelles, ni les considérations morales qui les accompagnent si souvent. 
C’est que le but est clairement politique : repérer dans l’histoire révolutionnaire ce qui peut servir à surmonter le pessimisme ambiant et à penser l’action à venir.
On verra que les plus grandes insurrections partent de la colère du peuple et non du bouillonnement des idées politiques ; qu’après la victoire, le chaos, toujours brandi comme une menace, ne survient jamais ; qu’un rapport de force défavorable peut s’inverser en une journée ; que les épisodes les plus célèbres sont souvent des constructions légendaires. 

Ce livre engage à ne plus lire cette « histoire » avec des yeux d’éternels vaincus, à ne plus y voir un répertoire de catastrophes mais une source vive d’enseignements et d’exemples. La formation du sujet révolutionnaire passe par la réappropriation de notre passé.

Le Tripode / Goliarda Sapienza

Le Tripode / Goliarda Sapienza

Chaque année, le Tripode fait sa « sortie littéraire » : 
de mi-mai à mi-septembre, la maison d’édition cesse toute parution pour bien préparer les livres à venir, prendre soin de ceux existants et pérégriner à la rencontre des libraires et des lecteurs. 

Les librairies de la région Midi-Pyrénées invitent donc Le Tripode durant toute la fin du mois de mai pour une série de rencontres autour de son catalogue. 
L’escale toulousaine, qui abordera les rivages de Terra Nova le 21 mai, sera l’occasion pour l’éditeur, en humble orpailleur, de présenter quelques pépites et notamment les oeuvres de Goliarda Sapienza qui, de L’Art de la joie à Moi Jean Gabin, en passant parL’Université de Rebibbia, en a fait chavirer plus d’un.

Cafés Savoirs

Cafés Savoirs

Les Cafés Savoirs sont devenus, au fil des ans, un événement incontournable de l’agenda toulousain. 
C’est chaque année l’occasion de transmettre, à travers ces cafés thématiques, la richesse et la diversité des savoirs, répondant ainsi à la demande de vulgarisation et de débats de citoyens curieux et intéressés.

Béton Armée

Béton Armée

Voilà un autre Mix-book, une autre expérience. Réunir des gens dont on est sûr qu’ils ont quelque chose d’imprévu à balancer, leur proposer de poser un texte comme on pose un « 16 mesures » sur une Mix-tape.
Pourquoi sur le taf ? Parce que ça nous pourrit la vie, et parfois beaucoup plus. Au bout de tout ça, on a trouvé une autre question : et l’écriture, c’est du travail ? Parce que des fois c’est douloureux, pénible et qu’en tout cas on n’est pas égaux devant ça non plus. 
Mais il en sort quelque chose de brûlant et d’irrécupérable pour faire de la culture populaire enragée.
De quoi nourrir une conscience commune des oppressions, de quoi armer nos volontés collectives et se coordonner pour tout péter.

Alors ça donne un objet bizarre. Une arme par destination. 
Pour faire croire à ton chef que tu veux juste le gifler avec. Et lui faire découvrir alors comme le papier peut trancher.

CambioRadio

CambioRadio

En marge de la conférence pour le climat (COP21), CambioRadio portera débats, paroles, et propositions issus de la société civile sur le changement climatique et ses impacts sur la société. 

Au programme de premier volet du cycle, et en présence d’invités, il sera question des conséquences sociales, économiques, politiques et environnementales des modèles agricoles :
agriculture conventionnelle, bio, bio « industrielle », polyculture et agriculture familiale... 
Quels enjeux, pour quels projets de société ? Le bio, la bio, de quoi parle-t-on ?

Hélène Duffau

Hélène Duffau

« Je suis au pain », c’est le mot banal que Pauline trouve sur la table en se levant ce matin-là. Tout dans son corps lui crie que quelque chose ne va pas. D’abord, on ne met pas autant de temps à aller chercher le petit déjeuner. 
Et puis, il y a Émilien qui ne se lève pas. Et qui, une fois sur la plage, flirte avec le danger. 

Vingt et une heures, c’est le temps que va mettre la mère de Pauline et d’Émilien pour revenir ; vingt et une heures, c’est aussi le moment charnière où une jeune fille pleine de doutes apprend à faire confiance à la vie.

Gilbert Meynier

Gilbert Meynier

" Le colonialisme, disait Jean-Paul Sartre, est un système ». Et certes, le système est en place avant comme après la Première Guerre Mondiale. Avant comme après, il y a deux sociétés superposées, le droit des uns qui exclut le droit des autres. Avant comme après, la représentation « algérienne » au parlement français est exclusivement européenne. 

Économiquement, la dépendance reste la même. C’est à peine si l’on peut parler, par la suite des difficultés des communications avec la métropole, d’un début d’industrialisation. Devant la misère, la maladie, la mort, les deux sociétés restent, avant comme après, fondamentalement inégales, et ceci bien qu’il s’agisse, et c’est bien le drame, de deux sociétés complètes. De la guerre est sortie une Algérie nouvelle que les dirigeants coloniaux et aussi français ne veulent pas voir tant ils sont attachés aux schémas d’un passé dépassé.

Gilbert Meynier a été maître de conférences d’histoire contemporaine à l’université de Constantine, maître de conférences puis professeur à l’Université de Nancy II. Il travaille depuis 1968 sur l’histoire de l’Algérie contemporaine.

Jann-Marc Rouillan

Jann-Marc Rouillan

Avec Le rat empoisonné, Jann-Marc Rouillan clôt sa trilogie sur sa mise en liberté. La prison est toujours présente, dans la chair et dans la mémoire.
Jann-Marc Rouillan continue d’explorer ce monde dont il fut mis à l’écart pendant plus de 25 ans. Tout en composant avec les règles imposées par les juges : les interdictions de séjour, les interdictions de prises de parole, les interdictions de rencontrer certaines personnes, il tente de se construire une vie en dehors des murs de la prison.

La portée plus évidemment réflexive de cet opus n’est pas seulement porteuse d’une analyse radicale de notre société, qui voit le gouffre se creuser entre classes dominantes et populations opprimées et exploitées.
C’est également le témoignage, rarement porté, de la difficulté pour un ex-taulard de reprendre le cours normal de sa vie. Car en France, il n’y a aucune synonymie possible entre sortir et s’en sortir…

Découvrez une sélection de son oeuvre

Les yeux dans les docs #8

Les yeux dans les docs #8

Avant la pause estivale du cycle Les Yeux dans les docs, une rencontre autour d’un « joli » mois de mai, consacrée à « l’esprit du temps ».
Des images (et des sons !) pour témoignage de ces moments charnières, vécus et partagés à travers les paroles et les actes d’ouvriers, de techniciens du cinéma... et d’une chanteuse. 
De belles surprises en perspective.

Matthias Bouchenot

Matthias Bouchenot

La manifestation d’extrême droite à caractère insurrectionnel du 6 février 1934 provoque une réponse immédiate des partis de gauche, qui décident de s’allier afin de ne pas subir le sort des Italiens et des Allemands, défaits par le fascisme mussolinien et le national-socialisme.
Ce rassemblement mène à la victoire électorale du Front populaire en mai 1936, immédiatement suivie d’un mouvement de grève sans précédent qui débouche sur l’obtention de nombreux droits, notamment les congés payés.

Matthias Bouchenot aborde dans cet ouvrage un angle mort de l’histoire des années 1930 : celle des groupes d’action et des groupes d’autodéfense de la SFIO, principalement dans la fédération de la Seine. Embryon d’armée révolutionnaire pour les uns, simples groupes chargés d’assurer la sécurité des cortèges, des meetings et des chefs politiques pour les autres, les « Jeunes Gardes socialistes » (JGS) et les « Toujours prêts pour servir » (TPPS) refusaient de laisser la rue aux ligues d’extrême droite et rêvaient de vivre des lendemains qui chantent.
Constituant l’aile gauche de la SFIO, ouverts aux tendances communistes révolutionnaires (trotskistes, luxemburgistes), proches des libertaires, les TPPS et les JGS incarnent l’image la plus éloquente du « Front populaire de combat ».

François David & Jean-Luc Amestoy

François David & Jean-Luc Amestoy

Les petits aussi ont leur rencontre en librairie !

A l'occasion du festivale du livre jeunesse "La voix est livre", organisée par l’association Itinérance Orale et en partenariat avec le Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées au 25 juillet 2015, la librairie accueille le poète et éditeur François David qui proposera une lecture sur fond d'accordéon, avec le musicien toulousain Jean-Luc Amestoy. Avec François David, la poésie se lit, s'écrit, s'édite, se vit, jeux de mots, Oulipo, fausse piste de danse, guinguette, v'là la poésie qui devient musette. Cette lecture musicale poétique sera suivie d'une rencontre à la découverte des éditions MØTUS.

Hé dites oh !
Un livre vient à vous. Ce n'est ni une citrouille
ni un carrosse qui vous l'apporte, mais un
improbable triporteur qui roule sa cabosse
de par les rues, les cours et les jardins.
Ce vélo à trois roues "début de siècle" devient,
le temps d'un moment, théatre du livre,
valise de mots, librairie d'oralité.
Des berceuses à la poésie, des contes
à la musique. L'oralité sous toutes ses formes
s'amuse, se fait nomade, danse et traverse
La voix est livre, première fête du livre jeunesse.

 

Fifigrot - Frédéric Baal

Fifigrot - Frédéric Baal

Dans le cadre du festival Fifigrot, rencontre avec Frédéric Baal autour du livre de Jacques Calonne, Noctuelles, paru aux éditions de l’Âge d’homme.

Frédéric Baal, fondateur du théâtre expérimental de Bruxelles et figure emblématique de l’avant-garde théâtrale et artistique Bruxelloise, est un familier de l’œuvre de Jacques Calonne. Au cours de cette conférence, il nous fera découvrir l’homme et son œuvre.

 

Fanny Gallot - UPT

Fanny Gallot - UPT

En partenariat avec l’Université Populaire de Toulouse, rencontre avec Fanny Gallot autour de son livre En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société, paru aux éditions La Découverte. Vous pourrez poursuivre le débat à 20h30 à la Bourse du Travail, place Saint Sernin.

Alors que depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène avec des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de faire « sauter l’usine », etc.), le rôle joué par les femmes a été passé sous silence. Qui sont ces femmes décidées à « en découdre » ?

Ayant commencé à travailler après 1968, elles n’ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni résignées. Grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société.

Mourir au Mexique

Mourir au Mexique

Rencontre avec le Collectif des Métiers de l’edition à l’occasion de la sortie de « Mourir au Mexique. Narcotrafic & terreur d’État » de John Gibler ;

La rencontre sera suivie de la projection du documentaire Retratos de una busquéda au cinéma Utopia Toulouse. En partenariat avec l’Arcalt.

« 95 % des crimes liés au narcotrafic ne font l’objet d’aucune enquête. Le pourcentage est trop écrasant pour refléter une incapacité du gouvernement. Il s’agit plutôt d’un incroyable taux de réussite où l’objectif n’est pas la justice, mais l’impunité. »

Dans une enquête loin de tout sensationnalisme, John Gibler déconstruit les mythes du narcotrafic et nous fait parvenir les récits et les voix de ceux qui se rebellent contre le silence et la mort anonyme. En mettant au jour l’horreur du quotidien de cette véritable politique de terreur, il nous montre ce que le narcotrafic est pour le capitalisme : une aubaine où les profits nagent dans le sang.

 

Les yeux dans les docs - François Maspero

Les yeux dans les docs - François Maspero

François Maspero fut, toute sa vie, un homme pour qui les mots ont un sens… Portrait polyphonique d'un homme qui marqua l'Histoire du livre et de l'édition au XXème siècle, le film François Maspero, les chemins de la liberté est une invitation à cheminer le long des voies qui mènent au livre avec un homme intègre et sensible qui les explora toutes. Il connut les joies - et les souffrances - des métiers de libraire et d’éditeur engagé. Puis celles de la traduction et de l’écriture.

Entretiens avec François Maspero et lectures d'extraits de ses livres jalonnent le film, en écho aux voix et regards croisés de Chris Marker, Guy Lévis Mano, Nils Andersson, Miguel Benasayag, Julien Hage...

 

Julien Hage - François Maspero

Julien Hage - François Maspero

Julien Hage sera présent à la librairie Terra Nova pour échanger autour de l’édition et de la diffusion du livre, à partir du cas des éditions François Maspero, qui existèrent de 1959 à 1982. Nées dans le contexte de la guerre d’Algérie et liées à la librairie « La Joie de lire » à Paris, elles marquèrent l’histoire du livre, de l’édition et de la diffusion des idées en France au XXème siècle.

Julien Hage est co-auteur du livre François Maspero et les Paysages humains, paru aux éditions La Fosse aux ours. Il a soutenu une thèse d’Histoire comparée autour de trois figures majeures de l’édition politique en Europe : Maspero, Feltrinelli et Wagenbach.

Maylis de Kerangal

Maylis de Kerangal

En partenariat avec l’université Toulouse Jean-Jaurès et à l’occasion d’un colloque international organisé autour de son œuvre, rencontre avec Maylis de Kerangal.

 

Chris Ealham

Chris Ealham

Dès 1830, Barcelone connut une expansion urbaine, donnant naissance à une nouvelle zone de la ville, le quartier chinois. Ce quartier, sans aucun immigré chinois, avait la réputation d’être le concentré des vices de la plèbe. Chris Ealham, historien anglais, montre à quel point il s’agissait là d’une construction politique de l’élite barcelonaise, profondément inquiétée par les « classes dangereuses ».

Alors que les conservateurs, de droite ou de gauche, présentèrent la révolution de 1936 à travers le mythe de « la foule enragée », des comités de quartiers nés des barricades, fondés sur le partage et l’auto-organisation ouvrière, étaient porteurs d’un projet urbanistique révolutionnaire.

Patrick Quillier

Patrick Quillier

À l’occasion la parution de la revue Orpheu aux éditions Ypsilon, rencontre avec le traducteur Patrick Quillier et l’éditrice Isabella Checcaglini.

Les principaux maîtres d’œuvre de la revue Orpheu sont Fernando Pessoa, Mário de Sá-Carneiro et José de Almada Negreiros. Cette première traduction française de l’ensemble des trois numéros de la mythique revue portugaise (deux publiés en 1915, le troisième resté à l’état d’épreuves) permet d’évaluer à leur juste mesure le poids de ces écrivains de premier plan et de percevoir l’importance de la génération qu’ils représentent. Les passionnés de Pessoa et de Sá-Carneiro trouveront ici de quoi nourrir leur connaissance de ces auteurs, en découvrant le terreau fertile dans lequel leurs premiers textes ont pu germer et éclore.

Stop Masculinisme

Stop Masculinisme

Droits des pères, crise de la masculinité, violences faites aux hommes : voilà les thèmes de prédilection des masculinistes. Cette mouvance, qui bénéficie d’a priori positifs et d’un écho médiatique très large, mérite pourtant qu’on s’y intéresse de plus près. En effet, derrière les évidences et les émotions se dessine un réseau d’hommes organisés qui cherchent à défendre leurs privilèges et luttent contre l’émancipation des femmes. Loin du combat pour l’égalité qu’ils nous dépeignent, les masculinistes visent avant tout le maintien de l’ordre patriarcal.

Ce livre se veut un guide pratique pour identifier et contrer ce mouvement.

Jean-Marc Delpech

Jean-Marc Delpech

Dans Voleur et anarchiste, Jean-Marc Delpech nous livre une biographie haute en couleur de l’honnête cambrioleur Alexandre Marius Jacob (1879-1954). En ce début de XXe siècle, la criminalité augmenterait dans des proportions inquiétantes. La France a peur et la Belle Époque n’est qu’un leurre. Tout en haut, une bourgeoisie arrogante et triomphante. Tout en bas, la masse des traîne-misère et l’ordre répressif. Avec Jacob et sa bande, le vol se pratique de manière industrielle et la rapine devient politique. Mais l’honorable entrepreneur de démolition sociale va payer cher ses atteintes à la propriété et sera envoyé au bagne de Cayenne.

Le bagne, le docteur Léon Collin l’a connu en tant que médecin militaire. Muni d’un carnet et d’un appareil photographique, les simples souvenirs de voyage du jeune médecin se transforment progressivement en dénonciation alerte d’une réalité pénible à dire, à voir et à sentir. De la Guyane à la Nouvelle-Calédonie, le bagne c’est la mort, la souffrance et l’échec de toute une politique répressive et carcérale. Bien avant Albert Londres, Léon Collin montre les existences des « hommes punis ». Des hommes et des bagnes, une incroyable galerie de portraits, des célébrités, une foule d’anonymes aussi.

Jean-Marc Delpech est enseignant et spécialisé dans l’histoire du bagne et de l’illégalisme anarchiste.

Sebastian Budgen

Sebastian Budgen

Novembre 1918 : à Kiel, les équipages des cuirassés hissent le drapeau rouge et de là, une vague révolutionnaire balaye l’Allemagne. Divisée dans ses organisations, la classe ouvrière est unanime sur un point : l’heure du socialisme est venue. Commence alors un dur apprentissage : cinq années de crise révolutionnaire, de grèves et d’affrontements armés. Les révolutionnaires tardent à se détacher d’un parti socialiste puissant qui s’engage immédiatement dans la voie du maintien de l’ordre. En janvier 1919, Liebknecht et Rosa Luxemburg sont assassinés.

La révolution allemande va néanmoins se poursuivre pendant plus de trois ans. Chris Harman retrace cette bataille charnière du XXe siècle avec la lucidité du militant révolutionnaire, acceptant l’héritage des vaincus dont les combats éclairent encore les nôtres.

Sébastian Budgen est éditeur chez Verso. Il est également membre fondateur de la revue Historical Materialism, l’un des espaces majeurs du marxisme contemporain.

Rubin "Hurricane" Carter

Rubin

En 1966, le boxeur noir, Rubin "Hurricane" Carter, est arrêté pour le triple meurtre de consommateurs blancs dans un bar de Paterson, New Jersey. Il clame son innocence mais est néanmoins condamné. Depuis sa prison, il nous raconte ce qui l'a amené jusque-là. Son enfance, ses premières incarcération, l’armée. Il y découvre la boxe et commence une carrière qui le conduira aux portes de la consécration. Son punch lui vaut son surnom, "L'Ouragan". Fin 1964, Rubin Carter est arrêté et incarcéré. Il concentre alors son énergie dans sa lutte judiciaire, étudiant le droit et acquérant une éducation que la vie ne lui avait pas donné l'occasion d'aborder. Traversant plusieurs milieux – société ségrégationniste, système carcéral, armée, monde de la boxe – le récit de Rubin Carter est cru et rythmé d'une volonté viscérale de sur-vivre. Il porte l'implacable regard de celui qui a connu l'injustice et pour qui tout ce qui ne le détruit pas le rend plus fort.

Des membres de L'Envolée, journal écrit par des prisonniers et proches de prisonniers, seront également présents à cette soirée. Cela sera l'occasion de discuter et de mettre en perspective l'histoire de Hurricane Carter avec le sort qui est fait aujourd'hui aux justiciables et aux prisonniers en France.

Nuclear Device

Nuclear Device

La présentation du livre sera précédée d’un petit concert, et se poursuivra par un sound-system au bar L’Internazionale.

Le groupe Nuclear Device (1982-1989) a participé à la naissance et l’essor de ce que les médias appelleront le « rock alternatif ». Aux côtés des Bérurier noir et Ludwig von 88, il parcourt une France en ébullition, enchaînant les concerts survoltés de squats en MJC. Le livre dresse le portrait d’une époque où la fureur de vivre décuplait l’inventivité de la jeunesse. Accompagné d’un CD compilant 20 titres marquants, ce livre atypique est une incitation à créer ses propres porte-voix !

Daniel Paris-Clavel anime depuis 1991 le fanzine Chéribibi consacré à la culture populaire. Pour cet ouvrage, il a réalisé et compilé seize heures d’interviews avec un plaisir partagé.

Patrick Carde dit « Kiox », membre fondateur et guitariste de Nuclear Device, est devenu graphiste à la suite de son expérience au sein du groupe. Il dirige aujourd’hui l’association La Boîte à outils à Toulouse, à l’origine des séjours artistiques « Rock The Casbah ».

 

Abdelmadjid Kaouah

Abdelmadjid Kaouah

Lecture : Danielle Catala et Leïla Boutaleb. Oud : Mohammed Naïmi.

Profonds et lapidaires, hantés par le souvenir des compagnons assassinés ou traversés par les douleurs de l’exil, les poèmes du recueil Que pèse une vitre qu’on brise d’Abdelmadjid Kaouah témoignent de plus de quarante ans d’écriture et de la place du poète dans l’histoire de la poésie algérienne francophone.

François-Xavier Fauvelle

François-Xavier Fauvelle

Longtemps reclus et condamné au silence, Nelson Mandela s’est révélé un grand orateur. Son art de la parole ne reposait pas sur l’habileté rhétorique ou une quelconque théorie de la communication.

Relisant de près trois grands discours – 1990, 1993, 1994 – François-Xavier Fauvelle montre comment Nelson Mandela ne tombe jamais dans le piège des « paroles verbales » si souvent reprochées aux hommes politiques. Chacun de ces discours ouvre un espace, soutient l’action et « fait » l’Histoire.

C’est en historien, familier de la critique des textes et de l’oralité, que François-Xavier Fauvelle montre la parole en œuvre et à l’œuvre.

Historien et archéologue, spécialiste de l’Afrique ancienne, François-Xavier Fauvelle a publié chez Alma Le rhinocéros d’or, Grand prix 2013 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois.

Julien Salingue

Julien Salingue

Si la question palestinienne demeure un enjeu géopolitique et diplomatique essentiel, tant à l’échelle internationale qu’à celle d’un Moyen-Orient en pleine déstabilisation, l’idée même d’une solution politique durable n’a jamais été aussi éloignée. La faillite du processus d’Oslo a ainsi conduit nombre d’acteurs à substituer à la perspective d’une solution au « conflit » des politiques d’assistance destinées à atténuer les effets de l’occupation israélienne.

Le rôle des ONG au sein de ce dispositif est essentiel. Dans la mesure où elles contribuent à pallier les déficits du « processus de paix », elles sont un révélateur des tendances générales à l’œuvre dans les territoires occupés. Visant à transformer les Palestiniens, peuple avec des droits, en individus avec des besoins.

Julien Salingue est docteur en science politique. Il a notamment publié À la recherche de la Palestine (2011), La Palestine d’Oslo (2014) et codirigé Israël : un État-d’apartheid (2013).

Ignacio Del Valle Davila

Ignacio Del Valle Davila

En partenariat avec l'ARCALT, rencontre avec Ignacio Del Valle Davila, à l'occasion de la parution de son livre Le nouveau cinéma latino-américain.

Le concept d'un Nouveau Cinéma latino-américain apparaît à la fin des années 1960 pour décrire les liens entre les expériences de rénovation cinématographique menées par divers cinéastes de gauche. Loué par certains réalisateurs et critiques, fortement contesté par d'autres, que sait-on aujourd'hui de ce Nouveau Cinéma latino-américain ?

Ce livre retrace les origines et les développements de ce projet cinématographique à l'échelle de l'Amérique latine. Les connexions établies entre les réalisateurs et les institutions cinématographiques, les dialogues esthétiques, les circulations d'objets culturels et leurs appropriations sont au coeur de la réflexion.

À partir de l'Institut cubain de l'art et de l'industrie cinématographiques, l'école documentaire de Santa Fe, Chile Films, de Glauber Rocha et du groupe Cine Liberación, l'auteur analyse les conceptions, les médiations et les échanges portés par le Nouveau Cinéma latino-américain.

Alban Bensa - Révoltes kanaks

Alban Bensa - Révoltes kanaks

La rencontre sera suivie de la projection à 20h30 du documentaire Les Esprits du Koniambo au cinéma Utopia Toulouse.

Deuxième volet du cycle « Les yeux dans les docs ».

Une rencontre de choix avec deux personnalités qui ont à cœur, chacun dans sa discipline, de réfléchir au sens et à la portée de la trace laissée par la parole de ceux vers qui se tourne le regard de l'anthropologue, ou celui du documentariste.

Le livre Les sanglots de l’aigle pêcheur met en scène les voix qui, de 1919 à 2011, portent avec elles l’histoire de la Guerre kanak de 1917, son souvenir et son actualité. Liant histoire et anthropologie, articulant récits et épopées versifiées ici publiés en bilingue et commentés, cet ouvrage déploie une polyphonie par laquelle ses auteurs et des écrivains, poètes et narrateurs de jadis et d’aujourd’hui composent ensemble une œuvre engagée dans la prise de souveraineté intellectuelle Kanak.

Alban Bensa, anthropologue, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, est spécialiste de la Nouvelle-Calédonie et de la culture du peuple Kanak.

Après avoir travaillé pour Les Cahiers du cinéma de 1962 à 1978, dont il est rédacteur en chef de 1966 à 1971, Jean-Louis Comolli devient réalisateur de fictions et de documentaires

Zulma

Zulma

Fondées en 1991, les éditions Zulma – en référence tacite à Tristan Corbière et Honoré de Balzac – ont été imaginées par deux passionnés de littérature, Laure Leroy et Serge Safran. En une quinzaine d’années, cette passion n’a cessé de s’amplifier dans la découverte et la rencontre.

Au rythme de douze nouveautés par an dans le domaine de la littérature contemporaine, française et étrangère, Zulma s’impose le seul critère valable, celui de tout lecteur conséquent : être amoureux du texte qu’il faudra défendre. Car il s’agit de s’émouvoir, comprendre, s’interroger – bref, se passionner, toujours.

Être éditeur, c’est aussi rêver sans faillir ni défaillir, c’est tenter d’inventer avec tous et chacun l’avenir de la lecture, c’est chercher dans une sorte d’enivrement, non pas une formule introuvable, mais l’heure et le lieu de cette rencontre idéale entre l’auteur et son lecteur.

Nada éditions

Nada éditions

Pancho Villa, bandit social et figure majeure de la Révolution mexicaine et Frida Kahlo, icône de l’art moderne et peintre engagé, font partie de l’imaginaire du Mexique contemporain.

Rachel Viné-Krupa, auteure de Un ruban autour d’une bombe et David Doillon, éditeur chez Nada, présenteront ces deux personnages haut en couleur et les deux romans graphiques qui leur sont consacrés.  

Juin 1914. Deuxième phase de la Révolution mexicaine. La Division du Nord de Pancho Villa fait tomber Zacatecas, la dernière place forte de l’usurpateur Huerta. Une bataille épique. Sur un scénario de Paco Ignacio Taibo II illustré avec un réalisme saisissant par les gravures d’Eko, ce roman graphique fait la chronique à la fois drôle et tragique de ce fait d’armes qui a nourri la légende de Pancho Villa.

Pour l’artiste mexicaine Frida Kahlo, les vêtements sont plus qu’un simple atour : ils sont une seconde peau qui mue au fil de sa vie et nous révèlent ses choix identitaires et idéologiques. Dans cet essai graphique original, Rachel Viné-Krupa, auteure d’une thèse et de plusieurs ouvrages sur cette artiste, et Maud Guély, illustratrice et graphiste, vous invitent à parcourir la vie de Frida Kahlo à travers sa garde-robe si particulière.

Jean-Pierre Garnier

Jean-Pierre Garnier

"Qui fait la ville et pour qui?" Dans le cadre de la réalisationd'un documentaire sur la métropolisation, l'association ESMA (Échanges et Savoirs- Mémoires Actives) vous invite à une rencontre - débat avec Jean Pierre GARNIER, sociologue urbain à contre-courant, pour réfléchir sur les logiques et les enjeux des nouveaux aménagements du territoire qui nous concernent tou-te-s.

Jean Pierre GARNIER, sociologue urbain à contre-courant, est auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles touchant aux questions urbaines et socio-politiques. Il a enseigné dans plusieurs Universités avant d'être intégré dans les unités de recherches urbaines au CNRS.

A 21h à la Bourse du Travail, projection/débat avec Jean-Pierre Garnier autour du film La place Morvan, histoire d'une lutte, sur le quartier de Bagatelle
(Esma, 2010)

Jean-Pierre Garnier sera également présent à l'Université Toulouse Jean Jaurès vendredi 11 décembre à 16h.

Thomas Sankara

Thomas Sankara

Octobre 2014, le peuple burkinabè se soulève et renverse le dictateur Blaise Compaore au pouvoir depuis 27 ans. Une année plus tard (septembre 2015), un putch militaire est mis en échec par une mobilisation massive. En quoi l'expérience sankariste a-t-elle servi de référence à la transition politique actuelle au Burkina Faso? 

Laurent Grisel

Laurent Grisel

Sans sucre

Sans sucre

À 18h à la librairie Oh les beaux jours, lancement du festival « Vent d’est », organisé par le théâtre le Ring autour des dramaturgies des pays de l'Est.

À 19h à la librairie Terra Novalecture de Sans sucre, de Nicoleta Esinencu, paru aux éditions L’Espace d’un instant, par la Cie Scène directe, mise en lecture de Sabrina Ahmed.

Sans sucre nous situe dans l’univers d’un tandem frère-sœur, en colère contre leur famille, contre l’école, contre la société moldave “en post transition”, contre le reste du monde. La même violence et le même humour noir, en écho aux grands bouleversements politiques de la dernière décennie.

Vincent de Gaulejac

Vincent de Gaulejac

L’ouvrage analyse la genèse et la construction de l’« ordre paradoxal » du capitalisme. Il explore les liens entre la financiarisation de l’économie, l’essor des nouvelles technologies et la domination d’une pensée positiviste et utilitariste. Il montre pourquoi les méthodes de management contemporain et les outils de gestion associés confrontent les travailleurs à des injonctions paradoxales permanentes, jusqu’à perdre le sens de ce qu’ils font. Pour certains, le paradoxe rend fou. Pour d’autres, il est un aiguillon, une invitation au dépassement, à l’invention de réponses nouvelles, individuelles et collectives.

Vincent de Gaulejac, professeur émérite à l’université Paris 7-Denis Diderot, président du Réseau international de sociologie clinique (RISC), auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Névrose de classeLa Société malade de la gestion et Travail, les raisons de la colère.

Cuadernos de Ayotzinapa

Cuadernos de Ayotzinapa

Fruit d’un travail artistique (littéraire et iconographique) et militant, cet ouvrage est un hommage aux quarante-trois étudiants mexicains disparus la nuit du 26 septembre 2014, et dont les corps n’ont pour l’instant pas été retrouvés. Elèves professeurs de la Escuela Normal Rural de Ayotzinapa, le mystère entoure encore leur disparition, mais leurs luttes étaient celles d’un Mexique contemporain, gangréné par la corruption de l’Etat et le trafic de drogues.

Porque esa voz; esa múltiple y ancha, encabritada voz,

y la amorosa, indomable,

doliente voz de los padres que la enciende;

voz que siembra, que alerta,

voz que vive y alumbra,

es la voz de todos.

Coral Bracho, « Porque vivos se los llevaron »

 

Florence Johsua

Florence Johsua

Le renouveau des gauches radicales en Europe a suscité un regain d’intérêt à leur égard. Toutefois, peu d’études se sont intéressées aux individus qui militent contre le capitalisme, pour un autre monde. Qui sont ces hommes et ces femmes ? Quels parcours personnels, quelles expériences nourrissent l’audace de penser qu’on peut changer la société ? Comment ces engagements se sont-ils transformés et renouvelés ? Grâce à une enquête au long cours combinant entretiens, observations et analyses statistiques, ce livre propose une sociologie de l’engagement anticapitaliste en France du milieu des années 1960 aux années 2000. À travers le cas de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) devenue Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), l’auteure interroge les liens entre les évolutions du recrutement partisan et celles à l’œuvre dans la société et explore les trajectoires et les pratiques des militants, leurs visions du monde, leurs questionnements et leur idéal, pour apporter un éclairage inédit sur les nouveaux visages de l’anticapitalisme à l’aube du XXIe siècle.

Ce faisant, l’ouvrage invite à penser sous un nouveau jour de grandes questions de société, comme celle de la fin des utopies, la prétendue désaffection des jeunes pour la politique, la production sociale de la révolte ou encore ce que signifie prendre parti aujourd’hui. Il rend compte d’une aventure à la fois minoritaire et universelle : la contestation de l’ordre établi.

Les Yeux dans les docs #11 - Lutte des LIP

Les Yeux dans les docs #11 - Lutte des LIP

De Chris Marker à Christian Rouaud en passant par Thomas Faverjon, Dominique Dubosc, Carole Roussopoulos, différents cinéastes ont porté leur regard sur les luttes des Lip, laissant entendre les voix de certains protagonistes, la parole des femmes et leur place dans le mouvement. Si certaines images sont communes, les choix de montage sont singuliers.

Michèle Audin

Michèle Audin

Elles sont mathématicienne, ouvrière en soie, physicienne… Ignorées des livres d'histoire... Elles rêvent. Elles vivent, dans la joie et dans la peine. Elles sont invisibles. Oubliées. Omises, plutôt. Michèle Audin évoquera leurs histoires, qui sont aussi la trame de notre histoire.

Michèle Audin est mathématicienne et membre de l'Oulipo. Elle a déjà publié aux Éditions Gallimard Une vie brève (L'Arbalète, 2013 , Folio n° 6048) et Cent vingt et un jours (L'Arbalète, 2014).

Bob Dylan

Bob Dylan

Nous assistons grâce à lui à la session d’enregistrement de « Hurricane », la chanson racontant l’histoire de ce boxeur noir accusé d’un triple meurtre et luttant pour son intégrité et son innocence depuis sa cellule. Dylan a lu son livre (Le 16e round, publié en 2015 par les Fondeurs de Briques) et lui rend visite en prison. Le 45-tours est diffusé et Bob Dylan décide de reprendre la route, sous la forme inédite pour lui d’une caravane de multiples artistes, non seulement des musiciens mais aussi des saltimbanques, des poètes...

Lucia Katz

Lucia Katz

Les asiles de nuit, 1871-1914

« Au chemin du vice et du crime
Le malheureux n’est plus conduit,
Puisqu’on le reçoit en victime
À l’Hospitalité de nuit. »

(Jean de Lorr)

Les victimes de la rue font partie des sujets qui, depuis près de cent cinquante ans, reviennent chaque hiver, suscitant tout autant l’effroi que la compassion, l’incompréhension et l’indignation. Ce livre raconte l’avènement, au XIXe siècle, d’une nouvelle catégorie de pauvres : les « sans-abri », incarnée dans un dispositif spécifique, celui des asiles de nuit.

Lucia Katz reconstitue ce réseau d’assistance et nous introduit en son sein. C’est toute l’expérience sensible de l’asile qui est ici restituée : la file d’attente devant le refuge, l’ouverture des portes et l’inscription au registre, les étuves de désinfection, les dortoirs, le règlement à respecter sous peine d’exclusion, l’encadrement, le réveil. Elle insiste sur les nombreux débats qui parcoururent les réseaux de l’assistance et de la philanthropie : fallait-il donner à manger ? mettre au travail ? Quelle fonction donner à ces hébergements : un soulagement temporaire ou une aide à la réinsertion ? S’agissait-il de servir les pauvres ou de les contrôler ? écarter la misère ou la révolution ?
Ce travail retrace et éclaire la genèse de nos centres d’hébergement d’urgence. Il décrypte les ambiguïtés des institutions philanthropiques et déconstruit l’idéal de cohésion et de « synthèse sociale » qui marque les débuts de la IIIe République.
Un débat toujours d’actualité.

Docteure en histoire contemporaine, Lucia Katz est née en 1986. L’Avènement du sans-abri est son premier ouvrage.

Les Yeux dans les docs #12 - Chats perchés

Les Yeux dans les docs #12 - Chats perchés

La vitalité de la rue face à certains événements politiques, durant les 2 années suivant le choc du 11 septembre 2001. Un second tour des élections présidentielles en France, une guerre en Irak... D'images de chats en cadrages de choix.
Les événements du début du XXIème siècle, dans le dernier film d’une œuvre protéiforme, interrogeant la représentation du cours de l'Histoire et les différents modes d'engagement. Tissu d'images prises sur le vif et retravaillées au fil de vues des créations urbaines de Thomas Vuille. Un écho aux Chats de la Liberté de François Maspero.

Smolny - Das Kapital

Smolny - Das Kapital

Dans le présent ouvrage, Michael Heinrich développe une approche inédite et éminemment didactique du chef d’œuvre de Marx en offrant aux lecteurs, paragraphe après paragraphe, un commentaire très serré des deux premiers chapitres du Capital, dont la densité de raisonnement et l’importance des fondements conceptuels qu’ils introduisent (travail abstrait, forme-valeur, forme-monnaie, caractère fétiche de la marchandise, etc.) en rendent la lecture souvent ardue. L’auteur répond ainsi à une attente profonde de Marx, qui faisait du mode d’exposition une dimension essentielle de sa méthode. Sans partir d’évidences souvent établies a posteriori, ou de présupposés politiques, ce livre est à ce jour le seul véritable manuel d’exploration scientifique du Capital, dont la lecture doit être concomitante.

Le texte de référence est celui de la quatrième édition allemande du Capital, disponible dans la traduction coordonnée par Jean-Pierre Lefebvre — PUF, collection Quadrige (1993-2009) — ou celle revue par ses soins aux Éditions Sociales (2015).

Michel Chandeigne

Michel Chandeigne

On connaît un peu en France l’histoire de la tomate, de la pomme de terre, du maïs, originaires

du Nouveau Monde, parce qu’ils ont conquis l’Europe et que leurs tribulations nous ont été vaguement enseignées à l’école. Mais on ignore qu’aux XVIe et XVIIe siècles, quasiment toutes les plantes vivrières ont changé de continent, bouleversant complètement les habitudes alimentaires et les pratiques agricoles dans le monde entier, en particulier dans les zones tropicales. Cette diffusion s’est essentiellement faite sur les navires portugais de la ligne des Indes, disséminant graines et plants aux escales de Madère, Açores, São Tomé, en Angola, au Mozambique, puis à Goa et Malacca, plaques tournantes des échanges en Extrême Orient.

Doté d’une riche iconographie d’époque, ce livre conçu à la manière d’un dictionnaire dresse un inventaire spectaculaire de cette première mondialisation. Il relate la découverte et le voyage des 69 principales plantes vivrières consommées dans le monde et de quelques autres qui eurent un usage industriel plus ou moins important (hévéa, ricin, aleurite, rocou, etc.). Il donne les conditions de leur découverte ; leurs premières descriptions et appellations, images extraites des sources d’époque ; leurs multiples pérégrinations jusqu’à aujourd’hui.

Tout sera de la couleur que tu préfères

Tout sera de la couleur que tu préfères

Avec Rodrigo de Souza Leão, « ça déméninge ». Mort en 2009, le poète fut aussi peintre et musicien, défricheur de musique et vidéo électroniques. Il vécut dans l’entremêlement de son art et de sa maladie. Artiste total et schizophrène, perclus du sentiment de solitude, Rodrigo a laissé une œuvre colorée et éclectique. Très original et souvent drôle, le film frise avec la fiction en donnant la part belle à l’expression de l’artiste. Il analyse en profondeur la littérature et l’art, l’imitation ou l’inspiration, la tendresse et la folie, la peur et le courage de cet artiste convaincu d’être cloisonné et pourtant si immensément libre. Chaque image est traitée pour restituer une vie pleine d’artifices et d’étrangeté et donner une forme visuelle à de très beaux poèmes qui interrogent l’écriture et l’expression, le besoin de repousser les limites, toutes les limites.

Georges Lapierre

Georges Lapierre

Comment saisir notre présent, cette réalité fuyante, souvent inédite, trop familière pour être connue ? L’auteur a cherché à contourner cette familiarité en prenant le parti de la dissidence pour proposer une perspective décalée sur ce qui constitue notre réalité.

Être ouragans est composé de trois livres en un volume qui forment comme un triptyque.

Le premier livre est intitulé De la réalité et des représentations que nous en avons ; il s’agit d’un discours sur la réalité en tant que soi, en tant que réalité de la pensée se réalisant ; l’auteur y critique deux concepts qui sont propres à la représentation moderne et occidentale du monde et de l’être : celui de nature et celui d’individu.

Le deuxième livre contient Six thèses pour une brève histoire du capitalisme des origines à nos jours ; il s’agit cette fois d’une analyse de l’apparence comme réalité.

Le troisième livre parle de la résistance que les peuples indiens du Mexique opposent à l’avancée du monde marchand : il s’intitule L’expérience mexicaine et se présente comme une chronique des temps présents.

Rencontre avec Pierre Montebello et Aline Wiame au Bijou

Rencontre avec Pierre Montebello et Aline Wiame au Bijou

L’homme a trop longtemps été pensé comme une exception dans la nature. L’anthropocène est encore une pensée trop humaniste, trop centrée sur l’humain (l’anthropos). La vraie question est de savoir si nous saurons recomposer un nouveau monde prenant en compte toutes les relations terrestres sans lesquelles l’homme n’est rien.
C’est ce changement de cap que l’on voit poindre de la philosophie à l’anthropologie,de la sociologie à l’esthétique.


La fin du monde humain ne veut pas dire la fin de l’homme, mais le retrait de la place centrale que celui-ci occupait au sein de l’ensemble des savoirs. Plus que jamais, prendre en compte notre rapport à la Terre et au Cosmos est devenu nécessaire. Dans de nombreux domaines (anthropologie, sociologie, esthétique, droit, politique, etc.) des vues cosmomorphes se substituent aux vieux schémas anthropomorphes. L’homme doit se penser à l’intérieur de mondes infiniment plus larges et complexes que lui. Nous sommes entrés dans une nouvelle période géo-cosmique qui excentre l’homme de son monde. Plus que l’existence dans son monde, c’est sa consistance dans d’autres mondes qui est en jeu. Nos nouveaux problèmes sont des problèmes de consistance.


En quoi consistent les rapports esthétiques, politiques, ontologiques qui nous permettent de penser la relation de l’homme aux autres êtres ?
Quel nouveau statut advient à l’homme dès lors qu’il tient compte des relations terrestres dont il dépend, si lui est redonné le sens de la Terre et du Cosmos ?
Comment redistribuer sur les non humains une dignité d’être sans laquelle l’homme lui-même finira par s’effacer ?

Lect'vitrine

Lect'vitrine

Des femmes en vitrine qui murmurent, vous ne pouvez pas les entendre, elles chuchotent de l’autre côté de la vitre. Si vous voulez connaître leur histoire, vous devrez adopter une autre écoute. Il vous faudra plonger dans leurs paroles, leur enfermement, leur folie et leur humanité en mettant des casques d'écoute*. Ils vous feront tendre une oreille sur leur intimité presque indicible, à la violence et au tabou que seul le poème, que seule la langue ciselée de Magali Mougel peuvent donner à entendre.  

Des guérillères ordinaires à l’humilité et à l’effacement tragiques, belles et monstrueuses à la fois. 

Lectrices: Militza Gorbatchevsky, Jessica Laryennat et Louise Tardif.

Oliver Sacks - Semaine du cerveau

Oliver Sacks - Semaine du cerveau

Les ouvrages d’Oliver Sacks, médecin, neurologue et écrivain britannique récemment disparu, rapportent notamment différents cas cliniques rencontrés au cours de sa carrière, des études du comportement d'individus porteurs de troubles neurologiques, le tout rythmé d'anecdotes qui rendent accessibles au plus grand nombre ses conclusions médicales.

Toutes les infos sur La semaine du cerveau

 

Eduardo Galeano - Théâtre de la passerelle

Eduardo Galeano - Théâtre de la passerelle

Cet auteur uruguayen, mêlant humour, poésie et politique, est né en 1940 à Montevideo. Il a connu l’exil en Argentine puis en Espagne. Décédé en 2015, son œuvre la plus connue, Les Veines ouvertes de l'Amérique latine, est un réquisitoire contre l'exploitation de l'Amérique latine par les puissances étrangères depuis le XVe siècle.

Les Ateliers Dynamisation par le théâtre, menés par des artistes comédiens et danseurs, existent depuis 1992 et proposent un espace de sensibilisation ouvert à toutes les personnes qui traversent des difficultés diverses.

Tina Modotti

Tina Modotti

De ton enfance misérable en Italie, tu as puisé l'énergie de mener une vie d’artiste et de combat en Amérique. Amie de Diego Rivera, tu lui présentes Frida Kahlo, tu participes à la postrévolution au Mexique et parcours le pays avec ton appareil, sans oublier de multiplier les aventures amoureuses, avec un appétit de vie et un superbe mépris des conventions.

Chassée du Mexique, tu t’exiles dans le sombre Berlin des années 30, avant de gagner Moscou où ton aveuglement sur les purges staliniennes reste encore un mystère... Et tu décides soudain de ranger tes objectifs pour te consacrer à ton engagement politique. Durant la guerre d’Espagne, tu préfères soigner les blessés jusqu’à l’épuisement plutôt que couvrir le conflit.

Ton activité artistique n’aura duré que sept ans, c’est peu, mais ces années suffisent à te faire reconnaitre comme l’une des plus grandes photographes de ton temps. Sur ta tombe à Mexico, les mots de Pablo Neruda rappellent combien ton œuvre est encore vivante : Tina Modotti, ma sœur, tu ne dors pas, non, tu ne dors pas.

Willem et Baudoin

Willem et Baudoin

Invités lors des dernières éditions de « Jazz à Foix », Willem et Baudoin ont capturé sur papier les moments de grâce du festival.

Regards croisés autour de la musique, du jazz, leurs univers se mêlent autour d'un entretien à deux voix. Au fil des pages en noir et blanc, chacun dévoile une approche bien caractéristique de deux styles qui s'opposeraient presque. Le minimalisme précis et incisif de l'un, complète pourtant le foisonnement généreux de l'autre et inversement. Une rencontre graphique et humaine autour de la musique un soir d'été.

Julian Mischi

Julian Mischi

Pourquoi et comment des ouvriers continuent à se syndiquer et à militer malgré la force des processus favorisant leur exclusion politique.

On veut bien travailler, mais au bout d’un moment, quand tu vois que tu passes beaucoup de temps à faire des tracts, des papiers pour tout le monde, pour expliquer telle ou telle chose, et qu’en fin de compte le patron te casse la gueule et que ça sert à rien... Tu as beau faire ce que tu veux, avoir des camarades qui te disent : « Allez vas-y ! Ne t’inquiète pas : ça va payer ! »…
Au bout d’un moment, tu es démoralisé, tu les as là.

La culture cheminote, c’est ça qu’ils essaient de casser aujourd’hui : des valeurs de solidarité. C’est une société de plus en plus individualiste. Tout le monde fait les constats, tout le monde dit : « On a le pouvoir d’achat qui baisse. » On est tous d’accord globalement, mais entre faire le constat et emmener les gens dans l’action, il y a de la marge. Alors peut-être qu’un jour, il y aura un déclic. Je ne sais pas. Des fois, je ne sais pas ce qu’il faut pour qu’il y ait ce déclic.

Ce livre s’appuie sur une enquête menée pendant cinq ans sur le quotidien de syndicalistes ouvriers dans un atelier SNCF, au sein d’un bourg industriel de 3 000 habitants. Donnant la parole à des populations souvent associées à tort au seul monde agricole et essentiellement dépeintes par les médias nationaux comme des électeurs du FN, il montre que les ouvriers constituent le premier groupe social des campagnes françaises et tente de répondre à la question : comment s’engager quand tout pousse à la désyndicalisation ?
La restitution d’entretiens et de discussions dans le syndicat, tout comme l’observation des mobilisations, font entrer le lecteur dans l’ordinaire de la vie d’ouvriers syndiqués et montrent des tentatives d’organisation collective concrètes face aux réorganisations managériales. Explorant les réalités du militantisme en entreprise, l’ouvrage souligne que les clivages de classes, loin d’avoir disparu, se sont reconfigurés dans un nouveau contexte politique et économique – contexte où l’engagement à gauche peut aussi se perpétuer dans des conditions renouvelées, voire se développer.

Julian Mischi, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), est notamment l’auteur des ouvrages : Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010), Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Agone, 2014).

Xavier Montanyà

Xavier Montanyà

Le 21 janvier 1961, des révolutionnaires espagnols et portugais exilés en Amérique latine détournent en haute mer un navire transatlantique portugais, le Santa Maria, avec un millier de passagers à bord. S’ensuivent douze jours de poursuite et de négociations diplomatiques intenses qui font la une des médias et tiennent le monde entier en haleine.

Ces hommes du Directoire révolutionnaire ibérique de libération (DRIL) agissent pour relancer la lutte armée contre Franco et Salazar, rappeler l’existence des deux dernières dictatures d’Europe et accoster dans leurs colonies africaines afin d’y créer un foyer de guérilla pour l’indépendance.

Ce récit captivant rend hommage à ces militants et révèle une part méconnue de l’histoire des combats contre les fascismes ibériques, tout en les replaçant dans le contexte politique international de l’époque (révolution cubaine, indépendances africaines, intégration de l’Espagne au bloc occidental…).

À partir de cette prise d’otages spectaculaire, ce livre nous plonge dans l’Espagne franquiste des années 1960, explore ses mécanismes de répression et de propagande, son évolution interne, son alliance avec la dictature de Salazar, ou encore la collaboration des démocraties occidentales. Enfin, il décrit avec minutie la réactivation des résistances anarchistes et de l’action directe contre le régime de Franco autour de ce coup d’éclat du DRIL.

Kurdistan

Kurdistan

Témoignages et retours d'expérience sur la "sale guerre" de l’État turc qui tente de mâter dans le sang les élans du mouvement révolutionnaire kurde.
A la volonté d'autonomie, au refus de l’État nation, au mouvement des femmes, et au rejet du capitalisme qui s'expriment au sein du mouvement kurde, le régime de l'islamo conservateur Erdogan oppose les tanks, les sièges sans fin des villes kurdes, les massacres, les arrestations...

https://nevarneyok.noblogs.org/

Adélaïde Mukantabana

Adélaïde Mukantabana

La mémoire, lourde de souvenirs effroyables de la tragédie rwandaise, a conduit Adélaïde Mukantabana à se battre avec les mots de la langue française, à ouvrir les mots du kinyarwanda, la langue rwandaise, pour en faire sortir la souffrance et la vie, enfin, à se reconstruire. Elle fait traverser toute l'étendue de l'orgie génocidaire, elle démasque les impostures de l'Eglise catholique rwandaise, celles du dictateur Habyarimana, celle de la politique française. Elle perce à jour de troublantes vérités.

Claire Auzias / Albert Camus

Claire Auzias / Albert Camus

Sachez-le, en dépit de tout ce que les pouvoirs intellectuels infatués proclament : Camus est dans sa vérité première alors qu’il contribue à toutes les revues libertaires de son temps : Défense de l’Homme, Le Libertaire, La Révolution prolétarienne, Témoins...

Il y fait ces aveux à propos de Bakounine, le père russe de l’anarchie : « Il est vivant en moi » ; de cette Espagne, dont est issue sa branche maternelle : « Je lui dois presque tout » ; de Gandhi : « Son importance n’est plus à dire » – en pleine guerre d’Algérie.

Aux côtés des têtes pensantes de ces publications, Maurice Joyeux, Louis Lecoin, Gaston Leval, Rirette Maîtrejean, Jean-Paul Samson… – leurs interventions sont là, qui nourrissent les siennes – il dégage l’idée d’un « génie libertaire ».

Et si Camus a jamais mérité ce jugement de la philosophe Hannah Arendt qui inaugura, avec sa dénonciation du totalitarisme, la pensée moderne et qui écrivait en 1952 : « Sans aucun doute le meilleur en France à l’heure actuelle. Il dépasse les autres intellectuels de la tête et des épaules », c’est avec cet ensemble, d’une rare éloquence !

Projection autour de la vidéosurveillance

Projection autour de la vidéosurveillance

La vidéosurveillance a toujours été imposée par l’État. Cependant, ces dix dernières années, l’acceptation du processus en a fait un argument électoral, l'accélérant de manière alarmante.

Sous couvert de sécurité, l’État légitime l'installation de toujours plus de caméras, au détriment de nos libertés et de nos vies privées. Dans les bâtiments publics, dans les commerces, dans les transports en commun, dans la rue... Les caméras sont partout, enregistrant tous nos faits et gestes. Comment préserver nos libertés dans un monde de plus en plus surveillé ?

Les Yeux dans les docs n°13 - Elle signe Brigitte

Les Yeux dans les docs n°13 - Elle signe Brigitte

Brigitte, hospitalisée durant le 1er quart de sa vie, a été déclarée autiste. Bernard, son assistant familial puis tuteur, a été infirmier-psy. De leur rencontre advint la co-n-naissance d’un anthropologue-psychanalyste et d’une artiste-peintre.

Elle commence à peindre à 27 ans, expose depuis 1996. Ses tableaux à fleur de peau balisent l’histoire d’une relation avec celui qui la sortit de son enfermement. Sa peinture, espace de jeu avec le monde, la relie aux autres et donne corps à l’expression d’un je pointant l’essentiel, telle la signature qui érige ses toiles.

À distance juste et sobre, le film garde les aspérités relationnelles ayant émergé au fil d’un tournage avec deux êtres atypiques au lien singulier.

Jean-François Raynaud, auteur d’un autre film avec Brigitte, Le portrait (2008), est aussi co-auteur du film François Maspero, les chemins de la liberté (2014).

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Shlomo Sand à la Bourse du Travail

Shlomo Sand à la Bourse du Travail

Quel lien établir entre le dernier ouvrage de Michel Houellebecq, les meurtres de Charlie Hebdo et la mobilisation massive « Je suis Charlie » qui en a suivi ?

Dans une période de crise profonde du capitalisme, la recherche de boucs émissaires : les immigrés, les musulmans, permet d’orienter toutes les peurs. Et le succès des thèses soutenues par des essayistes ultra-médiatisés comme Eric Zemmour ou Alain Finkielkraut, au détriment du « politiquement correct », renforce le sentiment identitaire d’appartenance à une civilisation « judéo-chrétienne ».

C’est à la lumière de l’Histoire et de l’actualité récente que Shlomo Sand nous invite à réfléchir sur l’évolution de cette pensée qui se garde de critiquer directement les véritables élites régnantes mais qui est toujours disposée à accuser et à crucifier les « misérables ». Même si, Victor Hugo et Zola sont morts depuis longtemps, il reste encore à faire oublier, le plus vite possible, Sartre, Foucault et Bourdieu.

Shlomo Sand est un historien israélien spécialisé dans l’histoire contemporaine. Il fait partie des nouveaux historiens israéliens. Il est professeur à l’Université de Tel Aviv depuis 1985.

Yanis Thomas

Yanis Thomas

Qu’a fait la France en Centrafrique, son ancienne colonie ? Que fait-elle encore dans ce pays marginalisé d’Afrique centrale ? Quel y est le jeu des ingérences étrangères ? Pour quelles raisons économiques et diplomatiques ?

Des compagnies concessionnaires au sacre de Bokassa, des mutineries des années 1990 à l’assaut de l’armée française sur Birao en 2007, cet ouvrage revient sur ce qui a fait de la RCA un pays emblématique du système de la Françafrique. Il décrypte aussi les volontés d’influence et d’ingérence d’autres États, comme le Tchad, le Congo-Brazzaville ou l’Afrique du Sud, affinant l’analyse des crises successives qui ont secoué le pays ; et montre le rôle central des enjeux économiques, et notamment des ressources naturelles, dans les motivations des entités en lutte aux niveaux national comme international.

Nineteen / Fondeurs de briques

Nineteen / Fondeurs de briques

À l’occasion de la publication de l’anthologie de Nineteen, fanzine rock
toulousain et international, nous redécouvrons à travers une  quarantaine d’articles des années 1980 un panorama passionné d’une musique sans concession. Nous dialoguerons avec Antoine Madrigal, redac’ en chef de Nineteen et Gildas Cosperec, son homologue actif de Dig it ! autour de leur idée du fanzine et de la littérature rock.

Cette anthologie est une invitation à (re)découvrir des oubliés, des
laissées pour compte ou des allumés qui ont mené leur barque comme ils l’entendaient, quitte, parfois, à rester sur le bord de la route. Simples étoiles filantes ou références incontournables, ils font que le rock ne se réduit pas à une simple « compensation d’un manque à vivre » ou à une consommation de produits manufacturés pour la jeunesse…

Guillaume de Gracia

Guillaume de Gracia

Le péronisme demeure une énigme. « Populisme », « fascisme de gauche », tout a été dit sur le péronisme mais en regardant trop haut, en se focalisant sur la figure providentielle du général Perón, alors qu’il fallait se pencher, sur la puissance des mouvements populaires et ouvriers argentins et des guérillas pour comprendre ce phénomène historique. C’est ce défi que relève ce livre qui couvre trente années de luttes et de résistances d’un peuple dont une grande partie, pendant dix-huit ans, s’est identifiée à un individu, Juan Domingo Perón.

De 1943, année de son arrivée au pouvoir grâce à un pronunciamiento, jusqu’au coup d’État de la junte militaire en 1976, c’est une histoire complexe, foisonnante et singulière que l’on pourra lire, qui mêle syndicalisme, expériences d’autogestion, grèves, révoltes urbaines, guérilla, répression.

Récit inédit d’une période riche et conflictuelle au plus près des acteurs d’en bas, De sueur et de sang se veut une histoire du péronisme, encore incontournable en Argentine, du point de vue des mouvements qui l’ont porté et de ceux qui s’y sont opposés.

Marie-Jean Sauret

Marie-Jean Sauret

La psychanalyse soutient une conception du sujet dont la démocratie a besoin, conception que les logiques marchandes du monde contemporain contestent.
Certaines approches réductrices de l’autisme, par exemple, tout  comme le rejet de la singularité, du symptôme, et même des choses de l’amour sont les indices de ce maltraitement. Comment en est-on arrivé là ? Y a-t-il une issue à cette situation ?

Marie-Jean Sauret est psychanalyste et professeur émérite à l’Université Toulouse — Jean Jaurès. Il est l’auteur de Malaise dans le capitalisme (PUM 2005), Psychanalyse et Politique (PUM 2005) et L’effet révolutionnaire du symptôme (Érès, 2008).

Temps d'exil / Mehdi Lallaoui

Temps d'exil / Mehdi Lallaoui

Ce spectacle, où se croisent la voix et la musique, donne vie aux poèmes et nouvelles de Mehdi Lallaoui en suivant les routes des migrations contemporaines qui font notre actualité : la mémoire des anciens migrants aborde la question de l’exil, de la frontière, du déracinement. Mais c’est aussi l’histoire de l’amour et du rêve, du combat pour l’honneur, du voyage et du voyageur, un message de fraternité à tous les migrants.

Véronique Decker

Véronique Decker

De Zébulon à Zyed et Bouna, sans oublier Albertine et Mélisa, N’Gwouhouno ou Yvette… du syndicat à la pédagogie de la « gaufre », des Roms à la maman sur le toit, Véronique Decker, enseignante et directrice d’école Freinet à Bobigny (Seine-Saint-Denis), éclaire par petites touches le quotidien d’une école de « banlieue ».

Au fil de ses billets, il est question de pédagogie, de luttes syndicales, de travail en équipe, mais surtout des élèves, des familles, des petits riens, des grandes solidarités qui font de la pédagogie un sport de combat… social.

Loin du déclinisme d’« intellectuels » pérorant sur l’école, des ségrégations institutionnelles ou du libéralisme et de sa fabrique de l’impuissance, c’est une autre école, en rires, en partages, en colères, en luttes qui se dessine, avec « des craies de toutes les couleurs, sur le tableau noir du malheur… » De l’autre côté du périph. Trop classe !

Vanessa Codaccioni

Vanessa Codaccioni

Qu’ont en commun d’anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l’OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d’Action Directe ? D’avoir été jugés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d’Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat.

Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l’arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l’OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd’hui, c’est toute la généalogie de l’antiterrorisme que ce livre retrace.

Par cet ouvrage passionnant qui s’appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l’État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l’utilisation de dispositifs d’exception en régime démocratique.

Les Yeux dans les docs n°14 - Putain d'usine

Les Yeux dans les docs n°14 - Putain d'usine

Les voix de travailleurs de l’usine chimique « Grande Paroisse » du groupe AZF, située en banlieue rouennaise, pointant les dangers pour l’environnement, accidents mortels, dépressions et suicides, à une époque où les images et le vocabulaire médiatiques tendent à rendre invisibles les ouvriers. Le film souligne l’acuité du regard de ceux qui, au bout de 30 ans d’ancienneté, questionnent le sens du travail, de la société productiviste et de la transmission. En écho à des passages de textes de Jean-Pierre Levaray, mis en scène et en voix, au fil de plans de l’usine crachant une fumée blanche, ogresse mangeuse d’hommes et de rêves d’avenir.

Rémy Ricordeau, documentariste depuis 2005, a également réalisé Inventaire avant liquidation (Mutins de Pangée 2012).

Jean-Pierre Levaray sera à la librairie le mercredi 25 mai à 19h à l'occasion de la parution de son livre Je vous écris de l'usine aux éditions Libertalia. Toutes les infos par ici.

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El Canero

El Canero

El Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé journal indépendant de combat : El Canero qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication des prisonniers avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s. Il est désormais traduit en français. 

Éric Aunoble

Éric Aunoble

En France, la révolution russe est devenue un repoussoir, le moment fondateur d’un totalitarisme aussi terrifiant que le nazisme. Elle n’est plus envisagée que sous l’angle de ses victimes, aussi bien dans le discours public que dans les manuels scolaires. Éric Aunoble retrace la réception de l’événement en France depuis 1917 – comment L’Humanité, aux mains des socialistes d’Union sacrée, vilipende la révolution bolchevique ; comment le Parti communiste, créé dans la foulée d’Octobre, impose une lecture de plus en plus stalinienne, se mariant après la Seconde Guerre mondiale avec le discours déterministe de l’Université. Ainsi sont étouffées les voix dissidentes, celles des premiers communistes français, familiers de Lénine et Trotsky. L’usage politique de 1917 se dessèche et Mai 68 ne voit réémerger que des clichés du bolchevisme (qui témoignent toutefois de l’importance de l’événement dans la culture populaire). Au long d’un siècle, la révolution russe a été lue en fonction du contexte politique français. Ainsi s’explique le retournement qui s’est joué, de l’engouement au dénigrement et à l’effacement d’aujourd’hui, quand triomphe le conservatisme et son rejet de toute "culture révolutionnaire".

Éric Aunoble est historien et enseignant à l'université de Genève. Il est l'auteur de "Le communisme tout de suite !", le mouvement des Communes en Ukraine Soviétique (1919-1920), aux éditions Nuits Rouges (2008).

Jean-Pierre Levaray - RENCONTRE ANNULÉE

Jean-Pierre Levaray - RENCONTRE ANNULÉE

« La véritable histoire des ouvriers ne peut être mieux racontée que par les ouvriers eux-mêmes. Pour écrire sur l’usine, il faut la vivre de l’intérieur, la renifler avec ses tripes. Jean-Pierre Levaray trouve les mots justes pour raconter son quotidien. Il est l’un des maillons de cette usine d’engrais chimiques, située à Grand Quevilly, près de Rouen, filiale de Total jusqu’en 2014, classée Seveso 2, seuil haut. »
Extrait de la préface de Hubert Truxler (dit « Marcel Durand »), auteur de Grain de sable sous le capot (Agone, 2006).

Pendant dix ans (2005-2015), chaque mois, Jean-Pierre Levaray a animé la chronique « Je vous écris de l’usine » dans le mensuel CQFD. Il a raconté les heurs et malheurs de la classe ouvrière, sa classe. Les luttes et les espoirs, les joies et les peines, les travers et la résignation, parfois. Ce texte vient d’en bas. Il en a le goût et l’odeur. Ode à l’écriture prolétarienne.

Auteur de Putain d’usine (L’Insomniaque / Agone), de Tue ton patron (Libertalia), Jean-Pierre Levaray (né en 1955) a passé quarante-deux années à l’usine.

Le 19 mai à 20h30 à la librairie, projection de Putain d’usine, documentaire de Rémy Ricordeau (2006). Toutes les infos par ici.

 

José Braga et Nicolas Teyssandier

José Braga et Nicolas Teyssandier

D’où vient l’humanité ? Cette question a longtemps été confisquée par la pensée religieuse et mythologique. Si l’essentiel semble dit depuis les travaux de Charles Darwin au xixe siècle, la découverte de nouveaux fossiles, les récentes analyses paléogénétiques et les études sur les comportements des Hommes de la préhistoire bousculent les scénarios sur les origines de l’humanité. 
Quelles pistes ouvrent ces nouvelles découvertes ? Quels mystères persistent ? Comment les réponses scientifiques au questionnement sur l’origine animale de l’Homme participent-elles au débat citoyen sur la lutte contre les intégrismes religieux, le créationnisme et le racisme ? Autant de questions autour desquelles dialoguent ici librement une historienne et philosophe des sciences, deux paléoanthropologues et un préhistorien.

José Braga est paléoanthropologue, professeur à l’Université Paul Sabatier à Toulouse, directeur de fouilles archéologiques sur le site de Kromdraai (Afrique du Sud).

Nicolas Teyssandier est préhistorien, chargé de recherche au CNRS au sein du laboratoire TRACES (Travaux et recherches archéologiques sur les espaces, les cultures et les sociétés) basé à l’Université Toulouse-Jean Jaurès.

 

Philippe Pelletier - RENCONTRE ANNULÉE

Philippe Pelletier - RENCONTRE ANNULÉE

Philippe Pelletier est un géographe libertaire, enseignant-chercheur à l’université Lyon 2. Ses travaux portent sur le Japon, l’histoire de la géographie et de l’écologie, les rapports entre anarchisme et géographie.
Il est notamment l’auteur de Climat et capitalisme vert. De l’usage
économique et politique du catastrophisme, paru aux éditions Nada, et de La critique du productivisme dans les années 30. Mythe et réalités, publié par les éditions Noir et Rouge.

Grégory Chambat

Grégory Chambat

La question scolaire apparaît comme un terrain d’intervention privilégié de l’offensive réactionnaire.
C’est probablement là que se lisent le mieux les succès de la contrerévolution culturelle et idéologique impulsée il y a une quarantaine d’années par les néo-conservateurs.
Connaître l’histoire de leur « pédagogie noire », décrypter ses déclinaisons contemporaines pour en révéler les enjeux sociaux et ses convergences avec les projets éducatifs du néolibéralisme est d’une urgente nécessité afin de ne pas laisser aux réac-publicains le monopole de la contestation d’un ordre scolaire injuste et déjà par trop traditionaliste. Seulement, pour ne céder ni aux sirènes du « nostalgisme » réactionnaire ni au renoncement à tout projet politique de transformation sociale, il nous faut aussi retrouver les chemins d’une pédagogie de l’émancipation, une pédagogie de combat...

Jef Klak

Jef Klak

Dès 18h30, venez débattre des rapports entre les humains et les autres animaux en compagnie de membres du collectif, ainsi que d’éleveurs engagés dans le mouvement Écran Total.
À 21h, concert avec Gattaca (rock mutant), Petra Pied de Biche et Notre Dame des Lourdes !

Nous serons présents avec une sélection de livres.

Nicolas de La Casinière

Nicolas de La Casinière

L’intérêt public livré aux intérêts privés ? Les PPP l’ont fait. Opaques, bien verrouillés, soumis aux pures logiques financières, les partenariats public-privé (PPP) confient le financement, la réalisation et le fonctionnement d’équipements publics (stades, hôpitaux, écoles…) à des multinationales. Ultralibéraux et technocrates l’ont importé en France, au grand bénéfice d’une oligarchie restreinte dominée par Vinci, Bouygues et Eiffage.
Vinci incarne le capitalisme moderne avec un discours de façade écolo, une rhétorique bien rodée sur l’humain au coeur de l’entreprise, des oeuvres de bienfaisance bien orchestrées. Ce qui n’empêche pas des pratiques de prédateur en profitant des opportunités ouvertes par la crise financière et économique, l’exploitation de la précarité des salariés, les proximités avec le
pouvoir et quelques ennuis devant les tribunaux.

 

 

Jann-Marc Rouillan

Jann-Marc Rouillan

Je regrette d’être emprisonné pour délit d’opinion quand j’ai affirmé durant toute mon existence que seul l’acte donne leur véritable sens aux mots.

Dans les Vers nouveaux, Rimbaud était bien plus explicite : “De rage, sanglots de tout enfer renversant… Industriels, princes, sénats, périssez ! Puissance, justice, histoire, à bas !”

J’aurais peut-être dû versifier mon propos ?

Un de ces jours, il me faudra tout de même calculer (en jours de prison) le poids de chacun des mots qui provoqua les foudres de la justice.

Série d’aveux indéniables et de souvenirs carcéraux, politiques, amoureux, militants, littéraires, cinématographiques, révolutionnaires et enfantins enfin délivrée avec une bonne foi irréprochable par cet ancien membre du groupe Action directe, qui joue avec ce que ses juges attendent de lui. Écrits au printemps 2010 (sur le modèle du Je me souviens de Pérec), alors qu’il venait de passer à Marseille sa première année en semi-liberté depuis vingt ans, ce texte a été revu pour son édition.

Ali Zamir

Ali Zamir

Quelque part dans l’océan Indien, une jeune femme se noie. Ses forces l’abandonnent mais sa pensée, tel un animal sur le point de mourir, se cambre : dans un ultime sursaut de vie et de révolte, la naufragée nous entraîne dans le récit de sa vie... 

Roman aussi étourdissant qu'envoûtant, qui n'est pas sans rappeler L'Art de la joie de Goliarda Sapienza par la beauté de son héroïne et la force de sa langue, Anguille sous roche est un miracle littéraire.

Ali Zamir a 27 ans. Il vit dans l’archipel des Comores, sur l’île d’Anjouan. Anguille sous roche est son premier roman.

Miguel Benasayag

Miguel Benasayag

Le cerveau humain connaît, étudie, explique et comprend, au point qu’il en est arrivé à prendre comme objet d’étude… lui-même. Et les nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau ébranlent profondément nombre de croyances au fondement de la culture occidentale. Car les remarquables avancées des neurosciences rendent en effet désormais envisageable pour certains la perspective d’améliorer le cerveau et de supprimer ses faiblesses et ses « défauts » : le rêve d’un cerveau « parfait » semble à portée de la main.
Cette vision conduit à considérer notre cerveau comme un ordinateur qu’il s’agirait d’optimiser en l’améliorant par divers outils pharmacologiques ou informatiques. À partir d’une vulgarisation très pédagogique de recherches récentes souvent très « pointues » en neurosciences, Miguel Benasayag montre ici, de façon fort convaincante, pourquoi ce nouvel idéalisme du « cerveau augmenté » est en réalité une illusion dangereuse : le monde qu’entendent préparer les transhumanistes et certains scientifiques risque fort d’être surtout habité par la folie et la maladie…
Une thèse critique solidement argumentée, qui a commencé à faire son chemin dans le milieu des chercheurs les plus préoccupés par les apories et les failles de ce nouveau mythe du progrès.

Manon Labry

Manon Labry

Au début des années 1990, de jeunes féministes nord-américaines lançaient du fond de leurs tripes un cri de colère et de ralliement dans le milieu punk underground : « Revolution, Grrrl Style, Now ! » La culture riot grrrl – littéralement, les « émeutières » – était en train de naître. Des groupes comme Bikini Kill ou Bratmobile partaient à l’assaut de la production musicale, décidés à rendre « le punk plus féministe et le féminisme plus punk ».

Leur offensive fut une secousse incroyablement positive pour toute une génération assommée par la culture mainstream. Car les riot grrrls ont été bien davantage qu’un simple courant musical : appliquant les principes du Do-It-Yourself, elles ont construit une véritable culture alternative, dont la force de frappe tient en une « proposition » que suivront des milliers de jeunes femmes : celle d’oser devenir qui elles sont et de résister corps et âme à la mort psychique dans une société capitaliste et patriarcale.

Manon Labry retrace l’histoire de cette révolution politique et culturelle. Elle déploie une écriture punk bien frappée qui entremêle paroles de chansons, témoignages, réflexions personnelles, extraits de fanzines et illustrations pour faire la chronique d’une génération.

Guillaume Goutte

Guillaume Goutte

Quel que soit le parti politique au pouvoir, l’État ne servira jamais que les intérêts des classes possédantes et dirigeantes, au détriment de ceux du prolétariat. Salariés, travailleurs précaires, chômeurs, nous n’avons que trop confié notre avenir et nos aspirations à ceux qui nous exploitent et nous soumettent. Aujourd’hui, face à l’ampleur de l’offensive antisociale et sécuritaire, face au retour des idéologies réactionnaires, il est urgent de reprendre goût à la lutte, à la grève, de redescendre dans nos rues et de nous réapproprier ces espaces populaires de combat et de solidarité que devraient être les syndicats.

 À la fois pratique et projet de société, l’anarcho-syndicalisme reste le moyen le plus indiqué, pourvu qu’on s’efforce de le (re)penser en phase avec les réalités actuelles, pour en finir avec toutes les dominations. L’enjeu, pour nous tous et toutes, n’est pas seulement défensif : il s’agit surtout, à terme, de reconquérir le temps de vivre.

Correcteur de métier, Guillaume Goutte milite à la CGT et au Groupe anarchiste Salvador-Seguí depuis plusieurs années. De cet engagement militant, il tire ces quelques réflexions.

Lucile Leclair

Lucile Leclair

Alors que le monde agricole se débat dans la crise et que des milliers d’agriculteurs abandonnent chaque année leur métier, des jeunes et moins jeunes gens venus de la ville, sans ancrage familial dans la paysannerie, choisissent de travailler la terre et s’installent ici et là, aux quatre coins de la France, en maraîchage, élevage, culture. Succès, échecs, difficultés, bonheurs : peu à peu, ils renouvellent l’activité et apparaissent comme le ferment d’une agriculture en mouvement, écologique et pleine d'espoir.

Gaspard d’Allens et Lucile Leclair ont passé un an à sillonner le pays pour découvrir les néo-paysans. Prenant le temps de séjourner dans ces nouvelles fermes, participant au travail des champs, revenant pour approfondir l’échange, ils rapportent de leur enquête une série de portraits vifs et denses. Les premiers, ils décrivent et analysent ce mouvement souterrain et puissant qui témoigne d'un changement majeur dans le regard que la société du XXIe siècle porte sur la terre et l’activité de production alimentaire.

Lucile Leclair, 25 ans, a voyagé en Amérique latine avant d'achever un master Politiques de l'environnement à Sciences Po Paris. Elle a travaillé dans un syndicat agricole puis à la Fédération nationale d'agriculture biologique. Elle a publié plusieurs reportages dans Reporterre.

Niet Éditions

Niet Éditions

Niet ! Critique sociale et refus de toutes les formes de domination

Nous voulons partager le plus largement possible des idées, des réflexions, des expériences s'inscrivant dans une perspective de lutte des classes, clairement anti-autoritaire et anti-patriarcale. Nous publions des textes d'analyse de l'actualité et d'histoire des luttes populaires et autonomes, en privilégiant les écrits issus d'une expérience directe de la réalité sociale, tels que les récits, les témoignages, les entretiens... Contre la logique segmentée des habituelles collections éditoriales, nous préférons imaginer une continuité et des liens féconds entre les différents champs de l'analyse, entre l'histoire et le présent, entre la théorie et la pratique, pour aider à penser concrètement le monde actuel et la manière dont nous pouvons agir sur lui.

Niet ! Structure d’édition collective et outil pour la lutte

Reposant sur une organisation horizontale, non hiérarchique, Niet ! Éditions facilite la publication de textes camarades, à bas prix. Le catalogue évolue donc en fonction des propositions... et de la dynamique des luttes ! Optant pour un financement autonome, en refusant toute subvention, cette structure est libre des carcans institutionnels. Nous voulons faire des livres que le plus grand nombre puisse s'approprier et faire circuler, pour aiguiser colères et nourrir imaginaires.

(Nous encourageons vivement le photocopillage des livres, mais uniquement à des fins non commerciales.)

Niet ! Parce que tout commence par un refus...

Kurdistan, la guerre des Filles

Kurdistan, la guerre des Filles

Fin 2015, Mylène Sauloy retrouve des combattantes kurdes avec lesquelles elle a tissé des liens depuis le début des années 2000. À présent en lutte contre Daech, ces femmes portent également le projet d'une société affranchie du Patriarcat, dans la lignée d’un mouvement de résistance créé il y a bientôt 40 ans en Turquie, autour de Sakine Cansiz, cofondatrice du PKK et assassinée avec deux autres militantes kurdes à Paris en janvier 2013.

Regard attentif sur un féminisme en actes - et en lutte, une création issue d’un travail approfondi, réalisé sur plusieurs années, qui relie l’Histoire à l’actualité et l’Écologie à l’égalité des droits humains. Souffle d’espoir que ce film généreux, à l’image de la réalisatrice !

Mylène Sauloy a grandi à Marrakech. Après quelques années en France, elle passe près de vingt ans en Amérique latine où elle obtient un doctorat en sociologie. Elle est l’auteure de plusieurs livres (Bogota Jungle ; Géopolitique de la drogue ; Tchétchénie, dix clés pour comprendre). Elle est à l’initiative de différents de projets alliant créativité et résistance, telles les caravanes de la solidarité à travers le Caucase et à travers les Andes. Depuis les années 90, elle a réalisé de nombreux films documentaires en parcourant le monde, de la Tchétchénie à l’Amazonie en passant par l’Asie centrale et la Turquie.

Au cœur de sa filmographie : Le Torrent qui porta le chant aux Ouïghours (1999) ; Danse avec les ruines (2002) ; Le drôle de pays des Kurdes d'Irak (2003) ; Grozny, Paroles de femmes (2006) ; Au nom des mères, des fils et du rock’n’roll (2006) ; Babel Caucase toujours (2008) ; Qui a tué Natacha ? (2010) ; Ozersk, ville close nucléaire (2011) ; Amazonie, Le souffle indien (2011)…

 

La Grenaille

La Grenaille

Voici un ouvrage écrit par 11 femmes qui ne sont ni écrivaines, ni spécialistes, ni universitaires et qui dans ce travail d’écriture collective ont été tout ça à la fois. Elles ont en commun de travailler dans un réseau d’éducation populaire.

Ce réseau d’éducation populaire se revendique en résistance contre toute forme de domination (sexisme, racisme, classisme), propose des formations afin de se réapproprier collectivement le politique, mais comme bien d’autres organisations n’a pas été capable de penser ces questions en interne. Un réseau qui se découvre traversé par le sexisme et le patriarcat. Un réseau qui hiérarchise les luttes.

Le déclencheur, c’est l’agression sexuelle d’une d’entre elles par un homme de ce réseau.

Cet ouvrage relate le vécu des femmes de ce réseau, les enseignements et les pistes stratégiques qu’elles ont mises en œuvre. Conscientes de la banalité de ces situations, elles ont par cet ouvrage, souhaité rendre visible les mécanismes à l’œuvre, les stratégies qu’elles ont élaborées et leurs tentatives de fabrication de droits en interne.

Une histoire d’éducation populaire, une histoire de paires qui se reconnaissent divisées mais choisissent de faire classe et qui en se parlant, comprennent et analysent leurs situations communes. Elles ont écrit pour que leurs réflexions et perspectives d’actions puissent faire échos ailleurs à d’autres histoires et alimenter d’autres aventures collectives et luttes en cours.

Les auteures : Alexia M., Emilie Viard, Marie C., Diane K., Annaïg Mesnil, Natacha R., Katia Storaï, Cécilia G., Mélo P.G., Tiffanie D., Audrey P.

Origines Contrôlées

Origines Contrôlées

« Depuis la dernière édition du festival « Origines Contrôlées », la succession d’événements dramatiques, avec des attentats dans de nombreux pays dans le monde et en France, ont profondément bouleversé nos consciences et nos sentiments. Nous sommes, à chaque fois, saisis d’effroi et de tristesse, mais aussi de sentiments de révolte.

Face à ces situations, nous ne devons pas renoncer à préparer l’avenir, à prendre notre part si modeste soit-elle dans la défense d’un idéal de société, de justice, démocratique et mélangée.

Continuons d’être de celles et ceux qui refusent que le débat politique se fasse sur les clivages identitaires.

Accepter et se réjouir, de la créolisation du monde et de nos sociétés, est la plus sérieuse façon de répondre à ceux qui veulent nous mettre dans les cordes des identités fantasmées et manipulées. Tout, dans cet air du temps maussade, semble nous marginaliser, nous qui savons que c’est le mouvement des identités, et les identités en mouvement qui construisent un pays réel. Certes c’est un mouvement qui ne dit pas son nom, c’est pourtant un mouvement quotidien et puissant, qui fait l’essentiel des expressions citoyennes, artistiques et culturelles, tous les jours. C’est aussi un mouvement mondial. Alors autant le revendiquer, et affirmer que le véritable combat à mener est celui des imaginaires. Celui qui permettra de gagner la bataille des idées.

Pour cela, nous n’avons d’autres moyens que d’occuper l’espace, physiquement et symboliquement ; nous n’avons d’autres moyens que de réduire l’écart entre la réalité vécue et les discours politiques sur l’état de la société multiculturelle.

En disant cela, pas d’angélisme, c’est de notre expérience acquise au quotidien dans les quartiers populaires et ailleurs que nous tirons cette conviction.

Tous les jours, nos actions nous démontrent les possibilités, les potentialités en germe, les capacités de mobilisation et d’appropriation du quotidien et du politique. Le plus difficile aujourd’hui ce n’est pas de faire, mais de lever les scepticismes que nourrissent de longue date les discours politiques de notre pays.

Pendant quelques jours, à la Bourse du Travail de Toulouse, et dans les quartiers nord, nous dirons notre réalité.

Dire cette réalité, ce n’est pas promettre le paradis, mais pas l’enfer non plus. »

Le festival est dédié à Jacques Raffani

 

Fabienne Yvert #1

Fabienne Yvert #1

Du lundi 17 octobre au mercredi 19 octobre, de 14h à 19h, Fabienne Yvert tient un atelier ouvert à la librairie, prenant pour support les sacs en kraft à poignées que nous offrons à nos clients pour y mettre leurs livres. Un sac en papier tamponné aux armes de la librairie, un gros feutre pour y écrire une maxime ou une réflexion à emmener dans la rue : une phrase  portative à laquelle chacun-e aura, préalablement à la mise-en-sac, pris le temps de réfléchir, de chercher dans sa tête ou dans les
livres qui nous entourent, de formuler au plus juste. Écrire pour soi et pour les autres.
Et si nous sommes productifs, nous pourrons aussi constituer un stock de sacs à offrir à tout-e client-e qui n’a pas le temps de jouer avec nous à trouver ces phrases.
Voilà le prétexte d’une discussion, d’une formulation, d’un partage, d’un jeu d’écriture, et de vie.


Je voudrais rebondir sur un point —  à l’Espace de l’Art Concret, 2013

    

  

Fabienne Yvert #2

Fabienne Yvert #2

Pour la deuxième année consécutive, l’association de librairies Électrons Livres organise une journée d’événements «croisés», une déambulation livresque dans les librairies Croquenotes, Oh les beaux jours, Série B, Terres de Légendes et Terra Nova.
Terra Nova invite Fabienne Yvert à vous retrouver à Oh les beaux jours pour une lecture et intervention à sa façon d’une trentaine de minutes.

Direction la librairie Oh les beaux jours...

Yves Dupont

Yves Dupont

Pourquoi les sociétés modernes ont-elles décidé de sacrifier les paysans ? Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Pour tenter de répondre à ces questions fondamentales, ce livre montre comment, depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s’est étendu à l’ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie. L’époque est aujourd’hui aux fermes-usines et aux usines que l’on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience.

Le sacrifice des paysans est l’un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Ainsi, les auteurs analysent le mouvement historique au sein duquel s’est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années, des « Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses ». Puis ils expliquent comment le long travail d’« ensauvagement des paysans » a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales.

De ce véritable ethnocide, qui a empêché l’alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n’avons pas fini, tous, de payer le prix.

Diabolo Nigmon et Decibel Espanto

Diabolo Nigmon et Decibel Espanto

Vers la plus queer des insurrectionsest la traduction en français de Queer Ultra Violence : Bash Back ! Anthology publié en 2011 par Ardent Press aux États-Unis, une anthologie du mouvement queer insurrectionnaliste Bash Back !, né en 2007, compilée par Fray Baroque et Tegan Eanelli. Les textes regroupés dans ce livre ont été écrits par une constellation d’individus et de groupes et adoptent une multitude d’approches : provocation, romantisme, nihilisme, détournements, réappropriation, références sans citations, humour, postures esthétiques… Autant de stratégies pour creuser des thèmes obsédants, tels que la lutte contre l’intégration aux normes hétérosexuelles, l’usage des identités, l’attaque du christianisme puritain, l’action directe, le rapport à la violence, la vengeance, la pratique des émeutes et autres moments corporels collectifs, la stylisation du corps, l’esthétique de soi, la criminalisation, les stratégies de survie au sein du capitalisme. Des discours qui arrivent comme une bouffée d’oxygène, à l’heure où le manque d’une critique radicale des orientations politiques LGBT (assimilationnisme, nationalisme, apathie face au libéralisme, valorisation des politiques punitives…) est suffoquant.

Diabolo Nigmonfait partie de différents collectifs (squat, bibliothèque autogérée, production de cinéma...) tout en se revendiquant anarchiste individualiste.

Decibel Espanto est trans, anarcha-féministe, traducteur et sous-titreur. Né-e-s dans les années 1980, ielles vivent dans le sud de la France et sont impliqué-e-s dans différents projets qui tentent d’alimenter une culture militante autogérée et transpédégouine.

William Blanc

William Blanc

En ce début du XXIe siècle, le Roi Arthur n’a jamais été aussi présent sur les écrans. Cette figure médiévale apparaît de façon revisitée dans la fantasy (Le Seigneur des anneaux), la science-fiction (Star Wars), ou encore dans des séries comme Kaamelott. Son impact au sein de la culture populaire est au moins aussi important qu’au Moyen Âge.

Comment expliquer un pareil succès ? D’où vient le renouveau d’un tissu légendaire qui, après avoir suscité de nombreuses œuvres aux XIIe et XIIIe siècles (Chrétien de Troyes), est tombé dans un quasi-oubli du XVIe au XVIIIe siècle ?

Le Roi Arthur, un mythe contemporainse propose de répondre à ces questions en explorant la légende du souverain de Camelot et ses représentations au cinéma, à la télévision, dans la bande dessinée, dans les romans, mais aussi dans le champ politique.

Ce voyage à travers une mythologie renouvelée permet de percevoir les différentes mutations des figures arthuriennes : des chevaliers de la Table ronde mobilisés par les colonisateurs britanniques ou le maccarthysme ; Morgane héroïne féministe ; le Roi Arthur pacifiste et utopique ; ou encore Merlin en précurseur écologiste dans la fantasy.

Denis Crouzet et Patrick Cabanel

Denis Crouzet et Patrick Cabanel

La rencontre sera modérée par Patrick Cabanel, historien et spécialiste de la question protestante.

En partenariat avec le théâtre du Ring, à l’occasion de la représentation
de la pièce de Christopher Marlow, « 1572, massacre à Paris » (du 2 au 19 novembre). Toutes les infos sur la pièce sur le site du Ring.

 

Damien Faure

Damien Faure

Dans le cadre du Mois du Film Documentaire et de la 16ème édition du cycle Les Yeux dans les Docs, un partenariat avec le Cinéma American Cosmograph où aura lieu à 20H30 la projection du diptyque cinématographique MA, réalisé au Japon en 2015.

Entrée libre à la Librairie. Réservations et préventes au Cinéma à partir du 12 novembre. Pour toute information sur l’événement : lesyeuxdanslesdocs@gmail.com

La colonisation oubliée : Depuis plus de 40 ans le gouvernement indonésien mène une politique colonialiste d’une rare violence à l’égard du peuple de Papouasie occidentale en lutte pour la reconnaissance de son identité culturelle et politique. Dix années après son premier séjour dans cette région, le cinéaste revient le long de la Fly River, à la frontière indonésienne, devenu un lieu de refuge pour 12 000 personnes à la suite de combats entre rebelles papous et armée indonésienne.

Le film a obtenu le prix du meilleur court métrage au Festival de Montréal, Canada

Damien Faure : De la Papouasie occidentale au Japon, de la géopolitique à la philosophie, le cinéaste interroge les silences du monde et nous invite à une écoute attentive des hommes et des lieux. Son œuvre met l’accent sur certaines facettes du monde restées dans l’ombre, sur des points essentiels à questionner : l’oppression de certains peuples, la pensée architecturale et la place de l’homme dans la ville, les relations entre les êtres vivants - humains, non humains.

Le cinéaste s’est tout d’abord intéressé à un peuple dont le sort demeure mal connu, en tournant 3 films en Papouasie occidentale : West Papua en 2002, Sampari en 2008, et La Colonisation oubliée en 2010. Viennent ensuite des films sur l’art contemporain, suivis d’un diptyque cinématographique (« MA ») autour de l’espace urbain et naturel au Japon : Espaces Intercalaires en 2012 et Milieu en 2015. Le terme « MA », en japonais, renvoie à la notion d’intervalle : situé entre deux êtres, deux lieux. Son idéogramme symbolise un soleil encadré d’une porte.

Ses films ont été récompensés dans différents festivals

 

Olivier Cyran et Julien Brygo

Olivier Cyran et Julien Brygo

Pas un jour sans que vous entendiez quelqu’un soupirer : je fais un boulot de merde. Pas un jour peut-être sans que vous le pensiez vous-même. Ces boulots-là sont partout, dans nos emplois abrutissants ou dépourvus de sens, dans notre servitude et notre isolement, dans nos fiches de paie squelettiques et nos fins de mois embourbées. Ils se propagent à l’ensemble du monde du travail, nourris par la dégradation des métiers socialement utiles comme par la survalorisation des professions parasitaires ou néfastes.
Comment définir le boulot de merde à l’heure de la prolifération des contrats précaires, des tâches serviles au service des plus riches et des techniques managériales d’essorage de la main-d’œuvre ? Pourquoi l’expression paraît-elle appropriée pour désigner la corvée de l’agent de nettoyage ou du livreur de nans au fromage, mais pas celle du conseiller fiscal ou du haut fonctionnaire attelé au démantèlement du code du travail ?

Pour tenter de répondre à ces questions, deux journalistes eux-mêmes précaires ont mené l’enquête pendant plusieurs années. Du cireur de chaussures au gestionnaire de patrimoine, du distributeur de prospectus au « personal shopper » qui accompagne des clientes dans leurs emplettes de luxe, de l’infirmière asphyxiée par le « Lean management » au journaliste boursier qui récite les cours du CAC 40, les rencontres et les situations qu’ils rapportent de leur exploration dessinent un territoire ravagé, en proie à une violence sociale féroce, qui paraît s’enfoncer chaque jour un peu plus dans sa propre absurdité. Jusqu’à quand ?

Justine Brabant

Justine Brabant

Lorsque le Congo se fraie un chemin jusque dans les colonnes de nos journaux, c’est souvent pour raconter les mêmes histoires tragiques : les trafics de minerais qui alimentent les groupes armés, les milliers de femmes violées, les colonnes de réfugiés fuyant une guerre qui semble ne jamais s’arrêter.

Et pourtant, nous ne savons rien ou presque de ceux qui font cette guerre. Pourquoi se battent-ils ? Pourquoi se sont-ils engagés dans une série de conflits qui a fait des millions de morts depuis vingt ans ? D’où viennent ces combattants dont on nous dit qu’ils violent et pillent sans scrupules ? Comment sont-ils organisés, de quoi ont-ils peur, à quoi rêvent-ils lorsqu’ils ne sont pas en train de se battre ? Les réponses à ces questions, Justine Brabant est allée les chercher, pendant trois ans, sur les sentiers du Kivu, province de l’est du Congo.

Elle livre ici la chronique de ses rencontres. Bergers devenus colonels, chefs insurgés de père en fils ou civils qui transportent leur vie dans un sac à dos : elle s’est plongée dans le quotidien de ces hommes – et de ces femmes – dont certains n’ont jamais connu la paix et qui ont la guerre pour seul horizon.

Anacharsis

Anacharsis

Au début de l’été 1686, plus de quatre-vingts forbans, pirates endurcis majoritairement français, entassés dans un petit navire, quittaient la mer des Caraïbes pour une aventure dont ils ignoraient encore tout de l’extraordinaire.

Ils se rendirent par le détroit de Magellan dans la mer du Sud, l’océan Pacifique, porter la désolation sur les rives espagnoles d’Amérique, où ils devaient s’attarder pendant huit longues années. Huit ans d’errances entre le Chili et le Mexique, ponctuées d’escales aux Galápagos et autres îles perdues ; huit ans de souffrances, de périls, de pillages, de meurtres.

Ils en rapportèrent un étonnant manuscrit resté inédit depuis 150 ans, qui nous a partiellement conservé la chronique de leurs péripéties.
Cet ouvrage, fondé sur les textes d’époque, loin des poncifs habituels sur la piraterie, tente de raconter leur histoire.

Fabienne Yvert #3

Fabienne Yvert #3

Le nouveau livre de Fabienne Yvert, Faire un carton, édité à La Ville brûle, sortira en février 2017. Nous l’avons en exclusivité à Toulouse
depuis fin septembre ! Lecture, rencontre, discussion autour de
ce livre et des précédents, de sa résidence littéraire toulousaine durant toute l’année avec la Cave-Poésie, et de sa présence à Terra Nova.

 

Fabienne Yvert #4

Fabienne Yvert #4

Fabienne invite l’éditeur suisse Soulmento à venir nous retrouver. Quand on passe une soirée intelligente, fantaisiste et généreuse avec
Soulmento, on ne l’oublie plus ! On pourrait presque se croire le 25 décembre !

« Si Édouard sort rarement de son lit, Hubert
Dévalise, fier représentant des éditions Soulmento,
aime, lui, à promener son chapeau (celui de
Georges) aux quatre vents et à l’occasion à faire
sortir de leur malle les deux Siçéroz, la Rose et le
Marcel, Georges Mishuga, James Haride, Huguette
Boregard, les Trois Georges, ou encore Kristof Tique,
George Atopotatos ou John van Flower… »

Né en 1969, l'auteur connu sous le nom de Georges Mishuga est un artiste genevois polyvalent formé à l’Esav. Sa pratique va du dessin à la typographie, en passant par la vidéo et la musique, la fabrication de livres ou d’objets, toujours signés sous différents pseudonymes, lesquels incarnent à chaque fois une facette de ce travail polymorphe qui est aussi un art de vivre.

Georges Mishuga – le pseudonyme – naît en 2006. On doit à Georges Mishuga, outre 11 livres publiés aux éditions Héros-Limite, le dessin de plusieurs maquettes intérieures et la plupart des impressions en typographie des couvertures des éditions – notamment la très belle et très originale collection « Feuilles d’herbe ».

L’oeuvre littéraire de Georges Mishuga est diffusée de la main à la main par les éditions Soulmento – structure alternative créée en 2007.
Georges Mishuga est également l’auteur d’une imposante réflexion sur la typographie à visée encyclopédique, dont nous présentons aujourd’hui deux volumes : Le Caractère des caractères et Un Caractère en couples.

Fabienne Yvert #5

Fabienne Yvert #5

Les auteurs sont, entre autres, des lecteurs et des amateurs de livres. Dans la librairie, nous avons un (bon) fond, mais pourtant nous
n’avons pas — ce ne serait pas possible, et une commande — à un libraire — remédie à ce défaut structurel — tous les bons livres qui existent. Sur une table, Fabienne va défendre « ses » livres disparus, ou inconnus, des rayonnages.

 

Revue Z

Revue Z

Carles Garcia O'Dowd, l'un des artistes du projet espagnol UTER, en visite à Toulouse, nous fera parcourir en direct la superbe fresque consacrée aux mondes imaginaires de l'avortement, exploration socio-politique du corps féminin en milieu capitaliste.

A l'heure de l'apéro, ce sera l'occasion de partager des idées et des expériences autour du corps féminin et de l'image de soi, de tous ces lieux où la domination économique s'appuie sur l'assujettissement et le mépris des femmes, et de nos capacités à les transformer.

Alessandro Stella

Alessandro Stella

En 1979, dans le Nord de l’Italie, la mort accidentelle de trois membres de l’Autonomie ouvrière donne lieu à une violente répression. Comment en est-on arrivés là ? Revenant sur la longue histoire des combats ouvriers italiens, mai 68 et l’influence du Chili de Pinochet sur la militarisation des groupes socialistes, ce livre met au jour la continuité des luttes entre les années 1960 et les années 1970. De l’infl uence des Brigades rouges aux moyens d’action concrets, des limites de la lutte armée au rôle des intellectuels dans le militantisme, cet hommage à d’anciens camarades revendique le droit de se souvenir et la nécessité de perpétuer un combat pour un monde plus juste.

Né en Italie en 1956, Alessandro Stella a été membre de Potere operaio puis de l'Autonomie ouvrière. Aujourd'hui directeur de recherche en anthropologie historique au CNRS et enseignant à l'EHESS, il est notamment l'auteur de La Révolte des Ciompi (EHESS, 1993).

Rencontres du papier et du livre

Rencontres du papier et du livre

A JOB, le papier c'est toute une Histoire... Le Collectif Job aborde désormais le premier chapitre des Rencontres du papier et du livre, après la réussite de l'édition 0 en 2015.

Cette année 2016, libraires et éditeurs indépendants seront présents et petits et grands pourront se retrouver autour de lectures, spectacles et activités liées au papier et au livre.

Plaisir de lire à partager, plaisir du livre à feuilleter, du papier à fabriquer... mais aussi échanges sur le devenir du livre et accès à la lecture pour tous.

“Récits de vie” reste le fil conducteur et cette année la thématique sera “ Venu(e)s d' ailleurs”.

Le programme détaillé, c'est par ici.

Listen Whitey !

Listen Whitey !

Listen whitey ! (Écoute, blanc-bec !) raconte l'influence du Black Power dans le domaine des musiques folk, rock, soul et jazz entre 1965 et 1975, quand les musiciens étaient considérés comme des révolutionnaires et les révolutionnaires comme des icônes de la culture populaire. Cependant, cet ouvrage ne parle pas uniquement de John Lennon traînant avec Bobby Seale et de Mick Jagger enregistrant une chanson à propos d'Angela Davis ; il s'agit d'un catalogue exhaustif des enregistrements en lien avec le Black Power mis au jour par l'auteur à l'issue de cinq années de recherches intensives - une collection d'albums et de 45-tours, de cassettes et de bandes ainsi qu'une poignée de films ignorés pendant des décennies. La musique y est le média principal mais on trouve également des discours, des entretiens, de la poésie, du spoken word et même des sermons religieux militants. Le texte est illustré par plus de 200 documents : pochettes de disques, vinyles, affiches, tracts, coupures de presse, photos, etc. qui nous replongent dans cette bouillonnante décennie qui vit les revendications des Noirs reprises par des artistes reconnus et populaires

Quoi noir lignes ?

Quoi noir lignes ?

La librairie Terra Nova s'associe à l'évènement "Quoi noir lignes?" du copllectif IPN qui se déroulera du 1er au 10 décembre 2016, 30 rue des Jumeaux à Toulouse.

Abdelkader Djemaï

Abdelkader Djemaï

Abdelkader Djemaï, né en novembre 1948 à Oran, vit en France depuis 1993. Après un bref passage dans l'enseignement, il devient journaliste et collabore à un grand nombre de périodiques, algériens et autres (Algérie-Presse-Service, Qantara, La République...). Auteur de nouvelles, de pièces de théâtre et de romans, il a reçu le Prix Découverte Albert Camus et le Prix Tropiques pour Un été de cendres. Abdelkader Djemaï anime de nombreux ateliers d'écriture dans les établissements scolaires et en milieu carcéral qui ont donné lieu à une quinzaine de livres.
Dans ses livres, le tendre et le tragique, la fantaisie et l'inattendu se côtoient et s'entrecroisent allégrement. Paisible ou violente, l'Algérie est là, nichée dans ses romans et ses nouvelles. Il ne nous conduit pas aux côtés de héros dressés sur leurs certitudes mais auprès des humbles et des sans-grade, de ceux que la vague de l'histoire a oubliés sur la grève de la vie. Djemaï aime à retrouver le vrai et l'intime, et tous ces petits riens qui donnent chair au souvenir.

Éditions de L'Asymétrie

Éditions de L'Asymétrie

Ce texte, écrit en prison en 1930 par celui que l’on a surnommé le « Che Guevara libertaire » indien (1907-1931) alors qu’il est condamné à mort, constitue un brûlot malmenant à la fois les religions, les castes, et le colonialisme. Encore très diffusé aujourd’hui en Inde, et au cœur de nombreuses récupérations, il exerce une influence toujours déterminante sur les luttes contre tous les fanatismes, notamment celles des blogueurs, éditeurs et libres penseurs d’Asie et du monde arabe. Cette traduction est donc accompagnée des contributions de quatre d’entre eux qui soulignent l’actualité de Bhagat et de ses combats. Les bénéfices tirés de la vente de ce livre seront reversés au site Internet Mukto-Mona (Libre Pensée) qui héberge les blogs de plusieurs athées bangladais. www.mukto-mona.com

Exécuté à 24 ans en raison de ses activités de déstabilisation du régime colonial, Bhagat Singh est devenu une icône importante du radicalisme politique indien.

Marieme Hélie Lucas est une sociologue algérienne, fondatrice et ex-coordinatrice internationale du réseau de solidarité féministe WLUML (Women Living Under Muslim Laws) et du réseau international Secularism Is a Women's Issue.

Raihan Abir est éditeur. Il est le cofondateur du site de libres penseurs bangladais-es Mukto-Mona (Libre pensée) qui publie des articles tant en anglais qu'en bengali. Il continue d'écrire depuis son exil au Canada.

Ahmedur Rashid Chowdhury dit Tutul (Éditions Suddhashar) a survécu à une attaque dans sa propre maison d'édition. Il vit en exil en Norvège et envisage de développer Shuddhashar comme une organisation internationale défendant tous les blogueurs, écrivains et éditeurs. Il vient de recevoir le prix d'éditeur de l'année 2016, décerné par l'association des éditeurs américains.

Xavier Noulhianne

Xavier Noulhianne

Qu’est-ce qu’une vie d’éleveur ?

De la formation agricole à la certification bio des produits, de la traçabilité du troupeau à la sélection des animaux, Xavier Noulhianne nous raconte sa vie d’éleveur de chèvres et de brebis. Il remonte le fil de l’histoire pour comprendre la mise au pas des paysans et la mise en ordre des champs.

Aujourd’hui, c’est l’État qui nourrit, non plus les paysans. Bien plus qu’une simple promenade dans le monde rural, ce livre propose une critique de la société à partir de l’analyse de son organisation agricole. Naviguant entre récit de vie, théorie et histoire, il dessine les contours d’une critique sociale dont la portée dépasse celle du monde agricole.

Avi Mograbi

Avi Mograbi

Réservation des places à l'American Cosmograph à partir du 07 janvier. Informations sur l’événement ou inscription à la lettre d’info du cycle : lesyeuxdanslesdocs@gmail.com Entrée Libre à la Librairie.

Avi Mograbi, un cinéaste citoyen

Auteur d’une œuvre courageuse alliant depuis plus de 30 ans l’implication politique à la recherche esthétique, Avi Mograbi le cinéaste ne cesse d’inventer de nouvelles formes pour ses films, mettant en jeu et en scène le dispositif de réalisation documentaire et, dans les interstices de l’acte de création, questionnant la société israélienne : à la recherche d’une humanité partagée. À l’instar de Robert Kramer ou Nanni Moretti, il a façonné un double cinématographique qui confère à certains de ses longs métrages une tonalité décalée ou un côté burlesque, une tension toujours, entre les aspects dramatiques du réel dont le film témoigne et le recul nécessaire à sa représentation. Cette dialectique est parfois rendue - tendue - par le montage, comme dans Pour un seul de mes deux yeux. S’il est plus en retrait à l’image dans le film Entre les frontières (en sortie nationale 11 janvier 2017) que dans les précédents, le cinéaste y est tout aussi présent dans son implication artistique et humaine.
« ÊTRE CITOYEN, CE N’EST PAS VIVRE EN SOCIÉTÉ, C’EST LA CHANGER » AUGUSTO BOAL

Avi Mograbi, un double cinématographique

« En 1997, il a appris à surmonter sa peur d'un ancien criminel de guerre. En 1999, il a entrepris une spéculation financière, mais n'a réussi qu'à se disputer avec son voisin. En 2002, il a arpenté Tel Aviv en août, avant l'explosion, défiant les protestations d'une population hostile à sa caméra. En 2005, il s'est laissé pousser les cheveux pour jouer le retour de Samson. En 2008, il a chanté des chansons tristes et a créé des masques numériques. En 2012, il est entré dans un jardin, en quête d'un Moyen-Orient qui n'est plus et n'a peut-être jamais été. C'est Avi Mograbi, le personnage cinématographique inventé par Avi Mograbi. »
In Eugenio Renzi, Mon occupation préférée, Les Prairies ordinaires, 2015

Entre les frontières, un film généreux

Le réalisateur Avi Mograbi et le metteur en scène Chen Alon partent à la rencontre de demandeurs d’asile Africains que l’État d’Israël retient dans un camp en plein désert du Néguev. Ensemble, par le biais d’un atelier inspiré du « Théâtre de l’Opprimé », ils questionnent le statut de réfugié. Quel est l’élément déclencheur qui pousse un jour ces hommes et ces femmes à abandonner tout ce qu’ils possèdent pour plonger vers l’inconnu ? Pourquoi Israël, terre des réfugiés, refuse de considérer le sort de ces exilés que la guerre et les persécutions ont jetés sur les routes ? Le théâtre peut-il créer un pont entre les hommes pour qu’ils échangent et se comprennent ?
Prix et sélections en festival : Berlinale 2016 - Sélection Forum. Cinéma du Réel - Séance d’ouverture

Samir Boumediene

Samir Boumediene

Tabac, coca, quinquina, cacao, gaïac, peyotl, poisons, abortifs… De 1492 au milieu du XVIIIe siècle, les Européens s’approprient en Amérique d’innombrables plantes médicinales. Au moyen d’expéditions scientifiques et d’interrogatoires, ils collectent le savoir des Indiens ou des esclaves pour marchander des drogues, et élaborent avec elles les premières politiques de santé. Dans le même temps, inquisiteurs et missionnaires interdisent l’usage rituel de certaines plantes et se confrontent aux résistances des guérisseurs. Botanique, fraudes et sorcellerie : entre les forêts américaines et les cours du Vieux Monde, ce livre raconte l’expansion européenne comme une colonisation du savoir.

À la recherche de Jack London

À la recherche de Jack London

Le 22 novembre, nous célébrions le centenaire de la mort de Jack London. Un nom qui pour beaucoup évoque un premier frisson de lecteur, la mer, le grand nord, en bref, l’aventure. Au-delà de cette image d’Épinal se cache pourtant un écrivain plus complexe qu’il n’y paraît. Un homme d’empathie et de convictions, qui vouera une partie de sa vie au combat socialiste. Un homme tourmenté et excessif, qui ne cachait pas sa longue et destructrice relation à l’alcool, et brûla sa vie tel un « superbe météore ». Mais surtout un artisan plus qu’un artiste, autodidacte et forçat de travail, qui vécut en racontant des histoires, ciselées, brutes et visionnaires. Mythe et réalité se mêlent autour de ce personnage à la vie digne d'un roman.

Invité-e-s : librairie Série B / Gilles Fossier et la Cie antidote / Luke & Mika, chansons de hobos / Machin Machin, illustrateur / Emanuelle Boizet, éditions Finitude / Jérôme Lafargue, écrivain / Martine Laval, critique littéraire / Noël Mauberret, éditions Phébus, président de l’association des Amis de Jack London / Philippe Mortimer, traducteur, éditions L’Insomniaque / Nicolas Norrito, éditions Libertalia.

Lien vers le programme ici

Et vers l'affiche là

 

Mercredi 25 janvier / Soirée d’ouverture

19h – Projection / Discussion

Projection du court métrage Le dernier sommeil, adaptation cinématographique de Un steak de Jack London, réalisé par Benoit Mars, Acronyme Films.

20h – Vernissage de l’exposition de Victor Girod

Promenade imaginaire dans l’univers de London, l’exposition
présente ses dessins sérigraphiés à l’atelier La Turbine à Toulouse.

 

Jeudi 26 janvier / En lectures

19h – Lectures

Lectures d'extraits des œuvres sociales et politiques de Jack London par la Compagnie Antidote.

"J'aspire à un temps où l'homme aura une perspective plus haute et plus vaste que son ventre".

 (….) Un fait est indiscutable : dès 1907 Jack London a prévu et décrit le régime fasciste comme le résultat inéluctable de la défaite de la révolution prolétarienne.(...) Léon Trotsky dans sa préface à la réédition du Talon de fer (1937).

Début du XXème siècle, Jack London témoigne.

Il n'hésite pas, pour ce faire, à voyager, à "aller sur le terrain" et à fréquenter les différentes classes de la société.

Un siècle plus tard, l'écho de ses paroles résonne-t-il encore ?

Lecture : Gilles Fossier 

Images : Fabrice Godard 

Guitares et sons : "Sébastopol"

 

Vendredi 27 janvier / Les vies de Jack London

18h Discussion

Échange entre Noël Mauberret, éditeur chez Phébus et président de l'Association des Amis de Jack London, et Martine Laval, critique littéraire.

19h Projection

Projection du film Jack London, une aventure américaine, réalisé par Michel Viotte et produit par La Compagnie des Indes. Conseiller littéraire : Noël Mauberret.

Ce documentaire-fiction retrace le destin hors du commun de l’auteur, à partir d’archives, d’interviews de grands spécialistes américains, et de scènes de reconstitution tournées dans le grand nord canadien, en Polynésie, et sur son ranch californien.

 

Samedi 28 janvier / Jack London : ombres et lumières

11h Anticipation et science-fiction dans l’œuvre de Jack London

À la librairie Série B, 16 rue Sainte-Ursule.

Explorateur de la littérature autant que du monde, Jack London s'est très tôt aventuré dans le fantastique et la sciencefiction ; un versant essentiel de son oeuvre pourtant trop méconnu en France, que nous vous proposons de (re)découvrir !

15h – Table ronde : Jack London, un auteur politique. De l’engagement socialiste à la littérature de combat.

Invités : Anne Cuilhé, libraire, Martine Laval, critique littéraire et directrice de collection aux éditions Le Sonneur, Nicolas Norrito, éditions Libertalia.

17h – Table ronde : Dans l’atelier littéraire de Jack London

Invités : Emmanuelle Boizet, éditions Finitude, Philippe Mortimer, traducteur, Jérôme Lafargue, écrivain.

19h – Lecture

La commédienne Nathalie Vinot nous entraînera avec elle dans le grand nord, sur la trace des chercheurs d’or du Klondike, luttant pour leur survie face aux puissances de la nature. Tenue chaude exigée!

20h - Concert et DJ Set

LONDON CALLING

avec des musiciens du groupe SKIN AND WIRE

S'inspirant du répertoire folk nord-américain de l'époque où Jack était un rolling stone, trois musiciens du groupe toulousain Skin and Wire vous feront oublier le froid du grand nord,puisant aux racines du rock'n'roll, en hommage aux hobos, révolutionnaires, et autres laissés-pour-compte.

Guitare : Mika "le Marquis" Mallow

Batterie : Léo "Croc-blanc" Bossavy

Banjo : Luke Askance

Puis Dj Mix Beausoleil :
Club Beausoleil propose un mix qui assemble les sons des quatre
coins de la planète en mariant Nord et Sud, Orient et Occident.
Avec Pierre Beausoleil, les bidouillages psyché-funk défient les
rythmiques martiales de l'ère industrielle.

 

Élise Thiébaut

Élise Thiébaut

Avoir ses « ourses », ses « ragnagnas », ses « coquelicots » ou « l’Armée rouge dans sa culotte »… : quelle que soit la façon dont on l’appelle, ce phénomène naturel qui consiste, pour les femmes, à perdre un peu de sang tous les mois (sans en mourir !) reste un tabou dans toutes les sociétés. Pour en finir avec cette injustice, Élise Thiébaut nous propose d’explorer les dessous des règles de manière à la fois documentée, pédagogique et pleine d’humour : à partir de son histoire personnelle, elle nous fait découvrir les secrets de l’ovocyte kamikaze et de la mayonnaise, l’histoire étonnante des protections périodiques (ainsi que leurs dangers ou plaisirs), les usages étranges que les religions ont parfois fait du sang menstruel… Et bien d’autres choses encore sur ce fluide, qui, selon les dernières avancées de la science, pourrait bien être un élixir de jouvence ou d’immortalité.

Alors, l’heure est-elle venue de changer les règles ? La révolution menstruelle, en tout cas, est en marche. Et ce sera probablement la première au monde à être à la fois sanglante et pacifique.

Projection du film documentaire « El legado »

Projection du film documentaire « El legado »

Dans un lieu simple et semi-rural, le double portrait d’une jeune fille et de sa grand-mère qui l’a élevée. La jeune fille, mécanicienne de son état, cherche du travail, et sa grand-mère, qui égrène des souvenirs avec humour, souhaite que sa petite-fille vive mieux que bien des jeunes du quartier, mères seules et abandonnées. La relation familiale est tendre, parfois drôle. La vie matérielle, dans ce milieu très modeste, tient avec des bouts de ficelle, ça bricole et ça rit beaucoup. Une très belle image, intimiste, qui dessine peu à peu une société avec ses croyances, ses limites très étroites et les rôles que
vivent hommes et femmes : rôles théoriques assignés et réalités de la vie ; envies de vivre et bornes certes imposées par le monde, mais aussi par soi, pour préserver un espace de liberté.

Atelier avec Perrine Boyer

Atelier avec Perrine Boyer

À l'occasion de la parution de son nouvel album, Perrine Boyer animera un atelier d'illustration mêlant dessin, pochoirs et découpages pour les enfants de 5 à 10 ans.

Inscription gratuite (mais obligatoire) à la librairie :

contact@librairie-terranova.fr

ou 05 61 21 17 47

Chômage, précarité : halte aux idées reçues !

Chômage, précarité : halte aux idées reçues !

Les vingt-cinq organisations réunies dans ce livre ont en commun de lutter, chacune dans leur domaine, contre le chômage et la précarité, ces réalités qui minent la société française depuis plus de quarante ans. Dans le prolongement de leur action, elles prennent ici la plume pour contrecarrer idées reçues et contrevérités, présenter des expériences novatrices et montrer le vrai visage des chômeurs, victimes et non coupables, mais surtout acteurs et citoyens engagés de notre société. Une invitation à la solidarité pour multiplier les initiatives et porter ensemble, grâce à une large mobilisation citoyenne, un véritable changement !

Happy Birthday, Mr Mograbi !

Happy Birthday, Mr Mograbi !

Reconnu comme l’un des plus audacieux jamais expérimentés dans le cinéma documentaire israélien, ce film joue avec les codes du journal filmé - celui d’un cinéaste militant détenteur d'un petit terrain s’interrogeant sur la légitimité de son acte de propriété. Il doit par ailleurs répondre aux commandes simultanées d'un film sur les 50 ans de l'État d'Israël et d'un autre sur l’anniversaire de la Nakba, coïncidant - tous les 19 ans - avec le sien.

Ce triple récit produit une mise en tension de l'Histoire et du discours officiel de l'État israélien, un système critique questionnant le mythe du sionisme triomphant en révélant sa part obscure, la tragédie palestinienne. Soulevant la question des frontières et du lien entre un peuple et une terre.

Rencontre suivie d’un buffet, puis de la projection du film Entre Les Frontières à 20H30.

En présence de Philippe Ragel, professeur d’histoire et d’esthétique du cinéma à l’université Toulouse II – Jean Jaurès. 

Sa recherche sur le cinéma croise l’esthétique, l’histoire culturelle et politique, et la littérature. Auteur de nombreux travaux sur Godard et Rossellini, il a coordonné plusieurs ouvrages dont Ouvrir/fermer (2007) Abbas Kiarostami, le cinéma à l’épreuve du réel (2008), et Filmer les frontières (2015), actes du colloque éponyme qui eut lieu à Toulouse en présence d’Avi Mograbi.

 

Thomas Deltombe

Thomas Deltombe

La légende veut que la France, « patrie des droits de l’homme », ait généreusement offert l’indépendance à ses anciennes colonies d’Afrique noire en 1960. Ce livre raconte une tout autre histoire : celle d’une guerre brutale, violente, meurtrière, qui a permis à Paris d’inventer un nouveau système de domination : la Françafrique.

Cette guerre secrète a pour théâtre le Cameroun des années 1950 et 1960. Confrontées à un vaste mouvement social et politique, porté par un parti indépendantiste, l’Union des populations du Cameroun (UPC), les autorités françaises décident de passer en force. En utilisant les mêmes méthodes qu’en Algérie (torture, bombardements, internements de masse, action psychologique, etc.), elles parviennent en quelques années à éradiquer militairement les contestataires et à installer à Yaoundé une dictature profrançaise.

En pleine guerre froide, et alors que l’opinion française a les yeux tournés vers l’Algérie, la guerre du Cameroun, qui a fait des dizaines de milliers de morts, est à l’époque passée inaperçue. Elle a ensuite été effacée des mémoires par ceux qui l’ont remportée : les Français et leurs alliés camerounais. Le crime fut donc presque parfait : les nouvelles autorités camerounaises ont repris les mots d’ordre de l’UPC pour vider l’« indépendance » de son contenu et la mettre au service… de la France ! Mais la mémoire revient depuis quelques années. Et les fantômes du Cameroun viennent hanter l’ancienne métropole. Laquelle, de plus en plus contestée sur le continent africain, devra tôt ou tard regarder son passé en face.

Assia Zaino

Assia Zaino

« Que veux-tu que je te dise ? J’ai commencé à visiter les prisons en 1967, quand mon mari était détenu, et là, je suis encore dans la même situation.
Il y a eu une période où tous mes fils étaient en prison, tous. Et moi, j’allais les voir dans trois prisons différentes : dans la même journée je faisais le tour de toute la Palestine pour les voir. Parfois je ne savais pas où ils étaient, ils avaient été transférés sans que je le sache. Un jour, je les ai cherchés dans toutes les prisons de Palestine sans les trouver.
Avec la pluie et le soleil, moi je montais dans le bus et j’allais les voir, Mohammad dans la prison de al Khalil, puis Abu Ali, et enfin Sa’id à Adarim. C’était ça ma vie. Des allers et retours continus d’une prison à l’autre, d’un procès à l’autre. Et la nuit, j’étais seule avec moi-même. »

Depuis plusieurs années, le village palestinien de Nabi Saleh, au nord de Ramallah, lutte contre l’occupation des terres par la colonie israélienne voisine – et fait face à une politique d’arrestations massives et constantes. Chaque famille ou presque a une « histoire de prison ».
Des mois durant, Assia Zaino a partagé la vie et le combat des habitants du village, manifestant avec eux chaque semaine sous les yeux et parfois les tirs de l’armée israélienne. Anciens prisonniers et familles de détenus lui ont raconté la place centrale qu’occupe la prison dans leurs vies, à quel point elle imprègne et organise le quotidien des Palestiniens. Mais à travers ces témoignages percent aussi les tentatives individuelles de subvertir l’expérience de la détention et de redonner du sens aux sacrifices et aux traumatismes vécus.

Juliette Volcler

Juliette Volcler

Contrôle raconte la fascinante histoire d’une autre modernité sonore. Une modernité incarnée à l’origine par un seul homme, figure majeure mais méconnue du XXe siècle : Harold Burris-Meyer.

Ingénieur et homme de théâtre, il fut inventeur de dispositifs sonores et expérimentateur en sciences du comportement. À travers les trois grands chapitres de son histoire – le théâtre, l’industrie, la guerre – s’écrit celle des premières tentatives de manipulation des masses au moyen du son.
Divertir ou terrifier, apaiser ou piéger, guérir ou perturber, nulle différence pour l’ingénieur illusionniste. Il s’employa toute sa vie à montrer l’influence profonde du son sur les réactions et les émotions de l’homme.


L’écriture de Juliette Volcler est portée par le double objectif de peindre de manière vivante l’époque, son contexte social et culturel, ses rêves échoués, ses expérimentations réussies, et de donner des outils critiques face à l’environnement sonore en pleine mutation du XXIe siècle.

Alain Deneault

Alain Deneault

« Total » : c’est ainsi qu’ils ont choisi de la nommer, comme dans un mauvais film tout en hyperboles. Active dans plus de 130 pays, cette société s’affaire à exploiter, traiter et distribuer des produits issus du pétrole, tout en oeuvrant dans le gaz, l’énergie solaire, la production électrique et l’industrie chimique. Le capital dont dispose cette firme traduit le fait d’une histoire chargée, couverte par l’état du droit ou par la complicité des États. Ce capital est le fruit d’actions tentaculaires sur un plan politique et économique, allant de la participation à des cartels internationaux capables de jouer sur les prix à l’accaparement de ressources dans le contexte néocolonial africain, en passant par la délocalisation d’actifs dans des États complaisants, par l’externalisation des coûts de production sous une forme massivement polluante et par la collaboration avec des partenaires pratiquant le travail forcé.
Dans cet essai, Alain Deneault démontre que le cas Total ne témoigne pas seulement du pouvoir de cette entreprise en particulier, mais de celui d’une poignée de multinationales qui font aujourd’hui la loi.

Se pencher sur l’histoire de Total et de ses composantes généalogiques, c’est montrer comment l’état du droit et la complicité des États ont permis à une firme, légalement, de comploter sur la fixation des cours du pétrole ou le partage des marchés, de coloniser l’Afrique à des fins d’exploitation, de collaborer avec des régimes politiques officiellement racistes, de corrompre des dictateurs et représentants politiques, de conquérir des territoires à la faveur d’interventions militaires, de délocaliser des actifs dans des paradis fiscaux ainsi que des infrastructures dans des zones franches, de pressurer des régimes oligarchiques surendettant leurs peuples, de polluer de vastes territoires au point de menacer la santé publique, de vassaliser des régimes politiques en théorie pourtant souverains, de nier des assertions de façon à épuiser des adversaires judiciaires, d’asservir des populations ou de régir  des processus de consultation.
Chacun de ces verbes fait l’objet d’un chapitre dans cet ouvrage. Ils représentent une série d’actions sidérantes que l’ordre politique actuel ou récent a permis à des multinationales de mener en toute impunité, indépendamment des textes législatifs et des institutions judiciaires, ou grâce à eux.

En complément, un court essai intitulé Le Totalitarisme pervers met en perspective les cas décrits précédemment et interroge de façon conceptuelle le fonctionnement même des multinationales.

Lydie Launay

Lydie Launay

Hipsters, bobos, yuppies, gentrifieurs… Les termes ne manquent pas pour qualifier les nouvelles populations qui s’approprient les quartiers centraux anciens de certaines métropoles au détriment des habitants populaires. Mais cette profusion empêche de comprendre le phénomène : comment dépasser les oppositions binaires entre gentrifieurs et gentrifiés ? Quels sont les moteurs, les logiques et les enjeux de la gentrification ? Est-elle vraiment inéluctable ?

 

Ancrée dans des contextes précis, elle s’incarne dans des bâtiments, des commerces, des groupes sociaux, des pratiques et des esthétiques propres aux lieux dans lesquels elle se déroule. Pour cette raison, elle est irréductible à une mécanique simple et identique d’une ville à l’autre, d’un quartier à l’autre. À travers l’exploration de la diversité des formes, des lieux et des acteurs de la gentrification, cet ouvrage se propose de définir l’« ADN » de la gentrification : un rapport social d’appropriation de l’espace urbain, mettant aux prises des acteurs et des groupes inégalement dotés.

Sebastian Budgen

Sebastian Budgen

Guérin fait le récit tendre et romanesque de sa découverte d’une sexualité sans concession, de ses aventures multiples, dans la France du début du siècle. C’est dans cette explosion affective de sa vie de jeune adulte que Guérin, au gré de ses amants et amantes, fait la rencontre du prolétariat.

Au fil des pages, son histoire personnelle et passionnelle déploie les événements de la grande histoire que la vie passionnelle de l’auteur. Du Paris ouvrier à la Palestine et la Syrie sous mandat, en passant par l’Indochine, Guérin fait revivre un temps où les espérances de la révolution d’Octobre sont au premier plan de la scène mondiale et où l’Empire colonial débute son inexorable effondrement.

Daniel Guérin est une figure atypique, iconoclaste. Il a été de tous les combats, et surtout à la pointe de tous les combats – si bien que les thématiques portées par cette autobiographie de jeunesse sonnent aujourd’hui de manière très actuelle.

Roland Gori

Roland Gori

Dans le clair-obscur des crises politiques naissent les monstres. Ils naissent du vide culturel d'un monde politique sans esprit, d'un monde où les techniques sont devenues folles, d'un monde qui se nourrit des surenchères de la haine et du désespoir.

Car le terrorisme rationnel des machines et des algorithmes, la marchandisation de la culture, du soin et de l'éducation, tendent à priver les citoyens et les peuples de leurs passés comme de leurs avenirs. Grandes sont alors les tentations de renouer avec les racismes et les populismes nationaux, tribaux ou religieux.

Le politique est en panne d'imagination autant que de courage. Il a pris le teint gris et résigné des marchés auxquels il s'est asservi. Dans ce monde de papier où règnent les chiffres et les abstractions, rien ne vit, rien ne désire, sauf les passions tristes de la haine et de l'oppression. Les fascismes émergent de ces idéologies meurtrières et exténuées. Ils les barbouillent aux sombres couleurs d'un autre âge, les rythment aux chants funèbres qui recouvrent les sirènes, toujours incertaines et imprévisibles, de l'amour et de la création.

Pourtant, jamais autant qu'aujourd'hui, face à la prolétarisation généralisée de l'existence, les peuples ne se sont montrés affamés de nouvelles forces symboliques, de nouvelles fictions, pour vivre, désirer et rêver ensemble. Un message d'espoir parcourt l'ouvrage, au coeur de cette hégémonie culturelle désastreuse, et des crimes de masse qu'elle favorise, l'attente d'un nouveau pacte d'humanité s'exprime. Il exige, d'abord et avant tout, de réconcilier la politique et la culture, de sortir du « siècle de la peur » et de renouer avec l'expérience sensible d'une nouvelle révolution symbolique, qui donne au monde et à l'existence ce sens et cette cohérence politique et poétique dont nous sommes aujourd'hui orphelins...

Roland Gori est professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste. Il a été en 2009 l’initiateur de l’Appel des appels. Il est l’auteur de nombreux livres parmi lesquels : La Dignité de penser, De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? et La Santé totalitaire.

Monique Lauret est psychiatre et psychanalyste. Elle est membre d’Espace analytique Paris et Membre de la Fondation Européenne de la psychanalyse. Installée à Toulouse, elle transmet et enseigne la psychanalyse, en France, en Europe et en Chine depuis 2011. Ses axes de pensée et de recherche sont les questions d’Ethique, de réflexion sur nos sociétés et de transmission de la psychanalyse. Elle est notamment l'auteur de L'énigme de la pulsion de mort, PUF, 2014 et co-auteur de Trauma, Temps, Histoire, Champ social, 2016.

Qui a tué Ali ZIRI ? / Luc Decaster

Qui a tué Ali ZIRI ? / Luc Decaster

SYNOPSIS
Ali Ziri, un homme de 69 ans, décède le 11 juin 2009 après son interpellation par la police nationale à la suite d’un contrôle policier à Argenteuil. «Arrêt cardiaque d’un homme au cœur fragile», déclare le Procureur de Pontoise. Appuyant la famille qui vit en Algérie, un collectif d’Argenteuillais demande une contre-expertise. Deux mois plus tard l’institut médico-légal révèle 27 hématomes sur le corps d’Ali Ziri.
 Pendant cinq années, le cinéaste a suivi les pas de ceux qui demandent « Justice et vérité » après cette mort, ignorée des médias, mais que certains considèrent comme un lynchage digne des pires périodes de l’histoire.
Au-delà d’une affaire de justice, Luc Decaster s’est attaché à représenter ce qu’une telle affaire suscite à l’intérieur d’une ville de banlieue ordinaire. Le cinéaste suit les échanges dans les rues de la ville, les entretiens avec les avocats et les réunions internes du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri ».
 Par-delà les échanges, le film interroge la justice française et ses incohérences lorsque des policiers sont mis en cause.

LUC DECASTER
Luc Decaster a grandi à Saint-Nazaire. Pendant son adolescence durant laquelle il prépare un Brevet Industriel de chaudronnier, il est marqué par les grèves dures, les affrontements des ouvriers des Chantiers de l’Atlantique avec les CRS. Devenu dessinateur industriel chez Chausson en Région Parisienne, derrière le mur du bureau d’études il découvre le taylorisme dans les ateliers de presses : les mains calleuses, les visages creusés des OS à la chaîne. Il reprend les études, se spécialise dans les recherches sur le mouvement ouvrier devient professeur d’histoire et réalise ses premiers films autour d’Argenteuil, où il réside : films qui évoquent, sans compassion, des bribes de vies de gens qui lui sont proches. Les oubliés de l’histoire.

Filmographie
2003 Rêve d’usine
2007 Dieu nous a pas fait naître avec des papiers 
2010 Etat d’Elue
2012 On est là  
2015 Qui a tué Ali Ziri ?
2016 Danse avec l’écume 

Morgane Merteuil et Felix Boggio Éwangé-Épée

Morgane Merteuil et Felix Boggio Éwangé-Épée

Le féminisme fait souvent office de faire-valoir à tous les programmes, émancipateurs ou non. Du côté du bloc au pouvoir, les « droits des femmes » sont devenus un argument du maintien de l’ordre, des lois islamophobes à la politique d’incarcération des non-Blancs. Parmi les progressistes, le féminisme est une lutte parmi d’autres, qu’on cite volontiers entre l’antilibéralisme et la défense de l’environnement. À l’inverse, ce livre propose de donner toute sa portée au féminisme, de restaurer sa vocation révolutionnaire, de clarifier sa contribution à tout projet de bouleversement de l’ordre des choses. En quoi transformer la famille, la sexualité, l’organisation de la reproduction sociale et biologique, le travail domestique ou encore le travail affectif implique-t-il de révolutionner la vie quotidienne, la santé, la culture, le travail salarié, le logement, la vie collective, les allocations sociales ? Comment les apports du féminisme noir permettent-ils de repenser le dépérissement de l’État ?
Ce recueil, regroupant des textes fondateurs du féminisme marxiste et des articles plus contemporains, est un manuel à l’usage de celles et ceux qui ne se satisfont pas de transformations partielles, mais qui entendent changer le système dans sa totalité.

Théâtre de la Passerelle / Cinélatino

Théâtre de la Passerelle / Cinélatino

Le Théâtre de la Passerelle propose des ateliers de dynamisation par les techniques du théâtre à des personnes en situation économique et sociale précaire. Le projet s’articule autour de la pratique artistique et de diverses sollicitations culturelles.

Occupation visuelle

Occupation visuelle

Deux regards photographiques qui, de Santiago à São Paulo, mettent en scène les conflits entre autorités et tagueurs, dans l’espace urbain.

Ce travail propose des clés pour appréhender la saturation d’écritures urbaines sur les murs des villes occidentales et latino-américaines. Il est le fruit de rencontres, mais aussi d’un travail photographique et filmique.

Il est le lieu d’une réflexion sur les discours qui entourent des pratiques généralement clandestines, sur la criminalisation qui accompagne d’ordinaire l’examen de ces acteurs particuliers dans la ville.


Jean-Baptiste Barra et Timothée Engasser, tout en étant à l’écoute de ces graffeurs et en restituant leurs paroles, tentent de mettre à distance les stéréotypes liés à ces pratiques et la stigmatisation qui en découle trop souvent.

Bacatá

Bacatá

Un cireur de chaussures, une mère célibataire et un poète, voici quelques-uns des personnages nés sous la plume des étudiants de l’Université Pédagogique Nationale de Colombie. Un recueil de nouvelles écrites sous les étoiles, au coeur d’une ville où le soleil se couche toujours tôt, quelque part en Amérique Latine…


Julie Imbert est animatrice d’ateliers d’écriture créative et professeure de français langue étrangère. Mara Israelson est une éducatrice, chanteuse et conteuse argentine. Ensemble, elles racontent Bacatá.

At(h)ome - Elisabeth Leuvrey

At(h)ome - Elisabeth Leuvrey

Élisabeth Leuvrey est née à Alger en 1968, arrive en France en 1974. Son 1er documentaire, réalisé en 1998, sera primé dans des festivals internationaux : Matti Ke Lal, Fils de la Terre fut tourné en Inde, en 35mm, avec Bruno Hadjih. Elle retrouvera le photographe sur le projet de At(h)ome, 2ème volet d’un travail autour de l’Algérie et de ses liens avec la France, entamé avec La Traversée (primé au festival Cinéma du Réel). Le 3ème volet, Alger, sur ton sol, est en cours de réalisation. Son œuvre allie éthique et sensibilité formelle.

AT(h)OME évoque l'essai Béryl qui, initié par l’armée française en 1962 suite à des accords secrets, causa le plus grave accident nucléaire du Sahara.

Bruno Hadjih est un photographe reporter engagé né en Kabylie. Il vit actuellement à Paris. Au sujet de l’enquête au cœur d’At(h)ome, il a écrit :
 
« Le paysage a à voir avec la liberté, le sentiment d’immensité, la possibilité de se mouvoir. Ce paysage-là est à l’opposé de cette perception, par la seule faute des hommes.
C’est peut-être de là que provient notre incapacité à réagir face au réel : la conscience d’être inextricablement rattachée aux faits. Seulement, les images viennent à nous rappeler que ne rien faire c’est aussi participer des dégâts causés par d’autres. Nous voici donc face au dilemme. Ainsi se pose la question de l’engagement.
La fatalité n’est pas un sentiment, elle ne doit pas être un constat non plus. Mais si elle peut nourrir la révolte, elle sera alors un catalyseur pour l’espoir. » Bruno Hadjih

Un événement proposé dans le cadre de notre cycle de rencontres Les yeux dans les docs.

Marie-José Mondzain

Marie-José Mondzain

Dans cet essai, la philosophe Marie-José Mondzain analyse comment le libéralisme économique siphonne le vocabulaire et anesthésie l'action politique en délégitimant la « radicalité ». Elle s’interroge sur ce que deviennent les mots dans les stratégies de communication du pouvoir qui traduisent toujours, de façon insidieuse et agressive, le désir de légitimation de toutes les violences perpétrées en retour.

La conséquence de ce glissement sémantique qui fait de la radicalité le critère de toute barbarie meurtrière conduit à ne penser la construction du partage du sens, du temps et des territoires qu’en termes de dé-radicalisation, qui serait la seule condition de rétablir la paix et le lien social. Il n’en est rien.

Réfléchir aux usages langagiers au cœur des guerres fut sous le Troisième Reich pour Klemperer la voie de sa résistance à la nazification de la pensée et le geste de vigilance qui préservait sa liberté.

Marie-José Mondzain est philosophe, diplômée de l’ENS et est directrice de recherche émérite (Groupe de sociologie politique et morale, centre de recherche commun à l'EHESS et au CNRS). Elle s'est spécialisée dans l'étude du rapport aux images et au langage (publicité, propagande, actualités). Elle est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Image, îcone, économie, Le commerce des regards, Homo spectator…

Jeudi 20 avril à 20h, carte blanche à Marie-José Mondzain avec la projection du film de Sylvain George, Vers Madrid, suivie d'une discussion avec la philosophe.

 

 

Carte blanche à Marie-José Mondzain

Carte blanche à Marie-José Mondzain

Écrire, faire de la philosophie, penser une action politique, partager des gestes de résistance, construire une collaboration des colères, voilà ce que le flux industriel de la communication par les images et les discours est en train d’éroder dans la violence ininterrompue de ce que l’on nomme l’actualité. Tel est le paysage dans lequel nos vies sont tenues d’inscrire la singularité de leurs trajectoires quotidiennes et n’y parviennent plus. Laisser au contraire flotter le visible dans son indétermination, consentir à entendre le murmure plaintif ou joyeux des choses, percevoir les vibrations imprévisibles, innombrables et contradictoires de tout ce qui nous entoure et nous soutient, tel
est le programme sensitif qui peut conduire à la source de nos joies et de nos chagrins politiques. Il s’agit de reconnaître la zone invisible et toujours clandestine où le « Monde à l’envers » remet de l’ordre dans les esprits, du sens dans les mots et retrouve la joie du désordre dans la communauté des vivants.


Vers Madrid, The burning bright 

Le 15 M est le premier « mouvement » d’envergure du XXIème siècle que connaissent les sociétés occidentales, et qui donnera lieu aux différents « Occupy » à travers le monde. Un processus transhistorique et transfrontière qui vient de loin,réactive et travaille des concepts et notions clés de la philosophie politique occidentale, trop longtemps oubliés : demos, logos,révolution…

Un newsreel expérimental attestant des expérimentations politiques et poétiques mises en oeuvre par des milliers d’individus à Madrid en 2011, 2012…Place Puerta de Sol, passé et futur se rencontrent dans le présent où ils se réinventent constamment. Place Puerta del Sol, les pays d’Europe et du monde se sont tournés comme les fleurs vers le soleil.

Mercredi 19 avril à 19h, rencontre avec Marie-José Mondzain autour de son dernier livre Confiscation des mots, des images, du temps, paru aux éditions Les Liens qui libèrent.

 

Seth Tobocman

Seth Tobocman

Roman graphique magistral, Quartier en guerre raconte une
décennie de luttes dans le Lower East Side de Manhattan, au coeur des années Reagan, par une succession de portraits où se croisent les vies tumultueuses d’immigrés, de sans-abri, de punks... des pauvres pour qui la solidarité et l’autoorganisation deviennent des armes.

Au travers de sérigraphies originales tirées de l’ouvrage, vous pourrez admirer en grand format le travail graphique d’un maître de la BD underground américaine.

Léonora Miano

Léonora Miano

Après son roman Crépuscule du tourment 1, Melancholy, qui mettait en scène quatre voix de femmes s’adressant au même homme muet, Léonora Miano donne la parole à cette figure masculine.

Après des années passées à l’étranger, Amok revient au pays afin d’élever son fils dans un environnement préservé du racisme. Ce retour ravive d’amers souvenirs, des conflits familiaux, l’inconfort d’une appartenance sociale mal assumée. Cette deuxième partie de
Crépuscule du tourment part de l’intériorité d’Amok, autour duquel gravitent d’autres figures masculines et les femmes de sa vie.

La librairie des femmes de Milan

La librairie des femmes de Milan

Ne crois pas avoir de droits est le récit d’une expérience collective. L’expérience d’un groupe de femmes qui, dans les années 1970 en Italie, cherchèrent les ressources nécessaires à l’exercice de leur liberté, prenant le contre-pied d’une logique de victimisation
qui leur conseillait avant tout de réclamer, légalement, les droits qui devaient permettre leur émancipation.

Ce livre est l’histoire de leurs victoires comme de leurs échecs, pour que la liberté soit quelque chose de vécu plutôt que quelque chose de simplement formel. La Librairie des femmes propose un chemin singulier : investir la sphère symbolique, souvent délaissée, comme
lieu où puiser afi n de faire éclore une puissance féminine.

Ce récit ne nous invite pas tant à suivre leur chemin qu’à nous inspirer de leur démarche, à prendre conscience de la force de toute politique qui part de soi.

Steak Machine

Steak Machine

Steak Machine est le récit d’une infiltration totale de quarante jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Avec un CV imaginaire, une fausse identité et un crâne rasé, Geoffrey Le Guilcher a partagé le quotidien des ouvriers : les giclées de sang dans les yeux, les doigts qui se bloquent et les défonces nocturnes.

Un univers où, selon un collègue de l’abattoir, “si tu te drogues pas, tu tiens pas”. L’usine ciblée par le journaliste abat deux millions d’animaux par an. Une cadence monstrueuse qui mène inéluctablement au traitement indigne des hommes et des animaux.

Geoffrey Le Guilcher est journaliste indépendant. Il collabore avec Mediapart, Le Canard enchaîné, Streetpress et Les Jours.

La horde d'or

La horde d'or

Livre d’histoires et d’analyses politiques, compilation de documents, tracts, chansons, articles de revues ou manifestes, témoignages à la première personne et au jour le jour d’une révolte, devenue « transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin
de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc. », La horde d’or est un ouvrage de grande ampleur qui parcourt l’histoire politique italienne, depuis les prémisses des années 60 jusqu’à la fin des années 70, qui verront s’exténuer les espérances et les jubilations d’une génération « outrageusement » enthousiaste.

Ouvrage transgenre ou transversal, La horde d’or permet de combler un « manque d’histoire » de la fin du XXe siècle, et apporte une information de première main et de première importance sur dix années qui ébranlèrent non seulement l’Italie, mais également l’Europe, et dont l’actualité resurgit, près d’un demi-siècle plus tard, dans les mouvements et les luttes du jeune XXIe siècle, pour signifier l’inanité des réponses institutionnelles qui ont été apportées à la crise « créative, politique et existentielle » à laquelle nous sommes confrontés.

Françoise Vergès

Françoise Vergès

Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit et les criminalise en France métropolitaine.

Comment expliquer de telles disparités ?

Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d’avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.

Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient.

Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes, héritée d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui.

Françoise Vergès est titulaire de la Chaire « Global South(s) » au Collège d'études mondiales, Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Paris. Elle est notamment l'auteure d'Entretiens avec Aimé CésaireNègre je suis, nègre je resterai (2005), de La Mémoire enchaînée (2006), et de L'Homme prédateur (2011).

Joli Mai

Joli Mai

En ce mois de mai 2017, vous êtes convié-e-s à partager un moment autour de di érents courts métrages et extraits, choisis avec soin.

Une rencontre que nous souhaitons à l’image du cycle Les yeux dans les docs, animé-e-s du désir de faire découvrir, au sein de pépites du cinéma documentaire, des auteurs engagés dans leur démarche de création, des cinéastes au regard vigilant, à l’écoute attentive et aux oeuvres singulières, en écho aux pulsations du monde.

Un florilège de mai, donc, un regard vers des oeuvres sensibles — historiques ou contemporaines — des fi lms où l’esthétique se lie au politique. Histoire de révéler la couleur du fond de l’air.

John Gibler

John Gibler

« Non monsieur, vous les avez enlevés vivants,
vous devez nous les rendre vivants. »

Mario César González Contreras, père de César Manuel González Hernández, 19 ans, étudiant en première année. Devant le siège du gouvernement, Chilpancingo, 4 octobre 2014, s’adressant au Procureur.

La nuit du 26 septembre 2014 à Iguala, dans l’État du Guerrero au Mexique, 6 personnes ont été assassinées et 43 étudiants de l’école rurale d’Ayotzinapa ont disparu. Au Mexique, où l’État et le narcotrafi c ont fusionné, où plus de 27 000 personnes sont portées disparues, cette tragédie a été celle de trop.

« L’affaire » des 43 étudiants d’Ayotzinapa a réveillé la société mexicaine dans ses bases les plus profondes et a suscité un élan de solidarité internationale.

John Gibler s’est rendu sur les lieux quelques jours après les faits pour comprendre. Pendant près d’un an, il s’est entretenu avec les rescapés, les témoins des attaques et les parents des disparus. Ce livre est fait de leurs voix…

Daniel Kupferstein

Daniel Kupferstein

Le 14 juillet 1953, un drame terrible s’est déroulé en plein Paris.
Au moment de la dispersion d’une manifestation en l’honneur de la Révolution Française, la police parisienne a chargé un cortège de manifestants algériens.

Sept personnes (six Algériens et un Français) ont été tuées et une centaine de manifestants ont été blessés. Un vrai carnage.
Cette histoire est quasiment inconnue. Pratiquement personne n’est au courant de son existence. Comme si une page d’histoire avait été déchirée et mise à la poubelle. En France comme en Algérie.

Aurélie Carrier

Aurélie Carrier

« Tous ces spoliés commencent à perdre patience
et à
s’acheminer vers la Révolution.
Bientôt, peut-être, les ténèbres traversées de flammes du Grand Soir couvriront la terre. Puis viendra l’aube de joie et de fraternité.
Et l’humanité nouvelle évoluera vers de splendides destins. »

Adolphe Retté, Le Libertaire, 1899

À la fin du XIXe siècle, l’attente du Grand Soir exprime l’espoir d’un bouleversement violent et radical de l’ordre social existant. Cette croyance millénariste en l’éclosion d’un monde régénéré grâce à la révolution sociale est caractéristique de la mythologie libertaire qui se forme alors. Une vision insurrectionnelle qui influencera les syndicalistes révolutionnaires.

Ce livre se propose d’étudier les représentations qui composent l’imaginaire du Grand Soir, et leurs interactions avec celui de la grève générale. La puissance d’attraction et la capacité de retentissement du Grand Soir débordèrent les cercles libertaires pour pénétrer les masses populaires.

Repérer l’influence d’une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l’espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et la généalogie des utopies, disparues ou renaissantes.

Nathalie Bontemps

Nathalie Bontemps

Nathalie Bontemps a vécu huit ans, de 2003 à 2011, à Damas. Dès 2005, elle commence à écrire sur la ville et ses habitants, « pour renouveler mon rapport au lieu et aux gens », dit-elle. Elle va dans les différents quartiers de la capitale syrienne, rencontre des hommes et des femmes, rend compte de leurs vies, de la banlieue de Jaramana au camp palestinien de Yarmouk en passant par le quartier kurde ou l’ancienne cité. Rentrée en France, depuis Saint-Denis où elle vit, elle n’a jamais oublié ce qu’elle a vécu là-bas. Aujourd’hui paraît son livre, Gens de Damas, aux éditions Al Manar (...). De sa belle écriture aux accents poétiques, sous forme de petites nouvelles ou récits, elle livre ces instantanés de vies qui éclosent malgré la dureté du régime avant d’être meurtries par la guerre. On y suit divers personnages, comme la femme engagée, qui se fond dans la foule pour communier avec elle, ces quartiers fermés où, « pour entrer, il faut déjà être entré », ce Kurde qui traduit Dostoïevski le lundi et vend des chaussettes devant la mosquée le mardi, ces femmes résistantes, prises d’angoisse mais qui vont aux manifestation du vendredi soir, pour lutter contre un régime qui, « quand les enfants jouent à la révolution dans la cour de l’école, les met dans des vraies prisons »…
Le dernier chapitre du livre, "2013 se termine", écrit à Saint-Denis, aurait pu s’intituler" Que sont-ils devenus ?" « Les photos des amis prisonniers, disparus, décédés, sont toujours joyeuses, prises un jour d’été dans la nature », écrit Nathalie Bontemps. La femmes engagée, palestinienne, perd une deuxième fois son pays. L’auteure se souvient d’un temps où « la gaîté était si vive qu’elle prenait des allures subversives ». De là-bas, on lui crie : « Comme Damas me manque ! Pourtant j’y suis toujours ! » L’exil absolu."

Revue Back-office

Revue Back-office

Back Office répond à un état de fait : malgré le nombre croissant d’ouvrages dédiés au design graphique dans le contexte francophone, peu de recherches abordent de front les enjeux du numérique. Tandis qu’en langue anglaise, l’histoire de l’informatique, la philosophie du numérique, l’archéologie des médias ou les software studies (études logicielles) font l’objet de nombreuses publications, qu’en est-il de leur réception en langue française ?

Back Office est née de ce manque d’écrits et de recul critique, à propos d’une culture technique tellement installée parmi nous que le substantif « numérique » (design numérique, humanités numériques, etc.) semble superflu. Jumelle de Back Cover (Éditions B42), bilingue, à parution annuelle et thématique, Back Office s’incarne dans un double format : revue papier et application. Des articles de fond font face à des formes courtes, traitant de sujets spécifiques ou d’initiatives pédagogiques inventives, et à un texte historique, exhumé et relu par son auteur plus de vingt ans après, permettant d’évaluer les mutations de la discipline. Un glossaire technique, éclairant une terminologie souvent obscure pour les non-initiés, accompagne chaque numéro. Face à une actualité toujours plus dense, et déjà bien couverte sur le Web, la revue affirme son orientation critique, privilégiant les prises de recul, les problématiques, ou les hypothèses à même d’éclairer la situation contemporaine et d’y tracer de nouvelles trajectoires.

http://www.revue-backoffice.com/

Éditions de la Lenteur

Éditions de la Lenteur

Il s’agit d’un livre en forme de mise au point sur les événements qui ont embrasé la Syrie depuis 2011, avec des répercussions mondiales : interviews, témoignages, récits d’engagements citoyens et insurrectionnels, analyses des enjeux géopolitiques…

Les textes réunis sont extraits aussi bien de blogs et de grands titres de la presse que de brochures ou de journaux militants.

À l’heure où plusieurs candidats de premier plan à l’élection présidentielle affichent leur mansuétude pour (voire leur soutien à) Bachar al-Assad et Vladimir Poutine, il s’agit d’aller contre la désinformation insistante qui nie qu’un soulèvement civil à caractère révolutionnaire a (aussi) eu lieu en Syrie.

Philippe Mortimer

Philippe Mortimer

Émile Chautard, ouvrier typographe et grand connaisseur des bistrots, nous guide en chanson dans le Paris de la dèche et de la pègre, entre la guerre de 1870 et celle de 1914-1918. Les goualantes qu’il a recueillies au cours de ses pérégrinations dans les faubourgs furent écrites comme elles furent chantées, non par des artistes en vogue mais par des marlous et des gisquettes.

La grande richesse des pauvres d’alors c’était une jactance empruntant beaucoup à l’argot, a né dans les prisons et les bataillons disciplinaires. Comme l’a dit Céline : « C’est la haine qui fait l’argot ». On verra dans ces pages que l’argot c’est aussi le désir qui se dévoile, la verve, la trouvaille poétique et l’esprit libre.

Dans les zones ténébreuses de la Ville Lumière, dans les hideux taudis de la Belle Époque, nombre de pauvres n’obéissaient pour survivre qu’à leurs propres lois et leurs propres morales. Le dégoût de l’usine incitait les filles d’ouvriers à se vendre sur les trottoirs et dans les bouges. Voyous dandys, les apaches paradaient en bande sur les boulevards. Le crime exerçait une trouble fascination sur la société — partout l’on recrutait des policiers, partout l’on bâtissait des prisons.

Voilà ce que narrent sans artifice ces goualantes qui sont autant de témoignages pour servir à l’histoire des classes dangereuses.

Jean Stern

Jean Stern

« “Fier d’être un gay, fier d’être un visiteur gay dans un pays fier d’être Israël”. Aussi simplette semble-t-elle, la formule Lave Plus Rose cartonne, surtout quand la baise est mémorable. Ensuite, de réseau en réseau, dans leur sphère publique comme dans leur cercle d’amis, les gays de retour de Tel Aviv ne tarissent pas d’éloge sur leur séjour, et contribuent à remplir les charters de touristes homonationalistes émoustillés d’avance. […] Cerise sur le gâteau, Israël fait de sa politique ultrasécuritaire un joker. Pour jouir en toute quiétude, les gays d’aujourd’hui saluent la “sécurité” du pays ; comme ceux qui draguaient autrefois au Maroc ou en Tunisie cherchaient la “discrétion”. C’est le grand succès du pinkwashing : le séjour ludique à Tel Aviv prend le ton d’un pèlerinage politique. »

Dans cette enquête inédite et à contre-courant, Jean Stern démonte une stratégie marketing et politique orchestrée par l’État israélien – le pinkwashing – qui consiste à camoufler la guerre, l’occupation, le conservatisme religieux et l’homophobie derrière le paravent sea, sex and fun d’une plaisante cité balnéaire, Tel Aviv. De Tsahal, armée affichée « gay-friendly  », au cinéma – porno ou branché – empreint d’orientalisme, en passant par la frénésie nataliste chez les gays via la gestation pour autrui, l’auteur raconte l’envers du décor d’un rouleau compresseur. Ce « mirage rose » est décrié par les homosexuels palestiniens et les militants radicaux LGBT israéliens, juifs comme arabes.

Marion Lavabre

Marion Lavabre

Marion Lavabre, ethnologue et photographe, nous invite à la rencontre des femmes Afars, en Afrique, pour parler d’une coutume ancestrale : l’infibulation. Sujet difficile et tabou, l’auteure nous offre un regard sans jugement pour tenter de mieux comprendre cette pratique qui peut choquer notre pensée occidentale. Son livre, A la rencontre des femmes Afars, est accessible à tous et est magnifiquement illustré par des photographies. Celles-ci seront exposées à la librairie en amont, nous vous invitons à les y découvrir et à venir échanger dans un moment convivial et sans préjugés.

 

Commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda

Rio Loco - Îles de l'océan Indien

Rio Loco - Îles de l'océan Indien

Terra Nova plante sa tente à la Prairie des Filtres, l’occasion pour les amoureux des livres et tous les curieux de découvrir les îles de l’Océan Indien autrement : auteurs, penseurs, littérature jeunesse, cinéma…

La programmation et tous les détails sur le site du festival : http://www.rio-loco.org

À livres ouverts

À livres ouverts

Exceptionnellement, les librairies du quartier installent leurs stands pour l'événement sur la belle place ombragée de la Bourse à Toulouse : Terres de Légendes , La Tuta d'Oc, Librairie Série B, Bookbrok et Terra Nova vous feront découvrir leurs sélections de livres ouverts sur le monde...

À travers des lectures, des ateliers d'écriture et une pièce de théâtre, nous vous proposerons de jouer, raconter, découvrir les vers et revers de la littérature étrangère traduite, de langue française et de langue occitane.

Un grand bal en compagnie de Zumbul des Balkans clôturera cette belle journée autour des mots!

- Buvette sur la place et restauration à proximité -

Cet évènement est organisé par l'association P'tite lumière & cie et les libraires du quartier, en partenariat avec Ville de Toulouse et soutenu par l'association des commerçants des quartiers Bourse et Jacobins et le Le Filochard.


Graphisme Clémentine Laroche.

ATTAC - ESU 2017

ATTAC - ESU 2017

Université d'été européenne des mouvements sociaux 2017 from Attac Play on Vimeo.

Aurélie Trouvé et Dominique Plihon présentent l'Université européenne des mouvements sociaux :

Plus altermondialistes que jamais !

Aujourd’hui plus que jamais, une autre mondialisation est possible ! Fondée sur le respect des droits humains fondamentaux, sur la solidarité entre les peuples contre le pouvoir des multinationales et de la finance, nous la construisons d’ores et déjà avec les autres mouvements sociaux, en Europe et dans le monde. L’Université d’été européenne sera une étape importante dans ce combat qui réunira plus de 1000 participant⋅e⋅s de dizaines de pays.

A l’heure du triomphe du xénophobe Donald Trump, de la montée des extrêmes droites et d’un Brexit nourri par le rejet des migrants, nous devons agir. Le mouvement social a un rôle majeur à jouer pour sensibiliser et mobiliser les citoyen·n·es, en Europe comme ailleurs : le système fondé sur la finance et la marchandisation fait peser une menace de crise généralisée. Nous ne pouvons pas rester sans réagir face à la montée des inégalités et de la pauvreté, au réchauffement climatique, à la régression de la démocratie en Europe, aux États-Unis et dans le monde. Montrons qu’il est possible, dès maintenant, à partir d’initiatives locales et européennes, de construire des alternatives.

Soyons nombreuses et nombreux à Toulouse, du 23 au 27 août 2017, pour faire de l’Université européenne des mouvements sociaux un succès populaire !

Dans la foulée de nombreuses initiatives citoyennes, cette Université d’été sera l’occasion d’une rencontre militante et festive des mouvements sociaux et altermondialistes européens et internationaux. Ce temps fort nous permettra d’échanger, de coordonner nos mobilisations contre les accords de libre-échange, pour la justice climatique, ou encore pour désarmer les marchés. Et pour dessiner ensemble les contours d’un monde plus juste et plus solidaire.

Les incertitudes sont fortes et les scènes politiques et sociales sont bousculées. Quoiqu’il arrive, nous avons besoin d’en débattre et nous serons à Toulouse cet été !

https://www.esu2017.org/

Christine Delphy

Christine Delphy

La rencontre sera animée par Hourya Bentouhami, maîtresse de conférences en philosophie à l'Université Toulouse-Jean-Jaurès.

Christine Delphy est l'une des représentantes en France du féminisme matérialiste. Elle a participé en 1968 à la construction de l'un des groupes fondateurs du Mouvement de libération des femmes, le groupe FMA – Féminin, masculin, avenir – devenu, en 1969, Féminisme, marxisme, action. Cofondatrices de Questions féministes (avec Simone de Beauvoir, 1977) puis de Nouvelles questions féministes (1981), elle introduit en France les idées du féminisme matérialiste et le concept de genre. Elle développe le concept d’économie du patriarcat et décrit le travail domestique comme base d'un mode de production distinct du mode capitaliste. Ces dernières années, elle s’est particulièrement positionnée en défense des droits des femmes musulmanes victimes de stigmatisations. Elle s’engage dans le débat sur le voile islamique dont elle rattache l’interdiction à l'islamophobie qui pour elle a des racines anciennes notamment coloniales mais également sexistes.

Elle a notamment publié L'ennemi principal, t. 1, Économie politique du patriarcat (Syllepse, 1998, en 2009); L'ennemi principal, t. 2, Penser le genre (Syllepse, 2001, 2009); Classer, dominer. Qui sont les autres (La Fabrique, 2008); Un universalisme si particulier. Féminisme et exception française (Syllepse, 2010).

 

Rachid Oujdi

Rachid Oujdi

Ils s'appellent Abdallah, Ahmou, Mohamed, Ramdane, Salah, Sebti, Tahar. Ils sont venus d'Algérie entre 1951 et 1971, seuls, pour travailler en France et prévoyaient, un jour, de repartir au pays. Les années se sont écoulées, ils sont maintenant retraités et ils sont toujours là. Pendant toutes ces décennies, ils ont vécu un pied ici, un pied là-bas.

Ces hommes n'ont pas fait de regroupement familial, pour différentes raisons, notamment parce qu'initialement, ils ne comptaient pas rester ici. Après l'exil et le déracinement, c'est la solitude qui berce les derniers jours de ces oubliés des Trente Glorieuses. Filmés avec douceur et tendresse, ces Chibanis sont à la fois lumineux et beaux, drôles et attachants.

Niet éditions

Niet éditions

En détruisant la jungle de Calais à l'automne 2016, et en dispersant tous ses occupants aux quatre coins de la France, l'État a prétendu faire œuvre « humanitaire » ; en réalité, ce déplacement de population s'inscrit dans une continuité de gestion de la « question migratoire » dans le Calaisis, entre acharnement policier et paternalisme des associations...

Depuis une vingtaine d'années, du hangar de Sangatte au centre de rétention de Coquelles, de la constitution de la grande jungle de Calais à son « démantèlement », des milliers de personnes en exil se sont trouvées piégées face à la frontière, dernier obstacle avant le Royaume-Uni.

La parole est ici donnée aux personnes immédiatement concernées, personnes en exil ou militants solidaires, afin que d'autres voix se fassent entendre, pour éclairer l'action présente et future.

Éric Chevillard

Éric Chevillard

Mais qui est donc Prosper Brouillon, cet auteur à succès qui fait grincer des dents les écrivains, les vrais, qui lui envient ses statistiques de ventes ? Éric Chevillard s’amuse avec son lecteur dans ce roman qui prétend être une très sérieuse dissertation sur le style incomparable et inégalable de la dernière « œuvre » de Prosper Brouillon, intitulée Les Gondoliers.

Éric Chevillard, comme toujours avec sa plume acérée, régale son lecteur de jeux de mots tout en offrant un réquisitoire ironique contre une littérature institutionnalisée, pantouflarde et satisfaite d'elle-même. Nous profiterons de cette rencontre autour de ce dernier texte pour le questionner sur son travail d’écriture, que ce soit en tant que romancier ou en tant que critique littéraire.

Alain Naze

Alain Naze

Alors qu'elle obtenait des droits formels et une reconnaissance étatique, la « communauté gay » aurait peu à peu glissé vers la droite, jusqu'à céder aux sirènes du nationalisme et du racisme. C'est ce paradoxe qu'interroge Alain Naze, non pour le réfuter mais pour en préciser les causes et les conditions. Il revient sur les débats autour du pacs et du « mariage pour tous », le combat contre le sida, l’essoufflement des mouvements LGBT, et met à jour la puissante lame de fond de la normalisation gay. En acceptant le modèle hétérocentré, pour des bénéfices limités et très inégalement répartis en son sein, la soi-disant communauté gay a abandonné ce qui précisément la constituait en communauté politique : ses luttes émancipatrices – et s’est rendue perméable aux idées réactionnaires.

Pour Alain Naze, il est urgent de renouer avec l’élan révolutionnaire des premiers mouvements de libération homosexuelle et de « rendre à l’homosexualité son devenir-plébéien, c’est-à-dire de faire en sorte que nous réapprenions à entendre et à désirer les appels au dévoiement, les incitations au détournement, à la dérive ».

Jef Klak

Quentin Ravelli

Quentin Ravelli

En Espagne, la brique (ladrillo) est bien davantage qu’un matériau de construction. Elle est l’un des rouages essentiel du capitalisme. Elle est au coeur de la crise de suraccumlation que connait le pays depuis le début des années 2000. Située dans la région de la Sagra en Castille, l’enquête au long cours de Quentin Ravelli, issue d’un documentaire cinématographique, parvient à reconstituer la biographie d’une marchandise ordinaire sur laquelle repose un système entier de domination économique et politique.

« Pour Angel, la cinquantaine, le choc est ce jour-là violent : il court, nerveux et angoissé, de l’extrudeuse à la “guillotine”, du “piano” au poste de contrôle. Habitué à la tuile, il a dû se reconvertir à la brique en une matinée. Il tremble, il sue, il s’énerve pour un rien. Derrière lui, un enchevêtrement de tapis roulants grincent et crient en acheminant la terre des carrières, tandis que la grosse caisse du mélangeur d’argile, surnommé le “moulin”, pousse des râles graves qui résonnent sous les tôles à chaque passage de la meule. Devant lui, l’extrudeuse ronronne. Sous pression, elle pousse sans fin un gros ruban d’argile chaud et fumant – une brique infinie, un churro géant. »

 

 

Barbara Balzerani

Barbara Balzerani

Barbara Balzerani a été l’une des femmes à occuper un poste stratégique au sein des Brigades rouges. Dans l’enceinte de la prison haute sécurité où elle a été incarcérée pendant de nombreuses années, elle a eu tout loisir de réfléchir à son parcours, à ses origines ouvrières, à réexaminer les réflexions politiques et les questionnements philosophiques qui l’ont conduite à un tel engagement.

Car avant d’être l’histoire d’une génération politique ou celle d’une organisation armée, c’est bien celle d’une femme que ses origines ne sauraient réduire à telle ou telle catégorisation. En ressort la colère de celle qui est née pauvre dans un monde riche, l’entêtement désespéré de celle qui ne se résout pas à être simplement une femme dans un univers dominé par les hommes, ainsi l’espérance vaine soudain rendue possible par le surgissement des événements de l’année 1968 d’une insurrection immédiate contre l’ordre établi. 

En résulte un ouvrage incontestablement autobiographique où Balzerani développe un style narratif extrêmement personnel qui lui permet de combiner monologue intérieur, introspection et analyse affûtée et lucide du contexte politique agité des années 70. 

Jef Klak

Jef Klak

Après « Selle de ch’val », les membres de la revue Jef Klak viennent nous présenter leur dernier opus, « Ch’val de course », qui farfouille du côté des jeux, des paris et du risque, pour mieux se demander : à quoi jouons-nous, et pourquoi ? Jouer est-il si futile qu’on le croit ? Que sommes-nous prêts à risquer pour un salaire, une aventure, une transformation sociale ? Quitte ou double ?

Pour cette soirée à Terra Nova, on se demandera si le jeu peut à la fois préparer à la guerre et soigner de la guerre ? Cette tension traverse l'histoire des zones et des architectures urbaines des aires de jeux, des États-Unis à l'Europe. Après une projection de deux petits films sur les Adventure Playgrounds, la revue Jef Klak présentera une partie du « Gouvernement des playgrounds », un des articles de son dernier numéro. Et posera cette question commune au public : la société des adultes dépend-elle des jeux des enfants ?

Le site de la revue.

Je ne suis pas féministe mais...

Je ne suis pas féministe mais...

 

Un film-portrait sensible de Christine Delphy, fruit d’une rencontre amicale et militante - à l’image de certains événements clés du tournant de l’histoire des féminismes que fut la naissance du Mouvement de Libération des Femmes en France dans les années 70. D’où il ressort que l’amitié fut l’un des moteurs de luttes d’alors, que de nombreux chemins restent à emprunter, de nouvelles luttes et de nouvelles solidarités à inventer.

 « Je ne suis pas féministe, mais… », expression évoquée en 1985 par Christine Delphy lors d’une émission télévisée où elle est invitée avec Simone de Beauvoir, est une phrase rituelle prononcée un jour par nombre de femmes de peur d’employer un mot stigmatisé - mais pour s’autoriser quand même à exprimer un désir d’égalité.

D'autres vidéos sur le site du film.

Le blog de Christine Delphy.

Le site du réseau Arpège.

S'abonner à la lettre d'information du cycle Les yeux dans les docs.

Yves Meunier

Yves Meunier

Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, des jeunes mineurs en rébellion contre la toute-puissance de l’Église, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l’entrée d’une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C’est le début d’une longue série d’actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d’édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat.


Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Ils se réunissent dans les bois ou dans les auberges pour préparer des coups qu’ils réalisent le plus souvent à la faveur de l’obscurité. Moins résignés que leurs aînés, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors, où l’impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices.


À partir de nombreux documents d’archives et témoignages d’époque, ce livre qui se lit comme un récit palpitant au plus près des protagonistes, revient sur l’histoire mouvementée de la Bande noire. Il montre comment, quelques années avant les célèbres attentats anarchistes perpétrés à Paris dans les années 1890, de jeunes révoltés firent de la propagande par le fait leur meilleure arme pour renverser la table et échapper à l’enfer de la mine.

Vincent Cheynet et Pierre Druilhe

Vincent Cheynet et Pierre Druilhe

Voici le recueil tant attendu du meilleur des grinçantes aventures d’une bande de décroissants, publiées tous les mois dans le journal La Décroissance. Une bonne claque donnée à la société de consommation qui aliène et détruit nature, beauté, liberté... mais aussi à ceux qui la critiquent, souvent pris dans des contradictions férocement moquées ici. De superbes dessins tout aussi mordants complètent cet ouvrage qui devrait faire date !

La rencontre sera animée par Jean-Philippe Fleury.

Philippe Baqué

Philippe Baqué

Alzheimer a permis de médicaliser la vieillesse, le transhumanisme pourra conjurer la mort.

"Elle est ensuite devenue grabataire et a changé d’unité, se retrouvant dans un salon où les pensionnaires délirent durant des heures sur fond de radio commerciale ou de séries télévisées. Ce que j’ai vu durant ces années n’a fait qu’alimenter mes doutes autour de la maladie d’Alzheimer. La maltraitance institutionnelle latente, l’omniprésence des laboratoires pharmaceutiques dans sa médicalisation et son accompagnement, l’échec des différentes politiques censées la gérer, la surenchère médiatique... Qu’est-ce qui se cache derrière ce qu’on nous présente comme une épidémie ?"

De plus en plus de doutes planent sur la maladie d’Alzheimer, maladie apparue dans les années 1970 dont on n’a jamais réussi à identifier les causes, diagnostic à la mode recouvrant diverses formes de démence sénile, aubaine pour les laboratoires pharmaceutiques lorgnant sur « l’or gris » de la population occidentale vieillissante... Parce que tous les traitements jusque-là mis en place s’avèrent inefficaces, la recherche s’oriente désormais vers la prévention d’Alzheimer : le dépistage précoce, à travers l’étude des gênes des patients qui pourraient un jour être sujets à la démence sénile. Une nouvelle médecine dans laquelle Google, Facebook ou encore Amazon investissent massivement, rêvant d’un être humain « augmenté » grâce à des manipulations génétiques et des prothèses technologiques. Une nouvelle science, au service d’une nouvelle société...
Ce livre, qui commence sous la forme d’un carnet de bord mené au chevet d’une mère diagnostiquée Alzheimer, est une enquête menée à la première personne, s’intéressant aux politiques publiques qui privilégient le soutien à l’industrie pharmaceutique au détriment d’un accompagnement humaniste des malades, pour les relier au transhumanisme, une conception aussi « personnalisée » qu’élitiste de la médecine, en pleine expansion.

Jean-Baptiste Vidalou

Jean-Baptiste Vidalou

Depuis une dizaine d’années, que ce soit sur la ZAD du bois du Tronçay dans le Morvan, dans les bois de Sivens, à Notre-Dame-des-Landes, dans la forêt de Chambaran à Roybon, à Bure ou dans les Cévennes, mais aussi dans bien d’autres parties du monde, il est évident qu’il se passe quelque chose du côté de la forêt. Certains ont commencé à habiter ces espaces avec la détermination de sortir du monde mortifère de l’économie. Un tout autre rapport au territoire s’y bâtit, à l’opposé de cette science militaire qu’est l’aménagement du territoire – ici contre un barrage, là contre un centre de loisirs, un aéroport, ou une extraction de biomasse.

Partout ces luttes résonnent de cette même idée : la forêt n’est pas un gisement de biomasse, une zone d’aménagement différé, une réserve de biosphère, un puits de carbone ; la forêt c’est un peuple qui s’insurge, c’est une autodéfense qui s’organise, ce sont des imaginaires qui s’intensifient.

L'Inventaire

L'Inventaire

La revue tente de faire progresser l’inventaire de ce qui, en théorie et en pratique, reste à défendre, mérite d’être reconsidéré ou doit être écarté pour favoriser l’émancipation individuelle et collective.

L’espoir, en diffusant d’anciennes idées et en en proposant de nouvelles, est de contribuer à l’élaboration d’une culture critique commune.

Au sommaire de ce numéro 6 : Alfonso Berardinelli, "Limite et mémoire, variations sur Christopher Lasch" ; Aurélien Berlan, "Le citoyen augmenté" ; Louis Mercier-Vega, "Sociétés d'hier et d'aujourd'hui" ; Notes de lecture et poèmes.

Christophe Aguiton à la Bourse du travail

Christophe Aguiton à la Bourse du travail

Depuis plus de vingt ans, le paysage politique de la gauche française s’est complètement décomposé. Le Parti socialiste et ses alliés paient aujourd’hui le prix des politiques néolibérales et sécuritaires qu’ils ont menées et la gauche de transformation sociale a connu de réels succès électoraux, le dernier en date étant celui de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, mais elle reste très divisée et incapable de construire une stratégie commune.

Pourtant, affirme Christophe Aguiton, en Europe et ailleurs, des forces ont émergé avec leurs succès et leurs difficultés, pour défendre de vraies politiques de gauche, que ce soit Die Linke en Allemagne, Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne. Et, quand on sait la multitude de luttes et de mobilisations, locales ou nationales, la foule d’expérimentations et d’innovations sociales menées dans le monde, dans les villes et à la campagne, on a du mal à comprendre pourquoi la gauche française peine à se réinventer.

Dans ce livre, Christophe Aguiton analyse avec précision les succès et les échecs des mouvements sociaux et des expériences politiques qui ont marqué ces deux dernières décennies. Il propose une réflexion lucide qui ouvre des pistes pour sortir de l’impasse stratégique et des jeux d’appareils qui minent les forces de progrès.
La gauche française a beaucoup à apprendre de ce qui se passe ailleurs, hors des frontières de l’Hexagone.

Max de Carvalho - Les éditions Fario

Max de Carvalho - Les éditions Fario

Consacrée au domaine poétique français, la collection a pour ambition de mettre au jour et de restaurer au fil du temps le « florilège national » que Valery Larbaud, voici près d’un siècle, appelait de ses vœux, en y incluant les poètes du monde entier ayant abordé, de quelque façon, ce « domaine français ».

La collection se déclinera en quatre quatuors saisonniers sous étui, rassemblés chaque année dans un coffret unique, dans le respect de l’édition originale des œuvres.

Philippe Caumières

Philippe Caumières

Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s’affronter deux projets de société : celui d’une maîtrise rationnelle du réel et celui d’une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l’économie. Le second reste encore à construire pour qu’advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante.
Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d’autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd’hui : auto-organisation des luttes, pratique de l’égalité et sens des limites.

Ce projet d’autonomie n’est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu’une expérience. Il est un horizon, celui d’une société consciente du fait que le pouvoir est l’affaire de tous. C’est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.

Bénédicte Pagnot

Bénédicte Pagnot

Entre fiction et documentaire, l’œuvre de la cinéaste Bénédicte Pagnot témoigne d’une grande sensibilité. La petite cérémonie, son premier court-métrage, fut sélectionné par une vingtaine de festivals et primé par huit d’entre eux. Les lendemains est son premier long métrage de fiction (prix du public du festival Premiers Plans d'Angers en 2013). Avril 50 (film documentaire autour de la BD de Kris et Davodeau sur le film éponyme de René Vautier, Un homme est mort) fut projeté à la Librairie Terra Nova en avril 2015.

Islam pour mémoire (long-métrage documentaire sorti en salles en 2017), est une invitation à un voyage en islam avec Abdelwahab Meddeb, aujourd’hui disparu, un film-mosaïque éveillant la curiosité dans le prolongement de la pensée du poète et essayiste franco-tunisien, qui revendiquait « l’infini du sens, le souci du beau, la nécessité de l’altérité ».

 

FanXoa

FanXoa

1983, FanXoa, futur chanteur et co-fondateur de Bérurier noir, est encore étudiant aux Beaux-Arts de Paris. L’époque est sombre, le tableau écarlate, la mort rôde. Fortement marqué par le cinéma japonais d’avant-garde ou de la nouvelle vague, il rédige 24 histoires courtes toutes en tension, pulsions et cruauté. Influence samouraï et soldatesque érotisée mais aussi manifeste nihiliste, gestuelle autodestructrice, le petit « théâtre de force » prend forme dans le fantasme d’un suicide psychologique et d’une renaissance.
Un jeune homme éventré est une traversée crue et vacillante dans un néant sublimé et nous plonge dans la genèse psychologique d’un des principaux groupes de la scène punk alternative française.

 

Julien Chuzeville

Julien Chuzeville

Cette semaine a pour but non seulement de tisonner quelques braises (éviter que toute idée de Révolution soit ensevelie sous l’horizon TINA, pierre tombale de (d'une ?) la société d’exploitation indépassable) ; mais aussi de sortir un peu de l’agenda « réformiste », « bougiste », mortifère et arrogant de la bourgeoisie mondiale ; de montrer que le présent plonge ses racines dans la volonté et le courage des humbles, d’un passé glorieux qui nous met face à nos responsabilités …

Car il nous semble important de concevoir la période « 1917/1937 » comme un bloc, de montrer analogies et différences (conseils ouvriers et comités ; gardes rouges et miliciens …) et d’évoquer les questions cruciales (Etat soviétique ou « Tout pouvoir aux conseils » ; Comité central des milices antifascistes de Catalogne ou Junte révolutionnaire ; quel travail internationaliste pour ne pas périr isolés ?). Ce grand carrefour qui a tant de conséquences aujourd'hui…

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« L’équipe de La Révolution prolétarienne forme le cœur de cette gauche ouvrière dont Monatte se revendique, qui aurait pu contribuer à l’émergence d’un “parti de type nouveau” […]. Cette gauche avait une conception politique qui lui venait du syndicalisme révolutionnaire. Elle avait aussi une conception exigeante du militantisme, une éthique révolutionnaire qui impliquait honnêteté et franchise. Les contradictions avec les pratiques léninistes devaient tôt ou tard éclater. »

Le Parti communiste est créé en France en décembre 1920. Au-delà du seul congrès de Tours, qui voit la scission du Parti socialiste SFIO, il importe de comprendre les dynamiques qui aboutissent à ce résultat. Qui sont les principaux militants à l’œuvre ? Quels sont leurs objectifs politiques ? Comment la scission s’effectue-t-elle en pratique ? Comment le PC s’organise-t-il à ses débuts ? Quels sont alors les liens avec Moscou ?
C’est à ces questions que cet ouvrage entend répondre, en mettant en perspective les événements liés à la révolution russe. La création du PC n’est en effet pas un processus qui s’est réalisé en quelques jours ou en quelques semaines, mais un phénomène bien plus long – que l’on observe, avec d’autres modalités, ailleurs en Europe et dans le monde.
S’appuyant notamment sur des archives inédites, ce livre est une synthèse de référence qui renouvelle la compréhension de cet événement majeur de notre histoire politique et sociale.

Origines contrôlées 15-18 novembre

Origines contrôlées 15-18 novembre

Le mot des organisateurs :

« Origines Contrôlées » aux Izards.

En 2017, pour sa quatorzième édition, « Origines Contrôlées » se déroule en totalité aux Izards. Nous avons fait ce choix en cohérence avec une orientation majeure de Tactikollectif d’avoir re-mis au cœur de notre projet associatif, la question des quartiers populaires symboliquement et physiquement. Il demeure, on vous l’assure, cet événement majeur du paysage culturel régional, qui aborde les thématiques mémoires et société. Il s’agit de ré-affirmer que ce quartier Toulousain n’est pas en dehors de la ville, et que les sujets qui concernent ses habitants sont ceux de l’ensemble des citoyens, citadins. En étant aux Izards, « Origines Contrôlées » n’est pas à la périphérie, mais au centre des enjeux de notre ville, de nos villes. En faisant ce choix nous défendons l’idée d’un récit du point de vue des habitants, des personnes concernées,  la possibilité de mettre en valeur la multitude des expressions collectives et individuelles. Plus que jamais, « Origines contrôlées » continue à faire le pari de l’intelligence collective, de la possibilité du débat démocratique. Tous les jours, notre action le démontre, les énergies citoyennes et culturelles sont le moyen d’exprimer encore le contraire du défaitisme. Les artistes, les intervenants, les bénévoles, le public de notre festival, depuis 14 ans sont la preuve d’un réservoir d’idées à mettre en œuvre pour l’égalité entre tous et toutes.

Alors du 15 au 18 novembre, c’est aux Izards que ça se passe… et pas ailleurs.

 

 

Des féminismes en images

Des féminismes en images

En écho à la venue de Christine Delphy en septembre, cette rencontre nous donnera l’occasion de partager quelques instants autour des voix d’autres figures féministes, convoquées en images, pour l’occasion – de Kate Millet à Donna Haraway en passant par Simone de Beauvoir, Monique Wittig, Audre Lorde… Et d’en évoquer les singularités, les apports spécifiques au sein de l’Histoire et au cœur de l’actualité.

Pierre Thiesset

Pierre Thiesset

En 1905, alors que le régime tsariste se désagrège et que les soulèvements se multiplient en Russie, la voix de Léon Tolstoï s’élève au-dessus de la mêlée. Ce chrétien excommunié, constamment en butte à la censure, ne s’en prend pas seulement à l’autocratie ; il critique aussi les desseins des révolutionnaires, libéraux ou socialistes. Il accuse les meneurs urbains de tromper le peuple, de conduire les masses paysannes dans une impasse : celle de la modernisation du pays, de son industrialisation et de son occidentalisation rampante. Peu importe la forme du gouvernement, qu’il s’agisse d’une monarchie absolue ou d’une république sociale-démocrate, puisque celui-ci est fondé sur la violence et l’oppression, il doit être combattu en tant que tel.

 

Dans la lignée de Thoreau et de La Boétie, Tolstoï appelle à l’insoumission. Le pouvoir d’une minorité reposant sur la servitude volontaire de chacun, il s’agit de refuser d’obéir, de ne plus participer à un régime tyrannique, quel qu’il soit. L’affranchissement des travailleurs ne pourra venir que d’eux-mêmes, quand ils décideront de ne plus servir les puissants, quand ils choisiront le perfectionnement moral, l’entraide et la vie des champs, enracinés sur un sol soustrait à la propriété foncière. La terre et la liberté, l’autodétermination des paysans dans les communes rurales : tel est l’horizon que défend l’anarchiste russe.

 

 

Hafed Benotman

Hafed Benotman

Hafed Benotman nous a quittés en février 2015. Entre 1976 et 2007, notre ami braqueur-sans arme avait passé dix-sept ans en prison. Il était aussi un auteur talentueux de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de chansons qui ont toujours eu comme sujet l'opposition viscérale à toutes les formes d'enfermement. En 2001, il participe à la création de L'Envolée, un journal et une émission de radio, dont le but est aujourd'hui encore la critique et le combat contre la justice et la prison. Nous publions dans ce livre les textes et lettres qu'il a écrit pour ce journal. Le livre est accompagné d'un disque – florilège de quelques-unes de ses interventions radiophoniques dans l'émission hebdomadaire de L'Envolée.

 

Revue États d'urgence

Revue États d'urgence

« Censé lutter contre la menace terroriste, l’état d’urgence a d’abord permis de pourchasser, d’assigner à résidence, d’interdire de manifestations. Dans ses chiffres bruts, 4 200 perquisitions administratives, 710 assignations à résidence, 588 interdictions de séjour. Et seulement 0,3 % de ces mesures ont débouché sur des enquêtes policières pour fait de terrorisme. Alors si l’état d’urgence semble techniquement dérisoire, politiquement c’est un signe lourd envoyé à la population. »

États d’urgence regroupe six professionnel-le-s de la photographie sociale. Immergés au cœur des mobilisations et des grands enjeux contemporains, ils posent sur l’actualité un regard loin de tout sensationnalisme et témoignent des tas d’urgences que traverse la France : mouvement social, crise migratoire, violence d’État, écologie… Pour voir autrement le monde qui nous entoure.

Quoi Matière Signe

Quoi Matière Signe

Après Quoi Noir Lignes l'an dernier, Quoi Matière Signe questionne le graphisme au prisme de l’apparition des formes, de la matière, de la diversité des modes de faire et de reproduction. La diversité d’objets graphiques réunis dans l'exposition en témoigne.
La sélection valorise la pluralité des propositions. Des artistes seront en résidence dans les ateliers du collectif IPN. L'exposition restituera leurs productions et réunira une collection d'objets protéiformes et d'autres images, toujours autour de cette question :

QUOI MATIÈRE SIGNE ?

D'autres rendez-vous seront l'occasion d'étendre encore la proposition : notamment des conférences le 22 novembre et les baraques éditoriales, le 25 novembre. Un beau programme qui intègre cette année le cadre du Graphéine#9 - festival des arts graphiques du réseau Pinkpong.

Terra Nova sera partenaire de l'événement en proposant une librairie éphémère en lien avec l'exposition, à l'IPN.

Retrouvez toute la programmation et les horaires d'ouverture sur http://www.quo.ooo/i/matieresigne/

LoS MUCHoS investissent Terra Nova

LoS MUCHoS investissent Terra Nova

Situé à Bordeaux, ce collectif bicéphale d’intervention artistique à géométrie variable (écriture, arts plastiques, recherches sonores et musicales) occupe son temps à faire parler les gens, à les enregistrer, à plastiquer l’art et à chanter. C’est la partie vivante des éditions N’A QU’1 ŒIL.

Dans le cadre d'une résidence en librairie organisée en partenariat avec la Cave-Poésie et le Centre Régional des Lettres.

 

Martin Barzilai

Martin Barzilai

Ils s’appellent Tamar, Yaron ou Gal, ils sont étudiants, agriculteurs, postiers, anciens officiers ou parlementaires. Ils vivent à Tel Aviv ou à Jérusalem, ils ont 20, 40 ou 60 ans. Entre 2007 et 2017, le photographe Martin Barzilai a rencontré à plusieurs reprises une cinquantaine de ces Israéliens dits « refuzniks », qui refusent, pour des raisons politiques ou morales, de servir une société militarisée à l’extrême où le passage par l’armée est constitutif de la citoyenneté.
En filigrane, ces refuzniks racontent toute l’histoire d’Israël, ses failles et ses contradictions, son caractère pluriel. Et dressent le portrait d’une société où tout devra être repensé pour construire un futur moins sombre.

Doc animé, histoire et filiation

Doc animé, histoire et filiation

Déjà évoqué sous le prisme des sciences humaines ou de la littérature – si ce n’est des sciences humaines comme littérature, le passionnant sujet de l’imbrication de l’histoire intime à l’Histoire sera revisité ici à travers la mise en images des récits que permet la forme du documentaire animé.
Au programme, deux pépites : À l’époque et D’origine allemande, de Nadine Buss, qui a mis en images l’histoire d’un secret - celui de son père, venu d’Allemagne vivre en Ariège à la fin de la 2nde Guerre Mondiale. Nous parlerons aussi du travail de la Ménagerie, association toulousaine spécialisée dans l’animation, qui a réalisé, entre autres perles rares, Lettres de femmes et Bolero Paprika. Et aborderons aussi, bien entendu, la spécificité du travail d’Anca Damian, avant de nous rendre pour 20H30 à l’American Cosmograph découvrir La Montagne magique.
En écho à cette programmation traversée par les questions de filiation et de (non)transmission au fil de l’Histoire, une sélection de romans graphiques.

Lizzie Crowdagger

Lizzie Crowdagger

Dans un monde idéal, Lizzie Crowdagger aurait été une bikeuse vampirique, ou peut-être une camionneuse de l’Enfer. Comme ce n’est pas le cas, et afin de soulager sa frustration, elle écrit des romans à la place, mélangeant sans état d’âme thématiques féministes et lesbiennes avec des intrigues basées sur le surnaturel, les fusillades et les grosses motos.

 

Gaspard d'Allens

Gaspard d'Allens

Un sarcophage gigantesque censé tenir des dizaines de milliers d’années ! C’est au nom de ce projet fou, qui serait le plus grand chantier d’Europe, que Bure, entre Meuse et Haute-Marne, se transforme en zone grillagée et quadrillée de gendarmes. Pour l’industrie nucléaire, ce territoire relégué serait l’exutoire ultime des déchets radioactifs qui s’accumulent et dont elle ne sait que faire.
Sur place, les habitants sont de plus en plus nombreux à s’insurger contre la transformation de leur région en « poubelle atomique ». Depuis deux ans, des dizaines de personnes s’installent sur place, occupent une forêt, bloquent les travaux. La nouvelle bataille du nucléaire est lancée, pour empêcher de croire que cette industrie peut continuer sans risque, réinventer des manières de vivre et lutter, imaginer d’autres possibles pour ce pays.

 

LoS MUCHoS

LoS MUCHoS

Surnommés les Rita Mitsouko de la poésie contemporaine, LoS MUCHoS ouvrent leur répertoire et proposent des dédicaces à deux balles et des concerts de musique plagiste (entre la plage et le plagiat), dans un esprit participatif et décalé…

Voici une lecture d’extraits choisis, sonorisés dans un show conçu différemment selon le contexte, dans lequel ils promettent de vous faire rire.

Les éditions N’A Q’1 ŒIL profiteront de leur présence à Toulouse durant la Nuit de la Lecture pour aller lire au Centre Pénitentiaire de Seysses, en partenariat avec Terra Nova, dans le cadre d’une action solidaire avec le Spip31.

Lu par le collectif LoS MUCHoS

Situé à Bordeaux, ce collectif bicéphale d’intervention artistique à géométrie variable (écriture, arts plastiques, recherches sonores et musicales) occupe son temps à faire parler les gens, à les enregistrer, à plastiquer l’art et à chanter. C’est la partie vivante des éditions N’A QU’1 OEIL.

 

Armel Campagne

Armel Campagne

Le dérèglement climatique nous aurait fait entrer dans « l’Anthropocène », cette ère géologique durant laquelle l’espèce humaine serait devenue la force écologique majeure. Mais le dérèglement climatique est-il réellement imputable à l’« espèce humaine » de manière indifférenciée et prise comme espèce naturelle ? Des historiens ont mis en doute cette vision simpliste, en faisant de l’industrialisation – et donc du dérèglement climatique - un processus résultant avant tout des dynamiques du capitalisme, inventant à cette occasion un nouveau concept : le Capitalocène.
Cet ouvrage effectue un panorama critique des propositions de ces historiens en vue d’une nouvelle histoire des causes historiques du dérèglement climatique.

Laurent Cauwet

Laurent Cauwet

La culture – le ministère de la Culture, mais pas seulement – est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur : la prolétarisation des savoir-faire de l’art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l’autocensure et le formatage des oeuvres commandées. L’entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe, celle qui n’a pas les bons codes et qui n’est pas encore docile.

Le mécénat privé est l’autre face de l’entreprise culture : Vuitton et son cadeau aux Parisiens, le « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne ; Benetton et son projet « Imago Mundi », collection d’oeuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux ouvrières d’Asie, d’Afrique et d’Europe de l’Est qu’il exploite, ni aux indiens Mapuches de Patagonie qu’il chasse de leurs terres ; Lacoste et la fondation Cartier qui refusent que l’on parle de la Palestine dans leurs manifestations : la culture comme promotion de marques est elle aussi une mécanique de pacification efficace et rentable.

 

Miren

Miren

Miren est un portrait tout en finesse et en sensualité : celui d’une bergère basque, enracinée et libre, qui suit les saisons : depuis l’enfermement et le travail l’hiver vers la beauté et la légèreté l’été. C’est ainsi que son fromage unique voit le jour.
Le film est le 1er opus de la collection « La terre et le lait », quatre portraits d’irréductibles ayant fait le choix d’inscrire leur vie dans les rythmes naturels. Entre liberté et combats quotidiens, ils cherchent un équilibre… Une quête en contrepoint à l’évolution de l’agriculture et des modes de consommation actuels.
Jeanne Bourgon est titulaire d’un DESS « espaces et milieux » et diplômée de l’ESAV (master2 réalisation).

Irène Dunyach et Édith Pierrette Valentine

Irène Dunyach et Édith Pierrette Valentine

Ce numéro de L’esprit tranquille, c’est une partie de shifumi en plein cimetière, ou 128 pages de bonheur en 5 couleurs qui restent un peu sur les doigts. Entièrement imprimé à la riso et façonné à la main, Pierre † Deuil † Riso est une promenade dans un cimetière tout de granit, de béton, de rugosité ; et comme dans un véritable cimetière, vous pouvez, au choix : apprécier son esthétique caverneuse et sa beauté rocailleuse, vous extasier au détour de ses pages marbrées, ou bien voir planer dans ses contenus la menace de la fin qui nous guette tous•tes. C’est entre l’angoisse et l’élégance, entre la délicatesse et l’inquiétude qu’il vous faudra creuser votre lecture de ce numéro, et soulever une à une les pierres tombales qui se dresseront sur votre chemin.

Le site des Presses fantômes.

 

Claire Richard

Claire Richard

Inspirés par les Black Panthers, les jeunes membres du Young Lords Party, enfants de l’immigration portoricaine aux États-Unis, veulent remplacer l’État capitaliste et raciste par des alternatives communautaires et politisées. Ainsi, ils défi lent pour l’indépendance de Porto Rico mais sont surtout très actifs dans les quartiers, où ils développent notamment des programmes autour de la santé. Pour eux, la révolution est aussi une transformation personnelle. Sous l’influence des femmes, qui font comprendre aux hommes qu’on ne peut être révolutionnaire et machiste, les membres du parti travaillent ensemble à se libérer du sexisme, de l’homophobie et de leur propre racisme.
En 1971, ils sont quelques milliers sur la côte Est. Leur presse est lue, leur action efficace. Mais le parti, déchiré par des luttes internes, affaibli par des erreurs stratégiques, déstabilisé par le Cointelpro, se sépare en 1976.

L’histoire trépidante des Young Lords est un moment essentiel de l’imaginaire politique des Latinos aux États-Unis, et un pan méconnu des luttes des années 1960.

Sabrina Debusquat

Sabrina Debusquat

Depuis quinze ans, les femmes occidentales se détournent de plus en plus de la pilule. Lassées de subir les effets secondaires de ce médicament puissant – dépression, baisse de libido, migraines etc. –, elles sont nombreuses aujourd’hui à refuser ces souffrances. Face à cette désaffection, certain-e-s crient au retour en arrière. Pourtant, il devient diffcile de fermer les yeux sur les effets de la contraception hormonale : produit cancérigène de première catégorie, perturbateur endocrinien et véritable castration chimique, ses effets sur les femmes, leurs enfants et l’environnement sont extrêmement préoccupants.
Une telle chape de plomb règne sur le sujet qu’il est aujourd’hui impossible de critiquer la pilule sans être traité de dangereux rétrograde. Avec cette grande enquête, loin de toute idéologie, Sabrina Debusquat montre qu’il est urgent de lever le « tabou pilule » et nous invite à entrer dans l’ère de « l’après-pilule ».
Fruit d’une année d’investigation, J’arrête la pilule répond à toutes les
questions que vous vous posez et analyse rigoureusement ce fait de société majeur qui concerne 4,5 millions de femmes en France. À la croisée de l’histoire, des sciences et du féminisme, cet ouvrage bouscule nos certitudes et nous exhorte à repenser nos habitudes contraceptives.

Passagers d'exil

Passagers d'exil

Après Guerre à la guerre, Vive la liberté !, Chants du métissage et quand on n’a que l’amour, la collection « Poés’idéal » revient en force avec un cinquième titre en forme d’engagement : Passagers d’exil. Cette anthologie destinée aux ados ne se contente pas de rassembler des textes sur le thème de l’exil. Elle étaye un propos, construit une réflexion, facilite une prise de conscience. Être né quelque part. Devoir fuir son pays. Traverser la mer au risque de sa vie. Arriver en terre inconnue. Chercher un toit, du travail, des papiers. Devenir l’étranger, l’apatride, le migrant… puis voir une main se tendre. De Nelly Sachs à Mahmoud Darwich, d’Ananda Devi à Laurent Gaudé, 60 poètes du monde entier disent leur sens de l’hospitalité et offrent leurs mots comme autant de mains tendues.

 

Sous les pavés, la page

Sous les pavés, la page

16H à la librairie Terres de Légendes
Élizabeth Ebory viendra vous lire des extraits de son roman La fée, la pie et le printemps, qui vous prouvera qu'il suffit d'un peu de magie pour réenchanter la ville !
Proposé par la librairie Série B.

17H à la librairie Série B
Sous les pavés, concert plagiste - LoS MUCHoS jouent en vitrine.
Situé à Bordeaux, ce collectif bicéphale d'intervention artistique à géométrie variable (écriture, arts plastiques, recherches sonores et musicales) occupe son temps à faire parler les gens, à les enregistrer, à plastiquer l'art et à chanter. C'est la partie vivante des éditions N'A QU'UN OEIL.
Proposé par la librairie Terra Nova, en partenariat avec la Cave Poésie et Occitanie Livres & Lecture.

18H à la librairie Le Croquenotes
Les membres du collectif Dédales viennent nous régaler de leur verve le temps d'un quizz où ils croiseront références musicales et bande-dessinée avec un humour toujours communicatif.
Proposé par la librairie Terres de Légendes.

19H à la librairie Terra Nova
HØST, c'est "l'automne" en norvégien, et tout comme l'arrière-saison, le quartet mélange les couleurs et les textures, mais aussi le jazz et le post-rock. À l'occasion des bouleversements qui affectent le quartier des librairies d'Électrons livres, une création inédite du groupe vous sera proposée, mêlant électroacoustique, improvisation et composition originale.
Proposé par la librairie Le Croquenotes.

À l'issue de ce concert, nous vous invitons à boire un verre pour célébrer les 1 120 premiers jours de l'association Électrons livres.

Jocelyne Porcher et Aurélien Berlan

Jocelyne Porcher et Aurélien Berlan

Ce que nous nommons encore élevage se trouve aujourd'hui pris entre deux feux. D'un côté, le souci légitime de l'impact écologique et sanitaire de la production industrielle de viande et de produits d'origine animale rejoint le refus de maltraiter - voire tuer - les animaux. De cela émerge une remise en cause profonde du geste d'élevage. Est-ce là un progrès pour notre humanité ou un nouveau stade de l'« administration du désastre » ? De l'autre côté, les éleveurs sont dépossédés de leur métier par des procédures toujours plus rigides et intrusives : puçage RFID des ovins et caprins, chantage aux primes agricoles, bureaucratisation croissante, reproduction artificielle... Décriés d'un côté, ils sont administrés de l'autre - en attendant que disparaisse la possibilité même d'élever des animaux autrement qu'en les concentrant dans de gigantesques usines.

Ces menaces qui pèsent sur l'élevage sont un des symptômes de la soumission toujours plus grande de toutes et tous à la société industrielle. Le monde se referme alors que la liberté s'efface devant le contrôle systématique : au fond, ce que nous faisons subir aux animaux, nous nous l'infligeons également à nous-mêmes. Éleveurs et chercheurs qui les accompagnent dans leurs luttes, toutes et tous expliquent dans ce livre pourquoi l'élevage doit être préservé afin que nos vies restent authentiquement humaines.

Agustin Comotto

Agustin Comotto

Dès 16h, retrouvez Agustín Comotto à la librairie Terres de Légendes pour une séance de dédicaces.

Le matricule 155 a collé à la peau de Simon Radowitzky durant toute sa vie. Des pogroms perpétrés par les cosaques dans la Russie impériale de la fin du xixe siècle, jusqu'au massacre des manifestants du 1er mai dans l'Argentine de 1909, et pendant plus de vingt ans d'enfermement au fin fond des glaces d'Ushuaïa, Simon s'est battu. Jusqu'où un homme peut-il résister pour un idéal ? Cet idéal peut-il le rendre invincible ? Simon Radowitzky a été l'une de ces rares anomalies qui transcendent le mythe pour redevenir, après la misère, l'horreur et l'ignominie, ce qu'il voulait être : un homme simple et commun qui a lutté pour la justice. Voici son histoire.
Des aquarelles extraites du livre seront exposées à Terra Nova du 16 mars au 15 avril. Vernissage à l'issue de la rencontre.

Terres de Légendes et Terra Nova sont membres de l'association de librairies indépendantes toulousaines Électrons livres.

Aude Vidal

Aude Vidal

Développement personnel, habitats groupés, jardins partagés... : face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ».
Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ?

Collectif d'autodéfense numérique

Collectif d'autodéfense numérique

Le collectif d’autodéfense numérique réunit des bénévoles toulousain-e-s souhaitant partager leurs connaissances en sécurité informatique et usages numériques avec des publics variés. Ce guide présente l’« absence d’intimité » du monde numérique et propose
des méthodes pour ajuster ses pratiques quotidiennes en conséquence. Les technologies numériques, auxquelles il est devenu très difficile d’échapper, offrent des possibilités de contrôle et de surveillance jusque-là inégalées.
S’ils semblent souvent très pratiques, les outils numériques sont également de puissants atouts pour les dispositifs de surveillance et de répression.
C’est à partir de ce constat, et de la détermination à ne pas se laisser
contrôler par quelque Big Brother que ce soit, qu’un collectif s’est attelé il y a plus de sept ans à la rédaction du Guide d’autodéfense numérique.
On trouve dans ce Guide d’autodéfense numérique des éléments de
compréhension de l’outil informatique et de ses failles, des éléments de réflexion permettant d’élaborer et de mettre en place des « politiques de sécurité » et des outils permettant à quiconque d’apprendre et de répandre des pratiques de protection appropriées à chaque situation.

Tropic Hotel

Tropic Hotel

Tropic Hotel est une création poétique, musicale et littéraire dont l'objet est la langue comme matière musicale : sur la base d'un travail de traduction en français de bossas novas de Chico Buarque, Vinicius de Moraes, Carlos Lyra, un homme et une femme jouent en face à face le discours amoureux.
Certains poèmes sont lus, d'autres chantés. Le duo Tropic Hotel réussit à faire sonner la langue française de façon rythmique et sonore, sans perdre la simplicité, crue, douce et poétique de la langue brésilienne. Parfois, on y entend le brésilien seul ; ailleurs, les idiomes se mêlent et font sens comme en relais. Certaines adaptations, intitulées « bossas sourdes », résultent de jeux littéraires inspirés des surréalistes. Entendre, voir, écouter. Comprendre, être sourd.e au sens, imaginer.
Parti.e.s de la forme brute de la bossa, les Tropic Hotel n'hésitent pas à s'aventurer sur les sentiers électriques de la pop exotica et nous entraînent dans un véritable road movie musical.

Sandra Campas Saint Jean : chant, orgue, samples, percussions
Frédéric Jean : chant, guitare électrique, classique

Du Chili à l'exil - De 1973 à aujourd'hui

Du Chili à l'exil - De 1973 à aujourd'hui

Voici une belle occasion de faire le lien entre l’Histoire politique du Chili, la singulière démarche des groupes Medvedkine et la contribution active de la BDIC à l’Histoire du Temps présent.
Septembre Chilien, réalisé par Bruno Muel quelques jours seulement après le coup d’Etat de Pinochet, capte clandestinement des témoignages de miltant.e.s et des plans de prisonnier.e.s parqué.e.s dans des stades. Précieux témoignage historique, c’est aussi une pépite du cinéma militant.
Voces desde el Exilio, réalisé à l’Université Paris-Nanterre, témoigne de différents moments de l’Histoire du Chili à travers les paroles d’exilé.e.s politiques chilien.ne.s en France. La période précédant l’Unité Populaire, le gouvernement de Salvador Allende, le coup d’État, la répression par la dictature militaire, et, plus tard, l’exil ou le rapatriement.

Rosa Olmos est responsable du Service Audiovisuel de la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine (BDIC).

El Charro de Toluquilla

El Charro de Toluquilla

Entre les concerts qui s’enchaînent, sa fille, sa jument, sa compagne et future épouse et ses multiples maîtresses, « el Charro » de Toluquilla est un mariachi qui vit sa vie à cent à l’heure. Mais depuis quelques temps, son corps est moins fringant : Jaime est séropositif. La maladie et ses symptômes n’affectent pourtant ni son enthousiasme, ni son train de vie, pas vraiment conforme aux prescriptions médicales.

Archétype du macho mexicain, avec ce qu’il faut d’alcool, de sexe et de pistolet, le personnage est terriblement attachant. Entre humour et tendresse, porté par une musique folklorique irrésistible et une esthétique haute en couleur, le film, qui flirte joyeusement avec la fiction, nous invite à soulever délicatement le voile d’excentricité de ce fanfaron pour découvrir, derrière le masque, un homme effrayé par la mort en marche.

 

Piedad Bonnett

Piedad Bonnett

Comme chaque année à l’occasion de Cinélatino, Terra Nova et le Théâtre de la Passerelle s’associent pour inviter le public à partager un moment de lecture chorale. Cette année, ce sont des poèmes de l’écrivaine colombienne Piedad Bonnett qui seront lus : extraits du Manuel des miroirs, ils évoquent l’enfance et le quotidien, la douceur et l’âpreté de la famille et du monde.

Le Théâtre de la Passerelle propose des ateliers de dynamisation par les techniques du théâtre à des personnes en situation économique et sociale précaire. Le projet s’articule autour de la pratique artistique et de diverses sollicitations culturelles.

Elsa Dorlin

Elsa Dorlin

En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au xixe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent noir au prétexte qu’il était « menaçant ». Une ligne de partage oppose historiquement les corps « dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense.
Ce « désarmement » organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense.

Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des « éthiques martiales de soi », pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

Mercredi 4 avril de 10h à 16h, Elsa Dorlin sera à l’Université Toulouse Jean Jaurès à l’invitation du réseau Arpège.
Tous les détails sur http://arpege.univ-tlse2.fr

Mercredi 4 avril à 19h la compagnie Nanaqui propose au théâtre Jules Julien une représentation du spectacle La femme n’existe pas en présence de l’autrice Barbara Métais-Chastanier, de la metteuse en scène Kéti Irubetagoyena et d’Elsa Dorlin.

Elsa Dorlin, professeure de philosophie à l'université Paris 8, est notamment l'auteure de La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française (La Découverte 2006) et de Sexe, genre et sexualités. Introduction aux philosophies féministe (PUF, 2008).

 

Antoine Lablanche et Eric Sevault

Antoine Lablanche et Eric Sevault

En 1918, devant la défaite allemande imminente, les huissiers de l’Empire ouvrirent aux dirigeants sociaux-démocrates la porte si longtemps close et les introduisirent, non sans arrière-pensées, dans l’antichambre du pouvoir. Et voilà que les masses se précipitèrent à l’intérieur, bousculèrent leurs dirigeants et les entraînèrent jusqu’à la porte du pouvoir lui-même. La social-démocratie semblait enfin parvenue à son but. Alors ses dirigeants, élevés malgré eux jusqu’au trône vide par la foule de leurs partisans, n’eurent rien de plus pressé que d’ordonner aux anciens gardiens du Palais de mettre tout le monde dehors.

Sebastian Haffner raconte la trahison d’un peuple insurgé par ses propres représentants : comment les Ebert, Noske ou Scheidemann, déjà ralliés à l’union sacrée en 1914, consomment la faillite définitive de la social-démocratie. Appelés au pouvoir par le gouvernement impérial pour prévenir une révolution, ils jouent sans faiblir leur rôle, jusqu’à l’écrasement de la révolte de Berlin aux premiers jours de 1919.

Charles Reeve

Charles Reeve

Désastre généralisé et crise de la représentation nous incitent à penser au présent le vieux principe de la démocratie directe, qui prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, pour se trouver à nouveau dans les mouvements de contestation. Le principe d’autogouvernement s’y est toujours heurté aux principes autoritaires de représentation permanente.

Les soviets des révolutions russes et les conseils de la révolution allemande des années 1920 ont été deux expressions puissantes de cette promesse pour l’avenir, et se trouvent au cœur des réflexions développées dans ce livre. Car si le dénouement de la révolution russe a glacé pour un siècle le mouvement ouvrier, liant l’idée de socialisme à celle du totalitarisme de parti unique, l’expérience, courte mais riche, de la révolution allemande s’est révélée proche des mouvements contemporains, de Mai 68 au mouvement assembléiste du 15M en Espagne, en passant par Occupy aux États-Unis et par les Printemps arabes. Les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux ont toujours été rejetés par les chefs du socialisme avant-gardiste et qualifiés de « sauvages », car leur échappant.

Même s’il n’est pas stricto sensu une histoire du mouvement socialiste, ce livre en revisite de grands moments. Il les étudie et les discute à travers le prisme de conceptions hérétiques et « sauvages », et garde à l’esprit la perspective de l’émancipation, encore et toujours.

Alexandre Marius Jacob

Alexandre Marius Jacob

Un portrait en images d’Alexandre Jacob, dit Marius, anarchiste de la Belle Époque et voleur de son état. Malgré les réticences de sa rédaction, un journaliste de la RTF part sur les traces de l’honnête cambrioleur, afin d’en faire un sujet. À l’heure où l’Algérie s’embrase et où la création du marché commun européen suscite autant d’espoir que d’inquiétude dans la presse de l’époque, le journaliste voit dans l’histoire de Marius Jacob des correspondances évidentes avec l’actualité brûlante. Un film facétieux, à l’image du personnage de Marius…

Justine Augier

Justine Augier

Avocate, militante des droits de l’homme, figure de la dissidence syrienne, Razan Zaitouneh s’appliquait à documenter les crimes commis dans son pays par le régime mais aussi par les groupes intégristes, à recueillir la parole de celles et ceux qui avaient survécu à la torture et à l’enfermement – quand, en décembre 2013, elle fut enlevée avec trois de ses compagnons de lutte. Depuis lors, on est sans nouvelles. De l’ardeur reconstitue son portrait, recompose le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du crime permanent qu’est devenu ce pays.

En découvrant son combat et son sort, Justine Augier, qui a elle-même mis à distance ses premiers élans humanitaires, est saisie par la résonance que cet engagement aussi total qu’épris de nuances trouve dans ses propres questionnements. Récit d’une enquête et d’une obsession intime, partage d’un vertige, son livre est le lieu de cette rencontre, dans la brûlure de l’absence de Razan.
Plongée dans l’histoire au présent, De l’ardeur nous donne un accès précieux à cette réalité insaisissable dans son assassine absurdité, et si violemment parallèle à notre confort occidental peu à peu menacé. Et ce, dans un respect absolu de la dignité du langage, dans la lucidité d’une impuissance certaine et néanmoins étrangère à toute reddition.

Nicolas Rouillé

Nicolas Rouillé

Lorsque Pak Sustrisno débarque dans la ville minière de Timika en Papouasie occidentale, il ignore dans quel monde terrible il vient de poser le pied. Venu cher­cher fortune comme des milliers d’autres migrant.e.s dans ce far west indonésien, il va vite déchanter.
La région est tributaire de l’armée, qui fait régner l’ordre afin que la multinationale spécialisée dans l’extraction du minerai d’or, Freeport, puisse abraser en toute quiétude les montagnes de l’arrière-pays. Les Papous originaires de la province survivent tout juste dans des bidonvilles, où ils se livrent à l’orpaillage dans les rejets toxiques de la mine. L’un d’eux, Alfons, jeune idéaliste élevé dans les maquis de l’organisation indépendantiste papoue, va tenter de faire basculer les choses. L’engrenage implacable des mondes néocoloniaux va se mettre en route.
Avec ce thriller politique, Nicolas Rouillé nous fait pénétrer dans l’un des lieux les plus édifiants du saccage économique et humanitaire de la planète.

http://www.editions-anacharsis.com/Timika

Gus Sauzay & Ava Hervier

Gus Sauzay & Ava Hervier

Gus Sauzay fera une lecture-performance de son texte Zé paru dans la jeune maison d’édition Trente-trois morceaux, en compagnie de la comédienne Ava Hervier. Puis Gus Sauzay improvisera avec les journaux du jour, du Courrier International à Détective en passant par Closer et Paris Turf, pour en tirer histoires et leçons cachées...
« Quand le voilier de son ami Shelley fait naufrage dans le golfe de La Spezia en Italie le 8 juillet 1822 Byron dresse un bûcher avec des amis sur la plage de Viareggio pour brûler sa dépouille est une phrase qui même sans W K X jette une lumière crue sur les étranges rivages comportementaux où vont parfois échouer certains rapports humains chauffés à blanc. »
Zé est un poème composé et monté à partir d’éclats autobiographiques, de considérations esthétiques, de vraies et de fausses citations, de récits et de visions autonomes. Le texte n’a pas d’autre loi que celle de sa fantaisie à avancer au travers des matériaux rassemblés.

Matt Gallandier & Sébastien Ibo

Matt Gallandier & Sébastien Ibo

Projection du film The antifascists, de Patrick Oberg et Emil Ramos, le jeudi 19 avril à 20h30 au cinéma Le Cratère.

L’objectif de cet ouvrage est de comprendre pourquoi l’extrême droite a fait ces dernières années un tonitruant retour au premier plan de la scène politique en Europe et particulièrement en France. Sa dynamique est-elle similaire au fascisme des années 1930 ?
Après avoir étudié le fascisme historique, nous proposons d’analyser son renouveau idéologique, ainsi que son rapport au localisme et à l’international. Dans une perspective de synthèse, avec un langage simple et clair, cet ouvrage entend offrir une analyse matérialiste pensant en termes de classes sociales le nationalisme et l’extrême droite.

Audrey Courbebaisse

Audrey Courbebaisse

Quelle aventure collective extraordinaire ! Pendant 20 années en France, élus, architectes, entreprises et artisans œuvrent ensemble pour l’urbanisation de milliers de familles. Cette démarche, qui donne naissance aux grands ensembles, est un phénomène d’une ampleur sans précédent dans l’histoire des villes et de l’urbanisme en raison de la quantité de logements construits, du nombre de villes et de personnes concernées et, chose ignorée, de l’originalité de chacune des réalisations. Les grands ensembles proposent une architecture nouvelle pour laquelle les architectes concepteurs doivent lier la composition classique à la répétition à une échelle jamais vue dans l’histoire de l’architecture. Loin des stéréotypes qui font de l’architecture des grands ensembles le bouc émissaire du mal de vivre et qui contribuent à leur disparition, cet ouvrage montre les aspects ignorés, cachés, oubliés des grands ensembles.
Comment distingue-t-on tel ou tel grand ensemble ? Comment les architectes se sont-ils accommodés de la répétition stérilisante ? À partir de documents inédits (photographies, dessins), d’extraits d’entretiens avec les habitants, cette étude s’attache à répondre à ces questions en mettant en lumière 17 grands ensembles toulousains.

 

Hervé Parent

Hervé Parent

La rumba catalane est une musique vivante, dynamique, aux racines populaires et urbaines qui a émergé en Catalogne au milieu du vingtième siècle. Elle est le résultat d’un processus continu de croisement et d’appropriation de diverses traditions musicales comme le flamenco, les chants mélismatiques du pourtour méditerranéen et les musiques
populaires du continent américain. Malgré une diffusion internationale, la rumba catalane et par extension la culture gitane, souffrent de représentations négatives et folklorisantes.
Coordonné par Hervé Parent, cet ouvrage regroupe les interventions, retranscrites et retravaillées, de plusieurs spécialistes de la rumba – anthropologues, musicologues, linguistes et artistes – lors de rencontres et discussions filmées en 2016, lesquelles ont eu pour objectif de mieux identifier les marqueurs culturels et sociaux propres à la rumba, de produire un corpus de données afin d’alimenter le projet de candidature à l’UNESCO, les auteurs souhaitant modifier ces représentations négatives et valoriser ce patrimoine transfrontalier.

Des plumes dans le goudron

Des plumes dans le goudron

Le territoire, lieu de réinvention du politique. À l’heure du conflit sur l’occupation de Notre-dame-des-Landes, voici une vaste enquête de terrain qui vient combler un manque : expliquer les enjeux des luttes de résistances aux « grands projets inutiles et imposés » comme le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure ou la construction d’une ligne de TGV Lyon-Turrin... En plus des gros plans consacrés à chacune des luttes, cet ouvrage souligne combien celles-ci convergent vers un mouvement commun de politisation du territoire. Ce texte à l’ambition pluridisciplinaire croise les points de vue d’un sociologue, d’un urbaniste, d’un économiste et d’un géographe.

Rina Nissim

Rina Nissim

Rina Nissim nous fera l’honneur et le plaisir de sa présence à la librairie pour des lectures et une rencontre autour d’Audre Lorde, la poétesse et essayiste noire, féministe, lesbienne, mère et guerrière. Elle nous parlera de leur amitié et des textes de l’auteure activiste, chargés d’une puissance poétique subversive, de colère, d’amour, et d’un fort élan vital, tel un souffle de lumière...

Rina Nissim, engagée au sein du Mouvement de libération des femmes genevois dans les années 70, s’investit dans les groupes «avortement» et «self-help». Elle fonde les éditions Mamamélis en 1984, année de sa rencontre avec Audre Lorde et Dagmar Schultz, leur éditrice allemande à toutes les deux.

https://www.american-cosmograph.fr/audre-lorde-the-berlin-years-1984-to-1992.html

THSF - Toulouse Hacker Space Factory

THSF - Toulouse Hacker Space Factory

Inspirée par les rassemblements de hackers du CCC (Chaos Computer Club, Hambourg) et d☠ HSF (/tmp/lab, Paris) et favorisée par l’inscription du hackerspace Tetalab au sein du collectif d’artistes pluridisciplinaire Mix’Art Myrys les fondateurs du Tetalab et ledit collectif démarrent l’aventure THSF en 2010, en proposant un rendez-vous autour des différentes facettes de la « culture hackerspace ».

Logiciels et matériels libres, DIY, réappropriation et détournement des technologies, sciences, défense des droits et libertés sur Internet, sécurité informatique, arts numériques, culture(s), politique et société... autant de sujets autour desquels nous invitons à découvrir, apprendre, questionner, partager et construire.

Karla Suarez

Karla Suarez

Ernesto a 12 ans lorsqu’on lui annonce la mort de son père dans les troupes cubaines envoyées en Angola. Fini les aventures trépidantes avec ses amis Lagardère et la belle capitaine Tempête, lui, le courageux Comte de Monte-Cristo, se voit obligé de devenir «le fi ls du héros», une tâche particulièrement lourde dans un pays socialiste.
Plus tard, obsédé par cette guerre dans laquelle son père a disparu, il étudie avec passion cette période sur laquelle les informations cubaines ne sont pas totalement fi ables. Il tente alors de reconstruire l’histoire de la mort de son père et se rend compte que tout ne s’est pas passé comme il l’a imaginé. Oscillant entre passé et présent, entre douleur et passion, Karla Suárez trace avec ironie et lucidité le portrait d’une génération écrasée par une vision héroïque de l’histoire et qui a dû construire, à travers les mensonges et les silences de l’idéologie étatique, ses propres rêves et ses propres voies vers la conquête de la liberté individuelle.

José Ardillo

José Ardillo

Peut-on construire une société libre dans un monde aussi fragile que le nôtre ? Au cours des deux derniers siècles, la plupart des projets politiques qui avaient l'émancipation pour horizon ne se sont pas posé cette question, car tout leur paraissait possible. La raréfaction des ressources, la disparition des espèces et la pollution n'étaient pas prises en considération, la puissance des sciences et des technologies semblait alors sans limites. A contrario, l'écologie nous enseigne aujourd'hui que la liberté de l'être humain doit être mise en regard des restrictions qu'impose le monde physique.

Des auteurs comme Thoreau, Reclus, Kropotkine, Landauer, Huxley, Mumford, Ellul, Illich ou Bookchin ont compris très tôt que la nature et les limites de la planète et du monde vivant ne sont pas des chaînes qui entravent nos désirs et nos actions : elles sont au contraire les conditions de leur réalisation la plus authentique. Le point commun de ces penseurs : ils se sont tous situés, d'une manière ou d'une autre, au croisement de l'écologie et de la pensée libertaire.

Dans un style vivant et un langage accessible à tous, ce livre fait l'inventaire des jalons philosophiques et politiques posés par ces penseurs hors normes. Il est une invitation à revisiter leurs oeuvres et à reprendre leur réflexion, en vue d'une critique radicale de la société industrielle.

Lola Miesseroff

Lola Miesseroff

«Ni bottin mondain, ni roman à clefs, ni polar, ce livre propose simplement un voyage d’initiation aux aventures et perspectives de l’outre-gauche des années68.» De 1968 en France, on ne retient en général que des clichés chocs ou chics : les barricades au Quartier latin, les voitures qui brûlent, des slogans («il est interdit d’interdire», «sous les pavés la plage»), la pénurie d’essence, les soixantehuitards baba cools et ceux qui, passés «du col Mao au Rotary», ont fait depuis de «belles» carrières. On oublie que mai 68 n’a été que le point culminant d’un mouvement de révolte des ouvriers et des jeunes qui avait débuté bien avant et s’est prolongé largement au-delà, que ce mouvement a été très actif loin de la capitale et que les étudiants ou les groupuscules maoïstes et trotskistes n’en constituaient que les composantes les plus visibles. C’est une autre vision de cette période que l’auteure donne à connaître et à comprendre, celle d’une mouvance hétérogène, « l’archipel outre-gauche », qui va des anarchistes indépendants à l’ultragauche en passant par les situationnistes.

Des témoignages de trente individus qui se trouvaient alors à Paris, Nantes, Angers, Lyon, Chambéry, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux ou Marseille, elle tire un récit choral subjectif, fait de vécu et de théorisation, d’anecdotes et de réflexion, d’espérances et de désespérance, sans oublier une bonne pincée d’humour et même un peu de sex, drugs, free jazz and rock’n’roll.

 

 

 

Groupes Medvedkine - Bruno Muel

Groupes Medvedkine - Bruno Muel

Février 1967 : Chris Marker et Mario Marret commencent le tournage de À bientôt j’espère, pendant la grève dans les usines de la Rhodiacéta de Besançon. Un an plus tard, lors de la projection du film, les ouvriers expriment leur opinion, certains jugeant le film trop romantique. Chris Marker tire alors la conclusion qu’un véritable cinéma militant ne peut être réalisé que par les ouvriers eux-mêmes. Au sein du collectif SLON se constitue alors un groupe de cinéastes militants qui forme ces ouvriers aux techniques cinématographiques et donne naissance aux groupes Medvedkine de Besançon puis de Sochaux.

Tout aussi écoeuré par la guerre d’Algérie que les cinéastes Yann Le Masson et René Vautier, bien qu’un peu plus jeune qu'eux, Bruno Muel, cet homme bienveillant et engagé dont les cadres ont souvent la douceur d'une caresse, a été, en 1962 opérateur sur le tournage du film Algérie année zéro de Marceline Loridan, puis en 1967 pour Loin du Vietnam, film collectif monté par Chris Marker, et Les trois cousins, de René Vautier en 1970. Il a fait partie, avec sa compagne Francine, de l’aventure des groupes Medvedkine de 1967 à 1974 et a réalisé Septembre Chilien en 1973 et Avec le sang des autres en 1974, avec Christian Corouge, ouvrier du groupe Medvedkine Sochaux à l’usine Peugeot.

Marc Sastre

Marc Sastre

Une ligne de fracture parcourt notre société, elle porte la figure métaphorique de l’Arabe. Par l’outil poétique, Marc Sastre tente de faire dialoguer les deux pans d’une communauté : celle qui fait la France, toute la France, cette France qui peine encore à reconnaître tous les siens.
Familier des corps au travail, il arpente les chantiers en construction de notre mémoire à l’Autre, de nos rapports à l’étranger. Taillant dans une langue qui fait rimer émigré avec ouvrier, il appelle à lire les enseignements de l’Histoire afin de construire les conditions du vivre ensemble.
Marc Sastre est poète et musicien. Il questionne les territoires intérieurs et les rapports de l’homme au travail. Musicien au sein de diverses formations rock depuis les années 1980, il a composé avec Guillaume Navar (guitare, machines) et Camille Sabathier (violon) une bande-son de son texte sous forme de spoken words.

Sarah Mazouz

Sarah Mazouz

Dans le moment migratoire que nous vivons depuis 2015, c’est dans les villes et au niveau des villes que se pose la question de l’accueil. À l’heure des crispations sécuritaires et de la montée des extrêmes droites en Europe, les villes peuvent fonctionner comme des espaces intermédiaires entre l’État et les citoyens pour affirmer des définitions propres de l’hospitalité et, dans certains cas, fournir des contrepoints à la tentation du repli. En s'appuyant sur les exemples de plusieurs métropoles, Paris, Copenhague, Berlin, Istanbul, cette enquête, menée depuis 2015, montre ainsi que les territoires accueilleraient parfois mieux que les États et aborde les répercussions sociales ainsi que les différents enjeux d'une politique migratoire. Avec des témoignages de migrants, de militants et d'observateurs directs.

Ce titre s’inscrit dans la collection « Bibliothèque des frontières », qui a pour but de penser la violence des frontières contemporaines et de réinventer les politiques d’hospitalité.

Panthère Première

Panthère Première

Panthère Première, c'est une revue d'enquêtes, de partage de réflexions, de récits qui explore les intersections entre sphères dites privées ou intimes (famille, enfance, souvenirs, habitat, corps, sexualité...) et phénomènes qui cherchent à faire système (État, industrie, travail, colonialisme, rapports de genre...) - partant du principe que les formes de domination et d'injustice se nourrissent, se pérennisent, se révèlent souvent dans ces plis.

Panthère Première, c'est une revue généraliste taillant la part belle à l'image, friande de formats courts, jouant avec les registres narratifs (bande-dessinée, témoignage, fiction...) et comportant un dossier thématique, différent à chaque numéro.

François Mathieu

François Mathieu

« On pourrait dire à propos de mon existence que je suis un immigré de profession. Quel que fût l’endroit où j’allais, il fallait que j’émigre de nouveau très peu de temps après. C’est simple : immigré, on est chassé à travers le monde. »

Clément Moreau (1903-1988), Carl Meffert de son nom, adhérent à la Ligue spartakiste dès qu’il eut seize ans, initié à l’art prolétarien par Käthe Kollwtiz, s’établit en 1927 à Berlin, où il appartint à l’avant-garde littéraire et artistique, celle qui sera pourchassée par les nazis. En 1933, l’arrivée d’Hitler au pouvoir le force à s’exiler en Suisse où, clandestin, il devient Clément Moreau. Obligé de quitter la Suisse, il part en apatride vivre en Argentine où il exécute, de 1937 à 1938, cent sept linogravures représentant les atrocités nazies, Nacht über Deutschland (Nuit sur l’Allemagne). Traduit en français par Cordula Unewisse et François Mathieu, ce livre illustré permet à ceux qui n’auraient pas eu l’original en allemand à leur disposition d’apprécier le talent graphique de Clément Moreau. Ajoutons qu’en 1976 les éditions Syros avaient publié Mein Kampf, dessins de Clément Moreau (Paris, n° 2 de la collection Combat culturel, 60 pages), un recueil de caricatures par Clément Moreau parues dans Argentina libre où elles illustraient, pour s’en moquer, des extraits autobiographiques du livre d’Hitler, mais ce livre est épuisé depuis longtemps. Une soirée pour revenir sur les pas de Clément Moreau, dans la tradition de l’exil antifasciste et qui nous permettra de re-découvrir le magnifique travail des éditions Plein Chant, basées à Bassac en Charente depuis 48 ans déjà.

Pour aller plus loin :

Le site des éditions Plein Chant

Un article qui vaut le détour sur Gauchebdo

Le site de la fondation suisse Clément Moreau

Grégoire Souchay

Grégoire Souchay

Devenues un symbole de « la transition énergétique », les éoliennes sont aujourd’hui partout : sur les crêtes du sud du Massif central, dans les plaines du Centre, du Nord et de la Champagne, des monts du Morvan aux littoraux occitans, et bientôt au large de la Bretagne et de la Normandie. Comme on l’imagine, celles et ceux qui voient l’éolien comme une technologie fiable et très compétitive estiment qu’il faudrait le développer sans attendre, dans un calendrier que la crise climatique impose comme une évidence. Mais de nombreuses autres personnes s’opposent à ce développement aveugle et dénoncent l’« industrialisation de la campagne ».
Ces conflits révèlent en réalité la fracture entre deux visions de l’écologie : développement durable et acceptation du capitalisme versus sobriété et désir d’émancipation. Les un-e-s raisonnent en entrepreneur-e-s, les autres critiquent les effets politiques et sociaux sur une communauté de vie. Les un-e-s se veulent spécialistes de l’énergie, les autres parlent de paysages et de protection de la nature. Alors, « pari gagnant » ou « grande arnaque » ? Une enquête à lire d’urgence sur les enjeux de l’écologie.

Pierre Serna

Pierre Serna

Historien excentrique de la Révolution française, Richard Cobb enquête sur un dossier d’archives décrivant les corps repêchés dans la Seine entre 1795 et 1801. Par-delà l’énigme de leur fin tragique, il restitue à ces hommes et femmes, jeunes et vieux, noyés, suicidés ou assassinés, leur existence singulière.
Attentif aux traces les plus fugitives – un bouton de veste, un mouchoir, un petit bijou –, il parvient, avec une renversante puissance d’écriture, à animer de sa vie propre la population grouillante de la capitale aux abords du fleuve. Avec cette plongée en dessous de la Révolution, il entreprend, plutôt qu’une « histoire populaire », la fabrique d’une histoire des gens du peuple.

Mickaël Correia - Une histoire populaire du football

Mickaël Correia - Une histoire populaire du football

De l'Angleterre à la Palestine, de l'Allemagne au Mexique, du Brésil à l'Égypte, de la France à l'Afrique du Sud, ce livre raconte une autre histoire du ballon rond, depuis ses origines jusqu'à nos jours.

Le football ne se résume pas au foot-business : depuis plus d'un siècle, il a été un puissant instrument d'émancipation pour les ouvriers, les féministes, les militants anticolonialistes, les jeunes des quartiers populaires et les contestataires du monde entier.

L'auteur retrace le destin de celles et ceux qui, pratiquant ce sport populaire au quotidien, en professionnels ou en amateurs, ont trop longtemps été éclipsés par les équipes stars et les légendes dorées. Prenant à contre-pied les clichés sur les supporters de foot, il raconte aussi l'étonnante histoire des contre-cultures footballistiques nées après la Seconde Guerre mondiale, des hooligans anglais jusqu'aux ultras qui ont joué un rôle central dans les printemps arabes de 2011.

En proposant une histoire « par en bas », en s'attachant à donner la parole à tous les protagonistes de cette épopée, Mickaël Correia rappelle que le football peut être aussi généreux que subversif.

Ali Thareb

Ali Thareb

Ils se moquaient tout le temps de moi

parce que je n’avais pas de cartable

portais des vêtements usagés

m’endormais pendant les cours

parce que mon père ne priait pas

et la maison que nous habitions

était petite et lugubre

parce qu’une fois aussi j’ai dessiné

sur le dos de ma mère une fenêtre

qui donnait sur nulle part


Habiter en poète un monde en guerre, c’est ce que fait Ali Thareb corps et âme. Né en 1988 peu après la fin de la guerre Iran-Irak, la poésie est pour lui vitale. « La poésie me permet de me sauver et d’essuyer, ne serait-ce qu’un petit peu, le sang qui coule sur ma vie. En tant que membre de la Milice de la culture, j’attire l’attention à travers mes textes, sur le lieu du crime, sur le sang. J’essaie constamment d’ouvrir notre mort quotidienne avec toutes ses facettes, sur les limites du mot, le mot qui pousse non pas comme une rose mais comme une balle. » 

Jean-Luc Porquet

Jean-Luc Porquet

Le 3 juin 1844, sur l’île d’Eldey, non loin du cercle polaire, des pêcheurs islandais ont tué les deux derniers spécimens de grands pingouins, après des millions d'années d'existence.
En « honnête homme » du XXIe siècle, Jean-Luc Porquet sait que, à l’image de cet oiseau incapable de voler, toutes sortes d’animaux sont en train de disparaître, que la sixième extinction de masse des espèces est en cours, que la Terre n’a pas connu pareil massacre depuis 65 millions d’années et que les hommes, ses semblables, en sont les maîtres d’œuvre irresponsables.
Comment faire face à ces vérités-là sans céder à la panique ni au déni ? L’auteur écrit au Grand Pingouin pour nous prendre à témoin et interroger en miroir nos destinées solidaires.
Cette lettre à bâtons rompus se fait tour à tour intime, érudite et rêveuse : une élégie funèbre, mais combative.

Les Fondeurs de Briques

Les Fondeurs de Briques

This machine kills fascists : ce slogan a marqué des générations de musiciens du courant alternatif folk. Mais il reste la marque de fabrique de Woody Guthrie, le troubadour country qui l’a gravé sur ses guitares. Quelques accords pour faire résonner son désaccord à l’heure de la crise de 1929, quand le rêve américain se résumait à un cauchemar pour les sans-voix — dont le chanteur se fit le porte-parole.
W. Guthrie est une légende de l'Amérique sur le théâtre d'une centaine d'événements historiques - le boom pétrolier dans l'Oklahoma, le Bol de Poussière, la Grande Dépression et la Seconde Guerre Mondiale, entre autres - qu'il a rendus inoubliables avec ses chansons de célébration et de protestation. This Land is Your Land, Pastures of Plenty, Hard Traveling, Pretty Boy Floyd, Reuben James, Roll on, Columbia, les Dust-Bowl Ballads, et les Sacco & Vanzetti Ballads ne sont que quelques unes des chansons signées Guthrie, qui ont fait de son nom un mot de passe dans la musique américaine.
Après En Route pour la gloire, Cette Machine tue les fascistes, selon le célèbre slogan qu'il avait collé sur la caisse de sa guitare, est un choix de ses histoires, poèmes, chansons, dessins et souvenirs. Les thèmes sont ceux que toute une nouvelle génération d'auteurs-compositeurs, aux États-Unis et à l'étranger, ont repris à leur propre compte après W. Guthrie : la guerre, l'amour, la célébration de la nature, le syndicalisme, l'injustice, le racisme, la révolte, l'errance, la société américaine. Ainsi réunis, ils apportent une image vivante et immédiate de ce que signifie réellement W. Guthrie, rendant justice du même coup à l'écrivain, au poète et au philosophe, et non plus seulement au chanteur.
Robert Shelton, qui réalisa ce recueil en 1965, a été pendant de nombreuses années chroniqueur de chanson et de musique folk pour le "New York Times".
Les Fondeurs de briques ressortiront en septembre prochain le livre de W. Guthrie Cette machine tue les fascistes, compilation de textes déjà parue dans les années 1970 mais ici enrichie de 4 textes avec des photos, des dessins et un CD rare.

Un article à lire sur le site du Monde diplomatique.

 

Valérie Rey-Robert

Valérie Rey-Robert

Dans cet essai documenté et novateur, l’autrice analyse et définit les violences sexuelles, déboulonne toutes nos idées reçues et bat en brèche l’argumentaire déresponsabilisant les violeurs. Elle insiste sur les spécificités hexagonales du concept de « culture du viol », démythifie le patrimoine littéraire et artistique, et démontre, point par point, qu’il est possible de déconstruire les stéréotypes de genre et d’éduquer les hommes à ne pas violer.

Aurélien Dubuisson & Jann-Marc Rouillan

Aurélien Dubuisson & Jann-Marc Rouillan

Les deux auteurs reviennent sur les débuts du groupe Action directe. Les 2 textes mêlent témoignages et documents inédits pour retracer l’histoire de ces trajectoires militantes. De son côté, Jann-Marc Rouillan explique que « le nom “Action directe” a surgi lors d’une réunion dans un tout petit appart donnant sur le cimetière de Montmartre. Il avait été avancé par un camarade italien qui y participait. Ceci expliquait-il cela ? Savait-il que la puissante organisation du syndicalisme révolutionnaire italien au début du siècle était Azione Diretta ? Lorsque ce nom est apparu officiellement, nombreux furent les censeurs : ils ne voyaient que référence au militarisme ou à l’anarchisme. C’était oublier que ce terme appartient au patrimoine de toute la classe prolétarienne. “Action directe” est l’ancien terme pour “autonomie”. »
Deux voix pour retracer ces vies, le choix de la lutte armée et la centralité de la question de l’emprisonnement. Jann-Marc Rouillan raconte pour la première fois l’histoire interne d’Action directe. Analyse critique par l’un de ses protagonistes, ce livre est une pièce indispensable d’un fragment de l’histoire politique française et européenne. Si cette histoire attend ses historiens, elle ne se fera pas sans ses témoins.

Collectif Z

Collectif Z

D’où vient tout l’or du monde ? Pour sa douzième édition prévue à la rentrée 2018, Z explore les bas-fonds du capital : l’extraction minière. Un sujet immense qui a précipité l’équipe en Guyane, à 7000 km de son camp de base. Elle a enquêté en Amazonie, sur des terres menacées par un gigantesque projet minier, ironiquement nommé « Montagne d’Or ». C’est donc un numéro spécial sur l’extraction minière où se jouent parmi les plus grandes batailles environnementales de ce siècle. Dans le prolongement du livre Mauvaises Mines sorti ce printemps, mener une belle enquête sur la soif des métaux, pierre de touche de l’accumulation capitaliste et ressort incontournable de sa poursuite effrénée. Le boom minier planétaire n’épargne pas l’Hexagone, où plus d’une dizaine de permis d’exploration ont été accordés : nous aurions pu modestement poser nos bagages et nos micros en Bretagne ou en Ariège. Sauf qu’en Guyane, cette colonie française d’Amérique du Sud que Macron prend pour une île, un projet d’une toute autre ampleur est en passe de voir le jour : une méga-mine d’or à ciel ouvert en pleine forêt amazonienne, près de Saint-Laurent-du-Maroni.

Un très bon article de Mathieu Brier et de Naïké Desquesnes : www.zite.fr

 Un trio de choristes est également de la partie : Échos de galerie – chants du monde des mines. Dans les chants des mineurs on trouve la colère contre des conditions des travail extrêmement dures, mais aussi l’orgueilleuse revendication d’appartenance à un monde souterrain, fier et insolent: “la légère de galerie, que pas même le vent ne peut emporter”. Venus des vallées des Alpes ou de l’enfer de Marcinelle, échos d’une longue histoire qui continue de résonner au fond de la terre, depuis les mineurs asturiens - avant-garde de la Guerre civile espagnole, aux violentes grèves des “coal miners” états-uniens qui impulsèrent les mouvement syndicaux les plus radicaux.

Nicholas Potin - chant
Laila Sage - chant
Lorenzo Valera - chant, accordéon, guitare

Gilles Bertin

Gilles Bertin

Toulouse, le 26 avril 1988. Déguisés en gendarmes, une improbable équipe de braqueurs - punks, anarchistes et toxicomanes - dévalisent les coffres de la Brink's. Butin : 11,7 millions de francs, sans un coup de feu. La plupart des malfaiteurs seront interpellés et condamnés, sauf Gilles Bertin, chanteur de Camera Silens, groupe phare de la scène punk-rock française du début des années 1980. Espagne, Portugal, sa cavale va durer trente ans...

Barcelone, le 18 novembre 2016. Après avoir serré dans ses bras sa compagne et son fils âgé de cinq ans, Gilles Bertin quitte son domicile barcelonais à l'aube. Direction Toulouse où il a rendez-vous avec son avocat pour se rendre à la justice.

 

 

 

 

Leila Al-Shami

Leila Al-Shami

Burning Country donne la parole à ces Syriens et Syriennes qui, dès 2011, ont mené une véritable révolution, construite au jour le jour, dans chaque quartier, dans chaque village, repris au régime de Bachar el-Assad. Omar Aziz, inspirateur des premiers comités locaux syriens, ferments de ce mouvement, déclarait déjà en 2012 : « Nous avons fait mieux que la Commune de Paris, qui a résisté 70 jours. Cela fait un an et demi et nous tenons toujours bon. » Et ce soulèvement populaire exceptionnel a continué malgré la guerre contre-insurrectionnelle totale menée par le régime syrien et ses alliés : stratégie de militarisation forcée, instrumentalisation des antagonismes religieux et communautaires, politique du viol organisé, remplacement des populations, tortures systématiques...

Huit ans après ses prémices, la révolution syrienne, abandonnée par la communauté internationale et ignorée par la gauche arabe et occidentale, a été noyée dans la sang ou dispersée dans l'exil. C'est son histoire que nous découvrons ici. Nourri d'un grand nombre d'entretiens et de témoignages directs relatant l'origine, les différentes phases du soulèvement, les formes d'organisation sociale mises en place... Burning Country est un magnifique hommage à ces révolutionnaires ordinaires.

Pour aller plus loin, un article de la revue Lundi Matin.

 

Mireille Bruyère

Mireille Bruyère

En s’appuyant non seulement sur l’économie, mais aussi l’anthropologie, la psychanalyse et la philosophie, ce livre tente une critique de la centralité de l’efficacité productive de notre temps. L’urgence politique et écologique de notre temps est celle d’un rejet non pas de l’économie néolibérale, mais de l’économie tout court comme science de l’efficacité productive.
Ne sommes nous pas devenus trop efficaces ? N’avons nous pas dépassé la limite du raisonnable quant à notre capacité à produire, quant à notre productivité ? Une productivité désirée non seulement par les chantres du néolibéralisme, mais aussi par la grande majorité des courants critiques du capitalisme. La critique de la croissance déjà ancienne désigne notre désir infini pour la consommation comme source de notre aliénation et de l’impasse écologique dans laquelle nous avons précipité la planète. Mais, ce désir de consommation infini n’est-il pas l’autre face de notre désir d’efficacité infinie ? De notre désir de maîtrise infinie ? Ne faut-il pas aussi s’interroger sur notre efficacité productive et sur les niveaux de productivité que nos économies ont atteints aujourd’hui ?
La critique du capitalisme et de l’économie néolibérale s’appuie souvent sur la possibilité de faire une autre économie plus solidaire et écologique sans remettre en question le lien sacré entre la nécessaire productivité du travail et l’émancipation humaine vis-à-vis de la Nature. La productivité du travail est alors notre promesse d’infinité et d’abondance, notre mythe occidental et l’économie en est la science. Les débats économiques et politiques se cantonnent sur la répartition des fruits de cette efficacité productive (dividendes, salaires, revenu universel, protection sociale).
Mais le problème n’est-il pas l’économie en tant que discours d’efficacité et de productivité ? Ce livre se propose de montrer que l’aliénation actuelle n’est seulement pas la mauvaise répartition des richesses, mais l’injonction toujours renouvelée à la productivité du travail.

Djamila Ribeiro

Djamila Ribeiro

Référence du mouvement féministe noir brésilien, D. Ribeiro évoque des situations du quotidien pour aborder des concepts comme l’autonomisation des femmes et l’intersectionnalité. En plus de ces articles, le livre comporte un court essai autobiographique où l’autrice, à  travers son enfance, pose la question de la mise sous silence de la culture noire.

Jean-Gabriel Périot et Alain Brossat

Jean-Gabriel Périot et Alain Brossat

En partenariat avec l’American Cosmograph où aura lieu à 20H30 la projection de courts métrages réalisés par Jean-Gabriel Périot.

Dans le cadre du cycle "Les yeux dans les docs".

Jean-Gabriel Périot et Alain Brossat s’interrogent sur la relation que les images entretiennent avec la politique et l’histoire. Ils s’essaient à une réflexion inédite sur le travail cinématographique et posent en termes nouveaux la question de la puissance – et de l’impuissance – de l’écriture et de l’image.
Les images peuvent-elles prendre position, sans enfermer la pensée, le cinéma peut-il agir, ouvrir de nouveaux horizons - un espace poétique, politique ? Comment remonter le temps, au sens historique et cinématographique du terme ?

À l'occasion de la parution du livre Ce que peut le cinéma. Conversation, aux éditions La Découverte, et de la sortie, chez Potemkine, du coffret DVD de l'intégralité des courts métrages de Jean-Gabriel Périot, également auteur d'Une jeunesse allemande.

BA_ujAll2015 from Les yeux dans les docs on Vimeo.

Collectif Comm'un

Collectif Comm'un

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est devenue le plus grand squat à ciel ouvert d’Europe. Utopie réalisée pour certain.e.s, espace de rencontres et critique en acte du capitalisme, elle n’a pas fini de soulever les passions. Ce livre raconte l’évolution d’un territoire où ce geste simple, habiter, est inséparable de celui de lutter.

José Braga et Nicolas Teyssandier

José Braga et Nicolas Teyssandier

De tout temps, les hommes ont cherché à répondre à la question de leur origine et de leur destinée. Des récits mythologiques à la science-fiction, en passant par les œuvres de Darwin, Lévi-Strauss, Faulkner… les sources qui éclairent notre vision des origines de l’humanité sont multiples et ne se limitent pas aux travaux scientifiques. Loin d’être une simple anthologie, cet ouvrage est l’occasion d’un dialogue inédit entre science et littérature, entre textes d’hier et chercheur-se-s d’aujourd’hui. Paléontologues, anthropologues et paléoanthropologues, historien-nes et préhistorien-nes, auteur-e-s de science-fiction, toutes et tous ont puisé dans leurs bibliothèques des extraits d’œuvres fondamentales et étonnantes. Ils nous en proposent aujourd’hui des relectures inédites, autant de variations qui retracent et prolongent les plus incroyables manières de raconter l’histoire de l’humanité.

Stella Magliani-Belkacem

Stella Magliani-Belkacem

Vingt ans. Cela fait vingt ans que La fabrique édite une douzaine de livres par an : Delphy, le Comité invisible, Rancière, Bensaïd, Badiou, Lordon, Saïd, Ross, Bauman… Une tentative modeste de « subvertir l’ordre existant ». Pour la maison d'édition, le critère de choix d’un livre est la dimension offensive du texte, plutôt qu’un énième état des lieux. Eric Hazan, le fondateur, le rappelle : « Je n’aime pas l’idée de la résistance, c’est un peu passif. Je préfère l’attaque. » Mais que peuvent vraiment, dans la guerre des idées, les « petits » éditeurs face aux mastodontes en tête de gondole ? Un moustique qui pique le nez du conducteur peut faire balancer un car de CRS dans le ravin.

Silvia Federici

Silvia Federici

Après Caliban et la sorcière, S. Federici revient sur l’impensé de la théorie marxiste : le travail domestique non rémunéré. En effet, comment faire tourner les usines sans les travailleurs vigoureux, nourris, blanchis, qui occupent la chaîne de montage ? Loin de se limiter au travail invisible des femmes au sein du foyer, S. Federici met en avant la centralité du travail consistant à reproduire la société : combien coûterait de salarier toutes les activités procréatives, affectives, éducatives, de soin et d’hygiène aujourd’hui réalisées
gratuitement par les femmes ? Que resterait-il des profits des entreprises si elles devaient contribuer au renouvellement quotidien de leur masse salariale ?

 

Sam Bourcier

Sam Bourcier

Dans ce livre qui a impulsé la théorie queer en France, on voit surgir au fil des pages la post-pornographie ainsi que des explorations politiques, théoriques et personnelles qui renouvellent le féminisme, les études de genre. La trilogie est l’indispensable boîte à outils de celles et ceux qui veulent sortir des cadres hétéro- et homo-normatifs, du musée de la différence sexuelle et de la binarité – en un mot, vivre et penser comme des queers.

Un thé chez les fous

Un thé chez les fous

La Rev(u)e 17, c'est :

La Rev(u)e : 17 entend bien prendre l'époque à contre-pied.
L'utilisation forcenée de l'estampe et du travail de la main humaine en général s'inscrit pour nous dans un principe de modernité, et non pas de tradition.
La Rev(u)e : 17 n'est pas sourde.
La Rev(u)e : 17 renoue le fil dénoué de l'art et de l'artisanat, mais à des fins révolutionnaires.
Il s'agit bien de transformer le réel. Pas de le reproduire.
La Rev(u)e : 17 a une bonne vue ; elle voit loin. Si besoin, elle portera des lunettes.
La Rev(u)e : 17 considère que pour voir, il faut regarder.
Nous sommes l'uchronie de notre temps.

Le projet de la revue consiste à élaborer une forme éditoriale volontairement hors norme et d’y réunir des auteur.e.s œuvrant dans des domaines assez divers : poésie contemporaine, écritures théâtrales, dessin, cartographie, gravure, photographie, collage, typographie - ces travaux sont organisés en séquences à travers un montage de type cinématographique. Fondu au noir, enchaîné, cut. L’ensemble espère raconter quelque chose que nous n’avons pas vu de l’an 17.
Nous lirons des fragments de la revue et pourrons échanger autour de cette utopie bien réelle.
Une exposition des travaux graphiques de la revue, et d’inédits, sera présentée du 10 octobre au 22 novembre ; Cédric Demangeot, Karine Marco, Cérette Meyer, Pédro…


Gilles G. pour les éditions Un thé chez les fous & la Rev(u)e 17.

Suivons le conseil de Marx : « la révolution, c'est comme la poésie, ça ne se fait pas sur commande » !

Grégoire Chamayou

Grégoire Chamayou

Nous prolongeons l’anniversaire des 20 ans des éditions La fabrique avec l’invitation de Grégoire Chamayou, auteur de Théorie du drone et Les chasses à l’homme, publiés à La fabrique.
Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque « crise de gouvernabilité ».
Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue « révolution managériale », à des mobilisations écologistes inédites, à l’essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une « crise de la démocratie » qui, rendant l’État ingouvernable, menaçait de tout emporter.
C’est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont ce livre retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l’histoire philosophique.
On y apprendra comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le « primat de la valeur actionnariale », conçu un contre-activisme d’entreprise ainsi qu’un management stratégique des « parties prenantes », imaginés, enfin, divers procédés invasifs de « détrônement de la politique ».
Contrairement aux idées reçues, le néolibéralisme n’est pas animé d’une « phobie d’État » unilatérale. Les stratégies déployées pour conjurer cette crise convergent bien plutôt vers un libéralisme autoritaire où la libéralisation de la société suppose une verticalisation du pouvoir. Un « État fort » pour une « économie libre ».

Annalisa Lendaro

Annalisa Lendaro

Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de « crise des migrants », ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle « crise » parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ?

Pour les auteures de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des États européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre États membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil.

Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la « crise » nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.

Souad Labbize

Souad Labbize

Un témoignage littéraire en soutien à toutes les femmes et filles qui ont été victimes d’agressions sexuelles, qui met des mots en français et en arabe sur la douleur et la honte, la rudesse de la mère et l’indolence du père.

Black lives matter