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Philippe Baqué

Philippe Baqué

Mercredi 25 Octobre 2017 à 19h00

Science asservie

Rencontre avec Philippe Baqué autour de son livre, Homme augmenté, humanité diminuée - D’Alzheimer au transhumanisme, la science au service d’une idéologie mercantile, paru aux éditions Agone.

Alzheimer a permis de médicaliser la vieillesse, le transhumanisme pourra conjurer la mort.

"Elle est ensuite devenue grabataire et a changé d’unité, se retrouvant dans un salon où les pensionnaires délirent durant des heures sur fond de radio commerciale ou de séries télévisées. Ce que j’ai vu durant ces années n’a fait qu’alimenter mes doutes autour de la maladie d’Alzheimer. La maltraitance institutionnelle latente, l’omniprésence des laboratoires pharmaceutiques dans sa médicalisation et son accompagnement, l’échec des différentes politiques censées la gérer, la surenchère médiatique... Qu’est-ce qui se cache derrière ce qu’on nous présente comme une épidémie ?"

De plus en plus de doutes planent sur la maladie d’Alzheimer, maladie apparue dans les années 1970 dont on n’a jamais réussi à identifier les causes, diagnostic à la mode recouvrant diverses formes de démence sénile, aubaine pour les laboratoires pharmaceutiques lorgnant sur « l’or gris » de la population occidentale vieillissante... Parce que tous les traitements jusque-là mis en place s’avèrent inefficaces, la recherche s’oriente désormais vers la prévention d’Alzheimer : le dépistage précoce, à travers l’étude des gênes des patients qui pourraient un jour être sujets à la démence sénile. Une nouvelle médecine dans laquelle Google, Facebook ou encore Amazon investissent massivement, rêvant d’un être humain « augmenté » grâce à des manipulations génétiques et des prothèses technologiques. Une nouvelle science, au service d’une nouvelle société...
Ce livre, qui commence sous la forme d’un carnet de bord mené au chevet d’une mère diagnostiquée Alzheimer, est une enquête menée à la première personne, s’intéressant aux politiques publiques qui privilégient le soutien à l’industrie pharmaceutique au détriment d’un accompagnement humaniste des malades, pour les relier au transhumanisme, une conception aussi « personnalisée » qu’élitiste de la médecine, en pleine expansion.